{"id":1260,"date":"2026-03-26T11:39:16","date_gmt":"2026-03-26T10:39:16","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/renouee-bistorte\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"renouee-bistorte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/renouee-bistorte\/","title":{"rendered":"RENOU\u00c9E BISTORTE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Renou%C3%A9e%20bistorte.jpg\" alt=\"Planche botanique Renou\u00e9e bistorte\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Renou\u00e9e bistorte<\/strong> (<em>Bistorta officinalis<\/em> Delarbre, syn. <em>Polygonum bistorta<\/em> L., <em>Persicaria bistorta<\/em> (L.) Samp.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Polygonaceae<\/strong>. La nomenclature de cette esp\u00e8ce a beaucoup \u00e9volu\u00e9, le genre <em>Polygonum<\/em> ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9clat\u00e9 en plusieurs genres distincts. Le nom <em>bistorta<\/em> (deux fois tordu) d\u00e9crit la forme caract\u00e9ristique du rhizome, contourn\u00e9 en S. L&rsquo;esp\u00e8ce est aussi appel\u00e9e serpentaire rouge, langue de b\u0153uf, couleuvr\u00e9e ou herbe \u00e0 la douzaine. C&rsquo;est une plante m\u00e9dicinale importante de la pharmacop\u00e9e traditionnelle europ\u00e9enne, inscrite dans plusieurs pharmacop\u00e9es historiques pour ses puissantes propri\u00e9t\u00e9s astringentes.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace de <strong>30 \u00e0 80 cm<\/strong>, dress\u00e9e, non ramifi\u00e9e. Le <strong>rhizome<\/strong> est \u00e9pais (1-2 cm de diam\u00e8tre), ligneux, tortueux, en forme de S, brun-noir\u00e2tre \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, ros\u00e9 \u00e0 rouge \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur (riche en tanins), \u00e0 saveur fortement astringente. La tige est simple, dress\u00e9e, cylindrique, glabre, non ramifi\u00e9e, portant 2 \u00e0 5 feuilles caulinaires. Les feuilles basales sont grandes (10-20 cm), <strong>oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es<\/strong>, \u00e0 base tronqu\u00e9e ou subcord\u00e9e, d\u00e9currente sur un long p\u00e9tiole ail\u00e9, vert fonc\u00e9 sur la face sup\u00e9rieure, glauque en dessous, \u00e0 marge enti\u00e8re ondul\u00e9e. Les feuilles caulinaires sont plus petites, sessiles, embrassantes, munies d&rsquo;un <strong>ochr\u00e9a<\/strong> (gaine stipulaire membraneuse) tubuleux allong\u00e9. L&rsquo;inflorescence est un <strong>\u00e9pi terminal<\/strong> dense, cylindrique, de 3 \u00e0 8 cm de long, portant de tr\u00e8s nombreuses petites fleurs. Les fleurs sont pentam\u00e8res, \u00e0 5 t\u00e9pales <strong>rose vif<\/strong>, avec 8 \u00e9tamines exsertes \u00e0 anth\u00e8res blanc ros\u00e9 et 3 styles. L&rsquo;\u00e9pi en fleur est d&rsquo;un rose intense, tr\u00e8s d\u00e9coratif. Le fruit est un <strong>ak\u00e8ne trigone<\/strong> brun, luisant, de 3-4 mm. Floraison de mai \u00e0 ao\u00fbt, avec un pic en juin-juillet.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>La Renou\u00e9e bistorte est une esp\u00e8ce <strong>eurasiatique<\/strong> \u00e0 tendance montagnarde et bor\u00e9ale. En France, elle est commune dans les Alpes, le Jura, les Vosges, le Massif central, les Pyr\u00e9n\u00e9es et plus rare en plaine (subsistant dans des stations relictuelles humides). Elle pousse de l&rsquo;\u00e9tage collin\u00e9en \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage subalpin (200 \u00e0 2 500 m), avec une abondance maximale entre 800 et 2 000 m. Son habitat de pr\u00e9dilection est constitu\u00e9 par les <strong>prairies humides<\/strong> et les <strong>prairies de fauche<\/strong> de montagne, riches et bien arros\u00e9es. On la trouve aussi dans les m\u00e9gaphorbiaies, les bords de ruisseaux, les foss\u00e9s et les sous-bois humides. Elle forme parfois des peuplements denses et spectaculaires, teignant les prairies de rose au moment de la floraison. En Europe, sa distribution s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;Islande \u00e0 l&rsquo;Oural, et des montagnes m\u00e9diterran\u00e9ennes \u00e0 la Scandinavie. Elle est absente de la r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne s\u00e8che.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>La Renou\u00e9e bistorte est une esp\u00e8ce <strong>hygrophile<\/strong>, exigeant une humidit\u00e9 constante du sol. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols profonds, riches en humus, frais \u00e0 humides, argileux ou limono-argileux, \u00e0 pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide (5,5-7,5). Elle tol\u00e8re les sols temporairement engorg\u00e9s. C&rsquo;est une plante <strong>h\u00e9liophile \u00e0 h\u00e9mi-sciaphile<\/strong>, supportant la mi-ombre des lisi\u00e8res mais fleurissant mieux en plein soleil. Sa rusticit\u00e9 est exceptionnelle (zone 2, \u221240 \u00b0C), ce qui explique sa pr\u00e9sence dans les r\u00e9gions subarctiques. Elle est sensible \u00e0 la s\u00e9cheresse estivale et \u00e0 l&rsquo;eutrophisation excessive. La Renou\u00e9e bistorte est un bon indicateur des <strong>prairies m\u00e9sotrophes humides<\/strong>, milieux de haute valeur pastorale et \u00e9cologique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>Vivace \u00e0 rhizome p\u00e9renne, la Renou\u00e9e bistorte \u00e9merge au printemps (avril-mai) avec sa rosette de feuilles basales. La tige florale se dresse rapidement. La <strong>floraison<\/strong>, spectaculaire, a lieu de mai \u00e0 ao\u00fbt selon l&rsquo;altitude, avec un pic en juin-juillet. Les \u00e9pis roses attirent une grande diversit\u00e9 de <strong>pollinisateurs<\/strong> : abeilles, bourdons, syrphes, papillons et col\u00e9opt\u00e8res. La pollinisation est entomophile. L&rsquo;esp\u00e8ce est protandre (\u00e9tamines m\u00fbrissant avant les stigmates), favorisant la f\u00e9condation crois\u00e9e. Les ak\u00e8nes m\u00fbrissent en ao\u00fbt-septembre et sont dispers\u00e9s par le vent et la gravit\u00e9. La <strong>multiplication v\u00e9g\u00e9tative<\/strong> par fragmentation du rhizome est tr\u00e8s efficace : les prairies \u00e0 bistorte sont souvent des clones \u00e9tendus. Le rhizome peut persister des d\u00e9cennies dans le sol, conf\u00e9rant \u00e0 la plante une grande long\u00e9vit\u00e9. Apr\u00e8s la fructification, les parties a\u00e9riennes se dess\u00e8chent en automne et le rhizome entre en dormance hivernale.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le rhizome de la Renou\u00e9e bistorte est l&rsquo;une des sources v\u00e9g\u00e9tales les plus concentr\u00e9es en <strong>tanins<\/strong>. La teneur en tanins totaux peut atteindre <strong>15 \u00e0 25 %<\/strong> de la mati\u00e8re s\u00e8che, principalement des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>) et des <strong>tanins hydrolysables<\/strong> (ellagitanins). Cette richesse exceptionnelle en tanins explique le go\u00fbt fortement astringent du rhizome et ses propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales. On y trouve aussi de l&rsquo;<strong>amidon<\/strong> (environ 30 %), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide gallique, acide ellagique, acide caf\u00e9ique), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol, cat\u00e9chine), de la <strong>vitamine C<\/strong> (dans les feuilles), des <strong>oxalates<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>. Les feuilles contiennent moins de tanins (5-10 %) mais sont riches en vitamine C et en min\u00e9raux. La composition varie selon l&rsquo;altitude, la saison et l&rsquo;organe : la teneur en tanins est maximale dans le rhizome en automne.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La Renou\u00e9e bistorte est une <strong>plante m\u00e9dicinale astringente majeure<\/strong> de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne traditionnelle, utilis\u00e9e depuis le Moyen \u00c2ge. Ses propri\u00e9t\u00e9s sont principalement li\u00e9es \u00e0 sa richesse exceptionnelle en tanins.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s astringentes :<\/strong> Le rhizome de Bistorte est l&rsquo;un des astringents v\u00e9g\u00e9taux les plus puissants. La d\u00e9coction de rhizome (2-3 g pour 150 ml, bouillie 10 min) est utilis\u00e9e en <strong>gargarisme<\/strong> contre les maux de gorge, les gingivites, les stomatites et les aphtes. En <strong>usage interne<\/strong>, elle traite les <strong>diarrh\u00e9es<\/strong> aigu\u00ebs et chroniques, la dysenterie et les h\u00e9morragies intestinales. Les tanins forment un film protecteur sur les muqueuses irrit\u00e9es, r\u00e9duisant l&rsquo;inflammation et les s\u00e9cr\u00e9tions.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s h\u00e9mostatiques :<\/strong> L&rsquo;action astringente s&rsquo;exerce aussi sur les vaisseaux sanguins : la Bistorte est prescrite en cas de <strong>m\u00e9norragies<\/strong> (r\u00e8gles excessives), de <strong>m\u00e9trorragies<\/strong> et de <strong>saignements de nez<\/strong>. En usage externe, la poudre de rhizome ou la d\u00e9coction concentr\u00e9e est appliqu\u00e9e sur les <strong>plaies<\/strong> et les <strong>ulc\u00e8res<\/strong> pour favoriser la cicatrisation.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires :<\/strong> Les tanins et les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> exercent une action anti-inflammatoire locale, utile dans les inflammations buccales, pharyng\u00e9es et digestives.<\/p>\n<p>La Renou\u00e9e bistorte est inscrite dans la pharmacop\u00e9e de plusieurs pays europ\u00e9ens. Elle est utilis\u00e9e en <strong>phytoth\u00e9rapie<\/strong> sous forme de d\u00e9coction, de teinture-m\u00e8re, d&rsquo;extrait sec et de poudre. La d\u00e9coction est aussi employ\u00e9e en <strong>usage externe<\/strong> pour les bains de si\u00e8ge (h\u00e9morro\u00efdes), les compresses (plaies, br\u00fblures) et les injections vaginales (leucorrh\u00e9es). L&rsquo;usage est contre-indiqu\u00e9 en cas de constipation et chez les personnes sous traitement anticoagulant (les tanins interf\u00e8rent avec l&rsquo;absorption du fer et de certains m\u00e9dicaments).<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9<\/h3>\n<p>La Renou\u00e9e bistorte est consid\u00e9r\u00e9e comme <strong>non toxique<\/strong> aux doses th\u00e9rapeutiques recommand\u00e9es. La forte teneur en tanins peut cependant provoquer des <strong>troubles digestifs<\/strong> (constipation, naus\u00e9es, douleurs gastriques) en cas de surdosage. Les tanins r\u00e9duisent l&rsquo;absorption du fer et de certains m\u00e9dicaments : il est recommand\u00e9 de respecter un intervalle de 2 heures entre la prise de Bistorte et celle de m\u00e9dicaments oraux. La teneur en <strong>oxalates<\/strong> des feuilles peut poser probl\u00e8me chez les personnes souffrant de calculs r\u00e9naux oxaliques en cas de consommation importante. La consommation alimentaire mod\u00e9r\u00e9e des jeunes feuilles et du rhizome cuit ne pr\u00e9sente pas de danger.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>15 \u00e0 25 %<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins hydrolysables<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Amidon<\/td>\n<td>Polysaccharide<\/td>\n<td>R\u00e9serve glucidique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La Renou\u00e9e bistorte poss\u00e8de une tradition alimentaire ancienne dans les r\u00e9gions de montagne d&rsquo;Europe. Le <strong>rhizome<\/strong>, tr\u00e8s riche en amidon (environ 30 %), \u00e9tait consomm\u00e9 en p\u00e9riode de disette apr\u00e8s trempage prolong\u00e9 dans l&rsquo;eau (pour \u00e9liminer les tanins amers) et cuisson. S\u00e9ch\u00e9 et r\u00e9duit en farine, il entrait dans la composition de pains et de bouillies. En Angleterre du Nord (Lake District, Yorkshire), la Bistorte est l&rsquo;ingr\u00e9dient principal du <strong>\u00ab Easter-ledger pudding \u00bb<\/strong> ou <strong>\u00ab dock pudding \u00bb<\/strong>, un plat traditionnel pascal \u00e0 base de jeunes feuilles de Bistorte, d&rsquo;orties et d&rsquo;orge, bouilli puis frit. Les <strong>jeunes feuilles<\/strong>, r\u00e9colt\u00e9es avant la floraison, sont consomm\u00e9es cuites comme des \u00e9pinards, riches en vitamine C. Leur astringence est att\u00e9nu\u00e9e par la cuisson. En Russie, le rhizome torr\u00e9fi\u00e9 servait de substitut de th\u00e9. Aujourd&rsquo;hui, la Bistorte conna\u00eet un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat dans la cuisine sauvage et les traditions culinaires r\u00e9gionales.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>La Renou\u00e9e bistorte est une plante vivace rustique, facile \u00e0 cultiver dans un jardin frais ou humide. Elle se plante en sol riche, humif\u00e8re, frais \u00e0 humide, au soleil ou \u00e0 mi-ombre. La plantation se fait par division du rhizome en automne ou au printemps (fragments de 5-10 cm). Le semis est possible mais plus lent (germination irr\u00e9guli\u00e8re, stratification froide recommand\u00e9e). L&rsquo;espacement est de 30 \u00e0 40 cm. La plante ne n\u00e9cessite aucun soin particulier si le sol reste frais. Un paillage maintient l&rsquo;humidit\u00e9. La floraison est plus abondante en plein soleil avec un sol humide. La Bistorte est r\u00e9sistante aux maladies et aux ravageurs. Elle peut devenir envahissante par son rhizome dans les conditions optimales. La tonte apr\u00e8s floraison stimule une seconde vague de feuillage. La plante est tr\u00e8s d\u00e9corative dans les <strong>jardins naturalistes<\/strong>, les prairies fleuries humides et les abords de bassin.<\/p>\n<hr>\n<h3>Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>La Renou\u00e9e bistorte est caract\u00e9ristique des <strong>prairies humides de fauche<\/strong> de montagne de l&rsquo;alliance du <em>Polygono-Trisetion<\/em>. Elle s&rsquo;associe \u00e0 la Trollius d&rsquo;Europe (<em>Trollius europaeus<\/em>), \u00e0 la Sanguisorbe officinale (<em>Sanguisorba officinalis<\/em>), au G\u00e9ranium des bois (<em>Geranium sylvaticum<\/em>), \u00e0 la Knautie des champs (<em>Knautia arvensis<\/em>), au Narcisse des po\u00e8tes (<em>Narcissus poeticus<\/em>) et \u00e0 la F\u00e9tuque des pr\u00e9s (<em>Festuca pratensis<\/em>). En m\u00e9gaphorbiaie, elle c\u00f4toie l&rsquo;Aconit tue-loup, le V\u00e9ratre blanc et l&rsquo;Imp\u00e9ratoire. Au jardin, elle se marie avec les Astilbes, les Ligulaires, les Iris de Sib\u00e9rie et les Trolles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>La Renou\u00e9e bistorte est une esp\u00e8ce <strong>indicatrice des prairies humides de montagne<\/strong> de haute valeur \u00e9cologique et pastorale. Sa floraison dense et prolong\u00e9e fournit une ressource en nectar et pollen essentielle pour les pollinisateurs de montagne, notamment les bourdons \u00e0 haute altitude. Les prairies \u00e0 Bistorte abritent une biodiversit\u00e9 floristique et entomologique remarquable. Ces milieux sont <strong>menac\u00e9s<\/strong> par l&rsquo;intensification agricole (drainage, fertilisation excessive, fauche pr\u00e9coce), l&rsquo;abandon pastoral (embroussaillement) et le changement climatique (ass\u00e8chement des sols). La conservation de la Bistorte passe par le maintien de <strong>pratiques agricoles extensives<\/strong> : fauche tardive (apr\u00e8s le 15 juillet), fertilisation mod\u00e9r\u00e9e, p\u00e2turage extensif. La plante joue aussi un r\u00f4le dans la stabilisation des sols humides en pente.<\/p>\n<hr>\n<h3>Folklore et symbolisme<\/h3>\n<p>Le rhizome tortueux de la Bistorte, ressemblant \u00e0 un serpent, lui a valu le nom de \u00ab serpentaire \u00bb. Par la <strong>doctrine des signatures<\/strong> m\u00e9di\u00e9vale, cette forme \u00ab serpentine \u00bb \u00e9tait interpr\u00e9t\u00e9e comme un signe d&rsquo;efficacit\u00e9 contre les morsures de serpent et les empoisonnements \u2014 un usage qui n&rsquo;a aucune base pharmacologique mais qui a contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9putation de la plante. Le nom anglais <em>snakeweed<\/em> (herbe au serpent) perp\u00e9tue cette association. Dans les r\u00e9gions alpines, la Bistorte \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une plante <strong>protectrice<\/strong>, plant\u00e9e autour des maisons pour \u00e9loigner les mauvais esprits. La tradition du <strong>Easter-ledger pudding<\/strong> dans le nord de l&rsquo;Angleterre remonte au moins au XVIIIe si\u00e8cle et fait l&rsquo;objet de concours culinaires annuels dans le Yorkshire. La Bistorte symbolise la <strong>gu\u00e9rison<\/strong>, la <strong>pers\u00e9v\u00e9rance<\/strong> et la <strong>tradition montagnarde<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La Renou\u00e9e bistorte est reconnaissable \u00e0 son \u00e9pi rose dense, ses feuilles oblongues \u00e0 base tronqu\u00e9e et d\u00e9currente sur le p\u00e9tiole, et son rhizome tortueux. La <strong>Renou\u00e9e vivipare<\/strong> (<em>Bistorta vivipara<\/em>) est plus petite (10-30 cm), \u00e0 \u00e9pi rose blanch\u00e2tre portant des bulbilles dans sa partie inf\u00e9rieure. Les <strong>Persicaires<\/strong> (<em>Persicaria<\/em> spp.) ont des \u00e9pis plus l\u00e2ches et des feuilles \u00e0 ochr\u00e9a cili\u00e9. La <strong>Sanguisorbe officinale<\/strong> (<em>Sanguisorba officinalis<\/em>), qui partage le m\u00eame habitat, a des capitules rouge sombre ovales (et non des \u00e9pis cylindriques roses). Au stade v\u00e9g\u00e9tatif, les feuilles de Bistorte pourraient rappeler celles de l&rsquo;<strong>Oseille<\/strong> (<em>Rumex<\/em>), mais la base tronqu\u00e9e (et non sagitt\u00e9e) et l&rsquo;ochr\u00e9a membraneux permettent la distinction.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>RENOU\u00c9E BISTORTE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Bistorta%20officinalis\">Plants of the World Online, Kew : <em>Bistorta officinalis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Bistorta+officinalis\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Bistorta officinalis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> H\u00e9mostatique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Renou\u00e9e bistorte (Bistorta officinalis Delarbre, syn. Polygonum bistorta L., Persicaria bistorta (L.) Samp.) appartient \u00e0 la famille des Polygonaceae. 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