{"id":1283,"date":"2026-03-26T11:39:50","date_gmt":"2026-03-26T10:39:50","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/hottonie-des-marais\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"hottonie-des-marais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/hottonie-des-marais\/","title":{"rendered":"HOTTONIE DES MARAIS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Hottonie%20des%20marais.jpg\" alt=\"Planche botanique Hottonie des marais\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;hottonie des marais, <em>Hottonia palustris<\/em> L., est une plante aquatique vivace de la famille des <em>Primulaceae<\/em>. Elle est la seule esp\u00e8ce europ\u00e9enne du genre <em>Hottonia<\/em>, l&rsquo;autre esp\u00e8ce \u00e9tant <em>H. inflata<\/em> Elliott d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord. La plante d\u00e9veloppe des tiges submerg\u00e9es de 20 \u00e0 80 cm de longueur, portant des feuilles profond\u00e9ment pennatis\u00e9qu\u00e9es (\u00e0 segments lin\u00e9aires, pectin\u00e9s), dispos\u00e9es en rosettes verticill\u00e9es, enti\u00e8rement immerg\u00e9es, d&rsquo;un vert clair translucide. Les feuilles mesurent 3 \u00e0 10 cm et rappellent celles de certaines renoncules aquatiques, mais leur disposition verticill\u00e9e est diagnostique. L&rsquo;inflorescence est un rac\u00e8me \u00e9mergeant de 15 \u00e0 40 cm au-dessus de la surface de l&rsquo;eau, portant 3 \u00e0 9 verticilles de 3 \u00e0 6 fleurs chacun. Les fleurs sont pentam\u00e8res, \u00e0 calice profond\u00e9ment divis\u00e9, corolle infundibuliforme de 15 \u00e0 25 mm de diam\u00e8tre, blanc ros\u00e9 \u00e0 lilas p\u00e2le avec un centre jaune, h\u00e9t\u00e9rostyl\u00e9e (morphes br\u00e9vistyle et longistyle). La floraison a lieu de mai \u00e0 juillet. Le fruit est une capsule globuleuse s&rsquo;ouvrant par 5 valves. Le syst\u00e8me racinaire est constitu\u00e9 de racines adventives blanches, fines, naissant aux n\u0153uds de la tige submerg\u00e9e. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 20) et se reproduit efficacement par voie v\u00e9g\u00e9tative par fragmentation des tiges et formation d&rsquo;hibernacles (turions).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Hottonia palustris<\/em> est une esp\u00e8ce eurasiatique, r\u00e9partie de la Grande-Bretagne et de la Scandinavie m\u00e9ridionale \u00e0 l&rsquo;ouest de la Sib\u00e9rie, et du nord de l&rsquo;Italie \u00e0 la Pologne. Elle colonise les eaux stagnantes ou faiblement courantes, peu profondes (10 \u00e0 80 cm), m\u00e9sotrophes \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement eutrophes : foss\u00e9s, mares, bras morts de rivi\u00e8res, tourbi\u00e8res de transition, prairies inond\u00e9es et canaux de drainage. L&rsquo;esp\u00e8ce exige des eaux claires, relativement peu pollu\u00e9es, \u00e0 pH l\u00e9g\u00e8rement acide \u00e0 neutre (5,5 \u00e0 7,5), pauvres en phosphates et avec une bonne transparence. Elle est indicatrice de bonne qualit\u00e9 de l&rsquo;eau et appartient \u00e0 l&rsquo;alliance phytosociologique du <em>Hydrocharition morsus-ranae<\/em>. Son d\u00e9clin g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 en Europe occidentale est attribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;eutrophisation des eaux (apports de nitrates et phosphates agricoles), au curage des foss\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;ass\u00e8chement des zones humides et \u00e0 la disparition des mares. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile et ne supporte pas l&rsquo;ombrage dense. Elle hiverne sous forme de turions qui se d\u00e9posent au fond de l&rsquo;eau et red\u00e9veloppent des tiges au printemps.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Hottonia palustris<\/em> est relativement peu \u00e9tudi\u00e9e par rapport aux grandes plantes m\u00e9dicinales, mais les donn\u00e9es disponibles r\u00e9v\u00e8lent un profil int\u00e9ressant. La plante contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> pr\u00e9sentes dans les tiges et les feuilles, responsables des propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mollientes et l\u00e9g\u00e8rement tensioactives. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s, principalement des d\u00e9riv\u00e9s de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et du <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> (glycosides). Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>) contribuent aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes. La plante contient des <strong>primulasaponines<\/strong> (saponines caract\u00e9ristiques des Primulac\u00e9es), similaires \u00e0 celles trouv\u00e9es chez <em>Primula veris<\/em>, bien qu&rsquo;en concentration plus faible. Des <strong>tanins<\/strong> cat\u00e9chiques sont pr\u00e9sents dans l&rsquo;ensemble des organes. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> (polysaccharides hydrophiles) conf\u00e8rent les propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mollientes traditionnellement exploit\u00e9es. L&rsquo;esp\u00e8ce contient aussi de la <strong>vitamine C<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> et des <strong>chlorophylles<\/strong> en quantit\u00e9 variable selon la luminosit\u00e9 du milieu. L&rsquo;analyse des turions hivernaux r\u00e9v\u00e8le une accumulation d&rsquo;amidon et de sucres solubles (tr\u00e9halose, saccharose) servant de r\u00e9serves \u00e9nerg\u00e9tiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Hottonia palustris<\/em> sont limit\u00e9es, l&rsquo;essentiel des connaissances reposant sur l&rsquo;extrapolation \u00e0 partir des constituants identifi\u00e9s et de la parent\u00e9 avec d&rsquo;autres Primulac\u00e9es. Les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> exercent une activit\u00e9 tensioactive sur les s\u00e9cr\u00e9tions bronchiques, fluidifiant le mucus et facilitant son expectoration (effet expectorant r\u00e9flexe par stimulation des r\u00e9cepteurs gastriques vagaux). Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol) poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes (pi\u00e9geage des radicaux libres), anti-inflammatoires (inhibition de la COX-2, de la 5-LOX et du NF-\u03baB) et antispasmodiques (relaxation des fibres musculaires lisses). Les <strong>mucilages<\/strong> forment un film protecteur sur les muqueuses irrit\u00e9es (peau, voies respiratoires, tractus urinaire), r\u00e9duisant l&rsquo;inflammation de contact et les stimuli douloureux. Les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> pr\u00e9sentent une activit\u00e9 antimicrobienne modeste contre certaines bact\u00e9ries Gram-positives (<em>Staphylococcus aureus<\/em>) et des champignons dermatophytes. L&rsquo;activit\u00e9 diur\u00e9tique mod\u00e9r\u00e9e rapport\u00e9e en usage traditionnel pourrait \u00eatre li\u00e9e aux flavono\u00efdes et aux saponines.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques de <em>Hottonia palustris<\/em> ne sont pas soutenues par des essais cliniques modernes et reposent essentiellement sur la tradition et les donn\u00e9es phytochimiques. (1) <strong>Effet \u00e9mollient et adoucissant<\/strong> : les mucilages conf\u00e8rent une action protectrice sur les muqueuses et la peau, justifiant l&rsquo;usage traditionnel contre les affections cutan\u00e9es irritatives. (2) <strong>Effet expectorant<\/strong> : les saponines triterp\u00e9niques fluidifient les s\u00e9cr\u00e9tions bronchiques, une propri\u00e9t\u00e9 commune aux Primulac\u00e9es (la primev\u00e8re officinale, <em>Primula veris<\/em>, est inscrite en phytoth\u00e9rapie comme expectorante). (3) <strong>Effet anti-inflammatoire l\u00e9ger<\/strong> : les flavono\u00efdes et les acides ph\u00e9noliques contribuent \u00e0 une action anti-inflammatoire douce, coh\u00e9rente avec l&rsquo;usage en affections urinaires et cutan\u00e9es. (4) <strong>Effet antioxydant<\/strong> : les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> pr\u00e9sentent une capacit\u00e9 antioxydante mesurable in vitro. (5) <strong>Effet diur\u00e9tique doux<\/strong> : rapport\u00e9 dans les flores m\u00e9dicinales traditionnelles, probablement li\u00e9 aux flavono\u00efdes. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie officielle (Commission E, ESCOP) et n&rsquo;entre pas dans la pharmacop\u00e9e moderne.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h3>\n<p>En l&rsquo;absence de donn\u00e9es cliniques et d&rsquo;inscriptions dans les pharmacop\u00e9es modernes, <em>Hottonia palustris<\/em> ne fait pas l&rsquo;objet d&rsquo;indications phytoth\u00e9rapeutiques standardis\u00e9es. Ses usages traditionnels, non valid\u00e9s scientifiquement, incluaient : les affections cutan\u00e9es \u00e0 composante inflammatoire (ecz\u00e9ma, dermatites l\u00e9g\u00e8res) en application externe (compresses ou bains d&rsquo;infusion) ; les catarrhes des voies respiratoires sup\u00e9rieures avec encombrement muqueux (infusion) ; les inflammations l\u00e9g\u00e8res des voies urinaires (cystites, ur\u00e9trites) en tisane diur\u00e9tique et adoucissante. En phytoth\u00e9rapie contemporaine, l&rsquo;hottonie est rarement prescrite en raison de sa raret\u00e9, de son statut prot\u00e9g\u00e9 dans de nombreux pays et de l&rsquo;absence de pr\u00e9parations pharmaceutiques commercialis\u00e9es. Elle est davantage connue comme plante indicatrice en \u00e9cologie et comme sujet d&rsquo;\u00e9tudes en biologie de la conservation. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacognosique demeure pour les primulasaponines et les flavono\u00efdes, qui pourraient faire l&rsquo;objet de recherches plus approfondies.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche r\u00e9cente sur <em>Hottonia palustris<\/em> est essentiellement orient\u00e9e vers la biologie de la conservation, l&rsquo;\u00e9cologie et la g\u00e9n\u00e9tique des populations, plut\u00f4t que vers la pharmacologie. Des \u00e9tudes de g\u00e9n\u00e9tique du paysage utilisant des marqueurs microsatellites ont montr\u00e9 que les populations d&rsquo;hottonie sont g\u00e9n\u00e9tiquement fragment\u00e9es en Europe occidentale, avec un flux g\u00e9nique r\u00e9duit entre les m\u00e9tapopulations isol\u00e9es dans les r\u00e9seaux de foss\u00e9s et de mares. L&rsquo;h\u00e9t\u00e9rostylie (dimorphisme floral br\u00e9vistyle\/longistyle) fait de l&rsquo;hottonie un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude en biologie \u00e9volutive de la reproduction : les \u00e9tudes montrent un maintien de l&rsquo;\u00e9quilibre isopl\u00e9tique (50 % de chaque morphe) dans les grandes populations, mais un d\u00e9s\u00e9quilibre fr\u00e9quent dans les petites populations fragment\u00e9es. Des travaux d&rsquo;\u00e9cologie exp\u00e9rimentale ont quantifi\u00e9 les seuils de tol\u00e9rance de l&rsquo;esp\u00e8ce aux nutriments : au-del\u00e0 de 0,1 mg\/L de phosphore total et de 2 mg\/L d&rsquo;azote total, l&rsquo;hottonie r\u00e9gresse au profit d&rsquo;esp\u00e8ces plus comp\u00e9titives (lentilles d&rsquo;eau, algues filamenteuses). Des projets de r\u00e9introduction et de restauration d&rsquo;habitats sont en cours aux Pays-Bas et en Angleterre, utilisant l&rsquo;hottonie comme esp\u00e8ce-parapluie pour la conservation des \u00e9cosyst\u00e8mes de mares et de foss\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide f\u00e9rulique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Les posologies sont bas\u00e9es sur l&rsquo;usage traditionnel et ne reposent pas sur des \u00e9tudes pharmacocin\u00e9tiques modernes. <strong>Infusion de plante enti\u00e8re s\u00e9ch\u00e9e<\/strong> : 2 \u00e0 4 g pour 250 mL d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 min, filtrer ; 2 \u00e0 3 tasses\/jour (usage expectorant ou diur\u00e9tique). <strong>D\u00e9coction pour usage externe<\/strong> : 30 \u00e0 50 g de plante s\u00e8che pour 1 L d&rsquo;eau, bouillir 10 min ; en compresses ou ajout\u00e9e \u00e0 l&rsquo;eau du bain pour les affections cutan\u00e9es. <strong>Cataplasme<\/strong> : plante fra\u00eeche broy\u00e9e appliqu\u00e9e directement sur la peau irrit\u00e9e. <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (plante fra\u00eeche, 1:5, \u00e9thanol 35 %) : 20 \u00e0 40 gouttes, 2 \u00e0 3 fois par jour. Il est imp\u00e9ratif de souligner que la r\u00e9colte de <em>Hottonia palustris<\/em> est interdite ou tr\u00e8s r\u00e9glement\u00e9e dans la plupart des pays europ\u00e9ens en raison de son statut de protection. Toute utilisation devrait provenir exclusivement de plantes cultiv\u00e9es en bassins ou aquariums, ce qui est rarement le cas.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>En l&rsquo;absence de donn\u00e9es toxicologiques et cliniques sp\u00e9cifiques, les contre-indications et pr\u00e9cautions sont principalement d\u00e9duites de la composition chimique et de la parent\u00e9 botanique. Les saponines peuvent provoquer une irritation gastro-intestinale en cas de consommation excessive (naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9e). Par extrapolation avec les autres Primulac\u00e9es (primev\u00e8re), les pr\u00e9parations sont d\u00e9conseill\u00e9es chez les personnes allergiques aux Primulac\u00e9es (allergie de contact \u00e0 la primine, un benzoquinone de contact pr\u00e9sent chez <em>Primula obconica<\/em>, mais absent chez <em>Hottonia<\/em> selon les donn\u00e9es disponibles). L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement par principe de pr\u00e9caution. Les patients sous anticoagulants devraient \u00eatre prudents en raison de l&rsquo;effet anti-agr\u00e9gant plaquettaire potentiel des flavono\u00efdes. La principale pr\u00e9caution est d&rsquo;ordre \u00e9cologique et l\u00e9gal : la r\u00e9colte de <em>Hottonia palustris<\/em> est interdite dans de nombreux pays europ\u00e9ens (France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni) o\u00f9 l&rsquo;esp\u00e8ce est prot\u00e9g\u00e9e. Toute cueillette en milieu naturel constitue une infraction.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cifiquement document\u00e9e pour <em>Hottonia palustris<\/em>. Par extrapolation \u00e0 partir des constituants identifi\u00e9s, les interactions th\u00e9oriques suivantes peuvent \u00eatre envisag\u00e9es : les <strong>saponines<\/strong> pourraient modifier l&rsquo;absorption intestinale de certains m\u00e9dicaments en alt\u00e9rant la perm\u00e9abilit\u00e9 membranaire, bien que cet effet soit probablement n\u00e9gligeable aux doses traditionnelles. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol) sont des inhibiteurs modestes des cytochromes CYP3A4 et CYP2C9 in vitro, mais les concentrations plasmatiques atteintes apr\u00e8s ingestion de tisanes sont vraisemblablement insuffisantes pour induire des interactions cliniquement significatives. Les <strong>tanins<\/strong> peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption du fer non h\u00e9minique et de certains m\u00e9dicaments (antibiotiques, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a>) par formation de complexes insolubles ; un intervalle de 2 heures est recommand\u00e9 par principe de prudence. L&rsquo;activit\u00e9 diur\u00e9tique douce pourrait th\u00e9oriquement s&rsquo;additionner \u00e0 celle des diur\u00e9tiques de synth\u00e8se. En pratique, le risque d&rsquo;interactions est consid\u00e9r\u00e9 comme tr\u00e8s faible en raison des doses modestes employ\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es toxicologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Hottonia palustris<\/em> sont inexistantes dans la litt\u00e9rature scientifique moderne. Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9. La plante ne figure pas dans les listes de plantes toxiques des centres antipoison. Les saponines des Primulac\u00e9es sont g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9es comme de faible toxicit\u00e9 par voie orale en raison de leur mauvaise absorption intestinale ; elles provoquent essentiellement une irritation gastro-intestinale \u00e0 haute dose et poss\u00e8dent une activit\u00e9 h\u00e9molytique in vitro (h\u00e9molyse des \u00e9rythrocytes par interaction avec le cholest\u00e9rol membranaire), mais cette activit\u00e9 est neutralis\u00e9e dans le sang par le cholest\u00e9rol plasmatique et n&rsquo;a pas de traduction clinique par voie orale. La plante ne contient pas de compos\u00e9s connus comme fortement toxiques (alcalo\u00efdes, glycosides cardiotoxiques, h\u00e9t\u00e9rosides cyanog\u00e9n\u00e9tiques). La toxicit\u00e9 chronique est inconnue. Il est raisonnable de consid\u00e9rer <em>Hottonia palustris<\/em> comme une plante de faible toxicit\u00e9, comparable aux autres Primulac\u00e9es herbac\u00e9es, \u00e0 condition de respecter des doses mod\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le genre <em>Hottonia<\/em> a \u00e9t\u00e9 d\u00e9di\u00e9 par Linn\u00e9 au botaniste n\u00e9erlandais Peter Hotton (1648-1709), professeur \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Leyde. L&rsquo;hottonie des marais fut peu utilis\u00e9e en m\u00e9decine savante, probablement en raison de son habitat aquatique rendant la r\u00e9colte peu pratique. Cependant, quelques trait\u00e9s de m\u00e9decine populaire du XVIIe et XVIIIe si\u00e8cle mentionnent la plante comme \u00e9molliente et l\u00e9g\u00e8rement expectorante. Dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;Europe du Nord (Angleterre, Pays-Bas, nord de l&rsquo;Allemagne), l&rsquo;infusion de la plante enti\u00e8re \u00e9tait utilis\u00e9e en m\u00e9decine populaire comme rem\u00e8de contre les affections cutan\u00e9es (dartres, ecz\u00e9mas suintants), les inflammations des voies urinaires et les catarrhes bronchiques. L&rsquo;hottonie fut appr\u00e9ci\u00e9e comme plante ornementale aquatique d\u00e8s le XVIIe si\u00e8cle dans les jardins hollandais. Sa floraison \u00e9l\u00e9gante au-dessus de l&rsquo;eau et son feuillage finement d\u00e9coup\u00e9 en faisaient une plante pris\u00e9e pour les bassins et les fontaines. L&rsquo;esp\u00e8ce figure dans les flores pharmaceutiques anciennes (Matthiole, Dodoens) sans indication th\u00e9rapeutique majeure. Son principal int\u00e9r\u00eat historique r\u00e9side dans son r\u00f4le d&rsquo;indicateur environnemental de la qualit\u00e9 des eaux douces.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Hottonia palustris<\/em> est inscrite sur les listes rouges r\u00e9gionales ou nationales de nombreux pays europ\u00e9ens. En France, elle est prot\u00e9g\u00e9e dans plusieurs r\u00e9gions (\u00cele-de-France, Centre-Val de Loire, Picardie). Aux Pays-Bas, o\u00f9 elle \u00e9tait autrefois commune, elle a r\u00e9gress\u00e9 de plus de 70 % depuis les ann\u00e9es 1950. En Grande-Bretagne, elle est class\u00e9e comme esp\u00e8ce \u00e0 pr\u00e9occupation de conservation (Species of Principal Importance). Le d\u00e9clin est principalement attribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;eutrophisation des eaux, au curage m\u00e9canis\u00e9 des foss\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;ass\u00e8chement des prairies humides et \u00e0 la disparition des mares villageoises. La culture est possible dans des bassins peu profonds (20-50 cm), \u00e0 eau claire et non fertilis\u00e9e, en situation ensoleill\u00e9e. La multiplication se fait ais\u00e9ment par bouturage de tiges immerg\u00e9es ou par turions. Un substrat vaseux l\u00e9ger enrichi en tourbe convient \u00e0 son enracinement. L&rsquo;esp\u00e8ce est disponible dans le commerce aquariophile et le commerce horticole sp\u00e9cialis\u00e9 en plantes de bassin. La restauration des populations passe par le maintien de r\u00e9seaux de mares et de foss\u00e9s non cur\u00e9s, la limitation des intrants agricoles et la reconnexion des habitats aquatiques fragment\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>HOTTONIE DES MARAIS pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Jacquemyn H. et al. Fine-scale genetic structure of populations of the clonal aquatic plant <em>Hottonia palustris<\/em>. <em>Molecular Ecology<\/em>. 2006;15(14):4655-4664.<br \/>\nBrys R. et al. Patch density affects pollen flow and mating system of <em>Hottonia palustris<\/em>, a heterostylous aquatic plant. <em>Heredity<\/em>. 2008;100(6):564-572.<br \/>\nLamers L.P.M. et al. Endangered plants occurring in mesotrophic fens: threats from eutrophication and restoration strategies. <em>Perspectives in Plant Ecology, Evolution and Systematics<\/em>. 2015;17(4):223-237.<br \/>\nPreston C.D., Croft J.M. <em>Aquatic Plants in Britain and Ireland<\/em>. Colchester : Harley Books ; 1997.<br \/>\nRameau J.-C. et al. <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>, tome 1 : Plaines et collines. Paris : Institut pour le d\u00e9veloppement forestier ; 1989.<br \/>\nBruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nTison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;hottonie des marais, Hottonia palustris L., est une plante aquatique vivace de la famille des Primulaceae. 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