{"id":1266,"date":"2026-03-26T11:39:24","date_gmt":"2026-03-26T10:39:24","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/renouee-persicaire\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"renouee-persicaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/renouee-persicaire\/","title":{"rendered":"RENOU\u00c9E PERSICAIRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Renou%C3%A9e%20persicaire.jpg\" alt=\"Planche botanique Renou\u00e9e persicaire\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>Nom scientifique :<\/strong> <em>Persicaria maculosa<\/em> Gray (syn. <em>Polygonum persicaria<\/em> L.)<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Polygonaceae<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Persicaria<\/em><br \/>\n<strong>Synonymes :<\/strong> <em>Polygonum persicaria<\/em> L.<br \/>\n<strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Renou\u00e9e persicaire, Persicaire, Pied-rouge, Herbe de Saint-Innocent, Pilingre, Fer-\u00e0-cheval, Redshank (en), Floh-Kn\u00f6terich (de), Persicaria (it)<\/p>\n<p>Le nom <em>Persicaria<\/em> d\u00e9rive du latin <em>persica<\/em> (p\u00eacher), les feuilles de cette plante pr\u00e9sentant une ressemblance avec celles du p\u00eacher par leur forme lanc\u00e9ol\u00e9e. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>maculosa<\/em> (tach\u00e9e) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la macule brune ou noir\u00e2tre en forme de fer \u00e0 cheval ou de V invers\u00e9 que portent les feuilles sur leur face sup\u00e9rieure, caract\u00e8re distinctif remarquable de cette esp\u00e8ce. La taxonomie a longtemps h\u00e9sit\u00e9 entre <em>Polygonum<\/em> et <em>Persicaria<\/em> ; les analyses mol\u00e9culaires confirment la s\u00e9paration en deux genres distincts, et <em>Persicaria maculosa<\/em> est aujourd&rsquo;hui le nom accept\u00e9. La Renou\u00e9e persicaire est l&rsquo;une des adventices les plus communes et les plus cosmopolites des cultures et des milieux rud\u00e9raux d&rsquo;Europe, et aussi une plante m\u00e9dicinale traditionnelle d&rsquo;int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e annuelle, de 20 \u00e0 80 cm de hauteur, \u00e0 tige dress\u00e9e ou ascendante, ramifi\u00e9e, cylindrique, glabre, rouge\u00e2tre aux n\u0153uds (d&rsquo;o\u00f9 le nom Pied-rouge), souvent genouill\u00e9e \u00e0 la base. Les n\u0153uds sont renfl\u00e9s et entour\u00e9s d&rsquo;une ochr\u00e9a (gaine stipulaire membraneuse engainant la tige), cili\u00e9e de poils courts sur le bord sup\u00e9rieur, caract\u00e8re distinctif important.<\/p>\n<p>Les feuilles sont alternes, lanc\u00e9ol\u00e9es, longues de 5 \u00e0 15 cm et larges de 1 \u00e0 3 cm, att\u00e9nu\u00e9es aux deux extr\u00e9mit\u00e9s, enti\u00e8res, glabres ou faiblement pubescentes, portant presque toujours sur la face sup\u00e9rieure une macule brun\u00e2tre en forme de V, de croissant ou de fer \u00e0 cheval, plus rarement absente. Cette macule est un caract\u00e8re d&rsquo;identification tr\u00e8s fiable.<\/p>\n<p>Les fleurs sont group\u00e9es en \u00e9pis terminaux et axillaires denses, cylindriques, de 2 \u00e0 5 cm de long, dress\u00e9s, roses ou rose-pourpre, rarement blancs. Chaque fleur est petite (2-3 mm), \u00e0 p\u00e9rianthe de 4-5 t\u00e9pales p\u00e9talo\u00efdes roses soud\u00e9s \u00e0 la base, \u00e0 6 \u00e9tamines et 2-3 styles. Les fruits sont des ak\u00e8nes lenticulaires ou trigones, noirs, brillants, de 2 \u00e0 3 mm. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de juin \u00e0 octobre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et \u00e9cologie<\/h3>\n<p>La Renou\u00e9e persicaire est une esp\u00e8ce rud\u00e9rale, nitrophile et hygrophile, tr\u00e8s commune dans les cultures (surtout c\u00e9r\u00e9ales d&rsquo;hiver, ma\u00efs, betteraves), les jardins, les friches, les bords de chemins, les foss\u00e9s, les d\u00e9combres, les berges de cours d&rsquo;eau et les terrains vagues. Elle affectionne les sols riches en azote, frais \u00e0 humides, limoneux \u00e0 argileux, de pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide.<\/p>\n<p>Du point de vue phytosociologique, elle appartient \u00e0 la classe des <em>Stellarietea mediae<\/em> (communaut\u00e9s adventices et rud\u00e9rales) et est fr\u00e9quente dans l&rsquo;ordre des <em>Chenopodietalia albi<\/em> (cultures sarcl\u00e9es). Elle s&rsquo;associe \u00e0 <em>Chenopodium album<\/em>, <em>Fallopia convolvulus<\/em>, <em>Stellaria media<\/em>, <em>Lamium purpureum<\/em> et <em>Polygonum aviculare<\/em>.<\/p>\n<p>La pollinisation est entomophile (abeilles, syrphes) ou autogame. Les graines peuvent persister dans le sol pendant plusieurs d\u00e9cennies (banque de graines persistante), ce qui explique la difficult\u00e9 \u00e0 \u00e9radiquer cette adventice dans les cultures. La dispersion est assur\u00e9e par l&rsquo;eau (hydrochorie), les oiseaux (endozoochorie) et les machines agricoles.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La Renou\u00e9e persicaire est une esp\u00e8ce subcosmopolite, originaire d&rsquo;Eurasie temp\u00e9r\u00e9e, aujourd&rsquo;hui naturalis\u00e9e sur tous les continents sauf l&rsquo;Antarctique. Elle est tr\u00e8s commune dans toute l&rsquo;Europe, de l&rsquo;Islande au Caucase, et dans toute l&rsquo;Asie temp\u00e9r\u00e9e. En France, elle est l&rsquo;une des adventices les plus fr\u00e9quentes, pr\u00e9sente sur l&rsquo;ensemble du territoire du niveau de la mer \u00e0 1 500 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Flavono\u00efdes :<\/strong> La plante est riche en <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, avec comme compos\u00e9s majeurs la <strong>persicarine<\/strong> (isorhamn\u00e9tine-3-sulfate), la <strong>quercitrine<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>-3-rhamnoside), l&rsquo;<strong>hyperoside<\/strong> (querc\u00e9tine-3-galactoside), la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong> et le <strong>kaempf\u00e9rol-3-glucoside<\/strong>. La persicarine, sulfate de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonol<\/a> rare, est consid\u00e9r\u00e9e comme un marqueur chimique de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p><strong>Tanins :<\/strong> Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>) et des <strong>tanins hydrolysables<\/strong> (ellagitanins) sont pr\u00e9sents, contribuant aux propri\u00e9t\u00e9s astringentes et h\u00e9mostatiques.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques :<\/strong> <strong>Acide gallique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Anthocyanes :<\/strong> La couleur rose des fleurs est due \u00e0 des <strong>anthocyanes<\/strong> (cyanidine, delphinidine et leurs glycosides).<\/p>\n<p><strong>Vitamines :<\/strong> <strong>Vitamine C<\/strong> (30-50 mg\/100 g), <strong>vitamine K<\/strong> (contribuant \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 h\u00e9mostatique).<\/p>\n<p><strong>Sels min\u00e9raux :<\/strong> <strong>Potassium<\/strong>, <strong>fer<\/strong>, <strong>mangan\u00e8se<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s :<\/strong> Des <strong>polygodial<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8ne<\/a> diald\u00e9hyde \u00e0 saveur br\u00fblante, pr\u00e9sent en faible quantit\u00e9 chez <em>P. maculosa<\/em> mais abondant chez <em>P. hydropiper<\/em>), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> et des <strong>oxalates<\/strong> compl\u00e8tent le profil.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 h\u00e9mostatique :<\/strong> La combinaison de tanins (astringents, vasoconstricteurs locaux), de vitamine K (cofacteur de la coagulation) et de flavono\u00efdes (renforcement de la r\u00e9sistance capillaire) conf\u00e8re \u00e0 la plante une activit\u00e9 h\u00e9mostatique document\u00e9e dans les mod\u00e8les animaux et coh\u00e9rente avec l&rsquo;usage traditionnel.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> Les flavono\u00efdes (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol, rutine) inhibent la production de m\u00e9diateurs pro-inflammatoires (prostaglandines, leucotri\u00e8nes, cytokines) et r\u00e9duisent la perm\u00e9abilit\u00e9 capillaire. Des \u00e9tudes in vivo chez le rat ont confirm\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire des extraits hydro-alcooliques.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> Les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> (flavono\u00efdes, tanins, acides ph\u00e9noliques) conf\u00e8rent une activit\u00e9 antioxydante significative, mesur\u00e9e par les tests DPPH et FRAP.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antibact\u00e9rienne :<\/strong> Les extraits pr\u00e9sentent une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne mod\u00e9r\u00e9e contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em> et <em>Pseudomonas aeruginosa<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 astringente et antidiarrh\u00e9ique :<\/strong> Les tanins condens\u00e9s exercent un effet astringent sur les muqueuses digestives, r\u00e9duisant les s\u00e9cr\u00e9tions et la motilit\u00e9 intestinale.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 diur\u00e9tique :<\/strong> Un effet diur\u00e9tique mod\u00e9r\u00e9 a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans des mod\u00e8les animaux, attribu\u00e9 aux flavono\u00efdes et aux sels de potassium.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Indications reconnues (pharmacop\u00e9e russe, usage traditionnel europ\u00e9en) :<\/strong> Saignements ut\u00e9rins fonctionnels (m\u00e9norragies), h\u00e9morro\u00efdes h\u00e9morragiques (usage interne et local), diarrh\u00e9es l\u00e9g\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Indications traditionnelles :<\/strong> H\u00e9morragies mineures (\u00e9pistaxis, saignements de gencives) ; diarrh\u00e9es ; inflammations buccales (gargarismes) ; plaies et inflammations cutan\u00e9es (cataplasmes) ; cure d\u00e9purative et diur\u00e9tique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Persicarine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Quercitrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Hyperoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion :<\/strong> 2 \u00e0 4 g de parties a\u00e9riennes s\u00e9ch\u00e9es pour 200 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 15 minutes. 2 \u00e0 3 tasses par jour.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction :<\/strong> 30 g de plante s\u00e9ch\u00e9e pour 1 litre d&rsquo;eau, bouillir 5 minutes. En gargarismes (inflammations buccales) ou en compresses (plaies).<\/p>\n<p><strong>Teinture (1:5, \u00e9thanol 45 %) :<\/strong> 2 \u00e0 4 ml, 3 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Cataplasme :<\/strong> Feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es appliqu\u00e9es sur la zone \u00e0 traiter.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Pas de toxicit\u00e9 notable aux doses th\u00e9rapeutiques. D\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse (action ut\u00e9rotonique possible), l&rsquo;allaitement et chez l&rsquo;enfant. Les personnes sous anticoagulants doivent consulter un professionnel (vitamine K). L&rsquo;usage comme h\u00e9mostatique ne dispense pas de consulter un m\u00e9decin en cas de saignement important ou prolong\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>La vitamine K contenue dans la plante peut diminuer l&rsquo;efficacit\u00e9 des anticoagulants oraux anti-vitamine K (warfarine, ac\u00e9nocoumarol). Les tanins peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption de m\u00e9dicaments pris simultan\u00e9ment (respecter un intervalle de 2 heures).<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La Renou\u00e9e persicaire est consid\u00e9r\u00e9e comme non toxique aux doses th\u00e9rapeutiques. Aucun cas d&rsquo;intoxication grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9. La plante ne contient pas de compos\u00e9s fortement toxiques. Des \u00e9tudes de toxicit\u00e9 aigu\u00eb chez l&rsquo;animal n&rsquo;ont pas montr\u00e9 de l\u00e9talit\u00e9 aux doses test\u00e9es. La pr\u00e9sence d&rsquo;oxalates en faible quantit\u00e9 impose une prudence th\u00e9orique chez les personnes sujettes aux calculs r\u00e9naux d&rsquo;oxalate.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La Renou\u00e9e persicaire est une plante m\u00e9dicinale de la pharmacop\u00e9e populaire europ\u00e9enne, utilis\u00e9e depuis le Moyen \u00c2ge. Ses propri\u00e9t\u00e9s astringentes, h\u00e9mostatiques et vuln\u00e9raires \u00e9taient exploit\u00e9es pour traiter les saignements (\u00e9pistaxis, m\u00e9norragies, h\u00e9morragies), les diarrh\u00e9es, les inflammations buccales et les blessures. Le nom Herbe de Saint-Innocent provient de la croyance m\u00e9di\u00e9vale selon laquelle la macule foliaire repr\u00e9sentait les traces du sang des Saints-Innocents massacr\u00e9s par H\u00e9rode, ou selon d&rsquo;autres traditions, les empreintes des doigts du Christ.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire fran\u00e7aise, l&rsquo;infusion de la plante enti\u00e8re s\u00e9ch\u00e9e \u00e9tait prescrite comme h\u00e9mostatique (arr\u00eat des saignements), astringent (diarrh\u00e9es), diur\u00e9tique et d\u00e9puratif. En application externe, les feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es \u00e9taient pos\u00e9es en cataplasme sur les plaies, les \u00e9corchures et les inflammations cutan\u00e9es. En Russie, la plante est officiellement inscrite dans la pharmacop\u00e9e comme h\u00e9mostatique ut\u00e9rin, sous le nom de Pochetchu\u00efna\u00efa trava (herbe contre les h\u00e9morro\u00efdes).<\/p>\n<p>Comme plante alimentaire, les jeunes feuilles de persicaire peuvent \u00eatre consomm\u00e9es cuites comme l\u00e9gume vert, apr\u00e8s blanchiment pour \u00e9liminer l&rsquo;amertume. Les graines ont \u00e9t\u00e9 consomm\u00e9es comme pseudo-c\u00e9r\u00e9ale dans certaines r\u00e9gions en p\u00e9riode de disette.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p>La Renou\u00e9e persicaire ne n\u00e9cessite aucune culture intentionnelle : c&rsquo;est une adventice abondante qui colonise spontan\u00e9ment les sols riches et humides. Pour un usage herboristique, la r\u00e9colte des parties a\u00e9riennes s&rsquo;effectue en pleine floraison (juillet-septembre). Le s\u00e9chage est rapide, \u00e0 l&rsquo;ombre, en bouquets suspendus. La plante s\u00e9ch\u00e9e se conserve 12 mois en sachet herm\u00e9tique. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune mesure de conservation car elle est tr\u00e8s commune et non menac\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et protection<\/h3>\n<p><em>Persicaria maculosa<\/em> est class\u00e9e LC (Pr\u00e9occupation mineure). L&rsquo;esp\u00e8ce est tr\u00e8s commune et non menac\u00e9e. Elle ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection. En Russie, elle est inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e d&rsquo;\u00c9tat comme plante m\u00e9dicinale officielle (h\u00e9mostatique). En France, elle ne figure pas \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise comme drogue officinale, mais elle est utilis\u00e9e en herboristerie traditionnelle. Aucune restriction ne s&rsquo;applique \u00e0 sa r\u00e9colte ni \u00e0 son commerce.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>RENOU\u00c9E PERSICAIRE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Persicaria%20maculosa\">Plants of the World Online, Kew : <em>Persicaria maculosa<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Persicaria+maculosa\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Persicaria maculosa<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Nom scientifique : Persicaria maculosa Gray (syn. Polygonum persicaria L.) Famille : Polygonaceae Genre : Persicaria Synonymes : Polygonum persicaria L. 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