{"id":1278,"date":"2026-03-26T11:39:43","date_gmt":"2026-03-26T10:39:43","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/androsace-septentrionale\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"androsace-septentrionale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/androsace-septentrionale\/","title":{"rendered":"ANDROSACE SEPTENTRIONALE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/androsace-septentrionale.png\" alt=\"Planche botanique Androsace septentrionale\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<em>Androsace septentrionale<\/em> (<em>Androsace septentrionalis<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <em>Primulaceae<\/em>. C&rsquo;est une petite plante herbac\u00e9e annuelle, mesurant de 3 \u00e0 20 cm de hauteur. La plante forme une rosette basale de feuilles, d&rsquo;o\u00f9 \u00e9mergent une ou plusieurs hampes florales gr\u00eales et dress\u00e9es. Les feuilles basales sont oblanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 spatul\u00e9es, de 1 \u00e0 3 cm de long, \u00e0 marge dent\u00e9e ou enti\u00e8re, pubescentes, dispos\u00e9es en rosette dense appliqu\u00e9e au sol. Les hampes florales sont nues (sans feuilles caulinaires), glanduleuses-pubescentes, termin\u00e9es par une ombelle de 3 \u00e0 15 fleurs. Un involucre de petites bract\u00e9es lin\u00e9aires est pr\u00e9sent \u00e0 la base de l&rsquo;ombelle. Les p\u00e9dicelles sont in\u00e9gaux, allong\u00e9s \u00e0 la fructification. Le calice est campanul\u00e9, \u00e0 5 dents triangulaires, accrescentes au fruit. La corolle est petite (3 \u00e0 5 mm de diam\u00e8tre), blanche \u00e0 ros\u00e9e, \u00e0 5 lobes arrondis \u00e9margin\u00e9s, \u00e0 gorge resserr\u00e9e. Les \u00e9tamines sont au nombre de 5, incluses dans le tube de la corolle. L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, uniloculaire. Le fruit est une capsule globuleuse, d\u00e9passant le calice, s&rsquo;ouvrant par 5 valves et contenant de nombreuses graines minuscules. La floraison a lieu de mai \u00e0 juillet. Le syst\u00e8me racinaire est un pivot gr\u00eale.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Androsace septentrionale a une distribution circumbor\u00e9ale remarquable, couvrant les r\u00e9gions froides et montagneuses de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord : Scandinavie, Islande, Europe centrale (montagnes), Sib\u00e9rie, Asie centrale, Himalaya et Am\u00e9rique du Nord (Canada, nord des \u00c9tats-Unis, Rocheuses). En France, elle est rare et localis\u00e9e dans quelques massifs montagneux : Alpes du Sud (Brian\u00e7onnais, Queyras, Ubaye), Pyr\u00e9n\u00e9es (exceptionnelle), et anciennement signal\u00e9e dans les Vosges. Elle se d\u00e9veloppe entre 1 000 et 2 500 m d&rsquo;altitude en France, parfois plus bas dans les stations continentales froides. L&rsquo;esp\u00e8ce affectionne les pelouses s\u00e8ches, les \u00e9boulis fins stabilis\u00e9s, les graviers alluviaux, les bords de chemins et les terrains sablonneux en altitude. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols secs, bien drain\u00e9s, pauvres, sablonneux ou caillouteux, \u00e0 pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide. Elle est souvent associ\u00e9e aux communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales x\u00e9rophiles des \u00e9tages montagnard et subalpin des Alpes internes \u00e0 climat continental. Sa pr\u00e9sence en France est li\u00e9e aux vall\u00e9es intra-alpines \u00e0 climat sec et continental (Brian\u00e7onnais, Queyras), o\u00f9 elle constitue un \u00e9l\u00e9ment floristique steppique remarquable.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et cycle de vie<\/h3>\n<p>L&rsquo;Androsace septentrionale est une th\u00e9rophyte annuelle \u00e0 cycle court, adapt\u00e9e aux milieux secs et perturb\u00e9s de montagne. La germination a lieu au printemps, d\u00e8s que le sol se r\u00e9chauffe et que la neige fond. La croissance est rapide, la floraison intervenant g\u00e9n\u00e9ralement 6 \u00e0 10 semaines apr\u00e8s la germination, de mai \u00e0 juillet selon l&rsquo;altitude et les conditions. La pollinisation est principalement autogame, les petites fleurs se f\u00e9condant souvent avant l&rsquo;ouverture compl\u00e8te de la corolle (cl\u00e9istogamie partielle). Une pollinisation entomogame par de petits insectes est cependant possible. Les capsules m\u00fbrissent rapidement et lib\u00e8rent de nombreuses graines minuscules, dispers\u00e9es par le vent (an\u00e9mochorie), la gravit\u00e9 et le ruissellement. Les graines forment une banque de semences dans le sol, permettant la survie de la population pendant les ann\u00e9es d\u00e9favorables. La plante meurt apr\u00e8s la fructification. L&rsquo;esp\u00e8ce est pionni\u00e8re et colonise les sols nus et perturb\u00e9s (\u00e9boulis, graviers, bords de sentiers). Elle est peu comp\u00e9titive face aux esp\u00e8ces vivaces et dispara\u00eet lorsque le couvert v\u00e9g\u00e9tal se densifie. Les perturbations mod\u00e9r\u00e9es (\u00e9rosion naturelle, pi\u00e9tinement l\u00e9ger, crues) lui sont favorables en maintenant des microsites de sol nu.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Androsace septentrionalis<\/em> n&rsquo;a pas fait l&rsquo;objet de publications phytochimiques sp\u00e9cifiques. Par analogie avec les esp\u00e8ces \u00e9tudi\u00e9es du genre et de la famille des Primulaceae, on peut supposer la pr\u00e9sence de <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> (probablement de type ol\u00e9anane), qui sont des marqueurs chimiotaxonomiques de la famille. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, fr\u00e9quents chez les Primulaceae, incluent vraisemblablement des d\u00e9riv\u00e9s du <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>) sont probablement pr\u00e9sents. Les feuilles contiennent de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a><\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>. Les petites fleurs blanches \u00e0 roses contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et \u00e9ventuellement des <strong>anthocyanes<\/strong> responsables de la teinte ros\u00e9e. Les racines pourraient contenir des <strong>primulines<\/strong> (saponines sp\u00e9cifiques des Primulaceae) et des <strong>primulasaponines<\/strong>. La teneur en <strong>vitamine C<\/strong> pourrait \u00eatre \u00e9lev\u00e9e, comme chez d&rsquo;autres plantes de montagne. L&rsquo;analyse phytochimique compl\u00e8te de cette esp\u00e8ce constituerait une contribution originale et n\u00e9cessaire \u00e0 la connaissance chimiotaxonomique du genre <em>Androsace<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales de l&rsquo;Androsace septentrionale sont tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9es. Le genre <em>Androsace<\/em> dans son ensemble a fait l&rsquo;objet de quelques investigations phytochimiques r\u00e9v\u00e9lant la pr\u00e9sence de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>, compos\u00e9s caract\u00e9ristiques de la famille des Primulaceae. Des \u00e9tudes sur d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre (<em>A. umbellata<\/em>, <em>A. diffusa<\/em>) ont identifi\u00e9 des <strong>saponines<\/strong> aux propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong>, <strong>antitussives<\/strong> et <strong>antimicrobiennes<\/strong>. <em>Androsace umbellata<\/em>, esp\u00e8ce asiatique, est utilis\u00e9e en m\u00e9decine traditionnelle chinoise comme diur\u00e9tique et expectorant, et des \u00e9tudes pharmacologiques ont confirm\u00e9 ces activit\u00e9s. Par analogie, <em>A. septentrionalis<\/em> pourrait contenir des saponines aux propri\u00e9t\u00e9s biologiques similaires, mais cela reste hypoth\u00e9tique. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> sont probablement pr\u00e9sents dans les parties a\u00e9riennes. L&rsquo;exploration pharmacologique de cette esp\u00e8ce est un champ de recherche vierge qui pourrait s&rsquo;av\u00e9rer productif, les Primulaceae \u00e9tant une famille chimiquement riche en saponines bioactives. La raret\u00e9 de l&rsquo;esp\u00e8ce en France interdit toute r\u00e9colte sauvage \u00e0 des fins de recherche.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Saponines triterp\u00e9niques<\/td>\n<td>Saponine<\/td>\n<td>Constituant tensioactif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Androsace septentrionale n&rsquo;a aucune utilisation th\u00e9rapeutique, alimentaire ou cosm\u00e9tique reconnue en Europe. Aucune forme gal\u00e9nique, aucune pr\u00e9paration et aucune posologie n&rsquo;existent pour cette esp\u00e8ce. Son usage est purement scientifique et conservatoire. L&rsquo;esp\u00e8ce est cultiv\u00e9e dans les jardins alpins de certains jardins botaniques d&rsquo;altitude comme plante de collection et de d\u00e9monstration. Les amateurs de plantes alpines la cultivent parfois en pot ou en auge alpine pour son charme discret et sa valeur patrimoniale. L&rsquo;observation in situ, dans les pelouses s\u00e8ches des Alpes internes au printemps et en d\u00e9but d&rsquo;\u00e9t\u00e9, constitue la meilleure fa\u00e7on d&rsquo;appr\u00e9cier cette esp\u00e8ce. La photographie macro permet de r\u00e9v\u00e9ler la finesse de ses petites fleurs blanches. Les sp\u00e9cialistes du genre <em>Androsace<\/em> constituent un r\u00e9seau international d&rsquo;amateurs passionn\u00e9s qui \u00e9changent graines et observations, contribuant \u00e0 la connaissance et \u00e0 la conservation du genre. La plante est un sujet d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la biog\u00e9ographie, la g\u00e9n\u00e9tique des populations et l&rsquo;\u00e9cologie des milieux alpins secs.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Androsace septentrionale n&rsquo;\u00e9tant pas utilis\u00e9e en th\u00e9rapeutique ni en alimentation, aucune pr\u00e9caution d&#8217;emploi m\u00e9dicale ne s&rsquo;applique. La pr\u00e9sence probable de saponines triterp\u00e9niques, qui peuvent \u00eatre irritantes pour les muqueuses digestives, incite cependant \u00e0 ne pas consommer la plante. La principale pr\u00e9caution concerne la conservation de l&rsquo;esp\u00e8ce : en France, elle est rare et localis\u00e9e dans quelques vall\u00e9es alpines, et toute atteinte \u00e0 ses stations doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9e. Le pi\u00e9tinement des pelouses s\u00e8ches d&rsquo;altitude, les travaux de terrassement, les am\u00e9nagements touristiques et routiers constituent les principales menaces pour ses stations fran\u00e7aises. Les botanistes doivent minimiser leur impact lors des prospections et \u00e9viter les pr\u00e9l\u00e8vements dans les populations de petite taille. La signalisation de nouvelles stations au Conservatoire botanique national alpin est recommand\u00e9e. L&rsquo;esp\u00e8ce ne doit pas \u00eatre confondue avec d&rsquo;autres androsaces alpines, certaines \u00e9tant strictement prot\u00e9g\u00e9es. La culture en jardin botanique \u00e0 partir de graines r\u00e9colt\u00e9es sur d\u00e9rogation constitue une mesure de conservation ex situ appropri\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Androsace septentrionale n&rsquo;a aucun usage traditionnel document\u00e9 en Europe occidentale, en raison de sa petite taille et de sa raret\u00e9. En revanche, dans l&rsquo;Himalaya et en Asie centrale, certaines esp\u00e8ces d&rsquo;<em>Androsace<\/em> sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine traditionnelle tib\u00e9taine et ayurv\u00e9dique pour traiter les troubles respiratoires et les inflammations. En Sib\u00e9rie et en Russie, o\u00f9 <em>A. septentrionalis<\/em> est plus commun, la plante est localement connue comme rem\u00e8de populaire pour les maux de t\u00eate et les refroidissements, bien que les r\u00e9f\u00e9rences soient rares. Le genre <em>Androsace<\/em> compte environ 100 esp\u00e8ces, dont beaucoup sont des plantes alpines tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9es des collectionneurs et des jardiniers alpinistes pour leur beaut\u00e9 et leur raret\u00e9. Le nom <em>Androsace<\/em> vient du grec <em>aner<\/em> (homme) et <em>sakos<\/em> (bouclier), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme des feuilles ou de l&rsquo;involucre, bien que l&rsquo;\u00e9tymologie exacte soit d\u00e9battue. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat principal de l&rsquo;esp\u00e8ce est botanique et biog\u00e9ographique : sa distribution circumbor\u00e9ale en fait un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude pour comprendre la colonisation post-glaciaire des r\u00e9gions froides de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et multiplication<\/h3>\n<p>L&rsquo;Androsace septentrionale se cultive en pot, en auge alpine ou en jardin de rocaille, et constitue un sujet int\u00e9ressant pour les amateurs de plantes alpines. La multiplication se fait exclusivement par semis, la plante \u00e9tant annuelle. Les graines se r\u00e9coltent en \u00e9t\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9 des capsules et se s\u00e8ment en automne dans un substrat tr\u00e8s drainant (m\u00e9lange de sable grossier, de gravier fin et de terreau de feuilles en parts \u00e9gales). Le semis se fait en surface, les graines \u00e9tant tr\u00e8s petites. Les pots sont expos\u00e9s aux intemp\u00e9ries hivernales pour assurer la stratification froide naturelle. La germination a lieu au printemps (mars-avril). Les plantules sont tr\u00e8s petites et d\u00e9licates, n\u00e9cessitant un arrosage par capillarit\u00e9 et une protection contre les limaces. L&rsquo;exposition est plein soleil, dans un substrat tr\u00e8s drainant et pauvre. L&rsquo;arrosage est mod\u00e9r\u00e9, le substrat devant s\u00e9cher entre deux arrosages. Aucune fertilisation ne doit \u00eatre apport\u00e9e. La plante fleurit et fructifie la m\u00eame ann\u00e9e que le semis, puis meurt. Le ressemis spontan\u00e9 est possible si les graines tombent sur un substrat nu et drainant. La culture est relativement facile pour une androsace, l&rsquo;esp\u00e8ce \u00e9tant moins exigeante que les androsaces coussinet de haute altitude.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9colte et conservation<\/h3>\n<p>La r\u00e9colte de l&rsquo;Androsace septentrionale dans la nature est d\u00e9conseill\u00e9e en France, l&rsquo;esp\u00e8ce y \u00e9tant rare. La r\u00e9colte de graines \u00e0 des fins scientifiques ou conservatoires peut \u00eatre autoris\u00e9e sur d\u00e9rogation. Les capsules se r\u00e9coltent en \u00e9t\u00e9 (juillet-ao\u00fbt), lorsqu&rsquo;elles brunissent et commencent \u00e0 s&rsquo;ouvrir. Elles sont plac\u00e9es dans des sachets en papier pour recueillir les graines lors de la d\u00e9hiscence. Les graines se conservent au sec et au froid (4 \u00b0C) pendant 1 \u00e0 2 ans. La conservation en banque de semences (graines s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 5 % d&rsquo;humidit\u00e9, stock\u00e9es \u00e0 -20 \u00b0C) est possible mais peu document\u00e9e. L&rsquo;herbier est le mode de conservation scientifique principal : les sp\u00e9cimens, y compris la rosette basale et la racine, sont press\u00e9s et s\u00e9ch\u00e9s avec soin. La plante \u00e9tant annuelle, la conservation ex situ repose uniquement sur le maintien de lots de graines et le ressemis annuel dans les jardins botaniques. La conservation in situ, par la protection des pelouses s\u00e8ches alpines et des \u00e9boulis stabilis\u00e9s, est la mesure la plus importante. La gestion de ces milieux passe par le maintien de perturbations mod\u00e9r\u00e9es (\u00e9rosion naturelle, p\u00e2turage extensif) qui entretiennent les microsites de sol nu favorables \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects r\u00e9glementaires<\/h3>\n<p>L&rsquo;Androsace septentrionale est inscrite sur les listes rouges r\u00e9gionales de plusieurs r\u00e9gions fran\u00e7aises o\u00f9 elle est rare et menac\u00e9e (PACA, Rh\u00f4ne-Alpes). Elle ne b\u00e9n\u00e9ficie pas d&rsquo;une protection l\u00e9gale au niveau national en France, mais les habitats qu&rsquo;elle colonise (pelouses s\u00e8ches calcaires d&rsquo;altitude, \u00e9boulis stabilis\u00e9s) sont des habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire au titre de Natura 2000. Ses stations fran\u00e7aises se trouvent souvent dans des espaces prot\u00e9g\u00e9s (Parc national des \u00c9crins, Parc naturel r\u00e9gional du Queyras), ce qui offre une protection indirecte. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas inscrite aux annexes CITES ni \u00e0 la Convention de Berne. En Scandinavie et en Am\u00e9rique du Nord, o\u00f9 elle est plus commune, elle ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de protection particuli\u00e8re. Au niveau mondial, l&rsquo;UICN la classe en LC (Least Concern), ce qui masque les situations locales pr\u00e9occupantes en Europe occidentale et m\u00e9ridionale. La conservation de l&rsquo;esp\u00e8ce en France passe par la protection de ses stations alpines et la gestion adapt\u00e9e des milieux steppiques intra-alpins, habitats originaux et menac\u00e9s du patrimoine naturel fran\u00e7ais.<\/p>\n<hr>\n<h3>Associations et synergies<\/h3>\n<p>L&rsquo;Androsace septentrionale s&rsquo;inscrit dans les communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales des pelouses s\u00e8ches et des \u00e9boulis stabilis\u00e9s des Alpes internes. Ses esp\u00e8ces compagnes typiques dans les stations fran\u00e7aises incluent l&rsquo;Astragale toujours vert (<em>Astragalus sempervirens<\/em>), le Stipe penn\u00e9 (<em>Stipa pennata<\/em>), le Thym serpolet (<em>Thymus serpyllum<\/em>), le S\u00e9dum \u00e2cre (<em>Sedum acre<\/em>), la Potentille printani\u00e8re (<em>Potentilla verna<\/em>), l&rsquo;Armoise champ\u00eatre (<em>Artemisia campestris<\/em>) et le Fumana couch\u00e9 (<em>Fumana procumbens<\/em>). Dans les \u00e9boulis fins, elle c\u00f4toie la Linaire des Alpes (<em>Linaria alpina<\/em>), le Tabouret \u00e0 feuilles rondes (<em>Thlaspi rotundifolium<\/em>) et le C\u00e9raiste des Alpes (<em>Cerastium alpinum<\/em>). Ces communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales steppiques des Alpes internes sont d&rsquo;une grande originalit\u00e9 floristique et h\u00e9bergent de nombreuses esp\u00e8ces rares. La conservation de l&rsquo;Androsace septentrionale est indissociable de celle de l&rsquo;ensemble de ces communaut\u00e9s, qui d\u00e9pendent du maintien d&rsquo;un climat continental sec, d&rsquo;une faible couverture neigeuse hivernale et de perturbations mod\u00e9r\u00e9es emp\u00eachant la fermeture du milieu.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et faits remarquables<\/h3>\n<p>L&rsquo;Androsace septentrionale est l&rsquo;une des rares androsaces \u00e0 cycle annuel, la grande majorit\u00e9 des esp\u00e8ces du genre \u00e9tant des vivaces formant des coussins compacts en haute montagne. Ce caract\u00e8re annuel est une adaptation aux milieux pionniers instables (\u00e9boulis, graviers) o\u00f9 les plantes vivaces peinent \u00e0 s&rsquo;\u00e9tablir. Sa distribution circumbor\u00e9ale, couvrant trois continents, en fait une esp\u00e8ce \u00ab cosmopolite du froid \u00bb, dont l&rsquo;aire actuelle refl\u00e8te les voies de migration des plantes arctiques-alpines pendant et apr\u00e8s les glaciations. En France, ses stations des Alpes internes (Brian\u00e7onnais, Queyras) constituent les avant-postes m\u00e9ridionaux de son aire, dans un contexte bioclimatique continental original qui h\u00e9berge aussi des \u00e9l\u00e9ments floristiques steppiques d&rsquo;Asie centrale. L&rsquo;Androsace septentrionale est un mod\u00e8le d&rsquo;adaptation \u00e0 l&rsquo;aridit\u00e9 en altitude : ses poils glanduleux r\u00e9duisent la transpiration, sa rosette appliqu\u00e9e au sol capte la chaleur et l&rsquo;humidit\u00e9, et son cycle court lui permet de boucler sa reproduction pendant la courte fen\u00eatre favorable. Le genre <em>Androsace<\/em> a donn\u00e9 son nom \u00e0 un personnage de la mythologie grecque, Androsace, compagne de la reine Art\u00e9mise.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Androsace septentrionale est une esp\u00e8ce discr\u00e8te mais d&rsquo;un grand int\u00e9r\u00eat biog\u00e9ographique et \u00e9cologique. Sa distribution circumbor\u00e9ale, son cycle annuel atypique pour le genre et sa fid\u00e9lit\u00e9 aux milieux pionniers secs d&rsquo;altitude en font un sujet d&rsquo;\u00e9tude fascinant pour la biog\u00e9ographie, la g\u00e9n\u00e9tique des populations et l&rsquo;\u00e9cologie des plantes alpines. En France, ses populations des Alpes internes constituent un \u00e9l\u00e9ment patrimonial des milieux steppiques intra-alpins, habitats originaux menac\u00e9s par le changement climatique, le boisement spontan\u00e9 et l&rsquo;abandon du pastoralisme extensif. La conservation de l&rsquo;esp\u00e8ce passe par la pr\u00e9servation de ces milieux ouverts et secs, dans le cadre des programmes Natura 2000 et de la gestion des parcs nationaux et r\u00e9gionaux. L&rsquo;exploration phytochimique de l&rsquo;esp\u00e8ce, encore totalement vierge, pourrait r\u00e9v\u00e9ler des saponines ou d&rsquo;autres compos\u00e9s bioactifs d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. La mise en r\u00e9seau des populations europ\u00e9ennes par des \u00e9tudes de g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire permettrait de mieux comprendre l&rsquo;histoire de la colonisation post-glaciaire et la connectivit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique entre populations isol\u00e9es. Cette petite plante annuelle des sommets m\u00e9rite une attention accrue de la part des botanistes et des gestionnaires d&rsquo;espaces naturels.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Androsace%20septentrionale\">Plants of the World Online, Kew : <em>Androsace septentrionale<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Androsace+septentrionale\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Androsace septentrionale<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Androsace septentrionale (Androsace septentrionalis L.) appartient \u00e0 la famille des Primulaceae. 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