{"id":1251,"date":"2026-03-26T11:39:04","date_gmt":"2026-03-26T10:39:04","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/polygale-vulgaire\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"polygale-vulgaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/polygale-vulgaire\/","title":{"rendered":"POLYGALE VULGAIRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Polygale%20vulgaire.jpg\" alt=\"Planche botanique Polygale vulgaire\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>polygale vulgaire<\/strong> (<em>Polygala vulgaris<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Polygalaceae<\/strong>. Le genre <em>Polygala<\/em> comprend environ 500 esp\u00e8ces cosmopolites, r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et tropicales des deux h\u00e9misph\u00e8res. Le nombre chromosomique est 2n = 34. Le nom <em>Polygala<\/em> d\u00e9rive du grec <em>poly<\/em> (beaucoup) et <em>gala<\/em> (lait) : Dioscoride rapporte que la plante \u00e9tait cens\u00e9e stimuler la production laiti\u00e8re chez les vaches qui la broutaient. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>vulgaris<\/em> signifie \u00ab commun \u00bb. Noms vernaculaires : polygale commun, herbe \u00e0 lait, herbe au lait, laitier commun. En anglais : <em>common milkwort<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce est tr\u00e8s polymorphe, avec de nombreuses variations de couleur florale (bleu, rose, blanc, violet) et de morphologie foliaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Petite plante herbac\u00e9e vivace de 10 \u00e0 30 cm. <strong>Souche<\/strong> ligneuse, ramifi\u00e9e, \u00e0 racines fibreuses fines. <strong>Tiges<\/strong> nombreuses, ascendantes \u00e0 dress\u00e9es, gr\u00eales, glabres ou l\u00e9g\u00e8rement pubescentes, simples ou peu ramifi\u00e9es. <strong>Feuilles<\/strong> alternes, simples ; les basales plus petites, ovales \u00e0 spatul\u00e9es, formant parfois une rosette l\u00e2che ; les caulinaires \u00e9troitement lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 lin\u00e9aires, de 1 \u00e0 3 cm, aigu\u00ebs, enti\u00e8res, glabres. <strong>Inflorescence<\/strong> : grappe terminale dense, longue de 2 \u00e0 6 cm, portant 10 \u00e0 40 fleurs. <strong>Fleurs<\/strong> petites (6-8 mm), zygomorphes, \u00e0 structure complexe caract\u00e9ristique des Polygalaceae : 5 s\u00e9pales dont 2 lat\u00e9raux (les \u00ab ailes \u00bb) tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9s, p\u00e9talo\u00efdes, color\u00e9s (bleu, rose, violet ou blanc), ovales, de 5 \u00e0 7 mm, nerv\u00e9s ; 3 p\u00e9tales soud\u00e9s en tube, le p\u00e9tale inf\u00e9rieur (car\u00e8ne) termin\u00e9 par une frange (cr\u00eate) d\u00e9coup\u00e9e. 8 \u00e9tamines soud\u00e9es en tube. <strong>Fruit<\/strong> : capsule comprim\u00e9e, ail\u00e9e, cordiforme, de 5-6 mm, contenant 2 graines velues munies d&rsquo;un appendice (\u00e9la\u00efosome) attractif pour les fourmis. <strong>Floraison<\/strong> : mai \u00e0 ao\u00fbt.<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>eurasiatique<\/strong>. R\u00e9partie dans toute l&rsquo;Europe (de l&rsquo;Irlande \u00e0 l&rsquo;Oural), en Asie temp\u00e9r\u00e9e occidentale (Turquie, Caucase, Iran). En France, commune dans toutes les r\u00e9gions, de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage subalpin (0 \u00e0 2 200 m). Pr\u00e9sente dans tous les d\u00e9partements m\u00e9tropolitains. L&rsquo;esp\u00e8ce est polymorphe et plusieurs sous-esp\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites, notamment <em>subsp. vulgaris<\/em> (plaine) et <em>subsp. oxyptera<\/em> (montagne, \u00e0 ailes plus \u00e9troites). La distinction infrasp\u00e9cifique est difficile et les limites entre les sous-esp\u00e8ces sont floues.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>Pelouses<\/strong>, <strong>prairies maigres<\/strong>, <strong>landes<\/strong>, <strong>clairi\u00e8res<\/strong>, <strong>talus<\/strong>, <strong>bords de chemins<\/strong>, <strong>lisi\u00e8res foresti\u00e8res<\/strong>, <strong>p\u00e2turages<\/strong>. Le polygale vulgaire est une esp\u00e8ce de milieux ouverts, oligotrophes \u00e0 m\u00e9sotrophes (pauvres \u00e0 moyennement riches en nutriments). Les sols sont vari\u00e9s : calcaires \u00e0 acides, secs \u00e0 frais, peu profonds. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile \u00e0 semi-sciaphile. Elle appartient aux communaut\u00e9s des Festuco-Brometea (pelouses calcicoles), des Nardetea (pelouses acides) et des Molinio-Arrhenatheretea (prairies de fauche maigres). La pollinisation est entomophile, assur\u00e9e principalement par les abeilles et les bourdons. La dispersion des graines est myrm\u00e9cochore : les fourmis collectent les graines pour leur \u00e9la\u00efosome (corps huileux nutritif) et les transportent dans leurs nids, o\u00f9 elles germent apr\u00e8s abandon.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le profil chimique de <em>P. vulgaris<\/em> est apparent\u00e9 \u00e0 celui des autres Polygalaceae m\u00e9dicinales, bien que les concentrations soient plus faibles que chez les esp\u00e8ces officinales (<em>P. senega<\/em>, <em>P. tenuifolia<\/em>). Les racines et les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> (saponines de type ol\u00e9anane) : <strong>polygalacine<\/strong>, <strong>s\u00e9n\u00e9gine<\/strong> et d\u00e9riv\u00e9s, responsables de l&rsquo;activit\u00e9 expectorante. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/xanthones\/\">xanthones<\/a><\/strong> : <strong>polygalaxanthone<\/strong>, compos\u00e9s aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et glycosides. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>. Des <strong>huiles essentielles<\/strong> en traces. Des <strong>sucres<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>. Des <strong>esters de saccharose<\/strong> (sinapoyl-glucose et d\u00e9riv\u00e9s). L&rsquo;esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine <em>Polygala senega<\/em>, inscrite aux pharmacop\u00e9es, contient les m\u00eames classes de compos\u00e9s mais \u00e0 des concentrations plus \u00e9lev\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> exercent une activit\u00e9 <strong>expectorante<\/strong> par irritation r\u00e9flexe de la muqueuse gastrique, stimulant la s\u00e9cr\u00e9tion de mucus bronchique et facilitant l&rsquo;expectoration (effet s\u00e9cr\u00e9tolytique). Elles poss\u00e8dent \u00e9galement des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong>, <strong>immunomodulatrices<\/strong> et <strong>h\u00e9molytiques<\/strong> (\u00e0 haute concentration). Les <strong>xanthones<\/strong> sont <strong>antioxydantes<\/strong> et exercent des effets <strong>neuroprotecteurs<\/strong> d\u00e9montr\u00e9s chez <em>P. tenuifolia<\/em> (am\u00e9lioration de la m\u00e9moire et protection contre la neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence dans des mod\u00e8les animaux). Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> ajoutent des effets anti-inflammatoires et antioxydants. Le profil pharmacologique global de <em>P. vulgaris<\/em> est compatible avec les usages traditionnels comme expectorant et antitussif, mais les donn\u00e9es pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 cette esp\u00e8ce sont limit\u00e9es par rapport aux esp\u00e8ces officinales du genre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>En <strong>m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne<\/strong>, le polygale vulgaire est utilis\u00e9 depuis le Moyen \u00c2ge comme <strong>expectorant<\/strong> et <strong>antitussif<\/strong>. L&rsquo;infusion des parties a\u00e9riennes fleuries servait \u00e0 traiter les bronchites, la toux grasse, l&rsquo;asthme et la coqueluche. En <strong>m\u00e9decine populaire fran\u00e7aise<\/strong>, la plante \u00e9tait prescrite comme galactog\u00e8ne (stimulant de la lactation), conform\u00e9ment \u00e0 son nom grec. En <strong>Allemagne<\/strong> et en <strong>Suisse<\/strong>, l&rsquo;infusion de polygale \u00e9tait un rem\u00e8de populaire contre les affections pulmonaires et comme tonique digestif. L&rsquo;esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine <em>Polygala senega<\/em> (s\u00e9n\u00e9ga) est la Polygalaceae la plus utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie moderne, inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne comme expectorant. En <strong>m\u00e9decine traditionnelle chinoise<\/strong>, <em>Polygala tenuifolia<\/em> (<em>yuan zhi<\/em>) est prescrite pour calmer l&rsquo;esprit, favoriser la m\u00e9moire et dissoudre les mucosit\u00e9s. L&rsquo;usage de <em>P. vulgaris<\/em> est rest\u00e9 plus limit\u00e9 que ces esp\u00e8ces officinales.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches sur les Polygalaceae se concentrent sur les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> (s\u00e9n\u00e9gines, onjisaponines) et les <strong>xanthones<\/strong>. Les travaux les plus actifs concernent <em>Polygala tenuifolia<\/em>, dont les extraits montrent des effets <strong>neuroprotecteurs<\/strong> remarquables : am\u00e9lioration de la m\u00e9moire dans des mod\u00e8les de maladie d&rsquo;Alzheimer, protection des neurones contre le stress oxydatif, promotion de la neurogen\u00e8se. Les saponines de <em>P. tenuifolia<\/em> stimulent la s\u00e9cr\u00e9tion de facteurs neurotrophiques (BDNF). Des essais cliniques en Chine \u00e9valuent l&rsquo;efficacit\u00e9 d&rsquo;extraits de <em>P. tenuifolia<\/em> dans les troubles cognitifs li\u00e9s au vieillissement. Pour <em>P. vulgaris<\/em> sp\u00e9cifiquement, les \u00e9tudes portent sur la <strong>chimiotaxonomie<\/strong> (profils en saponines et xanthones pour d\u00e9limiter les sous-esp\u00e8ces), l&rsquo;<strong>\u00e9cologie<\/strong> (r\u00f4le de la myrm\u00e9cochorie dans la dynamique des populations) et la <strong>phytochimie<\/strong> comparative avec les esp\u00e8ces officinales.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Polygalacine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>S\u00e9n\u00e9gine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Polygalaxanthone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de parties a\u00e9riennes fleuries :<\/strong> 2 \u00e0 4 g pour 250 mL d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 minutes, 3 tasses par jour en cas de toux ou de bronchite. <strong>D\u00e9coction de racine :<\/strong> 1 \u00e0 2 g pour 250 mL d&rsquo;eau, bouillir 5 minutes, 2 \u00e0 3 tasses par jour comme expectorant. <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (1:5, \u00e9thanol 45 %) : 20 \u00e0 40 gouttes, 3 fois par jour. <strong>Sirop :<\/strong> d\u00e9coction de racine sucr\u00e9e au miel, 1 cuill\u00e8re \u00e0 soupe 3 \u00e0 4 fois par jour. <strong>Poudre de racine :<\/strong> 0,5 \u00e0 1 g par prise, 3 fois par jour. La plante ne poss\u00e8de pas de monographie officielle \u00e0 l&rsquo;ESCOP (contrairement \u00e0 <em>P. senega<\/em>). La dur\u00e9e de traitement ne devrait pas exc\u00e9der 2 semaines.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 de <em>P. vulgaris<\/em> est faible aux doses th\u00e9rapeutiques habituelles. Les <strong>saponines<\/strong>, \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es, provoquent des naus\u00e9es, des vomissements et une irritation gastro-intestinale. L&rsquo;effet h\u00e9molytique des saponines est neutralis\u00e9 par le passage digestif (les saponines sont peu absorb\u00e9es par voie orale). L&rsquo;administration intraveineuse d&rsquo;extraits de saponines serait dangereuse (h\u00e9molyse), mais ce risque n&rsquo;existe pas par voie orale. La plante n&rsquo;est pas r\u00e9pertori\u00e9e comme toxique dans les bases de donn\u00e9es des centres antipoison. Aucun cas d&rsquo;intoxication grave n&rsquo;est rapport\u00e9. <strong>Contre-indications :<\/strong> ulc\u00e8re gastroduod\u00e9nal (irritation gastrique par les saponines), grossesse et allaitement (donn\u00e9es insuffisantes). Les saponines peuvent potentialiser l&rsquo;absorption de certains m\u00e9dicaments (effet tensioactif sur les membranes cellulaires).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le nom \u00ab herbe au lait \u00bb traverse les si\u00e8cles et les langues : <em>milkwort<\/em> en anglais, <em>Kreuzblume<\/em> (fleur de croix) en allemand. La croyance en la capacit\u00e9 du polygale \u00e0 stimuler la lactation remonte \u00e0 <strong>Dioscoride<\/strong> (Ier si\u00e8cle). En <strong>Bourgogne<\/strong> et en <strong>Franche-Comt\u00e9<\/strong>, la plante \u00e9tait r\u00e9colt\u00e9e \u00e0 la Saint-Jean (24 juin) et donn\u00e9e au b\u00e9tail pour augmenter la production de lait. En <strong>Allemagne<\/strong>, le polygale est associ\u00e9 aux processions de la F\u00eate-Dieu (<em>Kreuzblume<\/em>), les enfants tressant des couronnes avec ses fleurs bleues. La d\u00e9couverte par les colons europ\u00e9ens du <em>s\u00e9n\u00e9ga<\/em> (<em>P. senega<\/em>) chez les Am\u00e9rindiens Seneca (d&rsquo;o\u00f9 le nom de l&rsquo;esp\u00e8ce), qui l&rsquo;utilisaient contre les morsures de serpent \u00e0 sonnette, a conduit \u00e0 son introduction en pharmacop\u00e9e occidentale au XVIIIe si\u00e8cle. Le genre <em>Polygala<\/em> illustre la convergence entre savoirs populaires europ\u00e9ens et am\u00e9rindiens sur les propri\u00e9t\u00e9s expectorantes des saponines.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Polygala vulgaris<\/em> est une esp\u00e8ce commune, non menac\u00e9e (UICN : LC). Elle ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune protection en France. La plante n&rsquo;est inscrite dans aucune pharmacop\u00e9e officielle (contrairement \u00e0 <em>P. senega<\/em> et <em>P. tenuifolia<\/em>). Elle peut \u00eatre r\u00e9colt\u00e9e et utilis\u00e9e librement en herboristerie. L&rsquo;esp\u00e8ce est parfois cultiv\u00e9e dans les jardins de simples et les jardins botaniques. Les populations sauvages sont stables mais d\u00e9pendantes du maintien de milieux ouverts oligotrophes (pelouses, prairies maigres), menac\u00e9s par la fertilisation et l&rsquo;abandon du p\u00e2turage extensif.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Aucune monographie pharmacognosique officielle distincte pour <em>P. vulgaris<\/em>. La monographie de la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne concerne <em>Polygala senega<\/em> (racine de s\u00e9n\u00e9ga). L&rsquo;identification de <em>P. vulgaris<\/em> repose sur les caract\u00e8res morphologiques : petite plante \u00e0 grappes denses de fleurs bleues, roses ou blanches, \u00e0 s\u00e9pales p\u00e9talo\u00efdes ail\u00e9s et car\u00e8ne frang\u00e9e. La distinction avec <em>P. comosa<\/em> (bract\u00e9es d\u00e9passant les boutons floraux) et <em>P. serpyllifolia<\/em> (feuilles inf\u00e9rieures oppos\u00e9es, sols acides) est essentielle. L&rsquo;examen microscopique de la racine montre un liber \u00e0 cellules s\u00e9cr\u00e9trices de saponines, un xyl\u00e8me secondaire bien d\u00e9velopp\u00e9 et un parenchyme cortical mince. Le dosage des saponines totales se fait par m\u00e9thode h\u00e9molytique (indice h\u00e9molytique) ou par HPLC-ELSD. Les xanthones sont dos\u00e9es par HPLC-UV.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Polygala vulgaris<\/em>, l&rsquo;herbe au lait des prairies europ\u00e9ennes, est une plante discr\u00e8te mais au profil phytochimique int\u00e9ressant, riche en saponines triterp\u00e9niques et en xanthones. Si ses usages m\u00e9dicinaux sont rest\u00e9s modestes par rapport aux esp\u00e8ces officinales du genre (s\u00e9n\u00e9ga, yuan zhi), les recherches actuelles sur les propri\u00e9t\u00e9s neuroprotectrices des Polygalaceae ouvrent des perspectives fascinantes pour l&rsquo;ensemble du genre. Le polygale vulgaire rappelle que la diversit\u00e9 chimique de la flore europ\u00e9enne commune rec\u00e8le encore des mol\u00e9cules d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, et que les savoirs ethnobotaniques anciens \u2014 fussent-ils symboliques comme la croyance galactog\u00e8ne \u2014 t\u00e9moignent d&rsquo;une attention mill\u00e9naire aux plantes qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre revisit\u00e9e par la science moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Polygala%20vulgaris\">Plants of the World Online, Kew : <em>Polygala vulgaris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Polygala+vulgaris\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Polygala vulgaris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Tonique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. 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