{"id":1256,"date":"2026-03-26T11:39:11","date_gmt":"2026-03-26T10:39:11","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/patience-maritime\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"patience-maritime","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/patience-maritime\/","title":{"rendered":"PATIENCE MARITIME"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Patience%20maritime.jpg\" alt=\"Planche botanique Patience maritime\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La patience maritime (<em>Rumex maritimus<\/em> L.) est une plante annuelle ou bisannuelle de la famille des Polygonac\u00e9es, h\u00f4te discr\u00e8te des gr\u00e8ves, des vasi\u00e8res et des berges exond\u00e9es d&rsquo;Europe et d&rsquo;Asie temp\u00e9r\u00e9e. Avec ses inflorescences dor\u00e9es tr\u00e8s denses, formant des verticilles compacts de fleurs et de fruits munis de longues dents \u00e9pineuses, cette patience se distingue nettement de ses cong\u00e9n\u00e8res par son port trapu et sa pr\u00e9dilection pour les sols vaseux temporairement inond\u00e9s.<\/p>\n<p>La patience maritime ne fait pas partie des esp\u00e8ces m\u00e9dicinales majeures du genre <em>Rumex<\/em>, contrairement \u00e0 la patience sauvage (<em>R. patientia<\/em>) ou \u00e0 l&rsquo;oseille cr\u00e9pue (<em>R. crispus<\/em>). Toutefois, comme tous les <em>Rumex<\/em>, elle contient des <strong>d\u00e9riv\u00e9s anthraquinoniques<\/strong> et des <strong>tanins<\/strong> qui lui conf\u00e8rent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>laxatives<\/strong>, <strong>astringentes<\/strong> et <strong>d\u00e9puratives<\/strong> potentielles. Son int\u00e9r\u00eat contemporain r\u00e9side surtout dans son \u00e9cologie sp\u00e9cialis\u00e9e (esp\u00e8ce pionni\u00e8re des milieux humides perturb\u00e9s) et dans sa valeur comme bioindicatrice.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La patience maritime porte le nom scientifique <em>Rumex maritimus<\/em> L. Elle appartient \u00e0 la famille des <strong>Polygonaceae<\/strong>, genre <em>Rumex<\/em>, sous-genre <em>Rumex<\/em>, section <em>Rumex<\/em>. Le genre <em>Rumex<\/em> comprend environ 200 esp\u00e8ces cosmopolites. Le nom <em>Rumex<\/em> est le nom latin de la patience, possiblement d\u00e9riv\u00e9 du latin <em>rumex<\/em> (javeline, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme des feuilles). L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>maritimus<\/em> (maritime) est quelque peu trompeur car la plante, bien que tol\u00e9rante au sel, n&rsquo;est pas strictement littorale.<\/p>\n<p>Les synonymes incluent <em>Rumex aureus<\/em> Mill. (en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la couleur dor\u00e9e des fruits). Les noms vernaculaires sont : \u00ab patience maritime \u00bb, \u00ab patience dor\u00e9e \u00bb, \u00ab oseille maritime \u00bb en fran\u00e7ais ; \u00ab golden dock \u00bb en anglais ; \u00ab Strand-Ampfer \u00bb ou \u00ab Ufer-Ampfer \u00bb en allemand. Ne pas confondre avec <em>Rumex rupestris<\/em> (patience des rochers), esp\u00e8ce littorale prot\u00e9g\u00e9e morphologiquement tr\u00e8s diff\u00e9rente.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La patience maritime est une plante annuelle ou bisannuelle de 20 \u00e0 60 cm de hauteur, \u00e0 tige dress\u00e9e, ramifi\u00e9e, souvent rouge\u00e2tre \u00e0 la base. Les feuilles basales sont lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, de 10 \u00e0 25 cm de long, \u00e0 base cun\u00e9iforme \u00e0 arrondie, \u00e0 bords ondul\u00e9s, glabres ; les feuilles caulinaires sont plus \u00e9troites, lin\u00e9aires-lanc\u00e9ol\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est constitu\u00e9e de verticilles denses, rapproch\u00e9s, formant un \u00e9pi terminal compact. Les fleurs sont petites, verd\u00e2tres, hermaphrodites, \u00e0 6 t\u00e9pales dont 3 internes (valves) qui s&rsquo;accroissent autour du fruit. Les valves fructif\u00e8res sont le caract\u00e8re diagnostique principal : triangulaires, de 2-3 mm, munies chacune de 3-4 longues dents filiformes et d&rsquo;un gros granule (callosit\u00e9) sur la face externe. Cette ornementation unique donne aux inflorescences fructif\u00e8res un aspect h\u00e9riss\u00e9 et dor\u00e9 caract\u00e9ristique. Le fruit est un ak\u00e8ne trigone, brun. La floraison a lieu de juin \u00e0 septembre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La patience maritime est une esp\u00e8ce circumbor\u00e9ale, pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe (sauf l&rsquo;extr\u00eame nord), en Asie temp\u00e9r\u00e9e, et naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord et en Australie. En France, elle est assez commune mais dispers\u00e9e, pr\u00e9sente dans la plupart des r\u00e9gions mais jamais abondante, de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 500 m environ.<\/p>\n<p>Elle affectionne les berges d&rsquo;\u00e9tangs et de rivi\u00e8res \u00e0 niveau d&rsquo;eau fluctuant, les gr\u00e8ves exond\u00e9es en \u00e9t\u00e9, les vasi\u00e8res, les mares temporaires, les bords de foss\u00e9s et les zones humides rud\u00e9ralis\u00e9es. Elle se d\u00e9veloppe sur des sols limoneux \u00e0 argileux, riches en nutriments (eutrophes), p\u00e9riodiquement inond\u00e9s puis exond\u00e9s. C&rsquo;est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re annuelle typique des communaut\u00e9s de gr\u00e8ves exond\u00e9es (classe des <em>Bidentetea tripartitae<\/em>). Sa pr\u00e9sence est conditionn\u00e9e par la fluctuation du niveau d&rsquo;eau, qui cr\u00e9e les sols nus n\u00e9cessaires \u00e0 sa germination.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et culture<\/h3>\n<p>La patience maritime est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re annuelle strictement li\u00e9e aux milieux humides \u00e0 niveau d&rsquo;eau fluctuant. Elle germe sur les sols nus exond\u00e9s en \u00e9t\u00e9, se d\u00e9veloppe rapidement et fructifie avant le retour des hautes eaux. Sa banque de graines persistante dans le sol permet le maintien des populations malgr\u00e9 des ann\u00e9es d\u00e9favorables (absence d&rsquo;exondation).<\/p>\n<p>La culture est rarement pratiqu\u00e9e. Si un semis \u00e9tait envisag\u00e9, il faudrait simuler les conditions naturelles : sol limoneux riche, humide au printemps puis se ressuyant en \u00e9t\u00e9, en plein soleil. Les graines germent sur sol nu humide. La plante n&rsquo;a pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat ornemental et n&rsquo;est pas propos\u00e9e dans le commerce horticole. Elle peut \u00eatre int\u00e9ressante dans les projets de restauration de zones humides comme esp\u00e8ce de recolonisation naturelle des gr\u00e8ves. Sa pr\u00e9sence est favoris\u00e9e par les perturbations (travaux, labours, fluctuations de niveau) qui recr\u00e9ent les sols nus n\u00e9cessaires \u00e0 sa germination.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Rumex maritimus<\/em> n&rsquo;a fait l&rsquo;objet que de quelques \u00e9tudes. Comme tous les <em>Rumex<\/em>, elle contient des <strong>d\u00e9riv\u00e9s anthraquinoniques<\/strong>, principalement sous forme de glycosides d&rsquo;<strong>\u00e9modine<\/strong>, de <strong>chrysophanol<\/strong> et de <strong>physcion<\/strong>, concentr\u00e9s surtout dans les racines. Les <strong>tanins<\/strong> sont pr\u00e9sents dans toutes les parties de la plante, avec des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>) et des <strong>tanins galliques<\/strong>.<\/p>\n<p>Les feuilles contiennent de l&rsquo;<strong>acide oxalique<\/strong> et des <strong>oxalates<\/strong> de calcium, caract\u00e9ristiques de la famille des Polygonac\u00e9es et responsables de la saveur acide. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> sont pr\u00e9sents. Les graines contiennent des <strong>lipides<\/strong> et des <strong>prot\u00e9ines<\/strong>. La racine renferme des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/naphtoquinones\/\">naphtoquinones<\/a><\/strong> (dont la <strong>nepodin<\/strong>) et des <strong>stilb\u00e8nes<\/strong> (dont le <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/resveratrol\/\">resv\u00e9ratrol<\/a><\/strong>) en faible quantit\u00e9, comme chez d&rsquo;autres <em>Rumex<\/em>. La teneur en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthraquinones\/\">anthraquinones<\/a> est g\u00e9n\u00e9ralement inf\u00e9rieure \u00e0 celle de <em>R. crispus<\/em> ou <em>R. obtusifolius<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de la patience maritime peuvent \u00eatre d\u00e9duites de sa composition chimique et des \u00e9tudes men\u00e9es sur des esp\u00e8ces proches. Les <strong>anthraquinones<\/strong> (\u00e9modine, chrysophanol) sont des <strong>laxatifs stimulants<\/strong> qui agissent en irritant la muqueuse colique et en stimulant la s\u00e9cr\u00e9tion d&rsquo;eau et d&rsquo;\u00e9lectrolytes dans la lumi\u00e8re intestinale. L&rsquo;\u00e9modine poss\u00e8de \u00e9galement des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong>, <strong>antimicrobiennes<\/strong> et <strong>anticanc\u00e9reuses<\/strong> d\u00e9montr\u00e9es in vitro.<\/p>\n<p>Les tanins exercent un effet <strong>astringent<\/strong> et <strong>antidiarrh\u00e9ique<\/strong> qui s&rsquo;oppose en partie \u00e0 l&rsquo;effet laxatif des anthraquinones, cr\u00e9ant un profil ambivalent (constipation ou laxation selon la dose et la partie de la plante). Les flavono\u00efdes conf\u00e8rent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong>. La nepodin et le resv\u00e9ratrol, s&rsquo;ils sont pr\u00e9sents en quantit\u00e9 suffisante, poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires int\u00e9ressantes. Le profil pharmacologique est similaire \u00e0 celui des autres patiences, mais moins \u00e9tudi\u00e9 et probablement moins puissant.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage m\u00e9dicinal de la patience maritime est peu document\u00e9 sp\u00e9cifiquement. Dans la m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces de <em>Rumex<\/em> \u00e9taient souvent utilis\u00e9es de mani\u00e8re interchangeable, sous le nom g\u00e9n\u00e9rique de \u00ab patience \u00bb ou \u00ab parelle \u00bb. Les racines servaient de <strong>laxatif<\/strong> doux et de <strong>d\u00e9puratif<\/strong> dans les cures printani\u00e8res. Les feuilles \u00e9taient appliqu\u00e9es en cataplasme sur les piq\u00fbres d&rsquo;ortie et les irritations cutan\u00e9es.<\/p>\n<p>En Asie, o\u00f9 la plante est \u00e9galement pr\u00e9sente, des esp\u00e8ces de <em>Rumex<\/em> proches sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle chinoise et ayurv\u00e9dique pour leurs propri\u00e9t\u00e9s laxatives, antih\u00e9morragiques et anti-inflammatoires. En m\u00e9decine populaire russe, la patience maritime est mentionn\u00e9e comme rem\u00e8de contre la dysenterie et les maladies de peau. Ces usages restent anecdotiques et non standardis\u00e9s pour cette esp\u00e8ce pr\u00e9cise.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>D\u00e9riv\u00e9s anthraquinoniques<\/td>\n<td>Anthraquinone<\/td>\n<td>Laxatif (le cas \u00e9ch\u00e9ant)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00c9modine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Chrysophanol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Physcion<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie standardis\u00e9e n&rsquo;est d\u00e9finie pour <em>Rumex maritimus<\/em>. Par extrapolation depuis les esp\u00e8ces apparent\u00e9es utilis\u00e9es en phytoth\u00e9rapie (<em>R. crispus<\/em>, <em>R. patientia<\/em>), une d\u00e9coction de racine s\u00e8che \u00e0 raison de 2 \u00e0 5 g pour 300 ml d&rsquo;eau, bouillie 10 minutes, pourrait constituer la pr\u00e9paration la plus logique. L&rsquo;infusion de feuilles est moins courante en raison de la teneur en oxalates.<\/p>\n<p>En usage externe, les cataplasmes de feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es \u00e9taient appliqu\u00e9s sur la peau irrit\u00e9e. La teinture de racine (1:5 dans l&rsquo;alcool \u00e0 45\u00b0) pourrait \u00eatre utilis\u00e9e \u00e0 raison de 20-40 gouttes, 2-3 fois par jour. Aucune de ces pr\u00e9parations n&rsquo;est valid\u00e9e par des donn\u00e9es cliniques pour cette esp\u00e8ce. En pratique, la patience maritime n&rsquo;est pas utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie moderne et les esp\u00e8ces officinales du genre (<em>R. crispus<\/em>, <em>R. acetosa<\/em>) lui sont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La patience maritime partage les risques toxicologiques des autres esp\u00e8ces de <em>Rumex<\/em>. L&rsquo;<strong>acide oxalique<\/strong> et les <strong>oxalates<\/strong> pr\u00e9sents dans les feuilles peuvent, en cas de consommation excessive et prolong\u00e9e, provoquer des calculs r\u00e9naux (lithiase oxalique) et perturber l&rsquo;absorption du calcium. Des cas d&rsquo;intoxication par ingestion massive de feuilles de <em>Rumex<\/em> sont rapport\u00e9s chez le b\u00e9tail (insuffisance r\u00e9nale aigu\u00eb par oxalose).<\/p>\n<p>Les <strong>anthraquinones<\/strong> de la racine sont irritantes pour l&rsquo;intestin \u00e0 forte dose et peuvent provoquer des crampes abdominales, des diarrh\u00e9es et une d\u00e9shydratation. L&rsquo;usage laxatif prolong\u00e9 d&rsquo;anthraquinones peut entra\u00eener une m\u00e9lanose colique et une d\u00e9pendance. Ces effets sont communs \u00e0 tous les laxatifs anthraquinoniques (s\u00e9n\u00e9, rhubarbe, bourdaine). L&rsquo;usage pendant la grossesse est d\u00e9conseill\u00e9 (risque de contractions ut\u00e9rines). La plante est contre-indiqu\u00e9e en cas d&rsquo;insuffisance r\u00e9nale, de lithiase oxalique et d&rsquo;occlusion intestinale.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les interactions m\u00e9dicamenteuses potentielles sont celles communes aux plantes \u00e0 anthraquinones. L&rsquo;effet laxatif stimulant peut entra\u00eener une <strong>hypokali\u00e9mie<\/strong> en cas d&rsquo;usage prolong\u00e9, ce qui potentialise la toxicit\u00e9 des <strong>digitaliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/digoxine\/\">digoxine<\/a>) et des <strong>antiarythmiques<\/strong>. Les oxalates r\u00e9duisent l&rsquo;absorption du <strong>calcium<\/strong>, du <strong>fer<\/strong> et du <strong>magn\u00e9sium<\/strong>.<\/p>\n<p>Les laxatifs anthraquinoniques peuvent acc\u00e9l\u00e9rer le transit et r\u00e9duire l&rsquo;absorption de nombreux m\u00e9dicaments pris simultan\u00e9ment. L&rsquo;association avec d&rsquo;autres laxatifs, des diur\u00e9tiques thiazidiques ou de l&rsquo;anse (risque cumul\u00e9 d&rsquo;hypokali\u00e9mie) est \u00e0 surveiller. L&rsquo;association avec des anticoagulants pourrait \u00eatre perturb\u00e9e par la teneur variable en vitamine K1 des feuilles. Ces interactions sont th\u00e9oriques pour la patience maritime sp\u00e9cifiquement, mais cliniquement pertinentes pour les <em>Rumex<\/em> en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h3>\n<p>Les \u00e9tudes scientifiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Rumex maritimus<\/em> sont rares. Quelques travaux phytochimiques ont identifi\u00e9 les anthraquinones et les flavono\u00efdes pr\u00e9sents dans les racines et les feuilles. Des \u00e9tudes de toxicit\u00e9 aigu\u00eb chez l&rsquo;animal n&rsquo;ont pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de toxicit\u00e9 significative aux doses test\u00e9es.<\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des \u00e9tudes pharmacologiques sur les <em>Rumex<\/em> portent sur <em>R. crispus<\/em>, <em>R. acetosa<\/em> et <em>R. japonicus<\/em>. Des \u00e9tudes \u00e9cologiques ont document\u00e9 le r\u00f4le de <em>R. maritimus<\/em> dans les communaut\u00e9s pionni\u00e8res de gr\u00e8ves exond\u00e9es et sa dynamique en fonction des fluctuations hydrologiques. Des mod\u00e8les de niche \u00e9cologique ont pr\u00e9dit les effets du changement climatique sur sa distribution. En r\u00e9sum\u00e9, la plante est bien \u00e9tudi\u00e9e sur le plan \u00e9cologique mais tr\u00e8s peu sur le plan pharmacologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La patience maritime n&rsquo;est pas inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise ni europ\u00e9enne. Seule <em>Rumex crispus<\/em> fait l&rsquo;objet d&rsquo;une reconnaissance comme plante m\u00e9dicinale dans certains syst\u00e8mes r\u00e9glementaires. La patience maritime n&rsquo;est pas inscrite sur les listes de plantes autoris\u00e9es dans les compl\u00e9ments alimentaires.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e en France, \u00e9tant relativement commune dans les milieux appropri\u00e9s. En revanche, les habitats qu&rsquo;elle occupe (gr\u00e8ves exond\u00e9es, vasi\u00e8res d&rsquo;\u00e9tangs) peuvent \u00eatre inclus dans des p\u00e9rim\u00e8tres de protection (sites Natura 2000, r\u00e9serves naturelles), ce qui conf\u00e8re une protection indirecte. L&rsquo;esp\u00e8ce est consid\u00e9r\u00e9e comme indicatrice de bonne fonctionnalit\u00e9 hydrologique des zones humides. Sa cueillette n&rsquo;est soumise \u00e0 aucune restriction sp\u00e9cifique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects culturels et historiques<\/h3>\n<p>La patience maritime n&rsquo;a pas d&rsquo;histoire culturelle notable. Elle se fond dans le groupe vaste et complexe des patiences et des oseilles (<em>Rumex<\/em>), dont certaines esp\u00e8ces ont une longue histoire m\u00e9dicinale et alimentaire. Le nom \u00ab patience \u00bb vient du latin <em>patientia<\/em> (souffrance, endurance), probablement en r\u00e9f\u00e9rence aux propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales contre les maladies de peau \u00ab qu&rsquo;il faut supporter avec patience \u00bb.<\/p>\n<p>Dans l&rsquo;histoire de la botanique, <em>Rumex maritimus<\/em> a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit par Linn\u00e9 en 1753. Sa confusion fr\u00e9quente avec <em>R. palustris<\/em> (patience des marais) a aliment\u00e9 des d\u00e9bats taxonomiques. Le genre <em>Rumex<\/em> dans son ensemble est mentionn\u00e9 par Dioscoride, Pline et les m\u00e9decins m\u00e9di\u00e9vaux, mais les esp\u00e8ces n&rsquo;\u00e9taient pas toujours distingu\u00e9es. L&rsquo;usage alimentaire des patiences (feuilles cuites) est attest\u00e9 depuis la Pr\u00e9histoire et persiste dans certaines cuisines r\u00e9gionales europ\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La patience maritime est une esp\u00e8ce mineure sur le plan phytoth\u00e9rapique mais int\u00e9ressante sur les plans \u00e9cologique et phytochimique. Sa composition en anthraquinones, flavono\u00efdes et tanins la rattache au patrimoine chimique du genre <em>Rumex<\/em>, bien que ses teneurs soient probablement insuffisantes pour un usage th\u00e9rapeutique pratique. Son r\u00f4le d&rsquo;esp\u00e8ce pionni\u00e8re des zones humides perturb\u00e9es lui conf\u00e8re une valeur \u00e9cologique et bioindicatrice significative.<\/p>\n<p>Les perspectives portent sur la caract\u00e9risation phytochimique comparative au sein du genre <em>Rumex<\/em>, la compr\u00e9hension de la dynamique des populations en fonction des r\u00e9gimes hydrologiques et l&rsquo;utilisation de l&rsquo;esp\u00e8ce comme indicatrice de la fonctionnalit\u00e9 des zones humides. La patience maritime rappelle que la diversit\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale des milieux humides, souvent constitu\u00e9e d&rsquo;esp\u00e8ces discr\u00e8tes et m\u00e9connues, m\u00e9rite une attention renouvel\u00e9e dans le contexte de la conservation de ces \u00e9cosyst\u00e8mes essentiels et menac\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Rumex%20maritimus\">Plants of the World Online, Kew : <em>Rumex maritimus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Rumex+maritimus\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Rumex maritimus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La patience maritime (Rumex maritimus L.) est une plante annuelle ou bisannuelle de la famille des Polygonac\u00e9es, h\u00f4te discr\u00e8te des gr\u00e8ves, des vasi\u00e8res et des [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[87],"tags":[],"class_list":["post-1256","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-polygonacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1256","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1256"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1256\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13891,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1256\/revisions\/13891"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1256"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1256"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1256"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}