{"id":1284,"date":"2026-03-26T11:39:52","date_gmt":"2026-03-26T10:39:52","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lysimaque-commune\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"lysimaque-commune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lysimaque-commune\/","title":{"rendered":"LYSIMAQUE COMMUNE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Lysimaque%20commune.jpg\" alt=\"Planche botanique Lysimaque commune\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La lysimaque commune (<em>Lysimachia vulgaris<\/em> L.) est une plante vivace robuste de la famille des Primulac\u00e9es, h\u00f4te lumineuse des berges, des foss\u00e9s et des prairies humides de toute l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e. Pouvant atteindre un m\u00e8tre de hauteur, elle dresse ses panicules de fleurs jaune d&rsquo;or \u00e9toil\u00e9es au-dessus des herbes des zones humides, cr\u00e9ant des taches de couleur spectaculaires en plein \u00e9t\u00e9. Ses feuilles oppos\u00e9es ou verticill\u00e9es par 3-4, ponctu\u00e9es de glandes noires, et ses tiges dress\u00e9es \u00e0 section carr\u00e9e la rendent facilement identifiable.<\/p>\n<p>La lysimaque commune poss\u00e8de une tradition m\u00e9dicinale ancienne, bien que modeste. Utilis\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 comme <strong>astringente<\/strong>, <strong>vuln\u00e9raire<\/strong> et <strong>antih\u00e9morragique<\/strong>, elle doit son nom au roi Lysimaque de Thrace, disciple d&rsquo;Aristote et compagnon d&rsquo;Alexandre le Grand, qui aurait d\u00e9couvert ses vertus. Sa composition chimique, riche en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>, <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et <strong>tanins<\/strong>, soutient ces usages traditionnels et suscite un int\u00e9r\u00eat croissant de la recherche pharmacologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La lysimaque commune porte le nom scientifique <em>Lysimachia vulgaris<\/em> L. Elle appartient \u00e0 la famille des <strong>Primulaceae<\/strong>, sous-famille des Myrsinoideae (certains auteurs la classent dans les Myrsinaceae), genre <em>Lysimachia<\/em>. Ce genre immense comprend environ 200 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et subtropicales des deux h\u00e9misph\u00e8res. Le nom <em>Lysimachia<\/em> honore le roi Lysimaque de Thrace (360-281 av. J.-C.) ou d\u00e9rive du grec <em>lysis<\/em> (dissolution) et <em>mache<\/em> (combat), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ses propri\u00e9t\u00e9s apaisantes.<\/p>\n<p>Les noms vernaculaires sont : \u00ab lysimaque commune \u00bb, \u00ab grande lysimaque \u00bb, \u00ab chasse-bosse \u00bb, \u00ab herbe aux corneilles \u00bb, \u00ab souci d&rsquo;eau \u00bb en fran\u00e7ais ; \u00ab yellow loosestrife \u00bb en anglais ; \u00ab Gew\u00f6hnlicher Gilbweiderich \u00bb en allemand ; \u00ab mazza d&rsquo;oro comune \u00bb en italien. Ne pas confondre avec la salicaire (<em>Lythrum salicaria<\/em>), parfois appel\u00e9e \u00ab lysimaque rouge \u00bb, qui est une esp\u00e8ce tr\u00e8s diff\u00e9rente.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La lysimaque commune est une plante vivace herbac\u00e9e de 60 \u00e0 120 cm de hauteur, \u00e0 souche rampante et stolonif\u00e8re. Les tiges sont dress\u00e9es, robustes, quadrangulaires, pubescentes, souvent rouge\u00e2tres aux n\u0153uds. Les feuilles sont oppos\u00e9es ou verticill\u00e9es par 3-4, ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, de 5 \u00e0 12 cm de long, acumin\u00e9es, sessiles ou bri\u00e8vement p\u00e9tiol\u00e9es, ponctu\u00e9es de glandes noires (ou orang\u00e9es) sur la face inf\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Les fleurs sont group\u00e9es en panicules terminales et axillaires pyramidales. Chaque fleur, de 12 \u00e0 18 mm de diam\u00e8tre, poss\u00e8de un calice \u00e0 5 s\u00e9pales lanc\u00e9ol\u00e9s bord\u00e9s de rouge-orang\u00e9 et une corolle rotac\u00e9e jaune vif \u00e0 5 lobes, souvent ponctu\u00e9e de glandes orang\u00e9es. Les \u00e9tamines sont au nombre de 5, soud\u00e9es \u00e0 la base en anneau. Le fruit est une capsule globuleuse. La floraison a lieu de juin \u00e0 ao\u00fbt. La pollinisation est entomogame, principalement par des abeilles sp\u00e9cialis\u00e9es du genre <em>Macropis<\/em>, qui r\u00e9coltent les huiles florales s\u00e9cr\u00e9t\u00e9es par les glandes des p\u00e9tales.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La lysimaque commune est une esp\u00e8ce eurasiatique largement r\u00e9pandue dans toute l&rsquo;Europe, de la Scandinavie \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, et de l&rsquo;Irlande au Japon. Elle est naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord et en Australie. En France, elle est commune dans toutes les r\u00e9gions, de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 1 500 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<p>Elle affectionne les berges de cours d&rsquo;eau et d&rsquo;\u00e9tangs, les foss\u00e9s, les prairies humides, les aulnaies mar\u00e9cageuses, les m\u00e9gaphorbiaies et les roseli\u00e8res. Elle se d\u00e9veloppe sur des sols riches, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides, humides \u00e0 d\u00e9tremp\u00e9s. C&rsquo;est une esp\u00e8ce h\u00e9liophile \u00e0 semi-h\u00e9liophile, caract\u00e9ristique des communaut\u00e9s de grandes herbes des zones humides (alliance du <em>Filipendulion ulmariae<\/em>). Son interaction mutualiste avec les abeilles \u00e0 huile du genre <em>Macropis<\/em> est un cas remarquable de co\u00e9volution plante-pollinisateur.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et culture<\/h3>\n<p>La lysimaque commune est une plante de culture facile dans les jardins disposant d&rsquo;un sol frais \u00e0 humide. Elle se multiplie ais\u00e9ment par division de touffes ou de stolons au printemps ou en automne, ou par semis (les graines sont petites et germent en surface sur un substrat maintenu humide). Elle peut devenir envahissante par ses stolons dans les conditions optimales.<\/p>\n<p>Elle exige un sol riche, frais \u00e0 humide, au soleil ou \u00e0 mi-ombre. Rustique jusqu&rsquo;\u00e0 \u221230 \u00b0C. Elle tol\u00e8re les sols argileux et l&rsquo;immersion temporaire. Au jardin, elle convient parfaitement aux berges de bassin, aux jardins d&rsquo;eau et aux massifs de vivaces en sol frais. Sa floraison jaune vif en plein \u00e9t\u00e9 est spectaculaire. On la contr\u00f4le en arrachant les stolons exc\u00e9dentaires. Elle est tr\u00e8s attractive pour les pollinisateurs, en particulier les abeilles <em>Macropis<\/em> dont elle est l&rsquo;unique source alimentaire en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de la lysimaque commune est bien document\u00e9e. Les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> constituent les compos\u00e9s majoritaires, avec des teneurs de 3 \u00e0 8 % dans les parties a\u00e9riennes. Les principales sont des d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;<strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong> et de la <strong>primulag\u00e9nine A<\/strong>. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> sont bien repr\u00e9sent\u00e9s : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>, <strong>myricitrine<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et <strong>myric\u00e9tine<\/strong>.<\/p>\n<p>Les <strong>tanins<\/strong> sont pr\u00e9sents en quantit\u00e9 notable (5-8 %), essentiellement des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a> et des tanins \u00e9llagiques. La plante contient des <strong>benzoquinones<\/strong> (dont la <strong>rapanone<\/strong> et l&rsquo;<strong>embelline<\/strong>), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>), de la <strong>vitamine C<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> et des <strong>huiles grasses<\/strong> dans les glandes florales (utilis\u00e9es par les abeilles <em>Macropis<\/em>). La pr\u00e9sence de benzoquinones est notable car ces compos\u00e9s poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s antiparasitaires et antifongiques significatives.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de la lysimaque commune sont multiples. Les tanins conf\u00e8rent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>astringentes<\/strong> et <strong>antidiarrh\u00e9iques<\/strong>. Les saponines triterp\u00e9niques poss\u00e8dent des activit\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong>, <strong>antimicrobiennes<\/strong> et <strong>antifongiques<\/strong>. Des \u00e9tudes in vitro ont montr\u00e9 que les extraits de lysimaque inhibent la croissance de <em>Candida albicans<\/em> et de plusieurs bact\u00e9ries pathog\u00e8nes.<\/p>\n<p>Les benzoquinones (rapanone, embelline) sont les compos\u00e9s les plus remarquables pharmacologiquement : elles poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anthelminthiques<\/strong> (vermifuges), <strong>antifongiques<\/strong>, <strong>antimicrobiennes<\/strong> et <strong>antitumorales<\/strong> d\u00e9montr\u00e9es exp\u00e9rimentalement. L&#8217;embelline, bien connue chez les Myrsinac\u00e9es tropicales, inhibe la prolif\u00e9ration cellulaire in vitro. Les flavono\u00efdes exercent des effets <strong>antioxydants<\/strong> et <strong>veinotoniques<\/strong>. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>vuln\u00e9raire<\/strong> traditionnelle est soutenue par la combinaison de tanins astringents, de saponines anti-inflammatoires et de benzoquinones antimicrobiennes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h3>\n<p>La lysimaque commune est utilis\u00e9e en m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride la recommandait pour arr\u00eater les saignements (h\u00e9morragies nasales, blessures) et contre les diarrh\u00e9es. Le nom populaire \u00ab chasse-bosse \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un usage contre les contusions (\u00ab bosses \u00bb) et les ecchymoses. Les feuilles fra\u00eeches \u00e9taient appliqu\u00e9es en cataplasme sur les plaies, les ulc\u00e8res cutan\u00e9s et les contusions.<\/p>\n<p>L&rsquo;infusion de plante enti\u00e8re servait de <strong>gargarisme<\/strong> contre les angines et les aphtes, de rem\u00e8de antidiarrh\u00e9ique et d&rsquo;antih\u00e9morragique interne. La plante \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e <strong>f\u00e9brifuge<\/strong> et utilis\u00e9e contre les fi\u00e8vres intermittentes avant la disponibilit\u00e9 du quinquina. En m\u00e9decine populaire russe, elle est employ\u00e9e contre les maladies de peau et les rhumatismes. Les fleurs servaient \u00e0 teindre les cheveux en blond et les tissus en jaune. La plante \u00e9tait \u00e9galement utilis\u00e9e comme insectifuge, ses feuilles s\u00e8ches \u00e9tant br\u00fbl\u00e9es pour \u00e9loigner les moustiques et les mouches.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Saponines triterp\u00e9niques<\/td>\n<td>Saponine<\/td>\n<td>Constituant tensioactif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide ol\u00e9anolique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Primulag\u00e9nine a<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myricitrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;infusion de parties a\u00e9riennes s\u00e8ches se pr\u00e9pare \u00e0 2 \u00e0 4 g pour 250 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infus\u00e9e 10 \u00e0 15 minutes, \u00e0 boire 2 \u00e0 3 fois par jour. Le go\u00fbt est astringent et l\u00e9g\u00e8rement amer. La d\u00e9coction pour usage externe (gargarisme, lotion) se pr\u00e9pare \u00e0 30 \u00e0 50 g\/L, bouillie 10 minutes.<\/p>\n<p>Les cataplasmes se pr\u00e9parent avec des feuilles fra\u00eeches broy\u00e9es appliqu\u00e9es directement sur la peau. La teinture-m\u00e8re (1:5 dans l&rsquo;alcool \u00e0 45\u00b0) se prend \u00e0 20 \u00e0 40 gouttes, 3 fois par jour. Le suc frais de la plante \u00e9tait appliqu\u00e9 directement sur les petites blessures comme h\u00e9mostatique. Aucune sp\u00e9cialit\u00e9 pharmaceutique moderne ne contient de lysimaque. La plante entre dans la composition de certains m\u00e9langes de tisanes traditionnelles en herboristerie germanique et slave.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La lysimaque commune est consid\u00e9r\u00e9e comme une plante \u00e0 bonne tol\u00e9rance. Les saponines, \u00e0 forte dose, peuvent provoquer des naus\u00e9es, des diarrh\u00e9es et une irritation gastro-intestinale. Les tanins, en usage prolong\u00e9, peuvent entra\u00eener une constipation et r\u00e9duire l&rsquo;absorption du fer et d&rsquo;autres nutriments.<\/p>\n<p>Les benzoquinones sont th\u00e9oriquement irritantes pour les muqueuses \u00e0 concentration \u00e9lev\u00e9e. Aucun cas d&rsquo;intoxication grave n&rsquo;est rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature. L&rsquo;usage pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement est d\u00e9conseill\u00e9 par pr\u00e9caution. Aucune allergie n&rsquo;est document\u00e9e. La plante est consid\u00e9r\u00e9e comme s\u00fbre aux doses recommand\u00e9es pour des p\u00e9riodes limit\u00e9es. L&rsquo;usage \u00e0 long terme \u00e0 fortes doses doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9 en raison des tanins et des saponines.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les tanins de la lysimaque peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption de m\u00e9dicaments pris simultan\u00e9ment (fer, antibiotiques, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/digoxine\/\">digoxine<\/a>). Un intervalle de 2 heures est recommand\u00e9. Les saponines pourraient th\u00e9oriquement modifier la perm\u00e9abilit\u00e9 intestinale et l&rsquo;absorption de certains principes actifs.<\/p>\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 anthelminthique des benzoquinones pourrait potentialiser l&rsquo;effet d&rsquo;antiparasitaires m\u00e9dicamenteux. L&rsquo;effet astringent pourrait s&rsquo;opposer \u00e0 celui des laxatifs. Aucune interaction cliniquement document\u00e9e n&rsquo;est connue. Ces pr\u00e9cautions sont th\u00e9oriques et rel\u00e8vent de la prudence habituelle avec les plantes \u00e0 tanins et saponines.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h3>\n<p>Les \u00e9tudes sur la lysimaque commune sont principalement phytochimiques et pharmacologiques in vitro. Des travaux ont caract\u00e9ris\u00e9 les saponines triterp\u00e9niques, les flavono\u00efdes et les benzoquinones. L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante des extraits a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par plusieurs m\u00e9thodes (DPPH, ORAC). L&rsquo;activit\u00e9 antimicrobienne a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em> et <em>Candida albicans<\/em>.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes \u00e9cologiques ont document\u00e9 l&rsquo;interaction mutualiste remarquable avec les abeilles <em>Macropis<\/em>, qui r\u00e9coltent les huiles florales pour nourrir leurs larves. Cette interaction constitue un cas unique en Europe d&rsquo;abeille sp\u00e9cialis\u00e9e dans la r\u00e9colte d&rsquo;huiles florales. Aucune \u00e9tude clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sur la plante chez l&rsquo;homme. Les perspectives de recherche portent sur les benzoquinones comme agents antiparasitaires et antifongiques potentiels.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La lysimaque commune est inscrite sur la liste A de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise comme plante m\u00e9dicinale. Elle figure sur la liste des plantes autoris\u00e9es dans les compl\u00e9ments alimentaires en France. Aucune monographie europ\u00e9enne n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce. La plante est librement disponible en herboristerie.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e en France, \u00e9tant commune dans les zones humides. Ses habitats (berges, prairies humides) peuvent cependant \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s au titre de la loi sur l&rsquo;eau ou de sites Natura 2000. L&rsquo;abeille <em>Macropis europaea<\/em>, pollinisateur sp\u00e9cialis\u00e9 de la lysimaque, est un indicateur de la qualit\u00e9 des zones humides et b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une attention croissante en conservation entomologique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects culturels et historiques<\/h3>\n<p>Le nom de la lysimaque honore le roi Lysimaque de Thrace, l&rsquo;un des successeurs d&rsquo;Alexandre le Grand, qui aurait d\u00e9couvert les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales de la plante selon Pline l&rsquo;Ancien. Une autre \u00e9tymologie rattache le nom au grec \u00ab lysis-mache \u00bb (qui r\u00e9sout le combat), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un usage comme plante apaisante pour calmer les b\u00eates de somme agressives.<\/p>\n<p>Dioscoride et Pline la mentionnent dans leurs ouvrages. Au Moyen \u00c2ge, elle \u00e9tait cultiv\u00e9e dans les jardins monastiques. Le nom \u00ab chasse-bosse \u00bb t\u00e9moigne d&rsquo;un usage populaire ancien contre les contusions. Hildegarde de Bingen la mentionne dans sa pharmacop\u00e9e. La plante servait de teinture jaune (fleurs et feuilles) pour les textiles. En Russie, les feuilles s\u00e9ch\u00e9es \u00e9taient br\u00fbl\u00e9es dans les maisons comme insectifuge naturel, pratique qui persiste dans certaines r\u00e9gions rurales.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La lysimaque commune est une plante m\u00e9dicinale traditionnelle dont le potentiel pharmacologique reste sous-explor\u00e9. Sa composition chimique originale, associant saponines triterp\u00e9niques, flavono\u00efdes, tanins et benzoquinones, lui conf\u00e8re un profil pharmacologique diversifi\u00e9 que la recherche moderne commence \u00e0 explorer. Les benzoquinones, en particulier, m\u00e9ritent des investigations approfondies pour leurs propri\u00e9t\u00e9s antiparasitaires et antifongiques.<\/p>\n<p>Son r\u00f4le \u00e9cologique majeur comme h\u00f4te exclusif des abeilles <em>Macropis<\/em> souligne l&rsquo;importance de la conservation des zones humides pour le maintien de cette interaction mutualiste unique. La lysimaque commune illustre la richesse biologique et pharmacologique des plantes de zones humides, \u00e9cosyst\u00e8mes menac\u00e9s dont la disparition entra\u00eenerait la perte de ressources biologiques encore largement inexplor\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Lysimachia%20vulgaris\">Plants of the World Online, Kew : <em>Lysimachia vulgaris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Lysimachia+vulgaris\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Lysimachia vulgaris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La lysimaque commune (Lysimachia vulgaris L.) est une plante vivace robuste de la famille des Primulac\u00e9es, h\u00f4te lumineuse des berges, des foss\u00e9s et des prairies [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[90],"tags":[],"class_list":["post-1284","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-primulacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1284","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1284"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1284\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13820,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1284\/revisions\/13820"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1284"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1284"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1284"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}