{"id":1271,"date":"2026-03-26T11:39:31","date_gmt":"2026-03-26T10:39:31","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/polypode-intermediaire\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"polypode-intermediaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/polypode-intermediaire\/","title":{"rendered":"POLYPODE INTERM\u00c9DIAIRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Polypode%20interm%C3%A9diaire.jpg\" alt=\"Planche botanique Polypode interm\u00e9diaire\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Polypodium interjectum<\/em> Shivas<\/p>\n<p>Famille : Polypodiaceae<\/p>\n<p>Le polypode interm\u00e9diaire est une foug\u00e8re \u00e9piphyte et rupicole des sous-bois humides, des murs ombrag\u00e9s et des troncs moussus de l&rsquo;Europe atlantique. Morphologiquement interm\u00e9diaire entre le polypode vulgaire (<em>P. vulgare<\/em>) et le polypode du sud (<em>P. cambricum<\/em>), il a \u00e9t\u00e9 reconnu comme esp\u00e8ce distincte en 1961 par Shivas, sur la base du nombre de sporanges par sore et du nombre chromosomique (t\u00e9traplo\u00efde, 2n = 148). La distinction sur le terrain reste d\u00e9licate et exige l&rsquo;examen des spores ou, mieux, un contr\u00f4le cytologique.<\/p>\n<p>En phytoth\u00e9rapie, les polypodes sont utilis\u00e9s depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 pour leur rhizome \u00e0 saveur sucr\u00e9e et am\u00e8re, riche en <strong>ecdyst\u00e9ro\u00efdes<\/strong> (phytoecdysones), en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> et en compos\u00e9s \u00e0 activit\u00e9 expectorante et cholagogue. Le polypode interm\u00e9diaire partage ces propri\u00e9t\u00e9s avec ses cong\u00e9n\u00e8res et s&rsquo;inscrit dans la longue tradition du \u00ab r\u00e9glisse des bois \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Polypodiaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Polypodium<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Polypodium interjectum<\/em> Shivas (1961)<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Polypode interm\u00e9diaire, Polypode de Shivas, R\u00e9glisse des bois (partag\u00e9 avec <em>P. vulgare<\/em>).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le complexe des polypodes europ\u00e9ens comprend trois esp\u00e8ces : <em>P. vulgare<\/em> (diplo\u00efde, 2n = 74), <em>P. interjectum<\/em> (t\u00e9traplo\u00efde, 2n = 148) et <em>P. cambricum<\/em> (diplo\u00efde, 2n = 74). <em>P. interjectum<\/em> est un allot\u00e9traplo\u00efde issu de l&rsquo;hybridation ancienne entre les deux diplo\u00efdes, suivi d&rsquo;une duplication chromosomique. Cette origine hybride explique sa position morphologique interm\u00e9diaire et les difficult\u00e9s de d\u00e9termination sur le terrain.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Foug\u00e8re vivace \u00e0 rhizome tra\u00e7ant, \u00e9pais, couvert d&rsquo;\u00e9cailles brunes, rampant \u00e0 la surface du substrat (\u00e9piphyte sur troncs, \u00e9pilithique sur rochers, rupicole sur murs). Les frondes sont dispos\u00e9es en deux rangs sur le rhizome.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Rhizome :<\/strong> long, charnu, ramifi\u00e9, de 5-8 mm de diam\u00e8tre, vert sous les \u00e9cailles, \u00e0 saveur d&rsquo;abord sucr\u00e9e puis am\u00e8re et l\u00e9g\u00e8rement \u00e2cre (go\u00fbt de r\u00e9glisse). C&rsquo;est l&rsquo;organe m\u00e9dicinal et le principal crit\u00e8re organoleptique.<\/p>\n<p><strong>Frondes :<\/strong> de 20 \u00e0 50 cm, pennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 p\u00e9tiole aussi long ou plus court que le limbe. Pennes alternes, oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, obtuses \u00e0 subaigu\u00ebs, \u00e0 marge enti\u00e8re ou l\u00e9g\u00e8rement cr\u00e9nel\u00e9e. Texture coriace, vert fonc\u00e9 dessus, plus p\u00e2le dessous. Les frondes de <em>P. interjectum<\/em> sont en moyenne plus grandes et plus larges que celles de <em>P. vulgare<\/em>.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Sores :<\/strong> arrondis, dispos\u00e9s en deux rang\u00e9es r\u00e9guli\u00e8res sur la face inf\u00e9rieure des pennes, sans indusie (caract\u00e8re familial des Polypodiaceae). Chez <em>P. interjectum<\/em>, les sores sont ovales (vs arrondis chez <em>P. vulgare<\/em>) et contiennent en moyenne plus de sporanges par sore. Les spores sont plus grandes que chez <em>P. vulgare<\/em>, crit\u00e8re diagnostique essentiel.<\/p>\n<p><strong>Sporulation :<\/strong> \u00e9t\u00e9 \u00e0 automne. Les frondes peuvent \u00eatre semi-persistantes en climat atlantique doux.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> murs ombrag\u00e9s, troncs moussus (ch\u00eanes, fr\u00eanes, h\u00eatres), rochers et \u00e9boulis en sous-bois humide, ravins, talus forestiers. L&rsquo;esp\u00e8ce est plus atlantique et plus thermophile que <em>P. vulgare<\/em>, et plus hygrophile que <em>P. cambricum<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Sol :<\/strong> substrats vari\u00e9s \u2014 humus forestier, mousse \u00e9piphyte, mortier de vieux murs. Pr\u00e9f\u00e8re les situations ombrag\u00e9es, humides, \u00e0 hygrom\u00e9trie atmosph\u00e9rique \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9partition :<\/strong> Europe atlantique et sub-atlantique, du Portugal \u00e0 la Grande-Bretagne et \u00e0 l&rsquo;Irlande, remontant jusqu&rsquo;en Belgique et en Allemagne occidentale. En France, commun dans l&rsquo;Ouest, le Centre-Ouest et le Sud-Ouest. Pr\u00e9sent mais plus rare dans le Nord et l&rsquo;Est. Plus largement : Macaron\u00e9sie, littoral m\u00e9diterran\u00e9en occidental.<\/p>\n<p><strong>Distinction \u00e9cologique :<\/strong> <em>P. vulgare<\/em> est plus continental et plus montagnard ; <em>P. cambricum<\/em> est strictement m\u00e9diterran\u00e9en. <em>P. interjectum<\/em> occupe une niche interm\u00e9diaire, principalement atlantique.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Rhizome<\/strong> \u2014 drogue traditionnelle (\u00ab radix Polypodii \u00bb)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le rhizome est r\u00e9colt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;automne, s\u00e9ch\u00e9 et fragment\u00e9. Sa saveur sucr\u00e9e-am\u00e8re caract\u00e9ristique est due \u00e0 la pr\u00e9sence de saponines et d&rsquo;ecdyst\u00e9ro\u00efdes. La tradition herboriste ne distinguait g\u00e9n\u00e9ralement pas les trois esp\u00e8ces europ\u00e9ennes, le nom \u00ab polypode \u00bb s&rsquo;appliquant indistinctement \u00e0 toute la lign\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Ecdyst\u00e9ro\u00efdes (phytoecdysones)<\/h3>\n<p>Les polypodes sont parmi les premi\u00e8res sources v\u00e9g\u00e9tales dans lesquelles des <strong>ecdyst\u00e9ro\u00efdes<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s. Le rhizome contient principalement de l&rsquo;<strong>ecdysone<\/strong> (\u03b1-ecdysone) et de la <strong>20-hydroxyecdysone<\/strong> (\u03b2-ecdysone, ecdyst\u00e9rone), hormones de mue des arthropodes qui jouent chez la plante un r\u00f4le d\u00e9fensif contre les insectes phytophages. Ces compos\u00e9s suscitent un int\u00e9r\u00eat pharmacologique croissant pour leurs propri\u00e9t\u00e9s anabolisantes, adaptog\u00e8nes et m\u00e9taboliques.<\/p>\n<h3>B. Saponines triterp\u00e9niques<\/h3>\n<p>Des <strong>saponines<\/strong> de type ol\u00e9anane et cycloartane sont responsables de la saveur sucr\u00e9e initiale du rhizome et de son pouvoir moussant. L&rsquo;<strong>osladin<\/strong> et la <strong>polypodosaponine<\/strong> sont les compos\u00e9s les plus caract\u00e9ristiques, l&rsquo;osladin \u00e9tant un glycoside st\u00e9ro\u00efdien au pouvoir sucrant environ 3000 fois sup\u00e9rieur \u00e0 celui du saccharose.<\/p>\n<h3>C. Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, du kaempf\u00e9rol), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/strong> et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> contribuent au profil antioxydant de la drogue.<\/p>\n<h3>D. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>, des <strong>huiles grasses<\/strong>, des <strong>sucres<\/strong> (fructose, glucose) et des traces d&rsquo;<strong>huile essentielle<\/strong> compl\u00e8tent la composition du rhizome.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 expectorante<\/strong> : les saponines triterp\u00e9niques stimulent la s\u00e9cr\u00e9tion bronchique par voie r\u00e9flexe gastrique (effet tensioactif irritant la muqueuse gastrique, provoquant un r\u00e9flexe vagal augmentant la s\u00e9cr\u00e9tion des glandes bronchiques). C&rsquo;est le m\u00e9canisme classique des plantes expectorantes \u00e0 saponines.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 cholagogue et laxative douce<\/strong> : les saponines stimulent la s\u00e9cr\u00e9tion biliaire et augmentent le p\u00e9ristaltisme intestinal. L&rsquo;usage traditionnel comme \u00ab purgatif doux \u00bb repose sur ces effets.<\/li>\n<li><strong>Effets m\u00e9taboliques des ecdyst\u00e9ro\u00efdes<\/strong> : la 20-hydroxyecdysone a montr\u00e9 in vitro et chez l&rsquo;animal une activit\u00e9 anabolisante (stimulation de la synth\u00e8se prot\u00e9ique musculaire), hypoglyc\u00e9miante et hypolip\u00e9miante. Ces effets sont explor\u00e9s en pharmacologie du sport et du m\u00e9tabolisme, mais ne sont pas encore valid\u00e9s cliniquement chez l&rsquo;homme \u00e0 partir d&rsquo;extraits de polypode.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : li\u00e9e aux <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (saponines \u2014 usage traditionnel bien fond\u00e9 chimiquement)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Cholagogue (saponines \u2014 tradition ancienne coh\u00e9rente)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif doux (saponines \u2014 usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anabolisant\/Adaptog\u00e8ne (ecdyst\u00e9ro\u00efdes \u2014 donn\u00e9es pr\u00e9cliniques prometteuses)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;essai clinique sp\u00e9cifique sur <em>Polypodium interjectum<\/em>. La 20-hydroxyecdysone, isol\u00e9e de diverses sources v\u00e9g\u00e9tales (dont <em>Cyanotis<\/em>, <em>Ajuga<\/em>), fait l&rsquo;objet de recherches cliniques pr\u00e9liminaires dans le domaine de la sarcop\u00e9nie et du m\u00e9tabolisme, mais pas \u00e0 partir d&rsquo;extraits de polypode. L&rsquo;usage traditionnel du polypode comme expectorant et cholagogue est reconnu dans les flores m\u00e9dicales europ\u00e9ennes, sans validation clinique formelle.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Ecdyst\u00e9ro\u00efdes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ecdysone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>20-hydroxyecdysone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saponines<\/td>\n<td>Saponine<\/td>\n<td>Constituant tensioactif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Osladin<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>D\u00e9coction :<\/strong> rhizome s\u00e9ch\u00e9 coup\u00e9 (3-5 g pour 250 ml), 10-15 minutes d&rsquo;\u00e9bullition.<\/li>\n<li><strong>Sirop :<\/strong> pr\u00e9paration traditionnelle \u00e0 base de d\u00e9coction de rhizome (pectoral).<\/li>\n<li><strong>Poudre :<\/strong> rhizome pulv\u00e9ris\u00e9, utilis\u00e9 en association dans les tisanes compos\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La saveur sucr\u00e9e-am\u00e8re du rhizome en fait une drogue agr\u00e9able en d\u00e9coction, d&rsquo;o\u00f9 son surnom de \u00ab r\u00e9glisse des bois \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le polypode est consid\u00e9r\u00e9 comme une plante \u00e0 faible toxicit\u00e9. \u00c0 forte dose, les saponines peuvent provoquer des naus\u00e9es, des vomissements et une diarrh\u00e9e. L&rsquo;effet laxatif, recherch\u00e9 \u00e0 dose mod\u00e9r\u00e9e, devient purgatif \u00e0 dose excessive. Les ecdyst\u00e9ro\u00efdes ne pr\u00e9sentent pas de toxicit\u00e9 connue chez l&rsquo;homme aux doses d&rsquo;exposition alimentaire ou traditionnelle.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le polypode est mentionn\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride le recommande comme purgatif doux, expectorant et cholagogue. Au Moyen \u00c2ge, il entre dans de nombreuses formules pectorales. L&rsquo;\u00c9cole de Salerne le cite comme rem\u00e8de de la m\u00e9lancolie et de l&rsquo;engorgement biliaire. Le surnom \u00ab r\u00e9glisse des bois \u00bb est ancien et atteste de la familiarit\u00e9 populaire avec la saveur sucr\u00e9e du rhizome.<\/p>\n<p>Les enfants de campagne m\u00e2chaient traditionnellement les rhizomes comme friandise, t\u00e9moignage de l&rsquo;innocuit\u00e9 relative de la plante \u00e0 faible dose.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>Le polypode interm\u00e9diaire est un bon indicateur de milieux atlantiques humides et de for\u00eats anciennes \u00e0 forte hygrom\u00e9trie. Son mode de vie \u00e9piphyte contribue \u00e0 la biodiversit\u00e9 des troncs et des vieux murs. La plante participe \u00e0 la r\u00e9tention d&rsquo;eau sur les substrats verticaux et offre des micro-habitats pour les invert\u00e9br\u00e9s forestiers.<\/p>\n<p>Les polypodes sont sensibles \u00e0 la pollution atmosph\u00e9rique et \u00e0 la dessiccation. Leur pr\u00e9sence abondante signale des milieux forestiers intacts \u00e0 hygrom\u00e9trie constante.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Polypodium vulgare<\/em><\/strong> \u2014 sores arrondis (vs ovales), frondes plus petites, spores plus petites, diplo\u00efde. Plus continental et montagnard.<\/li>\n<li><strong><em>Polypodium cambricum<\/em><\/strong> \u2014 frondes plus triangulaires \u00e0 pennes lob\u00e9es-cr\u00e9nel\u00e9es, strictement m\u00e9diterran\u00e9en, diplo\u00efde.<\/li>\n<li><strong>Hybrides<\/strong> \u2014 <em>P. \u00d7 mantoniae<\/em> (interjectum \u00d7 vulgare) est st\u00e9rile et se reconna\u00eet par des spores avort\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La d\u00e9termination fiable des polypodes europ\u00e9ens exige l&rsquo;examen des spores au microscope ou une analyse cytologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Polypodium interjectum<\/em> est une foug\u00e8re allot\u00e9traplo\u00efde dont le rhizome concentre des ecdyst\u00e9ro\u00efdes et des saponines triterp\u00e9niques d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique. L&rsquo;usage traditionnel comme expectorant et cholagogue repose sur une base chimique coh\u00e9rente. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat contemporain se porte surtout sur les ecdyst\u00e9ro\u00efdes, dont les propri\u00e9t\u00e9s anabolisantes et m\u00e9taboliques ouvrent des perspectives de recherche, ind\u00e9pendamment de la tradition herboriste. Sur le plan botanique, l&rsquo;esp\u00e8ce illustre les m\u00e9canismes d&rsquo;allopolyplo\u00efdie dans la sp\u00e9ciation des foug\u00e8res.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens Kew \u2014 <em>Polypodium interjectum<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore \u2014 <em>Polypodium interjectum<\/em><\/li>\n<li>Shivas M.G., \u00ab Contributions to the cytology and taxonomy of species of <em>Polypodium<\/em> in Europe and America \u00bb, <em>Journal of the Linnean Society (Botany)<\/em>, 1961<\/li>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier, 2016<\/li>\n<li>Dinan L., \u00ab Phytoecdysteroids: biological aspects \u00bb, <em>Phytochemistry<\/em>, 2001<\/li>\n<li>J\u00e4ger A.K. &amp; Saaby L., \u00ab Flavonoids and the CNS \u00bb, <em>Molecules<\/em>, 2011<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cholagogue<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Polypodium interjectum Shivas Famille : Polypodiaceae Le polypode interm\u00e9diaire est une foug\u00e8re \u00e9piphyte et rupicole des sous-bois humides, des murs ombrag\u00e9s et des troncs moussus [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[88],"tags":[],"class_list":["post-1271","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-polypodiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1271","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1271"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1271\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13529,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1271\/revisions\/13529"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1271"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1271"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1271"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}