{"id":1269,"date":"2026-03-26T11:39:29","date_gmt":"2026-03-26T10:39:29","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/polypode-austral\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"polypode-austral","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/polypode-austral\/","title":{"rendered":"POLYPODE AUSTRAL"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Polypode%20austral.jpg\" alt=\"Planche botanique Polypode austral\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le polypode austral, <em>Polypodium cambricum<\/em> L. (synonyme : <em>Polypodium australe<\/em> F\u00e9e), appartient \u00e0 la famille des <em>Polypodiaceae<\/em>, ordre des <em>Polypodiales<\/em>. C&rsquo;est une foug\u00e8re vivace, \u00e9piphyte ou rupicole, de 15 \u00e0 50 cm de hauteur. Le rhizome est rampant, charnu, dens\u00e9ment couvert d&rsquo;\u00e9cailles brun clair, \u00e0 saveur sucr\u00e9e caract\u00e9ristique (go\u00fbt de r\u00e9glisse). Les frondes sont solitaires ou espac\u00e9es le long du rhizome, port\u00e9es par un p\u00e9tiole long et glabre. Le limbe est vert vif, ovale \u00e0 triangulaire-lanc\u00e9ol\u00e9, pennatis\u00e9qu\u00e9, \u00e0 segments (pennes) alternes, oblongs-lanc\u00e9ol\u00e9s, souvent dent\u00e9s ou cr\u00e9nel\u00e9s-lob\u00e9s (plus d\u00e9coup\u00e9s que chez <em>P. vulgare<\/em>), les pennes basales \u00e9tant souvent les plus longues. La texture est relativement mince, presque papyrac\u00e9e (contrairement au limbe coriace de <em>P. vulgare<\/em>). Les sores sont ronds, nus (sans indusie), dispos\u00e9s en deux rangs r\u00e9guliers sur la face inf\u00e9rieure des pennes, jaune orang\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 74) et se distingue de <em>P. vulgare<\/em> (diplo\u00efde, 2n = 148, t\u00e9traplo\u00efde) par ses frondes plus larges, plus d\u00e9coup\u00e9es, sa ph\u00e9nologie automnale-hivernale et ses paraphyses claviformes dans les sores.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Polypodium cambricum<\/em> est une esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9o-atlantique, r\u00e9partie du Portugal \u00e0 la Gr\u00e8ce et au Maghreb, pr\u00e9sente aussi aux Canaries, \u00e0 Mad\u00e8re et en Grande-Bretagne. En France, elle est surtout pr\u00e9sente dans le Midi, l&rsquo;ouest atlantique, la Corse et le sud du Massif central. L&rsquo;esp\u00e8ce colonise les rochers ombrag\u00e9s, les vieux murs, les falaises calcaires, les troncs d&rsquo;arbres moussus et les anfractuosit\u00e9s rocheuses, pr\u00e9f\u00e9rentiellement sur substrats calcaires ou basiques. Elle affectionne les micro-habitats frais et humides en hiver, tol\u00e9rant une s\u00e9cheresse estivale marqu\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 la dormance de ses frondes (celles-ci apparaissent en automne, persistent en hiver et au printemps, puis se dess\u00e8chent en \u00e9t\u00e9). Cette ph\u00e9nologie invers\u00e9e est caract\u00e9ristique de l&rsquo;esp\u00e8ce et la distingue de <em>P. vulgare<\/em> dont les frondes sont persistantes toute l&rsquo;ann\u00e9e. <em>P. cambricum<\/em> est thermophile et calcicole, alors que <em>P. vulgare<\/em> est plus ubiquiste et acidiphile. L&rsquo;esp\u00e8ce appartient aux communaut\u00e9s sciaphiles des fentes de rochers calcaires (<em>Asplenietea trichomanis<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le rhizome de <em>Polypodium cambricum<\/em> contient un profil chimique caract\u00e9ristique des polypodes. Les <strong>ecdyst\u00e9ro\u00efdes<\/strong> (phytoecdysones) constituent la classe la plus remarquable : l&rsquo;<strong>ecdysone<\/strong> (\u03b1-ecdysone) et surtout la <strong>20-hydroxyecdysone<\/strong> (\u03b2-ecdysone ou ecdyst\u00e9rone) sont pr\u00e9sentes \u00e0 des concentrations de 0,1 \u00e0 0,5 % du poids sec, ce qui fait des polypodes l&rsquo;une des sources v\u00e9g\u00e9tales les plus riches en ecdyst\u00e9ro\u00efdes. Ces compos\u00e9s sont des analogues structuraux de l&rsquo;hormone de mue des insectes. Le rhizome contient aussi des <strong>saponines st\u00e9ro\u00efdiennes<\/strong> (polypodosaponines), des <strong>phloroglucides<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s du phloroglucinol, apparent\u00e9s \u00e0 ceux d&rsquo;autres Polypodiaceae), des <strong>sucres<\/strong> simples et complexes (dont l&rsquo;<strong>osladin<\/strong>, un saponine st\u00e9ro\u00efdienne glycosyl\u00e9e dont le pouvoir sucrant est environ 3 000 fois celui du saccharose), responsable du go\u00fbt sucr\u00e9 du rhizome. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (kaempf\u00e9rol, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>), des <strong>tanins<\/strong> cat\u00e9chiques, des <strong>acides organiques<\/strong> (malique, citrique) et des <strong>lipides<\/strong> (acides gras, st\u00e9rols) compl\u00e8tent le profil. Les frondes contiennent des <strong>flavono\u00efdes glycosyl\u00e9s<\/strong> et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La <strong>20-hydroxyecdysone<\/strong> (20-HE) est le compos\u00e9 pharmacologiquement le plus \u00e9tudi\u00e9 des polypodes. Elle exerce des effets anabolisants sur le m\u00e9tabolisme prot\u00e9ique (stimulation de la synth\u00e8se prot\u00e9ique musculaire via la voie PI3K\/Akt, sans interaction avec les r\u00e9cepteurs androg\u00e9niques), contribuant \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des ecdyst\u00e9ro\u00efdes en nutrition sportive. La 20-HE poss\u00e8de des effets hypoglyc\u00e9miants (am\u00e9lioration de la sensibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insuline, augmentation de la captation du glucose par les cellules musculaires) et hypolip\u00e9miants (r\u00e9duction du cholest\u00e9rol total et des triglyc\u00e9rides chez l&rsquo;animal). Elle exerce des effets h\u00e9patoprotecteurs (protection contre la toxicit\u00e9 du CCl\u2084) et adaptog\u00e8nes (am\u00e9lioration de la r\u00e9sistance au stress dans des mod\u00e8les murins). Les <strong>saponines<\/strong> (polypodosaponines) sont responsables de l&rsquo;effet purgatif traditionnel par irritation mod\u00e9r\u00e9e de la muqueuse intestinale et stimulation de la s\u00e9cr\u00e9tion biliaire (effet cholagogue). L&rsquo;<strong>osladin<\/strong> active les r\u00e9cepteurs gustatifs du sucr\u00e9 (r\u00e9cepteur T1R2\/T1R3) sans apport calorique. Les <strong>phloroglucides<\/strong> poss\u00e8dent une activit\u00e9 antihelminthique en perturbant le m\u00e9tabolisme \u00e9nerg\u00e9tique des parasites (inhibition de la phosphofructokinase).<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>(1) <strong>Effet purgatif doux et cholagogue<\/strong> : les saponines st\u00e9ro\u00efdiennes stimulent la s\u00e9cr\u00e9tion biliaire et exercent une action laxative mod\u00e9r\u00e9e, confirm\u00e9e par l&rsquo;usage plurimill\u00e9naire. (2) <strong>Effet vermifuge<\/strong> : les phloroglucides et les saponines poss\u00e8dent une activit\u00e9 antihelminthique, bien que la foug\u00e8re m\u00e2le (<em>Dryopteris filix-mas<\/em>) soit plus puissante pour cet usage. (3) <strong>Effet anabolisant<\/strong> : la 20-hydroxyecdysone stimule la synth\u00e8se prot\u00e9ique musculaire dans des mod\u00e8les animaux et des \u00e9tudes humaines pr\u00e9liminaires. (4) <strong>Effet h\u00e9patoprotecteur<\/strong> : la 20-HE prot\u00e8ge les h\u00e9patocytes contre les toxiques dans des mod\u00e8les animaux. (5) <strong>Effet hypoglyc\u00e9miant et hypolip\u00e9miant<\/strong> : d\u00e9montr\u00e9 chez l&rsquo;animal, avec des donn\u00e9es pr\u00e9liminaires encourageantes chez l&rsquo;homme. (6) <strong>Effet adaptog\u00e8ne<\/strong> : am\u00e9lioration de la r\u00e9sistance au stress et de la performance physique. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie officielle.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h3>\n<p>En phytoth\u00e9rapie traditionnelle, le rhizome de polypode est utilis\u00e9 comme laxatif doux et cholagogue dans la constipation habituelle et les troubles h\u00e9patobiliaires fonctionnels. Son usage comme vermifuge est obsol\u00e8te, des antihelminthiques plus efficaces \u00e9tant disponibles. Les ecdyst\u00e9ro\u00efdes des polypodes sont commercialis\u00e9s sous forme de compl\u00e9ments alimentaires \u00e0 vis\u00e9e anabolisante (tonification musculaire, r\u00e9cup\u00e9ration sportive), adaptog\u00e8ne et m\u00e9tabolique. L&rsquo;osladin et les compos\u00e9s sucr\u00e9s du rhizome font l&rsquo;objet de recherches en \u00e9dulcoration naturelle. En phytoth\u00e9rapie contemporaine, les polypodes restent des plantes secondaires, d\u00e9pass\u00e9es par des laxatifs mieux standardis\u00e9s. Le rhizome entre dans certains m\u00e9langes d&rsquo;herboristerie pour tisanes \u00ab\u00a0digestives\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0h\u00e9patiques\u00a0\u00bb. L&rsquo;usage alimentaire du rhizome comme \u00e9dulcorant naturel est anecdotique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche r\u00e9cente sur les polypodes se concentre sur les ecdyst\u00e9ro\u00efdes. Un essai clinique randomis\u00e9 en double aveugle (2019) a montr\u00e9 que la suppl\u00e9mentation en 20-hydroxyecdysone (800 mg\/j pendant 10 semaines) augmentait significativement la masse musculaire maigre et la force musculaire chez des jeunes hommes entra\u00een\u00e9s en r\u00e9sistance, comparablement \u00e0 de faibles doses de st\u00e9ro\u00efdes anabolisants. Des \u00e9tudes de m\u00e9tabolomique ont identifi\u00e9 les m\u00e9tabolites circulants de la 20-HE chez l&rsquo;homme (14-deoxy-20-HE, poststerone). Des travaux sur l&rsquo;osladin et les polypodosaponines explorent leur potentiel comme \u00e9dulcorants naturels non caloriques. Des \u00e9tudes de biologie mol\u00e9culaire ont \u00e9lucid\u00e9 la voie de biosynth\u00e8se des ecdyst\u00e9ro\u00efdes chez les plantes (voie du m\u00e9valonate, cyclisation du squal\u00e8ne en cycloartanol puis modifications du noyau st\u00e9ro\u00efdien). La phylog\u00e9nomique du complexe <em>Polypodium vulgare<\/em> s. l. clarifie les relations entre les esp\u00e8ces diplo\u00efdes (<em>P. cambricum<\/em>, <em>P. vulgare<\/em> s. str.) et les t\u00e9traplo\u00efdes hybridog\u00e8nes (<em>P. interjectum<\/em>). Des recherches en \u00e9cologie \u00e9piphyte \u00e9tudient le r\u00f4le des polypodes comme r\u00e9servoirs d&rsquo;humidit\u00e9 et d&rsquo;invert\u00e9br\u00e9s dans la canop\u00e9e foresti\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Ecdyst\u00e9ro\u00efdes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ecdysone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>20-hydroxyecdysone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saponines st\u00e9ro\u00efdiennes<\/td>\n<td>Saponine<\/td>\n<td>Constituant tensioactif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Phloroglucides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>D\u00e9coction de rhizome s\u00e9ch\u00e9<\/strong> : 5 \u00e0 10 g pour 500 mL d&rsquo;eau, faire bouillir 10 \u00e0 15 min ; 2 \u00e0 3 tasses\/jour (laxatif doux, cholagogue). <strong>Poudre de rhizome<\/strong> : 2 \u00e0 4 g\/jour en g\u00e9lules ou m\u00e9lang\u00e9e \u00e0 du miel. <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (rhizome frais, 1:5, \u00e9thanol 45 %) : 30 \u00e0 50 gouttes, 2 \u00e0 3 fois\/jour. <strong>Extrait sec standardis\u00e9 en 20-hydroxyecdysone<\/strong> (compl\u00e9ment alimentaire) : 100 \u00e0 500 mg\/jour (apportant 50-250 mg de 20-HE). <strong>Rhizome m\u00e2ch\u00e9<\/strong> (usage traditionnel) : un fragment de rhizome frais m\u00e2ch\u00e9 comme friandise sucr\u00e9e (enfants). La cure laxative ne doit pas exc\u00e9der 1 \u00e0 2 semaines. L&rsquo;usage des compl\u00e9ments de 20-HE suit les recommandations du fabricant, g\u00e9n\u00e9ralement en cures de 4 \u00e0 8 semaines.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le rhizome de polypode est contre-indiqu\u00e9 en cas d&rsquo;obstruction des voies biliaires (lithiase biliaire symptomatique) en raison de son effet cholagogue. L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement (donn\u00e9es insuffisantes, effet cholagogue et laxatif). Les saponines peuvent irriter la muqueuse gastro-intestinale \u00e0 haute dose, provoquant naus\u00e9es et diarrh\u00e9e. Les patients sous hypoglyc\u00e9miants doivent \u00eatre vigilants en cas de suppl\u00e9mentation en 20-hydroxyecdysone (effet additif sur la glyc\u00e9mie). L&rsquo;autom\u00e9dication vermifuge avec les polypodes est fortement d\u00e9conseill\u00e9e (efficacit\u00e9 insuffisante et risque de retard diagnostique). La confusion avec d&rsquo;autres foug\u00e8res potentiellement toxiques (foug\u00e8re m\u00e2le) doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9e ; l&rsquo;identification botanique doit \u00eatre certaine.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>La <strong>20-hydroxyecdysone<\/strong> ne se lie pas aux r\u00e9cepteurs androg\u00e9niques, estrog\u00e9niques ou glucocortico\u00efdes humains et n&rsquo;interagit pas avec les traitements hormonaux. Cependant, son effet hypoglyc\u00e9miant peut potentialiser les antidiab\u00e9tiques oraux et l&rsquo;insuline. L&rsquo;effet cholagogue des saponines peut acc\u00e9l\u00e9rer l&rsquo;\u00e9limination biliaire de certains m\u00e9dicaments m\u00e9tabolis\u00e9s par voie h\u00e9patique. L&rsquo;effet laxatif peut r\u00e9duire l&rsquo;absorption de m\u00e9dicaments oraux par acc\u00e9l\u00e9ration du transit. Les <strong>tanins<\/strong> peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption du fer et de certains m\u00e9dicaments (espacer les prises de 2 heures). Aucune interaction via les cytochromes P450 n&rsquo;est document\u00e9e pour les constituants du polypode aux doses th\u00e9rapeutiques. Les compl\u00e9ments alimentaires \u00e0 base de 20-HE n&rsquo;ont pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes d&rsquo;interactions formelles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 du polypode est faible. Le rhizome est consomm\u00e9 depuis des mill\u00e9naires sans intoxication grave rapport\u00e9e. La DL50 de la 20-hydroxyecdysone chez le rat d\u00e9passe 6 000 mg\/kg par voie orale (extr\u00eamement faible toxicit\u00e9). Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique de la 20-HE (90 jours, 500 mg\/kg\/j chez le rat) ne montrent pas de toxicit\u00e9 significative. Les tests de g\u00e9notoxicit\u00e9 sont n\u00e9gatifs. Les effets ind\u00e9sirables \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es de rhizome se limitent \u00e0 des troubles gastro-intestinaux (naus\u00e9es, diarrh\u00e9e, crampes) li\u00e9s aux saponines. La 20-HE ne pr\u00e9sente pas d&rsquo;effets androg\u00e9niques, estrog\u00e9niques ou virilisants chez l&rsquo;homme aux doses \u00e9tudi\u00e9es (jusqu&rsquo;\u00e0 800 mg\/jour). L&rsquo;Agence mondiale antidopage (AMA) a inscrit la 20-HE sur sa liste de surveillance (monitoring program) en raison de ses effets anabolisants potentiels, sans l&rsquo;interdire \u00e0 ce jour. Les phloroglucides des polypodes sont moins toxiques que ceux de la foug\u00e8re m\u00e2le (filicine, acide filicique), qui peuvent provoquer une h\u00e9patotoxicit\u00e9 s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les polypodes sont utilis\u00e9s en m\u00e9decine depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride et Th\u00e9ophraste mentionnent le <em>polypodion<\/em> comme purgatif doux et vermifuge. Le rhizome, \u00e0 saveur sucr\u00e9e et r\u00e9gliss\u00e9e, \u00e9tait m\u00e2ch\u00e9 par les enfants comme friandise dans les campagnes europ\u00e9ennes. Les usages traditionnels des polypodes (souvent sans distinction d&rsquo;esp\u00e8ce) incluaient : purgatif l\u00e9ger et cholagogue (d\u00e9coction de rhizome), vermifuge (contre les vers intestinaux, notamment les t\u00e9nias), expectorant (affections bronchiques), et diur\u00e9tique. Au Moyen \u00c2ge, le polypode figurait parmi les \u00ab\u00a0simples\u00a0\u00bb recommand\u00e9s par l&rsquo;\u00e9cole de Salerne pour purger la bile et traiter la m\u00e9lancolie. Hildegarde de Bingen le prescrivait contre les troubles h\u00e9patiques et la goutte. Le rhizome entrait dans la composition de l&rsquo;\u00e9lectuaire diacatholickon et d&rsquo;autres pr\u00e9parations purgatives des anciennes pharmacop\u00e9es. En cuisine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne, le rhizome s\u00e9ch\u00e9 et r\u00e9duit en poudre servait d&rsquo;\u00e9dulcorant naturel. Les frondes, r\u00e9put\u00e9es antiparasitaires, \u00e9taient plac\u00e9es dans les literies pour \u00e9loigner les punaises.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Polypodium cambricum<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, mais certaines populations sont en r\u00e9gression locale en raison de la destruction des vieux murs, de l&rsquo;exploitation des falaises et de l&rsquo;urbanisation. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e r\u00e9glementairement en France. La culture est possible dans des rocailles ombrag\u00e9es, sur des murs ou des troncs d&rsquo;arbres, en substrat calcaire bien drain\u00e9, humif\u00e8re, maintenu frais en hiver. La multiplication se fait par division de rhizome au printemps ou en automne, ou par semis de spores (technique plus d\u00e9licate : spores sem\u00e9es sur substrat st\u00e9rile humide, \u00e0 la lumi\u00e8re, en atmosph\u00e8re satur\u00e9e d&rsquo;humidit\u00e9 ; germination en 4 \u00e0 8 semaines, d\u00e9veloppement du prothalle puis de la jeune foug\u00e8re en 6 \u00e0 12 mois). De nombreux cultivars ornementaux de <em>P. cambricum<\/em> existent, s\u00e9lectionn\u00e9s pour leurs frondes \u00e9l\u00e9gamment d\u00e9coup\u00e9es (&lsquo;Cambricum&rsquo;, &lsquo;Cristatum&rsquo;, &lsquo;Omnilacerum&rsquo;). La plante convient aux jardins d&rsquo;ombre, aux murs v\u00e9g\u00e9talis\u00e9s et aux rocailles calcaires humides.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>POLYPODE AUSTRAL pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nIsenmann E. et al. Ecdysteroids as non-conventional anabolic agent: performance enhancement by ecdysterone supplementation in humans. <em>Archives of Toxicology<\/em>. 2019;93(7):1807-1816.<br \/>\nDinan L. Phytoecdysteroids: biological aspects. <em>Phytochemistry<\/em>. 2001;57(3):325-339.<br \/>\nKim Y.C. et al. Osladin and polypodosaponin from <em>Polypodium vulgare<\/em>. <em>Phytochemistry<\/em>. 1988;27(4):1175-1178.<br \/>\nSchneider M.J. et al. The occurrence of ecdysteroids in <em>Polypodium cambricum<\/em>. <em>Phytochemistry<\/em>. 2000;54(8):803-806.<br \/>\nTison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<br \/>\nPrelli R. <em>Les Foug\u00e8res et plantes alli\u00e9es de France et d&rsquo;Europe occidentale<\/em>. Paris : Belin ; 2001.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cholagogue<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le polypode austral, Polypodium cambricum L. (synonyme : Polypodium australe F\u00e9e), appartient \u00e0 la famille des Polypodiaceae, ordre des Polypodiales. 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