{"id":1265,"date":"2026-03-26T11:39:23","date_gmt":"2026-03-26T10:39:23","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/renouee-liseron\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"renouee-liseron","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/renouee-liseron\/","title":{"rendered":"RENOU\u00c9E LISERON"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Renou%C3%A9e%20liseron.jpg\" alt=\"Planche botanique Renou\u00e9e liseron\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La renou\u00e9e liseron, <em>Fallopia convolvulus<\/em> (L.) \u00c1. L\u00f6ve (synonymes : <em>Polygonum convolvulus<\/em> L., <em>Bilderdykia convolvulus<\/em> (L.) Dumort.), appartient \u00e0 la famille des <em>Polygonaceae<\/em>. C&rsquo;est une plante herbac\u00e9e annuelle volubile de 20 \u00e0 120 cm, \u00e0 tige gr\u00eale, anguleuse, ramifi\u00e9e, s&rsquo;enroulant autour des supports dans le sens inverse des aiguilles d&rsquo;une montre. Les feuilles sont alternes, sagitt\u00e9es (en forme de fer de fl\u00e8che), \u00e0 oreillettes basales aigu\u00ebs, longues de 2 \u00e0 6 cm, \u00e0 p\u00e9tiole aussi long que le limbe. L&rsquo;ochr\u00e9a (gaine stipulaire caract\u00e9ristique des Polygonac\u00e9es) est membraneuse, tronqu\u00e9e, non cili\u00e9e. Les fleurs sont petites (3-4 mm), group\u00e9es en fascicules axillaires ou en rac\u00e8mes terminaux l\u00e2ches, \u00e0 p\u00e9rianthe de 5 t\u00e9pales verd\u00e2tres \u00e0 marge blanch\u00e2tre, non ail\u00e9s sur le fruit (caract\u00e8re distinctif de <em>F. dumetorum<\/em> qui a les t\u00e9pales externes ail\u00e9s). Les 8 \u00e9tamines sont incluses. Le fruit est un ak\u00e8ne trigone, noir, mat, de 3 \u00e0 4 mm, entour\u00e9 par le p\u00e9rianthe persistant. Le syst\u00e8me racinaire est pivotant, peu profond. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 40). La plante ressemble superficiellement au liseron des haies (<em>Calystegia sepium<\/em>), d&rsquo;o\u00f9 son nom vernaculaire, mais s&rsquo;en distingue par ses feuilles sagitt\u00e9es (non cordiformes) et ses petites fleurs verd\u00e2tres (non blanches en entonnoir).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Fallopia convolvulus<\/em> est une esp\u00e8ce eurasiatique, probablement originaire d&rsquo;Asie centrale, aujourd&rsquo;hui subcosmopolite dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es. En France, elle est tr\u00e8s commune dans toutes les r\u00e9gions, du niveau de la mer \u00e0 1 500 m d&rsquo;altitude. Elle colonise les cultures (c\u00e9r\u00e9ales, pommes de terre, betteraves, cultures mara\u00eech\u00e8res), les jardins, les friches, les d\u00e9combres, les bords de route et les terrains vagues. L&rsquo;esp\u00e8ce est nitrophile, messicole (adventice des cultures) et m\u00e9sophile, pr\u00e9f\u00e9rant les sols meubles, moyennement fertiles \u00e0 riches, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides, frais mais bien drain\u00e9s. Elle est h\u00e9liophile \u00e0 semi-h\u00e9liophile. La germination a lieu au printemps (mars-mai), la floraison de juin \u00e0 octobre et la fructification d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 novembre. La banque de graines dans le sol est persistante (viabilit\u00e9 de 5 \u00e0 10 ans). L&rsquo;esp\u00e8ce est une adventice importante des cultures de printemps et d&rsquo;\u00e9t\u00e9, pouvant provoquer la verse des c\u00e9r\u00e9ales par son port volubile. Elle appartient aux communaut\u00e9s adventices du <em>Polygono-Chenopodietalia<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Fallopia convolvulus<\/em> est mod\u00e9r\u00e9ment \u00e9tudi\u00e9e. Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong>myric\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides, ainsi que des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavanones\/\">flavanones<\/a><\/strong> et des <strong>flavanonols<\/strong>. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> sont pr\u00e9sents : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide gallique<\/strong>, <strong>acide protocat\u00e9chique<\/strong>. Des <strong>tanins<\/strong> cat\u00e9chiques et galliques (2-5 % MS) conf\u00e8rent une astringence. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthraquinones\/\">anthraquinones<\/a><\/strong> (\u00e9modine, chrysophanol) sont pr\u00e9sentes en faible quantit\u00e9, comme chez d&rsquo;autres Polygonac\u00e9es (genre <em>Rumex<\/em>, <em>Rheum<\/em>). Des <strong>stilb\u00e8nes<\/strong> apparent\u00e9s au <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/resveratrol\/\">resv\u00e9ratrol<\/a><\/strong> pourraient \u00eatre pr\u00e9sents par analogie avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre <em>Fallopia<\/em> (F. japonica est une source majeure de resv\u00e9ratrol). Les graines contiennent de l&rsquo;<strong>amidon<\/strong> (60-70 % MS), des <strong>prot\u00e9ines<\/strong> (10-15 %), des <strong>lipides<\/strong> (2-3 %) et des <strong>fibres<\/strong>. Des <strong>acides organiques<\/strong> (oxalique, malique) sont pr\u00e9sents dans les feuilles. La plante contient des <strong>min\u00e9raux<\/strong> (potassium, calcium, fer) et des <strong>vitamines<\/strong> (C, K\u2081). Des <strong>oxalates<\/strong> de calcium sont pr\u00e9sents, comme chez la plupart des Polygonac\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Fallopia convolvulus<\/em> sont limit\u00e9es. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol) exercent des effets antioxydants bien caract\u00e9ris\u00e9s (pi\u00e9geage des radicaux libres, ch\u00e9lation des m\u00e9taux, inhibition de la peroxydation lipidique), anti-inflammatoires (inhibition de la COX-2, du NF-\u03baB, des cytokines pro-inflammatoires) et vasoprotecteurs. Les <strong>tanins<\/strong> exercent un effet astringent par pr\u00e9cipitation des prot\u00e9ines des muqueuses, justifiant l&rsquo;usage antidiarrh\u00e9ique traditionnel des Polygonac\u00e9es. Les <strong>anthraquinones<\/strong>, si pr\u00e9sentes en quantit\u00e9 suffisante, pourraient exercer un faible effet laxatif stimulant. L&rsquo;<strong>acide gallique<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes (bact\u00e9riostatiques) et antiprolif\u00e9ratives. Les <strong>oxalates<\/strong> n&rsquo;ont pas d&rsquo;effet th\u00e9rapeutique et constituent un facteur antinutritionnel (ch\u00e9lation du calcium, contribution \u00e0 la lithiase r\u00e9nale oxalique). Si des <strong>stilb\u00e8nes<\/strong> (resv\u00e9ratrol) \u00e9taient confirm\u00e9s chez <em>F. convolvulus<\/em>, ils apporteraient des propri\u00e9t\u00e9s cardioprotectrices et anti-\u00e2ge suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques de <em>Fallopia convolvulus<\/em> ne sont document\u00e9es par aucune \u00e9tude clinique ni pr\u00e9clinique sp\u00e9cifique. Les seules donn\u00e9es proviennent de la tradition et de l&rsquo;extrapolation chimique : (1) <strong>Effet astringent<\/strong> : les tanins conf\u00e8rent une activit\u00e9 astringente sur les muqueuses (diarrh\u00e9es l\u00e9g\u00e8res). (2) <strong>Effet diur\u00e9tique l\u00e9ger<\/strong> : rapport\u00e9 dans la tradition populaire, attribuable aux flavono\u00efdes et au potassium. (3) <strong>Effet antioxydant<\/strong> : les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> conf\u00e8rent une capacit\u00e9 antioxydante mesurable in vitro. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie officielle et n&rsquo;est mentionn\u00e9e dans aucune pharmacop\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h3>\n<p>La renou\u00e9e liseron ne poss\u00e8de aucune indication reconnue en phytoth\u00e9rapie clinique. Elle n&rsquo;est pas prescrite ni commercialis\u00e9e comme plante m\u00e9dicinale. Ses usages traditionnels (diur\u00e9tique, astringent) sont anecdotiques et n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 repris par la phytoth\u00e9rapie moderne. D&rsquo;autres Polygonac\u00e9es (renou\u00e9e bistorte, renou\u00e9e des oiseaux, patience) sont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es pour les m\u00eames indications en raison de leur meilleure documentation et de leur disponibilit\u00e9 en herboristerie. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;esp\u00e8ce est essentiellement agronomique (adventice majeure des cultures) et \u00e9cologique (composante des communaut\u00e9s adventices).<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche sur <em>Fallopia convolvulus<\/em> est principalement agronomique, centr\u00e9e sur la biologie de l&rsquo;adventice et son contr\u00f4le. Des \u00e9tudes de dynamique des populations quantifient les pertes de rendement caus\u00e9es par l&rsquo;esp\u00e8ce dans les cultures de c\u00e9r\u00e9ales (5 \u00e0 15 % de perte de rendement pour des densit\u00e9s de 20 \u00e0 50 plantes\/m\u00b2). Des travaux sur la r\u00e9sistance aux herbicides montrent l&rsquo;apparition de populations r\u00e9sistantes aux auxines de synth\u00e8se (2,4-D, MCPA) dans certaines r\u00e9gions c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res. Des \u00e9tudes de g\u00e9n\u00e9tique des populations utilisant des marqueurs mol\u00e9culaires montrent une diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique \u00e9lev\u00e9e au sein des populations adventices, refl\u00e9tant un flux de graines important via les semences de c\u00e9r\u00e9ales contamin\u00e9es. Des recherches phytochimiques sur le genre <em>Fallopia<\/em> se concentrent sur <em>F. japonica<\/em> (source industrielle de resv\u00e9ratrol), mais quelques \u00e9tudes explorent le potentiel polyph\u00e9nolique de <em>F. convolvulus<\/em>. Des travaux d&rsquo;\u00e9cologie fonctionnelle montrent que la renou\u00e9e liseron modifie la structure de la canop\u00e9e des cultures en s&rsquo;enroulant autour des tiges, provoquant la verse et modifiant le microclimat de la parcelle.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myric\u00e9tine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavanonols<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie officielle n&rsquo;existe pour <em>Fallopia convolvulus<\/em>. Les usages traditionnels rapport\u00e9s correspondaient \u00e0 : <strong>Infusion de parties a\u00e9riennes<\/strong> : 2 \u00e0 4 g pour 250 mL d&rsquo;eau, infuser 10 min ; 2 tasses\/jour (diur\u00e9tique, astringent). <strong>Farine de graines<\/strong> (usage alimentaire de survie) : graines d\u00e9cortiqu\u00e9es, s\u00e9ch\u00e9es, moulues, m\u00e9lang\u00e9es \u00e0 de la farine de c\u00e9r\u00e9ales pour la confection de pain ou de bouillie. Ces usages sont purement historiques et ne constituent pas des recommandations th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La teneur en <strong>acide oxalique<\/strong> (oxalates) impose une prudence chez les personnes souffrant de lithiase r\u00e9nale oxalique, de goutte ou d&rsquo;hyperoxalurie. L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement (absence de donn\u00e9es). Les anthraquinones, si pr\u00e9sentes en quantit\u00e9 significative, contre-indiquent l&rsquo;usage chez les patients atteints de maladies inflammatoires intestinales. La r\u00e9colte dans les cultures trait\u00e9es par des herbicides est \u00e9videmment dangereuse. Les oxalates peuvent former des cristaux irritants pour les muqueuses buccales et digestives en cas de consommation excessive de plante fra\u00eeche.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les <strong>oxalates<\/strong> r\u00e9duisent l&rsquo;absorption du calcium alimentaire et m\u00e9dicamenteux par formation d&rsquo;oxalate de calcium insoluble. Les <strong>tanins<\/strong> peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption du fer m\u00e9dicamenteux, des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> et de certains antibiotiques (espacer de 2 heures). Les <strong>anthraquinones<\/strong>, si pr\u00e9sentes, pourraient acc\u00e9l\u00e9rer le transit et r\u00e9duire l&rsquo;absorption de m\u00e9dicaments oraux. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (querc\u00e9tine) sont de faibles inhibiteurs du CYP3A4 et de la P-gp in vitro, sans pertinence clinique. Le risque d&rsquo;interactions est consid\u00e9r\u00e9 comme tr\u00e8s faible.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p><em>Fallopia convolvulus<\/em> n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme une plante toxique, mais sa teneur en oxalates impose une mod\u00e9ration. L&rsquo;ingestion de grandes quantit\u00e9s de plante fra\u00eeche pourrait th\u00e9oriquement provoquer une irritation gastro-intestinale (oxalates) et une hypocalc\u00e9mie transitoire. Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine n&rsquo;est rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature. La plante est consomm\u00e9e par le b\u00e9tail sans effet toxique notable, bien que les Polygonac\u00e9es riches en oxalates puissent provoquer des troubles r\u00e9naux chez les moutons en cas de consommation massive. Les graines sont consomm\u00e9es par les oiseaux granivores sans dommage. La plante ne contient pas d&rsquo;alcalo\u00efdes, de glycosides cardiotoxiques ni de compos\u00e9s cyanog\u00e9n\u00e9tiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La renou\u00e9e liseron est une plante commensale de l&rsquo;agriculture depuis le N\u00e9olithique, ses graines ayant \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es dans des sites arch\u00e9ologiques datant de l&rsquo;\u00c2ge du Bronze. Elle n&rsquo;a pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;usages m\u00e9dicinaux importants, son int\u00e9r\u00eat \u00e9tant principalement agronomique (adventice). Cependant, quelques sources ethnobotaniques mentionnent des usages populaires limit\u00e9s. Les graines, riches en amidon, ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es en alimentation de survie dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;Europe du Nord et de Russie, moulues en farine grossi\u00e8re. En m\u00e9decine populaire russe et scandinave, l&rsquo;infusion de parties a\u00e9riennes \u00e9tait occasionnellement utilis\u00e9e comme diur\u00e9tique l\u00e9ger et astringent. Les Polygonac\u00e9es en g\u00e9n\u00e9ral (renou\u00e9es, rumex, sarrasin) ont une longue histoire d&rsquo;utilisation alimentaire et m\u00e9dicinale. La renou\u00e9e liseron, moins spectaculaire que la renou\u00e9e du Japon ou la renou\u00e9e bistorte, est rest\u00e9e marginale dans les usages traditionnels. Son nom de \u00ab\u00a0black bindweed\u00a0\u00bb en anglais souligne sa nature de mauvaise herbe volubile.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Fallopia convolvulus<\/em> ne pr\u00e9sente aucun enjeu de conservation. C&rsquo;est une adventice tr\u00e8s commune, en expansion dans les agrosyst\u00e8mes, class\u00e9e \u00ab\u00a0Pr\u00e9occupation mineure\u00a0\u00bb (LC). Elle n&rsquo;est pas cultiv\u00e9e volontairement et fait l&rsquo;objet de strat\u00e9gies de lutte chimique et m\u00e9canique dans les cultures. La gestion repose sur le labour (enfouissement des graines), les faux-semis, les herbicides de pr\u00e9- et post-lev\u00e9e (produits auxiniques, sulfonylur\u00e9es), le d\u00e9sherbage m\u00e9canique (binage, herse \u00e9trille) et les rotations culturales. La banque de graines dans le sol \u00e9tant persistante (5-10 ans), une vigilance continue est n\u00e9cessaire. La plante est un h\u00f4te alternatif pour certains ravageurs des cultures (pucerons, n\u00e9matodes) et des maladies fongiques (rouilles). La r\u00e9colte des graines pour l&rsquo;alimentation humaine est historiquement document\u00e9e mais n&rsquo;est plus pratiqu\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>RENOU\u00c9E LISERON pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<br \/>\nHolm L. et al. <em>World Weeds: Natural Histories and Distribution<\/em>. New York : Wiley ; 1997.<br \/>\nJauzein P. <em>Flore des champs cultiv\u00e9s<\/em>. Paris : INRA ; 1995.<br \/>\nKim H.J. et al. Phenolic compounds from <em>Polygonum<\/em> species. <em>Archives of Pharmacal Research<\/em>. 2005;28(1):22-27.<br \/>\nBruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nOerke E.C. Crop losses to pests. <em>Journal of Agricultural Science<\/em>. 2006;144(1):31-43.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La renou\u00e9e liseron, Fallopia convolvulus (L.) \u00c1. L\u00f6ve (synonymes : Polygonum convolvulus L., Bilderdykia convolvulus (L.) 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