{"id":1259,"date":"2026-03-26T11:39:15","date_gmt":"2026-03-26T10:39:15","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/renouee-amphibie\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"renouee-amphibie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/renouee-amphibie\/","title":{"rendered":"RENOU\u00c9E AMPHIBIE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Renou%C3%A9e%20amphibie.jpg\" alt=\"Planche botanique Renou\u00e9e amphibie\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Renou\u00e9e amphibie<\/strong> (<em>Persicaria amphibia<\/em> (L.) Delarbre, syn. <em>Polygonum amphibium<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Polygonac\u00e9es<\/strong>. Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Persicaria<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la ressemblance des feuilles avec celles du p\u00eacher (<em>Persica<\/em>), tandis que l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>amphibia<\/em> souligne la double \u00e9cologie de la plante, capable de cro\u00eetre aussi bien en milieu aquatique que terrestre. Noms vernaculaires : renou\u00e9e amphibie, persicaire amphibie, langue-de-b\u0153uf aquatique.<\/p>\n<p>Plante vivace herbac\u00e9e de 30 \u00e0 100 cm, \u00e0 rhizome tra\u00e7ant vigoureux. L&rsquo;esp\u00e8ce pr\u00e9sente un polymorphisme remarquable li\u00e9 \u00e0 son milieu de vie. La forme aquatique (<em>f. natans<\/em>) poss\u00e8de des tiges flottantes, des feuilles longuement p\u00e9tiol\u00e9es, \u00e0 limbe oblong-elliptique, glabre et lustr\u00e9, flottant \u00e0 la surface de l&rsquo;eau. La forme terrestre (<em>f. terrestre<\/em>) pr\u00e9sente des tiges dress\u00e9es, pubescentes, des feuilles courtement p\u00e9tiol\u00e9es, lanc\u00e9ol\u00e9es, \u00e0 pubescence rude. L&rsquo;ochr\u00e9a (gaine stipulaire), caract\u00e9ristique des Polygonac\u00e9es, est tubulaire, tronqu\u00e9e, cili\u00e9e. L&rsquo;inflorescence est un \u00e9pi terminal dense, ovo\u00efde \u00e0 cylindrique, de 2 \u00e0 4 cm, portant des fleurs roses vif \u00e0 5 t\u00e9pales. Le fruit est un ak\u00e8ne lenticulaire, brun fonc\u00e9, de 2,5-3 mm.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Persicaria amphibia<\/em> est une esp\u00e8ce circumbor\u00e9ale \u00e0 vaste r\u00e9partition holarctique. Elle se rencontre dans toute l&rsquo;Europe, en Asie temp\u00e9r\u00e9e (de la Turquie au Japon), en Afrique du Nord et en Am\u00e9rique du Nord. En France, elle est pr\u00e9sente sur l&rsquo;ensemble du territoire m\u00e9tropolitain, des plaines aux montagnes (jusqu&rsquo;\u00e0 1 500 m d&rsquo;altitude).<\/p>\n<p>Fid\u00e8le \u00e0 son nom, la renou\u00e9e amphibie occupe des habitats aquatiques et semi-aquatiques : \u00e9tangs, lacs, mares, foss\u00e9s, canaux, rivi\u00e8res \u00e0 courant lent, prairies inondables, mar\u00e9cages. La forme aquatique colonise les eaux calmes, stagnantes \u00e0 faiblement courantes, de 0,5 \u00e0 2 m de profondeur, sur fonds vaseux. La forme terrestre se d\u00e9veloppe sur les berges, les gr\u00e8ves exond\u00e9es, les prairies humides et m\u00eame les cultures en terrain alluvial. L&rsquo;esp\u00e8ce est caract\u00e9ristique des communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales de l&rsquo;alliance <em>Nymphaeion albae<\/em> pour la forme aquatique et de l&rsquo;<em>Agropyro-Rumicion<\/em> pour la forme terrestre.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Persicaria amphibia<\/em> est une esp\u00e8ce commune et largement r\u00e9pandue, class\u00e9e en \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC) dans toute son aire holarctique. Elle ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune mesure de protection sp\u00e9cifique en France ou en Europe.<\/p>\n<p>La renou\u00e9e amphibie joue un r\u00f4le \u00e9cologique important dans les \u00e9cosyst\u00e8mes aquatiques et riverains. Ses tapis de feuilles flottantes fournissent un ombrage et un habitat pour les invert\u00e9br\u00e9s aquatiques et les alevins. Les rhizomes stabilisent les s\u00e9diments des berges et des fonds. Les fleurs, riches en nectar, attirent de nombreux insectes pollinisateurs, notamment les abeilles et les syrphes.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce peut toutefois devenir envahissante dans les plans d&rsquo;eau eutrophis\u00e9s, o\u00f9 elle forme des peuplements denses qui concurrencent d&rsquo;autres macrophytes. La gestion de ces prolif\u00e9rations n\u00e9cessite parfois des interventions m\u00e9caniques. Son r\u00f4le dans la bioindication de la qualit\u00e9 des milieux aquatiques est reconnu, l&rsquo;esp\u00e8ce tol\u00e9rant une gamme mod\u00e9r\u00e9e de pollution.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie de <em>Persicaria amphibia<\/em> r\u00e9v\u00e8le un profil typique des Polygonac\u00e9es, avec une dominance de compos\u00e9s ph\u00e9noliques :<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, le <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, la <strong>myric\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides (quercitrine, isoquercitrine, hyp\u00e9roside, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a>) constituent les compos\u00e9s majeurs des parties a\u00e9riennes. La teneur totale en flavono\u00efdes peut atteindre 2-3 % de la masse s\u00e8che.<\/p>\n<p><strong>Tanins<\/strong> : des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>) et des <strong>tanins hydrolysables<\/strong> (gallotanins, ellagitanins) sont pr\u00e9sents en proportions significatives, notamment dans les rhizomes.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques<\/strong> : l&rsquo;<strong>acide gallique<\/strong>, l&rsquo;<strong>acide protocat\u00e9chique<\/strong>, l&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> et l&rsquo;<strong>acide ellagique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Stilb\u00e8nes<\/strong> : le <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/resveratrol\/\">resv\u00e9ratrol<\/a><\/strong> et ses d\u00e9riv\u00e9s glycosyl\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s dans les rhizomes, comme chez d&rsquo;autres Polygonac\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s<\/strong> : des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthraquinones\/\">anthraquinones<\/a><\/strong> en traces, des <strong>acides organiques<\/strong> (oxalique, citrique), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>, des <strong>vitamines<\/strong> (C, K) et des <strong>min\u00e9raux<\/strong> (potassium, calcium, fer) compl\u00e8tent le profil.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les extraits de <em>Persicaria amphibia<\/em> montrent une activit\u00e9 antioxydante puissante dans les tests DPPH, ABTS et FRAP, comparable \u00e0 celle de l&rsquo;acide ascorbique. Cette activit\u00e9 est principalement corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la teneur en flavono\u00efdes et en tanins.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : les extraits m\u00e9thanoliques r\u00e9duisent significativement l&rsquo;\u0153d\u00e8me dans le mod\u00e8le de la patte au carrag\u00e9nane chez le rat. La <strong>querc\u00e9tine<\/strong> et ses glycosides inhibent les enzymes <strong>COX-2<\/strong> et <strong>5-LOX<\/strong>, r\u00e9duisant la production de prostaglandines et de leucotri\u00e8nes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 astringente et h\u00e9mostatique<\/strong> : les tanins conf\u00e8rent des propri\u00e9t\u00e9s astringentes marqu\u00e9es, justifiant l&rsquo;usage traditionnel contre les diarrh\u00e9es et les h\u00e9morragies. Ils forment des complexes avec les prot\u00e9ines tissulaires, r\u00e9duisant la perm\u00e9abilit\u00e9 vasculaire et l&rsquo;exsudation.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/strong> : les extraits aqueux et \u00e9thanoliques montrent une activit\u00e9 contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Pseudomonas aeruginosa<\/em> et <em>Candida albicans<\/em>, avec des CMI de 0,5 \u00e0 2 mg\/mL.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 h\u00e9patoprotectrice<\/strong> : des \u00e9tudes chez le rat ont montr\u00e9 une protection contre l&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 induite par le t\u00e9trachlorure de carbone, avec r\u00e9duction des transaminases et des marqueurs de stress oxydatif, attribu\u00e9e aux flavono\u00efdes et au resv\u00e9ratrol.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les indications de la renou\u00e9e amphibie, fond\u00e9es sur la tradition et les donn\u00e9es pharmacologiques, couvrent :<\/p>\n<p><strong>Troubles digestifs<\/strong> : diarrh\u00e9es aigu\u00ebs et chroniques, gastro-ent\u00e9rites, colites, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;action astringente des tanins.<\/p>\n<p><strong>H\u00e9morragies<\/strong> : m\u00e9trorragies fonctionnelles, m\u00e9norragies, h\u00e9morro\u00efdes saignantes, \u00e9pistaxis, par l&rsquo;action h\u00e9mostatique et vasoconstrictrice locale.<\/p>\n<p><strong>Troubles urinaires<\/strong> : cystites, inflammation des voies urinaires, en compl\u00e9ment de traitements diur\u00e9tiques.<\/p>\n<p><strong>Troubles inflammatoires<\/strong> : rhumatismes, arthrites, \u00e9tats inflammatoires chroniques.<\/p>\n<p><strong>Usage externe<\/strong> : stomatites, gingivites (en bain de bouche), plaies atones, dermatoses inflammatoires (en compresses).<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;essai clinique contr\u00f4l\u00e9 sp\u00e9cifiquement consacr\u00e9 \u00e0 <em>Persicaria amphibia<\/em>. Les donn\u00e9es cliniques reposent enti\u00e8rement sur la tradition d&#8217;emploi et les observations empiriques en phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<p>Des donn\u00e9es cliniques existent pour des compos\u00e9s isol\u00e9s partag\u00e9s avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces, notamment la <strong>querc\u00e9tine<\/strong>, qui a fait l&rsquo;objet de nombreux essais cliniques dans l&rsquo;allergie, l&rsquo;inflammation, les maladies cardiovasculaires et la pr\u00e9vention du cancer. Le <strong>resv\u00e9ratrol<\/strong>, \u00e9galement pr\u00e9sent dans les rhizomes, dispose d&rsquo;un corpus clinique consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel prolong\u00e9 dans plusieurs cultures, sans signalement d&rsquo;effets ind\u00e9sirables graves, constitue un argument empirique en faveur de l&rsquo;innocuit\u00e9, mais ne peut remplacer des \u00e9tudes cliniques rigoureuses.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p>La recherche sur <em>Persicaria amphibia<\/em> se d\u00e9veloppe selon plusieurs axes :<\/p>\n<p><strong>Phytorem\u00e9diation<\/strong> : la renou\u00e9e amphibie est \u00e9tudi\u00e9e pour sa capacit\u00e9 \u00e0 accumuler les m\u00e9taux lourds (cadmium, plomb, zinc, cuivre) dans ses tissus, ce qui en fait un candidat pour la phytorem\u00e9diation des eaux et s\u00e9diments pollu\u00e9s. Sa croissance rapide et sa tol\u00e9rance aux polluants en font un outil prometteur.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antidiab\u00e9tique<\/strong> : des extraits de l&rsquo;esp\u00e8ce inhibent les enzymes <strong>\u03b1-glucosidase<\/strong> et <strong>\u03b1-amylase<\/strong> in vitro, sugg\u00e9rant un potentiel dans la gestion de l&rsquo;hyperglyc\u00e9mie postprandiale du diab\u00e8te de type 2.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antitumorale<\/strong> : les flavono\u00efdes et stilb\u00e8nes de la plante font l&rsquo;objet de recherches en oncologie, avec des r\u00e9sultats prometteurs sur des mod\u00e8les cellulaires de cancers colorectal et h\u00e9patique.<\/p>\n<p><strong>\u00c9cologie adaptative<\/strong> : le dimorphisme aquatique\/terrestre de l&rsquo;esp\u00e8ce constitue un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude remarquable pour la plasticit\u00e9 ph\u00e9notypique et l&rsquo;adaptation aux stress environnementaux. Les m\u00e9canismes \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques sous-jacents sont activement \u00e9tudi\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myric\u00e9tine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins hydrolysables<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion<\/strong> : 3 \u00e0 5 g de parties a\u00e9riennes s\u00e9ch\u00e9es par tasse (250 ml) d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 \u00e0 15 minutes, filtrer. Boire 2 \u00e0 3 tasses par jour.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction de rhizomes<\/strong> : 10 \u00e0 15 g de rhizomes s\u00e9ch\u00e9s dans 500 ml d&rsquo;eau, bouillir 10 minutes \u00e0 feu doux, filtrer. Boire dans la journ\u00e9e, en 2 \u00e0 3 prises.<\/p>\n<p><strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> : 30 \u00e0 50 gouttes, 3 fois par jour, dans un verre d&rsquo;eau.<\/p>\n<p><strong>Usage externe<\/strong> : d\u00e9coction concentr\u00e9e (40-60 g\/L) en compresses, bains de si\u00e8ge (h\u00e9morro\u00efdes) ou gargarismes (affections buccales).<\/p>\n<p>Les cures sont g\u00e9n\u00e9ralement de 2 \u00e0 3 semaines, avec possibilit\u00e9 de renouvellement apr\u00e8s une semaine de pause.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> : grossesse et allaitement (par pr\u00e9caution, en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9), constipation chronique (les tanins peuvent l&rsquo;aggraver), occlusion intestinale.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions d&#8217;emploi<\/strong> : la richesse en tanins peut r\u00e9duire l&rsquo;absorption de certains m\u00e9dicaments et nutriments. Il est conseill\u00e9 d&rsquo;espacer la prise de renou\u00e9e amphibie de 2 heures par rapport aux m\u00e9dicaments oraux. La teneur en <strong>acide oxalique<\/strong> impose la prudence chez les patients sujets aux lithiases oxalo-calciques.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/strong> : diminution possible de l&rsquo;absorption des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a>, des sels de fer, des antibiotiques et des antihypertenseurs par ch\u00e9lation avec les tanins. Potentialisation th\u00e9orique des anticoagulants par la vitamine K contenue dans les feuilles (effet paradoxal selon la dose).<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La renou\u00e9e amphibie est consid\u00e9r\u00e9e comme peu toxique. Les donn\u00e9es toxicologiques sont limit\u00e9es, mais les esp\u00e8ces du genre <em>Persicaria<\/em> sont globalement bien tol\u00e9r\u00e9es aux doses recommand\u00e9es. La DL50 des extraits aqueux chez la souris est sup\u00e9rieure \u00e0 5 g\/kg par voie orale.<\/p>\n<p>\u00c0 doses \u00e9lev\u00e9es, les tanins condens\u00e9s peuvent provoquer des troubles digestifs (naus\u00e9es, constipation, irritation gastrique). Une consommation excessive et prolong\u00e9e de plantes riches en tanins est associ\u00e9e \u00e0 un risque th\u00e9orique accru de cancers \u0153sophagiens, bien que ce lien n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 pour cette esp\u00e8ce sp\u00e9cifiquement.<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>acide oxalique<\/strong>, pr\u00e9sent en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e, peut contribuer \u00e0 la formation de calculs r\u00e9naux chez les sujets pr\u00e9dispos\u00e9s. Aucun cas d&rsquo;intoxication grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature pour <em>Persicaria amphibia<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La renou\u00e9e amphibie a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans la m\u00e9decine populaire de plusieurs r\u00e9gions d&rsquo;Europe et d&rsquo;Asie. En Russie et en Europe de l&rsquo;Est, les parties a\u00e9riennes \u00e9taient employ\u00e9es comme astringent, h\u00e9mostatique et diur\u00e9tique. L&rsquo;infusion de feuilles servait \u00e0 traiter les diarrh\u00e9es, les h\u00e9morragies ut\u00e9rines et les saignements internes.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, les esp\u00e8ces apparent\u00e9es du genre <em>Persicaria<\/em> (notamment <em>P. orientalis<\/em> et <em>P. tinctoria<\/em>) sont largement utilis\u00e9es, et certains usages ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tendus \u00e0 <em>P. amphibia<\/em>. En Inde, les rhizomes \u00e9taient utilis\u00e9s comme vermifuge et f\u00e9brifuge. Dans les traditions am\u00e9rindiennes d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, les racines et les feuilles servaient de cataplasme contre les inflammations et les douleurs articulaires.<\/p>\n<p>Sur le plan alimentaire, les jeunes feuilles de la forme terrestre \u00e9taient parfois consomm\u00e9es en salade ou cuites comme l\u00e9gume vert. Les rhizomes, riches en amidon, ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s comme aliment de disette dans certaines r\u00e9gions.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p><em>Persicaria amphibia<\/em> ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne officielle. Elle n&rsquo;est pas inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise ni sur les listes de plantes m\u00e9dicinales. Aucune monographie europ\u00e9enne n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>En France, la plante n&rsquo;est pas soumise au monopole pharmaceutique et peut \u00eatre commercialis\u00e9e comme plante pour tisane. Elle figure dans certaines flores m\u00e9dicinales r\u00e9gionales et est utilis\u00e9e par des phytoth\u00e9rapeutes praticiens.<\/p>\n<p>Dans la Pharmacop\u00e9e chinoise, des esp\u00e8ces proches du genre <em>Persicaria<\/em> (notamment <em>P. orientalis<\/em>) disposent de monographies officielles et sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle chinoise institutionnalis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>RENOU\u00c9E AMPHIBIE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<br \/>\nSmolarz H.D. \u2014 \u00ab Comparative study of <em>Polygonum<\/em> species by HPLC analysis of phenolic acids and flavonoids \u00bb, <em>Phytochem. Anal.<\/em>, 2002, 13, 15-19.<br \/>\nHasan A. et al. \u2014 \u00ab Flavonoid glycosides and an anthraquinone from <em>Polygonum amphibium<\/em> \u00bb, <em>Phytochemistry<\/em>, 1995, 39(5), 1211-1213.<br \/>\nFournier P. \u2014 <em>Le livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, Paris, 1947.<br \/>\nRameau J.-C. et al. \u2014 <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>, IDF, 1989.<br \/>\nCialdella-Kam L. et al. \u2014 \u00ab Quercetin and green tea extract supplementation: Effects on exercise performance \u00bb, <em>J. Am. Coll. Nutr.<\/em>, 2017.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Renou\u00e9e amphibie (Persicaria amphibia (L.) Delarbre, syn. Polygonum amphibium L.) appartient \u00e0 la famille des Polygonac\u00e9es. Le nom g\u00e9n\u00e9rique Persicaria [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[87],"tags":[],"class_list":["post-1259","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-polygonacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1259","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1259"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1259\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13889,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1259\/revisions\/13889"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1259"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1259"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1259"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}