{"id":1281,"date":"2026-03-26T11:39:48","date_gmt":"2026-03-26T10:39:48","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/cyclamen-deurope\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"cyclamen-deurope","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/cyclamen-deurope\/","title":{"rendered":"CYCLAMEN D\u2019EUROPE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Cyclamen%20d%27Europe.jpg\" alt=\"Planche botanique Cyclamen d'Europe\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>cyclamen d&rsquo;Europe<\/strong> (<em>Cyclamen purpurascens<\/em> Mill.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Primulaceae<\/strong> (anciennement Myrsinaceae). Le genre <em>Cyclamen<\/em> comprend une vingtaine d&rsquo;esp\u00e8ces, toutes originaires du bassin m\u00e9diterran\u00e9en et d&rsquo;Europe. Les synonymes incluent <em>Cyclamen europaeum<\/em> L. (nom ill\u00e9gitime mais encore tr\u00e8s utilis\u00e9). Le nombre chromosomique est 2n = 34. Le nom <em>Cyclamen<\/em> vient du grec <em>kyklos<\/em> (cercle), en r\u00e9f\u00e9rence au tubercule arrondi ou \u00e0 l&rsquo;enroulement du p\u00e9doncule apr\u00e8s f\u00e9condation. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>purpurascens<\/em> signifie \u00ab virant au pourpre \u00bb. En anglais : <em>European cyclamen<\/em>, <em>Alpine violet<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace tub\u00e9reuse de 5 \u00e0 15 cm. Le <strong>tubercule<\/strong> est globuleux, aplati, de 2 \u00e0 5 cm de diam\u00e8tre, brun, \u00e0 racines \u00e9mises sur toute la surface (contrairement \u00e0 <em>C. hederifolium<\/em> qui n&rsquo;a des racines que sur le dessus). Les <strong>feuilles<\/strong> sont basales, persistantes (pr\u00e9sentes toute l&rsquo;ann\u00e9e, caract\u00e8re distinctif majeur), arrondies \u00e0 r\u00e9niformes, de 2 \u00e0 6 cm, \u00e0 bord entier ou l\u00e9g\u00e8rement cr\u00e9nel\u00e9, vert fonc\u00e9 dessus avec des marbrures argent\u00e9es, pourpre-violac\u00e9 dessous ; le p\u00e9tiole est long (5-15 cm), dress\u00e9 puis r\u00e9curv\u00e9. Les <strong>fleurs<\/strong> sont solitaires, pench\u00e9es, port\u00e9es par un p\u00e9doncule dress\u00e9 de 5 \u00e0 15 cm, rose vif \u00e0 pourpre, parfum\u00e9es (odeur douce, caract\u00e8re distinctif) ; 5 p\u00e9tales r\u00e9fl\u00e9chis (retourn\u00e9s vers le haut) de 1,5 \u00e0 2,5 cm ; 5 \u00e9tamines ; 1 style. Le <strong>fruit<\/strong> est une capsule globuleuse, \u00e0 p\u00e9doncule s&rsquo;enroulant en spirale apr\u00e8s la f\u00e9condation pour ramener le fruit au niveau du sol. Les <strong>graines<\/strong> sont petites, enrob\u00e9es d&rsquo;un <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilage<\/a> collant, dispers\u00e9es par les fourmis (myrm\u00e9cochorie). <strong>Floraison<\/strong> : juin-septembre (le plus pr\u00e9coce des cyclamens europ\u00e9ens en p\u00e9riode estivale).<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique &amp; r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Le cyclamen d&rsquo;Europe est une esp\u00e8ce d&rsquo;<strong>Europe centrale et m\u00e9ridionale<\/strong>. Son aire s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;est de la France \u00e0 la Pologne, et du sud de l&rsquo;Allemagne \u00e0 la Croatie, la Slov\u00e9nie, l&rsquo;Italie du Nord, l&rsquo;Autriche et le nord des Balkans. En France, il est limit\u00e9 au <strong>quart est<\/strong> du territoire : Jura, Alpes du Nord (Savoie, Haute-Savoie, Is\u00e8re, Dr\u00f4me), et quelques stations en Bourgogne et Lorraine. Il est absent du Midi m\u00e9diterran\u00e9en et de l&rsquo;Ouest atlantique. C&rsquo;est une esp\u00e8ce submontagnarde \u00e0 montagnarde, pr\u00e9sente de 300 \u00e0 1 800 m d&rsquo;altitude. Sa r\u00e9partition fran\u00e7aise repr\u00e9sente la limite occidentale de son aire. En Slov\u00e9nie, il est si commun qu&rsquo;il est consid\u00e9r\u00e9 comme un symbole national non officiel.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie &amp; habitat<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>sciaphile<\/strong> (aimant l&rsquo;ombre) et <strong>m\u00e9sophile<\/strong>. Le cyclamen d&rsquo;Europe pousse dans les <strong>sous-bois de h\u00eatraies<\/strong> et <strong>h\u00eatraies-sapini\u00e8res<\/strong> sur substrat calcaire, les <strong>for\u00eats de ravin<\/strong>, les <strong>haies<\/strong> ombrag\u00e9es et les <strong>lisi\u00e8res foresti\u00e8res<\/strong>. Il pr\u00e9f\u00e8re les sols calcaires, humif\u00e8res, frais, profonds, \u00e0 pH 6,5-8,0. Il est caract\u00e9ristique de l&rsquo;\u00e9tage montagnard des for\u00eats de h\u00eatres calcicoles (alliance du Cephalanthero-Fagion). L&rsquo;ombre du couvert forestier est n\u00e9cessaire ; il ne survit pas en plein soleil prolong\u00e9. Le tubercule peut vivre plusieurs dizaines d&rsquo;ann\u00e9es, voire plus d&rsquo;un si\u00e8cle. La myrm\u00e9cochorie assure une dispersion lente mais efficace. L&rsquo;esp\u00e8ce est indicatrice de for\u00eats anciennes et matures. Elle est sensible au pi\u00e9tinement, \u00e0 la cueillette et \u00e0 la modification du couvert forestier (coupes rases).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La chimie de <em>C. purpurascens<\/em> est domin\u00e9e par les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>. Le tubercule contient 2 \u00e0 6 % de saponines, dont le principal compos\u00e9 est la <strong>cyclamine<\/strong> (cyclamir\u00e9tine A 3-O-glucoside), un saponoside tr\u00e8s toxique et irritant. L&rsquo;aglycone est la <strong>cyclamir\u00e9tine A<\/strong> (acide ol\u00e9anolique substitu\u00e9). D&rsquo;autres saponines incluent les <strong>cyclamosides A-H<\/strong>. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> des feuilles comprennent la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, le <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, la <strong>myric\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides. Des <strong>anthocyanes<\/strong> (delphinidine, malvidine) sont responsables de la couleur des fleurs. Le tubercule contient aussi de l&rsquo;<strong>amidon<\/strong> (20-30 %), des <strong>sucres r\u00e9ducteurs<\/strong>, des <strong>acides organiques<\/strong> et des <strong>mucilages<\/strong>. Les <strong>compos\u00e9s volatils<\/strong> floraux comprennent le <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/linalol\/\">linalol<\/a><\/strong>, le <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/geraniol\/\">g\u00e9raniol<\/a><\/strong>, le <strong>n\u00e9rol<\/strong> et des esters terp\u00e9niques, responsables du parfum suave. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide caf\u00e9ique) et des <strong>tanins<\/strong> sont pr\u00e9sents dans les feuilles.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques du cyclamen sont principalement li\u00e9es \u00e0 la cyclamine et aux saponines du tubercule. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>anti-sinusite<\/strong> est la mieux document\u00e9e cliniquement : un extrait standardis\u00e9 de tubercule de <em>C. europaeum<\/em> (commercialis\u00e9 sous le nom Sinuforte) administr\u00e9 par voie nasale provoque une hypers\u00e9cr\u00e9tion et une vidange des sinus par stimulation r\u00e9flexe trig\u00e9minale. L&rsquo;efficacit\u00e9 est d\u00e9montr\u00e9e par des essais cliniques dans la rhinosinusite aigu\u00eb et chronique. Les saponines ont des propri\u00e9t\u00e9s <strong>cytotoxiques<\/strong> significatives in vitro : la cyclamine et les cyclamosides induisent l&rsquo;apoptose dans les lign\u00e9es canc\u00e9reuses (HeLa, MCF-7, A549) avec des IC50 de 5-20 \u00b5g\/mL. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>antimicrobienne<\/strong> est document\u00e9e contre <em>S. aureus<\/em>, <em>E. coli<\/em> et des champignons. Des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> (inhibition de COX-2 et LOX) et <strong>antioxydantes<\/strong> (flavono\u00efdes foliaires) compl\u00e8tent le profil. L&rsquo;effet <strong>emm\u00e9nagogue<\/strong> (stimulation des contractions ut\u00e9rines) est rapport\u00e9 dans les traditions anciennes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>Le cyclamen est une plante m\u00e9dicinale utilis\u00e9e depuis l&rsquo;<strong>Antiquit\u00e9<\/strong>. <strong>Th\u00e9ophraste<\/strong> et <strong>Dioscoride<\/strong> d\u00e9crivent le <em>kyklaminon<\/em> comme purgatif violent, emm\u00e9nagogue et abortif. <strong>Pline l&rsquo;Ancien<\/strong> le recommande contre les morsures de serpent et les otites. En <strong>m\u00e9decine populaire alpine<\/strong>, le tubercule r\u00e2p\u00e9 \u00e9tait appliqu\u00e9 en cataplasme sur le front et les sinus pour \u00ab d\u00e9boucher le nez \u00bb. En <strong>m\u00e9decine populaire balkanique<\/strong> (Croatie, Slov\u00e9nie), les tubercules \u00e9taient utilis\u00e9s contre les douleurs rhumatismales (cataplasme externe). En <strong>m\u00e9decine traditionnelle turque<\/strong>, le jus de tubercule \u00e9tait instill\u00e9 dans le nez contre les sinusites et les c\u00e9phal\u00e9es. L&rsquo;usage interne a \u00e9t\u00e9 largement abandonn\u00e9 en raison de la forte toxicit\u00e9 du tubercule. En <strong>hom\u00e9opathie<\/strong>, <em>Cyclamen europaeum<\/em> est utilis\u00e9 pour les migraines, les vertiges et les troubles menstruels.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches actuelles portent sur plusieurs axes. La <strong>pharmacologie<\/strong> du spray nasal (Sinuforte) est approfondie par des essais cliniques multicentriques dans la rhinosinusite ; les r\u00e9sultats confirment une efficacit\u00e9 sur le drainage des sinus et la r\u00e9duction des sympt\u00f4mes. Le potentiel <strong>anticanc\u00e9reux<\/strong> des cyclamosides est \u00e9tudi\u00e9 sur de nouvelles lign\u00e9es cellulaires, avec des recherches de m\u00e9canismes (voie mitochondriale de l&rsquo;apoptose, inhibition de NF-\u03baB). La <strong>biologie de la conservation<\/strong> \u00e9tudie la g\u00e9n\u00e9tique des populations, la fragmentation des habitats et l&rsquo;impact du changement climatique (le cyclamen pourrait perdre une partie de son aire avec le r\u00e9chauffement). La <strong>chimie des parfums<\/strong> s&rsquo;int\u00e9resse aux compos\u00e9s volatils floraux pour la parfumerie naturelle. La <strong>biologie de la myrm\u00e9cochorie<\/strong> est \u00e9tudi\u00e9e comme mod\u00e8le de co\u00e9volution plante-fourmi. La <strong>culture in vitro<\/strong> de tubercules est d\u00e9velopp\u00e9e pour la production de saponines sans cueillette sauvage.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Cyclamine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cyclamir\u00e9tine a<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cyclamosides a-h<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Spray nasal (Sinuforte) :<\/strong> extrait lyophilis\u00e9 de tubercule, 1 pulv\u00e9risation dans chaque narine 1 fois par jour pendant 8 \u00e0 16 jours maximum. Seule forme m\u00e9dicamenteuse moderne autoris\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Hom\u00e9opathie :<\/strong> <em>Cyclamen europaeum<\/em> en dilutions (5 CH \u00e0 30 CH), 5 granules 2 \u00e0 3 fois par jour selon l&rsquo;indication.<\/p>\n<p><strong>Usage externe traditionnel (D\u00c9CONSEILL\u00c9) :<\/strong> tubercule r\u00e2p\u00e9 en cataplasme sur les sinus, avec grande prudence (risque d&rsquo;irritation s\u00e9v\u00e8re).<\/p>\n<p><strong>L&rsquo;usage interne de la plante brute est FORMELLEMENT D\u00c9CONSEILL\u00c9<\/strong> en raison de la forte toxicit\u00e9 de la cyclamine. Seuls les produits pharmaceutiques standardis\u00e9s et les dilutions hom\u00e9opathiques sont s\u00fbrs.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le cyclamen d&rsquo;Europe est une <strong>plante toxique<\/strong>. Le tubercule est la partie la plus dangereuse. La <strong>cyclamine<\/strong> est un saponoside fortement irritant pour les muqueuses. L&rsquo;ingestion de tubercule frais provoque une irritation gastro-intestinale s\u00e9v\u00e8re : naus\u00e9es, vomissements violents, diarrh\u00e9es sanglantes, coliques abdominales intenses. \u00c0 fortes doses, convulsions, paralysie respiratoire et mort par arr\u00eat cardiorespiratoire. La dose toxique chez l&rsquo;adulte est de l&rsquo;ordre de 8 g de tubercule frais ; des d\u00e9c\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s historiquement. Les saponines sont <strong>h\u00e9molytiques<\/strong> et irritantes pour les muqueuses. Le contact cutan\u00e9 avec le jus de tubercule peut provoquer une <strong>dermite irritative<\/strong>. Le spray nasal (Sinuforte) peut provoquer des effets ind\u00e9sirables locaux : br\u00fblure, picotement, larmoiement, s\u00e9cr\u00e9tion nasale abondante (effet recherch\u00e9), rarement c\u00e9phal\u00e9es. <strong>Contre-indications<\/strong> du spray nasal : polypes nasaux, grossesse, allergie au cyclamen, enfants de moins de 12 ans. L&rsquo;ingestion accidentelle de tubercule est une urgence m\u00e9dicale.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le cyclamen fascine l&rsquo;humanit\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. En <strong>Gr\u00e8ce antique<\/strong>, il \u00e9tait consacr\u00e9 \u00e0 H\u00e9cate (d\u00e9esse de la magie) et r\u00e9put\u00e9 prot\u00e9ger contre les mal\u00e9fices et les poisons. Les Romains le plantaient dans les jardins comme talisman protecteur. Au <strong>Moyen \u00c2ge<\/strong>, il figurait dans les jardins monastiques et \u00e9tait utilis\u00e9 en m\u00e9decine malgr\u00e9 sa toxicit\u00e9. Il est mentionn\u00e9 dans tous les grands herbiers (Matthiole, Fuchs, Dodoens). En <strong>symbolique<\/strong>, le cyclamen repr\u00e9sente l&rsquo;amour sinc\u00e8re et la tendresse (langage des fleurs du XIXe si\u00e8cle). En <strong>Slov\u00e9nie<\/strong>, o\u00f9 il est extr\u00eamement abondant dans les sous-bois, il est un symbole national non officiel et figure sur des timbres. L&rsquo;industrie horticole du cyclamen (bas\u00e9e sur <em>C. persicum<\/em>) est immense, mais <em>C. purpurascens<\/em>, avec son parfum unique, reste une esp\u00e8ce de collection appr\u00e9ci\u00e9e des amateurs. Le commerce ill\u00e9gal de tubercules sauvages a historiquement menac\u00e9 les populations, conduisant \u00e0 des mesures de protection.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire &amp; conservation<\/h3>\n<p><em>Cyclamen purpurascens<\/em> est <strong>prot\u00e9g\u00e9<\/strong> dans de nombreux pays. En <strong>France<\/strong>, il est prot\u00e9g\u00e9 au niveau national (arr\u00eat\u00e9 du 20 janvier 1982). Il est inscrit \u00e0 l&rsquo;<strong>Annexe II de la Convention CITES<\/strong> (Convention sur le commerce international des esp\u00e8ces menac\u00e9es), ce qui r\u00e9glemente le commerce international des tubercules. Il figure \u00e0 l&rsquo;<strong>Annexe II de la Convention de Berne<\/strong>. En Suisse, en Autriche et en Allemagne, il est prot\u00e9g\u00e9. Le spray nasal Sinuforte est enregistr\u00e9 comme m\u00e9dicament dans de nombreux pays europ\u00e9ens (y compris la France). En hom\u00e9opathie, <em>Cyclamen europaeum<\/em> est une souche officielle. La cueillette de tubercules et de plantes enti\u00e8res est <strong>interdite<\/strong> dans son aire naturelle. Les populations sauvages sont menac\u00e9es par la destruction de l&rsquo;habitat forestier (coupes rases), le pi\u00e9tinement et le changement climatique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La <strong>drogue<\/strong> est le tubercule frais ou s\u00e9ch\u00e9. La r\u00e9colte se fait en \u00e9t\u00e9-automne. Le tubercule frais est brun, globuleux, aplati, de 2-5 cm de diam\u00e8tre, \u00e0 chair blanche juteuse, \u00e2cre et am\u00e8re. Au <strong>microscope<\/strong>, la coupe transversale montre un p\u00e9riderme mince, un parenchyme amylac\u00e9 massif (grains d&rsquo;amidon simples, sph\u00e9riques, de 10-30 \u00b5m de diam\u00e8tre), des faisceaux vasculaires dispers\u00e9s et des cellules contenant des raphides d&rsquo;oxalate de calcium. Les cellules \u00e0 saponines ne se distinguent pas morphologiquement mais le test de mousse est fortement positif. Le <strong>dosage de la cyclamine<\/strong> par HPLC (d\u00e9tection ELSD ou UV \u00e0 210 nm) est le contr\u00f4le qualit\u00e9 principal. La teneur en saponines totales doit \u00eatre sup\u00e9rieure \u00e0 2 % (drogue s\u00e8che). L&rsquo;identification peut \u00eatre confirm\u00e9e par la CCM des saponines avec l&rsquo;anisald\u00e9hyde-acide sulfurique comme r\u00e9v\u00e9lateur.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion &amp; perspectives<\/h3>\n<p><em>Cyclamen purpurascens<\/em> illustre magistralement le passage d&rsquo;un rem\u00e8de toxique traditionnel \u00e0 un m\u00e9dicament moderne cibl\u00e9. Le spray nasal \u00e0 base d&rsquo;extrait de cyclamen repr\u00e9sente un succ\u00e8s remarquable de la phytoth\u00e9rapie fond\u00e9e sur les preuves, transformant un tubercule dangereux en un traitement efficace de la rhinosinusite. Le potentiel anticanc\u00e9reux des cyclamosides ouvre des perspectives th\u00e9rapeutiques prometteuses. La biologie fascinante de cette plante \u2014 tubercule centenaire, myrm\u00e9cochorie, parfum unique \u2014 en fait un sujet d&rsquo;\u00e9tude multidisciplinaire. La conservation de cette esp\u00e8ce prot\u00e9g\u00e9e passe par la pr\u00e9servation des h\u00eatraies calcicoles o\u00f9 elle prosp\u00e8re et par la lutte contre le commerce ill\u00e9gal de tubercules. Le cyclamen d&rsquo;Europe t\u00e9moigne de la richesse pharmacologique encore insoup\u00e7onn\u00e9e des sous-bois europ\u00e9ens.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Cyclamen%20purpurascens\">Plants of the World Online, Kew : <em>Cyclamen purpurascens<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Cyclamen+purpurascens\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Cyclamen purpurascens<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le cyclamen d&rsquo;Europe (Cyclamen purpurascens Mill.) appartient \u00e0 la famille des Primulaceae (anciennement Myrsinaceae). Le genre Cyclamen comprend une vingtaine d&rsquo;esp\u00e8ces, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[90],"tags":[],"class_list":["post-1281","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-primulacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1281","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1281"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1281\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13823,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1281\/revisions\/13823"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1281"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1281"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1281"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}