{"id":1289,"date":"2026-03-26T11:39:58","date_gmt":"2026-03-26T10:39:58","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/primevere-auricule\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:36","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:36","slug":"primevere-auricule","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/primevere-auricule\/","title":{"rendered":"PRIMEV\u00c8RE AURICULE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Primev%C3%A8re%20auricule.jpg\" alt=\"Planche botanique Primev\u00e8re auricule\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>primev\u00e8re auricule<\/strong> (<em>Primula auricula<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Primulaceae<\/strong>. Le genre <em>Primula<\/em> comprend environ 500 esp\u00e8ces, principalement concentr\u00e9es dans les montagnes d&rsquo;Asie et d&rsquo;Europe. Le nombre chromosomique est 2n = 62 (allopolyplo\u00efde). Le nom <em>Primula<\/em> d\u00e9rive du latin <em>prima<\/em> (premi\u00e8re), ces plantes \u00e9tant parmi les premi\u00e8res \u00e0 fleurir au printemps. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>auricula<\/em> signifie \u00ab petite oreille \u00bb, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme des feuilles. Noms vernaculaires : oreille d&rsquo;ours, auricule, primev\u00e8re des Alpes. En anglais : <em>bear&rsquo;s ear<\/em>, <em>auricula<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce est l&rsquo;anc\u00eatre principal des auricules horticoles, plantes de collection depuis le XVIe si\u00e8cle.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace de 5 \u00e0 20 cm. <strong>Souche<\/strong> courte, robuste, \u00e0 racines fibreuses. <strong>Feuilles<\/strong> en rosette basale dense, <strong>charnues<\/strong>, obovales \u00e0 spatul\u00e9es, de 3 \u00e0 10 cm, arrondies au sommet, enti\u00e8res ou finement denticul\u00e9es, <strong>glabres<\/strong>, couvertes d&rsquo;une <strong>pruine farineuse blanch\u00e2tre<\/strong> (farina) sur les deux faces et surtout les marges, vert glauque, \u00e0 nervures peu visibles. <strong>Hampe florale<\/strong> dress\u00e9e, robuste, de 5 \u00e0 15 cm, farin\u00e9e au sommet. <strong>Inflorescence<\/strong> : ombelle de 2 \u00e0 20 fleurs au sommet de la hampe. <strong>Fleurs<\/strong> de 15 \u00e0 25 mm de diam\u00e8tre, <strong>jaune vif<\/strong>, parfum\u00e9es (odeur suave et miell\u00e9e) ; calice campanul\u00e9, farin\u00e9 ; corolle en entonnoir \u00e0 5 lobes \u00e9margin\u00e9s, gorge marqu\u00e9e d&rsquo;un anneau blanc farin\u00e9 ; h\u00e9t\u00e9rostylie (fleurs thrum \u00e0 style court et pin \u00e0 style long). 5 \u00e9tamines ins\u00e9r\u00e9es dans le tube. <strong>Fruit<\/strong> : capsule ovo\u00efde, d\u00e9passant le calice, contenant de nombreuses graines brunes. <strong>Floraison<\/strong> : avril \u00e0 juillet selon l&rsquo;altitude.<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>orophyte europ\u00e9enne<\/strong>. R\u00e9partie dans les <strong>Alpes<\/strong> (de la France \u00e0 l&rsquo;Autriche et \u00e0 la Slov\u00e9nie), les <strong>Carpates<\/strong>, les <strong>Apennins septentrionaux<\/strong> et le <strong>Jura<\/strong>. En France, pr\u00e9sente dans les Alpes du Nord et du Sud (du Chablais au Mercantour), le Jura et ponctuellement les Pr\u00e9alpes. L&rsquo;esp\u00e8ce est typiquement montagnarde \u00e0 alpine, entre 800 et 2 800 m d&rsquo;altitude. Elle pr\u00e9f\u00e8re les <strong>rochers calcaires<\/strong> et les <strong>falaises<\/strong>. L&rsquo;esp\u00e8ce a surv\u00e9cu aux glaciations dans les refuges calcaires des Alpes m\u00e9ridionales et s&rsquo;est r\u00e9pandue au Postglaciaire. Largement cultiv\u00e9e dans les jardins alpins depuis la Renaissance.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>Rochers calcaires<\/strong>, <strong>falaises<\/strong>, <strong>\u00e9boulis fix\u00e9s<\/strong>, <strong>fissures de lapiaz<\/strong>, <strong>pelouses rocheuses<\/strong>. La primev\u00e8re auricule est strictement <strong>calcicole<\/strong>, li\u00e9e aux substrats calcaires, dolomitiques ou marneux. Elle colonise les fissures de rochers, les vires herbeuses et les replats rocheux, souvent en parois verticales ou subverticales. Les sols sont peu profonds, squelettiques, calcaires, bien drain\u00e9s. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile \u00e0 semi-sciaphile, r\u00e9sistante au froid intense et \u00e0 la s\u00e9cheresse \u00e9daphique. Elle appartient aux communaut\u00e9s des Potentilletalia caulescentis (v\u00e9g\u00e9tation des fissures de rochers calcaires) et des Seslerietalia (pelouses calcaires alpines). La <strong>farina<\/strong> (pruine blanche) qui couvre les feuilles est constitu\u00e9e de cires \u00e9picuticulaires et de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">flavones<\/a> cristallis\u00e9es, prot\u00e9geant la plante contre l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;UV et limitant la transpiration. La pollinisation est entomophile (papillons, bourdons). L&rsquo;h\u00e9t\u00e9rostylie favorise la pollinisation crois\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le profil chimique de <em>P. auricula<\/em> partage les traits caract\u00e9ristiques du genre <em>Primula<\/em>. Les racines contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> (primuline, primulasaponine), responsables de l&rsquo;activit\u00e9 expectorante. Les feuilles et les fleurs contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong>primulaflavone<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>. La <strong>farina<\/strong> (pruine) est constitu\u00e9e de <strong>flavones<\/strong> cristallis\u00e9es, principalement la <strong>2&prime;-hydroxyflavone<\/strong> (primine) et ses d\u00e9riv\u00e9s, compos\u00e9s allerg\u00e9niques responsables de la dermatite de contact aux primev\u00e8res. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> dans les fleurs jaunes. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> et des <strong>tanins<\/strong>. Les <strong>primines<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quinones\/\">quinones<\/a> benzyliques) pr\u00e9sentes dans les trichomes glandulaires sont les principaux allerg\u00e8nes de contact du genre, capables de provoquer une dermatite ecz\u00e9mateuse chez les personnes sensibilis\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> exercent une activit\u00e9 <strong>expectorante<\/strong> par irritation r\u00e9flexe de la muqueuse gastrique, stimulant la s\u00e9cr\u00e9tion de mucus bronchique (effet s\u00e9cr\u00e9tolytique). Chez <em>Primula veris<\/em> et <em>P. elatior<\/em>, cet effet est bien document\u00e9 et a conduit \u00e0 l&rsquo;inscription de ces esp\u00e8ces en pharmacop\u00e9e. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> sont <strong>antioxydants<\/strong> et <strong>anti-inflammatoires<\/strong>. L&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong> est antioxydant et antiviral. Les <strong>primines<\/strong> poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antimicrobiennes<\/strong> mais leur pouvoir allergisant limite toute application th\u00e9rapeutique. Les <strong>saponines<\/strong> de <em>P. auricula<\/em> n&rsquo;ont pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes pharmacologiques sp\u00e9cifiques, mais leur parent\u00e9 structurale avec celles de <em>P. veris<\/em> sugg\u00e8re des effets comparables, quoique moins puissants.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage m\u00e9dicinal de <em>P. auricula<\/em> est limit\u00e9 et secondaire par rapport \u00e0 <em>P. veris<\/em> (primev\u00e8re officinale). En <strong>m\u00e9decine populaire alpine<\/strong>, les fleurs et les feuilles \u00e9taient utilis\u00e9es en infusion comme <strong>expectorant<\/strong> et <strong>antitussif<\/strong> pour les bronchites et les refroidissements. La racine s\u00e9ch\u00e9e servait de substitut de la racine de primev\u00e8re officinale. En <strong>Autriche<\/strong> et en <strong>Suisse<\/strong>, l&rsquo;infusion de fleurs d&rsquo;auricule \u00e9tait prescrite comme s\u00e9datif l\u00e9ger et comme rem\u00e8de contre les maux de t\u00eate. En <strong>hom\u00e9opathie<\/strong>, <em>Primula auricula<\/em> est utilis\u00e9e en dilutions pour les allergies cutan\u00e9es. La plante n&rsquo;a jamais figur\u00e9 dans les pharmacop\u00e9es officielles (contrairement \u00e0 <em>P. veris<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches portent sur la <strong>g\u00e9n\u00e9tique de la farina<\/strong> (biosynth\u00e8se des flavones cristallis\u00e9es, g\u00e8nes contr\u00f4lant la production de farina \u2014 les mutants sans farina sont utilis\u00e9s pour comprendre les voies de biosynth\u00e8se des flavones), la <strong>biologie de l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rostylie<\/strong> (un syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9tique contr\u00f4l\u00e9 par un superg\u00e8ne S, mod\u00e8le classique en g\u00e9n\u00e9tique \u00e9volutive depuis Darwin), la <strong>phylog\u00e9ographie<\/strong> alpine (refuges glaciaires, corridors de migration postglaciaire), et l&rsquo;<strong>allergologie<\/strong> (caract\u00e9risation mol\u00e9culaire de la primine, d\u00e9veloppement de cultivars hypoallerg\u00e9niques d\u00e9pourvus de primine). La <strong>chimiotaxonomie<\/strong> du genre utilise les profils en flavones de la farina pour la classification des sections. Des \u00e9tudes d&rsquo;<strong>\u00e9cologie des pollinisateurs<\/strong> documentent les interactions avec les papillons alpins.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Primulasaponine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines<\/a><\/td>\n<td>Expectorantes<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Primev\u00e9rine, primv\u00e9roside<\/td>\n<td>H\u00e9t\u00e9rosides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>Antispasmodiques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie officielle n&rsquo;est \u00e9tablie pour <em>P. auricula<\/em>. Les monographies pharmacop\u00e9iques concernent <em>P. veris<\/em> et <em>P. elatior<\/em> (racine et fleur de primev\u00e8re, Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne). \u00c0 titre indicatif : <strong>infusion de fleurs :<\/strong> 1 \u00e0 2 g pour 250 mL d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 minutes, 2 \u00e0 3 tasses par jour. <strong>D\u00e9coction de racine :<\/strong> 0,5 \u00e0 1 g pour 250 mL d&rsquo;eau, bouillir 5 minutes, comme expectorant. L&rsquo;usage de <em>P. auricula<\/em> n&rsquo;est ni recommand\u00e9 ni interdit, mais les esp\u00e8ces officinales (<em>P. veris<\/em>) sont \u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer pour l&rsquo;usage m\u00e9dicinal. Le risque de dermatite de contact doit \u00eatre pris en compte lors de la manipulation.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le principal effet ind\u00e9sirable est la <strong>dermatite de contact allergique<\/strong> caus\u00e9e par les <strong>primines<\/strong> pr\u00e9sentes dans les poils glandulaires et la farina. Cette allergie, class\u00e9e comme allergie de type IV (hypersensibilit\u00e9 retard\u00e9e), touche 1 \u00e0 5 % des jardiniers et horticulteurs manipulant des primev\u00e8res. Les sympt\u00f4mes incluent un ecz\u00e9ma prurigineux des mains et du visage, pouvant devenir chronique en cas d&rsquo;exposition r\u00e9p\u00e9t\u00e9e. L&rsquo;allerg\u00e8ne principal est la <strong>primine<\/strong> (2-m\u00e9thoxy-6-pentylbenzoquinone). Les <strong>saponines<\/strong> \u00e0 forte dose provoquent des naus\u00e9es, vomissements et diarrh\u00e9es. L&rsquo;ingestion de grandes quantit\u00e9s de racine peut entra\u00eener une irritation gastro-intestinale. <strong>Contre-indications :<\/strong> allergie connue aux primev\u00e8res, sensibilit\u00e9 cutan\u00e9e. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme toxique au sens strict.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La primev\u00e8re auricule est l&rsquo;une des plantes de collection les plus anciennes d&rsquo;Europe. Cultiv\u00e9e depuis le <strong>XVIe si\u00e8cle<\/strong> dans les jardins botaniques et les jardins priv\u00e9s, elle a engendr\u00e9 par hybridation et s\u00e9lection des milliers de cultivars : auricules de spectacle (show auriculas), auricules alpines, auricules bord\u00e9es, auricules \u00e0 farina. En <strong>Angleterre<\/strong>, les soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;auricules existent depuis le XVIIe si\u00e8cle, et des concours sont organis\u00e9s chaque ann\u00e9e. En <strong>Flandre<\/strong> et en <strong>Hollande<\/strong>, l&rsquo;auricule fut l&rsquo;objet d&rsquo;une passion horticole comparable \u00e0 la tulipomanie. <strong>Clusius<\/strong> (1583) d\u00e9crit les premi\u00e8res auricules cultiv\u00e9es. La plante a inspir\u00e9 les <strong>peintres flamands<\/strong> de natures mortes (Bosschaert, Brueghel). En <strong>symbolique alpine<\/strong>, l&rsquo;oreille d&rsquo;ours repr\u00e9sente la beaut\u00e9 montagnarde et la fid\u00e9lit\u00e9. Elle figure sur les armoiries de plusieurs communes alpines.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Primula auricula<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9e au niveau mondial (UICN : LC). En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est prot\u00e9g\u00e9e au niveau r\u00e9gional dans certains d\u00e9partements. Elle b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une protection dans les parcs nationaux alpins. Les menaces incluent la surfr\u00e9quentation touristique des falaises, le changement climatique et la cueillette ornementale. La plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle. La culture horticole est tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e, avec des soci\u00e9t\u00e9s de collectionneurs actives en Angleterre, en Belgique et en France. Les cultivars sont multipli\u00e9s par division ou par semis.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Aucune monographie officielle distincte. L&rsquo;identification repose sur les caract\u00e8res morphologiques : rosette de feuilles charnues, glauques, farin\u00e9es, \u00e0 bords entiers ; fleurs jaunes parfum\u00e9es en ombelle ; habitat de falaises calcaires alpines. La distinction avec <em>P. veris<\/em> (feuilles gaufr\u00e9es, non farin\u00e9es, habitat de prairies) et <em>P. hirsuta<\/em> (feuilles poilues, non farin\u00e9es, fleurs roses, rochers siliceux) est essentielle. L&rsquo;examen microscopique des feuilles montre des cellules \u00e9pidermiques \u00e0 parois ondul\u00e9es, la farina comme d\u00e9p\u00f4ts extracellulaires cristallins de flavones, et des stomates anomocytiques. Le dosage des saponines se fait par indice h\u00e9molytique ou par HPLC-ELSD. La primine est dos\u00e9e par patch-test dermatologique en allergologie.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Primula auricula<\/em>, l&rsquo;oreille d&rsquo;ours des falaises alpines, conjugue une beaut\u00e9 sculpturale, un parfum capiteux et un h\u00e9ritage horticole pluris\u00e9culaire. Si ses propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales sont modestes, les saponines et les flavono\u00efdes du genre pr\u00e9sentent un int\u00e9r\u00eat expectorant et antioxydant. La farina, avec ses flavones cristallis\u00e9es uniques, est un mod\u00e8le pour l&rsquo;\u00e9tude de la biosynth\u00e8se des flavono\u00efdes. L&rsquo;h\u00e9t\u00e9rostylie du genre <em>Primula<\/em>, \u00e9tudi\u00e9e depuis Darwin, continue de nourrir la recherche en g\u00e9n\u00e9tique \u00e9volutive. La conservation de l&rsquo;auricule sauvage passe par la protection de ses habitats rupestres, dans un contexte de changement climatique qui menace les \u00e9cosyst\u00e8mes alpins de haute altitude.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Primula%20auricula\">Plants of the World Online, Kew : <em>Primula auricula<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Primula+auricula\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Primula auricula<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antitussif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif l\u00e9ger<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La primev\u00e8re auricule (Primula auricula L.) appartient \u00e0 la famille des Primulaceae. 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