{"id":1272,"date":"2026-03-26T11:39:33","date_gmt":"2026-03-26T10:39:33","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/claytonie-perfoliee\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"claytonie-perfoliee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/claytonie-perfoliee\/","title":{"rendered":"CLAYTONIE PERFOLI\u00c9E"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Claytonie%20perfoli%C3%A9e.jpg\" alt=\"Planche botanique Claytonie perfoli\u00e9e\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <em>Claytonia perfoliata<\/em> Donn ex Willd. (syn. <em>Montia perfoliata<\/em>), commun\u00e9ment appel\u00e9e claytonie perfoli\u00e9e, pourpier d&rsquo;hiver ou laitue de mineur, est une plante annuelle de la famille des <strong>Montiaceae<\/strong> (anciennement Portulacaceae). Le genre <em>Claytonia<\/em>, d\u00e9di\u00e9 au botaniste am\u00e9ricain John Clayton (1694-1773), regroupe une vingtaine d&rsquo;esp\u00e8ces principalement nord-am\u00e9ricaines. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>perfoliata<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la paire de feuilles caulinaires soud\u00e9es en un disque que la tige semble perforer, caract\u00e8re morphologique unique et imm\u00e9diatement reconnaissable. Originaire de l&rsquo;ouest de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, cette esp\u00e8ce est aujourd&rsquo;hui naturalis\u00e9e en Europe, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La claytonie perfoli\u00e9e est une plante annuelle, haute de 10 \u00e0 30 cm, tendre et succulente. La tige est dress\u00e9e, simple ou peu ramifi\u00e9e, glabre, charnue, translucide, vert clair. Les feuilles basales sont dispos\u00e9es en rosette, longuement p\u00e9tiol\u00e9es, \u00e0 limbe losangique \u00e0 orbiculaire, charnu, entier, long de 2 \u00e0 5 cm. Les feuilles caulinaires, au nombre de deux, sont soud\u00e9es en un disque orbiculaire d&rsquo;environ 3 \u00e0 6 cm de diam\u00e8tre, travers\u00e9 par la tige, formant une collerette concave caract\u00e9ristique. Ce disque est glabre, charnu, vert vif, parfois teint\u00e9 de rouge sur les bords. L&rsquo;inflorescence, situ\u00e9e au-dessus du disque foliaire, est une grappe simple de 5 \u00e0 15 fleurs. Chaque fleur, petite (5 \u00e0 8 mm de diam\u00e8tre), poss\u00e8de deux s\u00e9pales persistants, cinq p\u00e9tales blancs \u00e0 ros\u00e9s, l\u00e9g\u00e8rement \u00e9chancr\u00e9s, cinq \u00e9tamines et un ovaire surmont\u00e9 de trois styles. Le fruit est une capsule globuleuse, contenant 3 graines noires, luisantes, finement ponctu\u00e9es, \u00e0 arille (petite excroissance charnue) facilitant la dispersion par les fourmis. Le syst\u00e8me racinaire est filiforme, fascicul\u00e9, superficiel.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>Originaire de la fa\u00e7ade pacifique de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, de la Colombie-Britannique \u00e0 la Californie et au Mexique, la claytonie perfoli\u00e9e pousse dans les sous-bois clairs, les clairi\u00e8res, les \u00e9boulis, les dunes c\u00f4ti\u00e8res et les milieux perturb\u00e9s. En Europe, elle a \u00e9t\u00e9 introduite au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle, probablement comme plante potag\u00e8re, et s&rsquo;est rapidement naturalis\u00e9e. En France, elle est pr\u00e9sente principalement dans l&rsquo;ouest et le nord-ouest (Bretagne, Normandie, Pays de la Loire, Gironde), mais se rencontre aussi localement en \u00cele-de-France et dans d&rsquo;autres r\u00e9gions. Elle colonise les sols sableux, acides \u00e0 neutres, l\u00e9gers, frais et ombrag\u00e9s : jardins, potagers, parcs, talus, bords de chemins, sous-bois clairs. Elle \u00e9vite les sols calcaires et les milieux secs. Son caract\u00e8re nitrophile la rend commune dans les milieux anthropis\u00e9s. Elle se rencontre du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 500 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La claytonie perfoli\u00e9e est une th\u00e9rophyte \u00e0 cycle hivernal, d&rsquo;o\u00f9 son surnom de \u00ab pourpier d&rsquo;hiver \u00bb. La germination intervient en automne (septembre-octobre), les plantules se d\u00e9veloppant durant l&rsquo;hiver gr\u00e2ce \u00e0 leur tol\u00e9rance au froid. Les rosettes de feuilles basales s&rsquo;\u00e9paississent durant l&rsquo;hiver, la plante restant active m\u00eame par des temp\u00e9ratures proches de 0 \u00b0C. L&rsquo;\u00e9longation de la tige et la formation du disque foliaire caract\u00e9ristique ont lieu au d\u00e9but du printemps (mars-avril). La floraison s&rsquo;\u00e9tale de mars \u00e0 juin, avec un pic en avril-mai. La pollinisation est entomophile (petits dipt\u00e8res, fourmis) ou autogame. La fructification se d\u00e9roule d&rsquo;avril \u00e0 juillet. Les graines, munies d&rsquo;un \u00e9la\u00efosome, sont dispers\u00e9es par les fourmis (myrm\u00e9cochorie) et par projection balistique lors de l&rsquo;ouverture de la capsule. La plante compl\u00e8te son cycle et meurt au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Les graines persistent dans le sol, assurant le cycle suivant. Dans les r\u00e9gions \u00e0 \u00e9t\u00e9 frais, un second cycle printanier est possible.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La claytonie perfoli\u00e9e est une plante alimentaire dont la composition nutritionnelle est bien document\u00e9e. Les feuilles et les tiges contiennent des quantit\u00e9s significatives de <strong>vitamine C<\/strong> (20 \u00e0 30 mg\/100 g de mati\u00e8re fra\u00eeche), de <strong>vitamine A<\/strong> (sous forme de <strong>b\u00eata-carot\u00e8ne<\/strong>), de <strong>fer<\/strong>, de <strong>calcium<\/strong> et de <strong>potassium<\/strong>. Elles sont riches en <strong>eau<\/strong> (92-95 %), pauvres en calories et contiennent des <strong>acides organiques<\/strong> (acide oxalique en quantit\u00e9s mod\u00e9r\u00e9es, acide malique). Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> sont pr\u00e9sents dans le feuillage, contribuant \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante. La teneur en <strong>prot\u00e9ines<\/strong> est modeste (1,5-2 % de la mati\u00e8re fra\u00eeche) mais sup\u00e9rieure \u00e0 celle de la laitue. Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> abondants conf\u00e8rent aux feuilles leur texture l\u00e9g\u00e8rement visqueuse. La teneur en <strong>acide oxalique<\/strong>, bien que pr\u00e9sente, est inf\u00e9rieure \u00e0 celle des \u00e9pinards et ne pose pas de probl\u00e8me en consommation courante.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La claytonie perfoli\u00e9e poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales modestes mais int\u00e9ressantes. Sa richesse en vitamine C en faisait un antiscorbutique pr\u00e9cieux pour les populations am\u00e9rindiennes et les premiers colons de l&rsquo;Ouest am\u00e9ricain, d&rsquo;o\u00f9 son nom de \u00ab laitue de mineur \u00bb (les chercheurs d&rsquo;or de Californie la consommaient pour pr\u00e9venir le scorbut). Les mucilages des feuilles exercent une action \u00e9molliente sur les muqueuses digestives irrit\u00e9es. En m\u00e9decine am\u00e9rindienne, les cataplasmes de feuilles fra\u00eeches servaient \u00e0 traiter les inflammations oculaires et les irritations cutan\u00e9es. Une infusion de feuilles \u00e9tait administr\u00e9e comme laxatif l\u00e9ger et diur\u00e9tique. Les propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes des flavono\u00efdes et de la vitamine C contribuent th\u00e9oriquement \u00e0 la protection cellulaire. Cependant, la claytonie perfoli\u00e9e n&rsquo;a pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes pharmacologiques approfondies et ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle. Son int\u00e9r\u00eat principal reste alimentaire et nutritionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Vitamine c<\/td>\n<td>Vitamine<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitamine a<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>B\u00eata-carot\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Fer<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Calcium<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>La claytonie perfoli\u00e9e est principalement consomm\u00e9e crue, en salade. Les feuilles basales en rosette et les disques caulinaires perfoli\u00e9s sont r\u00e9colt\u00e9s et servis tels quels, lav\u00e9s, \u00e9ventuellement m\u00e9lang\u00e9s \u00e0 d&rsquo;autres salades d&rsquo;hiver (m\u00e2che, roquette, cresson). Leur saveur est douce, l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9e, avec une texture croquante et juteuse. Les tiges et les petites fleurs blanches sont comestibles et ajoutent une touche d\u00e9corative aux plats. Les feuilles peuvent \u00eatre cuites bri\u00e8vement \u00e0 la vapeur ou saut\u00e9es, comme des \u00e9pinards, bien qu&rsquo;elles perdent alors leur texture croquante. En cuisine cr\u00e9ative, les disques foliaires sont utilis\u00e9s comme \u00ab coupelles \u00bb naturelles pour pr\u00e9senter de petites bouch\u00e9es. Les smoothies verts int\u00e8grent volontiers les feuilles de claytonie pour leur apport en vitamines et leur douceur. Aucune transformation industrielle n&rsquo;existe, la plante restant cantonn\u00e9e aux circuits courts (jardins potagers, march\u00e9s de producteurs, restaurants gastronomiques) en raison de sa fragilit\u00e9 post-r\u00e9colte.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>La claytonie perfoli\u00e9e joue un r\u00f4le \u00e9cologique int\u00e9ressant dans les milieux qu&rsquo;elle colonise. Comme plante \u00e0 cycle hivernal, elle couvre le sol \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 la plupart des esp\u00e8ces sont dormantes, limitant l&rsquo;\u00e9rosion et le lessivage des nutriments. Sa myrm\u00e9cochorie favorise les interactions avec les communaut\u00e9s de fourmis. En tant qu&rsquo;esp\u00e8ce introduite, son statut \u00e9cologique en Europe est celui d&rsquo;un n\u00e9ophyte naturalis\u00e9, globalement bien int\u00e9gr\u00e9 dans les communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales rud\u00e9rales et nitrophiles sans constituer une menace invasive s\u00e9rieuse. Sa comp\u00e9titivit\u00e9 limit\u00e9e et sa pr\u00e9f\u00e9rence pour les milieux perturb\u00e9s r\u00e9duisent les risques d&rsquo;impact sur la flore indig\u00e8ne. En Am\u00e9rique du Nord, dans son aire d&rsquo;origine, elle participe aux communaut\u00e9s de sous-bois et de milieux ouverts, fournissant une couverture hivernale du sol et des ressources alimentaires pr\u00e9coces pour la faune herbivore et les pollinisateurs.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La claytonie perfoli\u00e9e est profond\u00e9ment enracin\u00e9e dans l&rsquo;ethnobotanique des peuples autochtones de l&rsquo;Ouest am\u00e9ricain. Les nations Chumash, Miwok, Ohlone et Pomo r\u00e9coltaient les feuilles, les tiges et les racines comme aliment de printemps. Les feuilles \u00e9taient consomm\u00e9es crues ou cuites, les racines tuberculeuses bouillies ou r\u00f4ties. L&rsquo;arriv\u00e9e des chercheurs d&rsquo;or en Californie \u00e0 partir de 1848 popularisa cette plante sous le nom de \u00ab miner&rsquo;s lettuce \u00bb, les mineurs appr\u00e9ciant cette salade sauvage riche en vitamines disponible en abondance. L&rsquo;esp\u00e8ce fut envoy\u00e9e en Europe comme curiosit\u00e9 botanique et comme plante potag\u00e8re. En France, elle fut cultiv\u00e9e dans les jardins potagers d\u00e8s le XIXe si\u00e8cle sous le nom de \u00ab pourpier d&rsquo;hiver \u00bb ou \u00ab claytone de Cuba \u00bb. Elle est aujourd&rsquo;hui red\u00e9couverte par les amateurs de jardinage et les restaurateurs, appr\u00e9ci\u00e9e pour sa saveur douce et sa disponibilit\u00e9 hivernale. En permaculture, elle est recommand\u00e9e comme salade de couverture pour les jardins d&rsquo;hiver.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>La claytonie perfoli\u00e9e est une plante potag\u00e8re facile \u00e0 cultiver, particuli\u00e8rement int\u00e9ressante pour la production de salades en automne et en hiver. Le semis se fait de ao\u00fbt \u00e0 octobre, directement en place, \u00e0 la vol\u00e9e ou en lignes espac\u00e9es de 15 cm, \u00e0 tr\u00e8s faible profondeur (2-3 mm). La germination intervient en 10 \u00e0 14 jours \u00e0 une temp\u00e9rature de 10-15 \u00b0C. Un sol l\u00e9ger, sableux \u00e0 loameux, acide \u00e0 neutre, frais et riche en humus est id\u00e9al. L&rsquo;exposition semi-ombrag\u00e9e est pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, la plante supportant mal le plein soleil estival. L&rsquo;arrosage doit \u00eatre r\u00e9gulier mais mod\u00e9r\u00e9, le substrat devant rester frais sans \u00eatre d\u00e9tremp\u00e9. Aucune fertilisation intensive n&rsquo;est n\u00e9cessaire, un apport de compost m\u00fbr en surface suffisant. La r\u00e9colte d\u00e9bute 6 \u00e0 8 semaines apr\u00e8s le semis, en coupant les rosettes au ras du sol ou en pr\u00e9levant les feuilles une \u00e0 une. Plusieurs coupes sont possibles si le c\u0153ur de la rosette est pr\u00e9serv\u00e9. La plante se ress\u00e8me spontan\u00e9ment d&rsquo;une ann\u00e9e sur l&rsquo;autre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>La claytonie perfoli\u00e9e n&rsquo;est menac\u00e9e ni dans son aire d&rsquo;origine nord-am\u00e9ricaine ni dans les r\u00e9gions o\u00f9 elle est naturalis\u00e9e. En Am\u00e9rique du Nord, c&rsquo;est une esp\u00e8ce commune des milieux perturb\u00e9s et des sous-bois. En Europe, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une esp\u00e8ce introduite naturalis\u00e9e, localement commune dans les r\u00e9gions atlantiques. Elle ne figure sur aucune liste rouge ni aucune liste de protection. Aucune r\u00e9glementation ne concerne sa cueillette, sa culture ou sa commercialisation. En France, elle est inscrite dans la liste des esp\u00e8ces exog\u00e8nes naturalis\u00e9es sans \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme invasive. Son introduction en culture potag\u00e8re est encourag\u00e9e par les promoteurs de la biodiversit\u00e9 cultiv\u00e9e et de la permaculture. Les semences sont disponibles dans le commerce sp\u00e9cialis\u00e9 (catalogues de semences biologiques et de vari\u00e9t\u00e9s anciennes).<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>Le nom \u00ab miner&rsquo;s lettuce \u00bb (laitue de mineur) est indissociable de la ru\u00e9e vers l&rsquo;or de Californie en 1849. Les milliers de prospecteurs qui afflu\u00e8rent vers la Sierra Nevada souffraient de carences alimentaires s\u00e9v\u00e8res, leur r\u00e9gime se r\u00e9sumant souvent \u00e0 des haricots secs, du lard et des biscuits. La d\u00e9couverte de cette salade sauvage abondante dans les collines californiennes, riche en vitamine C, fut une aubaine. Les m\u00e9decins des camps miniers recommand\u00e8rent sa consommation pour pr\u00e9venir le scorbut. Le disque foliaire perfor\u00e9 de la claytonie a inspir\u00e9 de nombreuses m\u00e9taphores botaniques et artistiques. Le botaniste fran\u00e7ais Augustin Pyramus de Candolle la d\u00e9crit comme une \u00ab assiette naturelle travers\u00e9e par une tige \u00bb. L&rsquo;esp\u00e8ce fut longtemps class\u00e9e dans le genre <em>Montia<\/em> avant d&rsquo;\u00eatre r\u00e9tablie dans <em>Claytonia<\/em> par les analyses mol\u00e9culaires. En Angleterre, o\u00f9 elle est largement naturalis\u00e9e depuis le XIXe si\u00e8cle, elle est parfois consid\u00e9r\u00e9e comme un indicateur de jardins anciens abandonn\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La claytonie perfoli\u00e9e est difficilement confondue avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces gr\u00e2ce \u00e0 son disque foliaire caulinaire unique. Cependant, au stade de rosette basale (sans tige florale), elle pourrait \u00eatre confondue avec le pourpier potager (<em>Portulaca oleracea<\/em>), qui poss\u00e8de des feuilles charnues mais spatul\u00e9es, non losangiques, et des tiges couch\u00e9es. La <em>Claytonia sibirica<\/em> (claytonie de Sib\u00e9rie), autre esp\u00e8ce naturalis\u00e9e en Europe, se distingue par ses feuilles caulinaires oppos\u00e9es mais non soud\u00e9es en disque, et par ses fleurs roses vein\u00e9es de rouge. La m\u00e2che (<em>Valerianella locusta<\/em>), parfois cultiv\u00e9e dans les m\u00eames conditions, a des feuilles oblongues-spatul\u00e9es et appartient aux Caprifoliaceae. Le <em>Montia fontana<\/em> (montie des fontaines) est une petite plante aquatique \u00e0 feuilles oppos\u00e9es non soud\u00e9es. Le crit\u00e8re absolument diagnostique reste le disque foliaire perfor\u00e9 par la tige, unique dans la flore europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La claytonie perfoli\u00e9e est un exemple remarquable de plante sauvage devenue plante cultiv\u00e9e, puis redevenue sauvage, illustrant les \u00e9changes botaniques entre le Nouveau et l&rsquo;Ancien Monde. Son int\u00e9r\u00eat comme salade d&rsquo;hiver, riche en vitamines et d&rsquo;une culture simple, lui vaut un regain d&rsquo;attention dans le contexte du renouveau des l\u00e9gumes oubli\u00e9s et de la permaculture. Les perspectives de valorisation incluent le d\u00e9veloppement de sa culture mara\u00eech\u00e8re de niche, la s\u00e9lection de vari\u00e9t\u00e9s \u00e0 feuillage plus abondant et \u00e0 cycle plus long, et son int\u00e9gration dans les syst\u00e8mes de couverture hivernale des sols en agriculture biologique. Sur le plan scientifique, l&rsquo;\u00e9tude de ses m\u00e9canismes de tol\u00e9rance au froid et de son m\u00e9tabolisme hivernal pourrait apporter des connaissances utiles pour l&rsquo;am\u00e9lioration d&rsquo;autres cultures mara\u00eech\u00e8res. Cette plante modeste rappelle que des tr\u00e9sors alimentaires se cachent parfois dans les esp\u00e8ces les plus communes de nos jardins.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Claytonia%20perfoliata\">Plants of the World Online, Kew : <em>Claytonia perfoliata<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Claytonia+perfoliata\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Claytonia perfoliata<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Claytonia perfoliata Donn ex Willd. (syn. Montia perfoliata), commun\u00e9ment appel\u00e9e claytonie perfoli\u00e9e, pourpier d&rsquo;hiver ou laitue de mineur, est une [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[89],"tags":[],"class_list":["post-1272","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-portulacacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1272","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1272"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1272\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14029,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1272\/revisions\/14029"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1272"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1272"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1272"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}