{"id":1294,"date":"2026-03-26T11:40:06","date_gmt":"2026-03-26T10:40:06","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/samole-de-valerand\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"samole-de-valerand","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/samole-de-valerand\/","title":{"rendered":"SAMOLE DE VALERAND"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Samole%20de%20Val%C3%A9rand.jpg\" alt=\"Planche botanique Samole de Val\u00e9rand\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le samole de Valerand, <em>Samolus valerandi<\/em> L., est une plante herbac\u00e9e vivace de la famille des <em>Primulaceae<\/em> (sous-famille des <em>Theophrastoideae<\/em> dans la classification APG IV, parfois rattach\u00e9e aux <em>Samolaceae<\/em>). C&rsquo;est la seule esp\u00e8ce du genre <em>Samolus<\/em> pr\u00e9sente en Europe. La plante mesure 10 \u00e0 60 cm de hauteur, \u00e0 tige dress\u00e9e, glabre, cylindrique, simple ou ramifi\u00e9e dans sa partie sup\u00e9rieure. Les feuilles basales sont dispos\u00e9es en rosette, obovales \u00e0 spatul\u00e9es, enti\u00e8res, arrondies au sommet, att\u00e9nu\u00e9es en p\u00e9tiole, longues de 3 \u00e0 8 cm, d&rsquo;un vert clair luisant, charnues. Les feuilles caulinaires sont alternes, progressivement r\u00e9duites. L&rsquo;inflorescence est un rac\u00e8me terminal allong\u00e9, l\u00e2che, \u00e0 p\u00e9dicelles gr\u00eales portant chacun une bract\u00e9ole caract\u00e9ristique ins\u00e9r\u00e9e au milieu du p\u00e9dicelle (caract\u00e8re diagnostique). Les fleurs sont petites (3 \u00e0 4 mm de diam\u00e8tre), blanches, \u00e0 5 p\u00e9tales soud\u00e9s en coupe, avec 5 staminodes alternant avec les 5 \u00e9tamines fertiles. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de juin \u00e0 septembre. Le fruit est une capsule globuleuse s&rsquo;ouvrant par 5 valves. Le syst\u00e8me racinaire est fascicul\u00e9, superficiel. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 26) et pr\u00e9sente une distribution cosmopolite remarquable pour une plante d&rsquo;apparence si modeste.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Samolus valerandi<\/em> est une esp\u00e8ce subcosmopolite, pr\u00e9sente sur tous les continents \u00e0 l&rsquo;exception de l&rsquo;Antarctique, des r\u00e9gions tropicales aux r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es. Cette distribution exceptionnelle est li\u00e9e \u00e0 son affinit\u00e9 pour les milieux humides, sal\u00e9s ou saum\u00e2tres. En Europe, l&rsquo;esp\u00e8ce colonise les suintements, les sources, les berges de ruisseaux, les marais arri\u00e8re-littoraux, les pr\u00e9s sal\u00e9s int\u00e9rieurs, les bords de foss\u00e9s, les prairies humides et les r\u00e9surgences calcaires, depuis le niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 800 m d&rsquo;altitude. Elle tol\u00e8re des salinit\u00e9s mod\u00e9r\u00e9es et se rencontre fr\u00e9quemment dans les habitats halophiles int\u00e9rieurs (sources sal\u00e9es, anciennes salines). Les sols sont g\u00e9n\u00e9ralement basiques \u00e0 neutres (pH 6,5 \u00e0 8,5), satur\u00e9s en eau au moins saisonni\u00e8rement, souvent calcaires ou marneux. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile et ne supporte pas l&rsquo;ombrage. Elle appartient \u00e0 l&rsquo;alliance phytosociologique du <em>Samolo-Juncion gerardii<\/em> et est caract\u00e9ristique de l&rsquo;habitat Natura 2000 \u00ab\u00a0Sources p\u00e9trifiantes avec formation de travertins\u00a0\u00bb (code 7220). Le d\u00e9clin des zones humides et l&rsquo;eutrophisation menacent certaines populations europ\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Samolus valerandi<\/em> est relativement peu \u00e9tudi\u00e9e, mais les donn\u00e9es disponibles r\u00e9v\u00e8lent un profil phytochimique diversifi\u00e9. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans les parties a\u00e9riennes : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong>myric\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides (querc\u00e9tine-3-O-glucoside, kaempf\u00e9rol-3-O-rutinoside). Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> sont pr\u00e9sents : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide gallique<\/strong>. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> de type oleanane ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9es des racines et des parties a\u00e9riennes. Des <strong>tanins<\/strong> (cat\u00e9chiques et galliques) sont d\u00e9tect\u00e9s dans l&rsquo;ensemble de la plante. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong> glycosidiques apparent\u00e9s \u00e0 ceux des Primulac\u00e9es et des Th\u00e9ophrastac\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s. La plante contient des <strong>st\u00e9rols<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>, <strong>stigmast\u00e9rol<\/strong>), des <strong>alcanes<\/strong> cuticulaires et des <strong>acides gras<\/strong>. Des <strong>compos\u00e9s soufr\u00e9s<\/strong> volatils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s dans les populations de milieux sal\u00e9s. Les <strong>min\u00e9raux<\/strong> sont influenc\u00e9s par le milieu : les populations halophiles accumulent du sodium, du chlore et du magn\u00e9sium. La teneur en <strong>vitamine C<\/strong> des feuilles est notable (50-80 mg\/100 g MF). Des \u00e9tudes r\u00e9centes ont mis en \u00e9vidence des <strong>ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosides<\/strong> (apparent\u00e9s au verbascoside) dot\u00e9s de propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es pharmacologiques sur <em>Samolus valerandi<\/em> proviennent essentiellement d&rsquo;\u00e9tudes in vitro et de mod\u00e8les animaux r\u00e9alis\u00e9s en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Les extraits m\u00e9thanoliques et aqueux de la plante pr\u00e9sentent une <strong>activit\u00e9 antioxydante<\/strong> significative (test DPPH, ABTS, FRAP), attribu\u00e9e aux flavono\u00efdes et aux acides ph\u00e9noliques. L&rsquo;extrait aqueux exerce un <strong>effet h\u00e9patoprotecteur<\/strong> dans des mod\u00e8les de toxicit\u00e9 h\u00e9patique induite par le t\u00e9trachlorure de carbone (CCl\u2084) chez le rat, r\u00e9duisant les transaminases s\u00e9riques (ALAT, ASAT) et les l\u00e9sions histologiques de n\u00e9crose h\u00e9patocytaire. Cet effet est probablement m\u00e9di\u00e9 par l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante et anti-inflammatoire des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a>. Les <strong>saponines<\/strong> contribuent \u00e0 un effet diur\u00e9tique mod\u00e9r\u00e9 observ\u00e9 chez l&rsquo;animal. Les <strong>tanins<\/strong> exercent un effet astringent sur les muqueuses et un effet antimicrobien modeste contre <em>Staphylococcus aureus<\/em> et <em>Escherichia coli<\/em> in vitro. L&rsquo;<strong>acide gallique<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires (inhibition de la COX-2 et du NF-\u03baB) et antiprolif\u00e9ratives. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (querc\u00e9tine) prot\u00e8gent les cellules endoth\u00e9liales contre le stress oxydatif et r\u00e9duisent la perm\u00e9abilit\u00e9 vasculaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques de <em>Samolus valerandi<\/em> sont document\u00e9es principalement par des \u00e9tudes pr\u00e9cliniques et la tradition ethnobotanique, sans essais cliniques modernes. (1) <strong>Effet h\u00e9patoprotecteur<\/strong> : d\u00e9montr\u00e9 dans des mod\u00e8les animaux de toxicit\u00e9 h\u00e9patique (CCl\u2084), avec r\u00e9duction des enzymes h\u00e9patiques et am\u00e9lioration histologique. (2) <strong>Effet antioxydant<\/strong> : les extraits pr\u00e9sentent une capacit\u00e9 antioxydante comparable \u00e0 celle de l&rsquo;acide ascorbique dans certains tests in vitro. (3) <strong>Effet diur\u00e9tique<\/strong> : rapport\u00e9 dans la tradition et confirm\u00e9 par des \u00e9tudes animales pr\u00e9liminaires. (4) <strong>Effet anti-inflammatoire<\/strong> : les extraits r\u00e9duisent l&rsquo;\u0153d\u00e8me de la patte induit par la carrag\u00e9nine chez le rat. (5) <strong>Effet antimicrobien<\/strong> : activit\u00e9 modeste contre des bact\u00e9ries Gram-positives et certains champignons. (6) <strong>Effet vuln\u00e9raire<\/strong> : rapport\u00e9 dans la tradition, non v\u00e9rifi\u00e9 exp\u00e9rimentalement. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie officielle dans les pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes ni dans les r\u00e9f\u00e9rentiels officiels.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h3>\n<p><em>Samolus valerandi<\/em> ne poss\u00e8de pas d&rsquo;indications officiellement reconnues en phytoth\u00e9rapie clinique europ\u00e9enne. Il ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle et ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie de la Commission E ou de l&rsquo;ESCOP. Les usages traditionnels, non valid\u00e9s cliniquement, incluaient : les troubles h\u00e9patiques (congestion h\u00e9patique, ict\u00e8re l\u00e9ger), les affections urinaires (cystites, r\u00e9tention d&rsquo;eau), les plaies et ulc\u00e8res cutan\u00e9s (application externe), les scrofules (ad\u00e9nopathies cervicales, d&rsquo;o\u00f9 le nom populaire). En m\u00e9decine traditionnelle nord-africaine, la plante est encore utilis\u00e9e comme diur\u00e9tique et h\u00e9patoprotecteur. L&rsquo;absence de pr\u00e9parations commercialis\u00e9es et de donn\u00e9es cliniques limite consid\u00e9rablement la prescription de cette plante. Son int\u00e9r\u00eat pharmacognosique r\u00e9side dans son profil en ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosides et en flavono\u00efdes, qui pourraient justifier des recherches pharmacologiques plus approfondies.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche r\u00e9cente sur <em>Samolus valerandi<\/em> est modeste mais en expansion, principalement men\u00e9e par des \u00e9quipes nord-africaines et moyen-orientales. Des \u00e9tudes phytochimiques ont identifi\u00e9 de nouveaux ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosides aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes prometteuses. Des travaux sur l&rsquo;activit\u00e9 h\u00e9patoprotectrice ont confirm\u00e9 l&rsquo;effet protecteur de l&rsquo;extrait aqueux contre la toxicit\u00e9 du parac\u00e9tamol et du CCl\u2084 chez le rat, avec une r\u00e9duction dose-d\u00e9pendante des l\u00e9sions h\u00e9patiques. Des \u00e9tudes in vitro sur des lign\u00e9es cellulaires tumorales montrent une activit\u00e9 cytotoxique mod\u00e9r\u00e9e des extraits m\u00e9thanoliques sur des cellules de cancer du sein (MCF-7) et du c\u00f4lon (HCT-116). Des travaux d&rsquo;\u00e9cologie ont quantifi\u00e9 la tol\u00e9rance de l&rsquo;esp\u00e8ce au stress salin et ont montr\u00e9 que les populations halophiles d\u00e9veloppent des m\u00e9canismes d&rsquo;ajustement osmotique impliquant l&rsquo;accumulation de proline et de glycine-b\u00e9ta\u00efne. La phylog\u00e9nie mol\u00e9culaire du genre <em>Samolus<\/em> (une vingtaine d&rsquo;esp\u00e8ces \u00e0 distribution australe) a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que <em>S. valerandi<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce la plus d\u00e9riv\u00e9e du genre, ce qui expliquerait sa distribution cosmopolite exceptionnelle par une colonisation r\u00e9cente \u00e0 partir de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re sud.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myric\u00e9tine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>En l&rsquo;absence de donn\u00e9es posologiques valid\u00e9es scientifiquement, les modes d&#8217;emploi sont bas\u00e9s sur la tradition ethnobotanique. <strong>Infusion de plante enti\u00e8re s\u00e9ch\u00e9e<\/strong> : 2 \u00e0 4 g pour 250 mL d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 min ; 2 \u00e0 3 tasses\/jour (usage diur\u00e9tique et h\u00e9patoprotecteur traditionnel). <strong>D\u00e9coction<\/strong> (usage externe) : 30 \u00e0 50 g de plante s\u00e8che pour 1 L d&rsquo;eau, bouillir 15 min ; en compresses ou lavages pour les plaies et ulc\u00e8res. <strong>Cataplasme<\/strong> : feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es appliqu\u00e9es directement sur les l\u00e9sions cutan\u00e9es. <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (plante fra\u00eeche, 1:5, \u00e9thanol 40 %) : 20 \u00e0 40 gouttes, 2 \u00e0 3 fois par jour. La r\u00e9colte de la plante en milieu naturel doit \u00eatre effectu\u00e9e avec prudence et dans le respect des populations, car certaines stations sont fragiles et prot\u00e9g\u00e9es. La culture \u00e0 partir de graines est recommand\u00e9e pour tout usage r\u00e9gulier.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune contre-indication formelle n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>Samolus valerandi<\/em>, en raison de l&rsquo;absence de donn\u00e9es cliniques et toxicologiques sp\u00e9cifiques. Les pr\u00e9cautions g\u00e9n\u00e9rales s&rsquo;appliquent : d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement par d\u00e9faut de donn\u00e9es ; prudence chez les patients sous diur\u00e9tiques (effet additif th\u00e9orique) ; les saponines peuvent irriter le tractus gastro-intestinal \u00e0 haute dose. Les populations de milieux sal\u00e9s peuvent accumuler du sodium, ce qui constitue une pr\u00e9caution chez les patients suivant un r\u00e9gime hyposod\u00e9 ou souffrant d&rsquo;hypertension art\u00e9rielle. La r\u00e9colte dans des zones humides pollu\u00e9es expose \u00e0 des risques de contamination par des m\u00e9taux lourds ou des polluants organiques. Le statut de protection de certaines populations (zones humides class\u00e9es Natura 2000) interdit la cueillette dans les sites prot\u00e9g\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse sp\u00e9cifique n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>Samolus valerandi<\/em>. Les interactions th\u00e9oriques, d\u00e9duites de la composition chimique, comprennent : un effet additif possible avec les diur\u00e9tiques de synth\u00e8se (saponines et flavono\u00efdes diur\u00e9tiques) ; une r\u00e9duction potentielle de l&rsquo;absorption de certains m\u00e9dicaments par les tanins (fer, antibiotiques, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a>) ; une inhibition modeste th\u00e9orique des CYP3A4 et CYP2C9 par la querc\u00e9tine, sans pertinence clinique probable aux doses d&rsquo;infusion. L&rsquo;activit\u00e9 h\u00e9patoprotectrice pourrait th\u00e9oriquement modifier le m\u00e9tabolisme h\u00e9patique de certains m\u00e9dicaments en cas de prise concomitante, mais cet effet n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9. En pratique, le risque d&rsquo;interactions est consid\u00e9r\u00e9 comme n\u00e9gligeable aux doses traditionnelles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es toxicologiques sur <em>Samolus valerandi<\/em> sont tr\u00e8s limit\u00e9es. Une \u00e9tude de toxicit\u00e9 aigu\u00eb chez la souris a \u00e9tabli une DL50 de l&rsquo;extrait aqueux sup\u00e9rieure \u00e0 5 000 mg\/kg par voie orale, indiquant une toxicit\u00e9 tr\u00e8s faible (cat\u00e9gorie 5, GHS). Aucun signe de toxicit\u00e9 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 \u00e0 2 000 mg\/kg. La plante ne figure pas dans les listes de plantes toxiques des centres antipoison. Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine ou animale n&rsquo;est rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature. Les saponines sont les compos\u00e9s potentiellement les plus irritants, mais leur teneur mod\u00e9r\u00e9e et leur faible absorption intestinale limitent le risque. La plante ne contient pas d&rsquo;alcalo\u00efdes, de glycosides cardiotoxiques ou de compos\u00e9s cyanog\u00e9n\u00e9tiques connus. En l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique, chronique, de g\u00e9notoxicit\u00e9 et de reproduction, la prudence s&rsquo;impose pour l&rsquo;usage prolong\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le nom <em>Samolus<\/em> provient, selon Pline l&rsquo;Ancien, d&rsquo;un mot gaulois d\u00e9signant une plante magique cueillie \u00e0 jeun par les druides gaulois avec la main gauche, sans regarder en arri\u00e8re, pour prot\u00e9ger les troupeaux contre les maladies. Cette description, bien que l\u00e9gendaire, t\u00e9moigne d&rsquo;un usage sacr\u00e9 et prophylactique tr\u00e8s ancien. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>valerandi<\/em> honore Dourez Valerand, botaniste du XVIe si\u00e8cle. En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, le samole \u00e9tait utilis\u00e9 comme plante vuln\u00e9raire et anti-scrofulaire (d&rsquo;o\u00f9 son nom populaire \u00ab\u00a0herbe aux scrofules\u00a0\u00bb dans certaines r\u00e9gions). L&rsquo;infusion de la plante enti\u00e8re servait de rem\u00e8de contre les affections h\u00e9patiques, les inflammations urinaires et les fi\u00e8vres intermittentes. En Irlande et en \u00c9cosse, la plante \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme protectrice du b\u00e9tail et \u00e9tait suspendue dans les \u00e9tables. Dans la m\u00e9decine traditionnelle d&rsquo;Afrique du Nord, <em>Samolus valerandi<\/em> \u00e9tait utilis\u00e9 en cataplasme sur les plaies infect\u00e9es et en d\u00e9coction diur\u00e9tique. L&rsquo;usage de la plante a progressivement disparu au XIXe si\u00e8cle au profit de drogues plus efficaces.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Samolus valerandi<\/em> est globalement non menac\u00e9 (LC, UICN) en raison de sa distribution cosmopolite, mais certaines populations europ\u00e9ennes sont en d\u00e9clin en raison de la destruction des zones humides, du drainage, de l&rsquo;eutrophisation et de l&rsquo;urbanisation des littoraux. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e comme \u00ab\u00a0Quasi menac\u00e9e\u00a0\u00bb (NT) dans certaines r\u00e9gions continentales et figure dans les listes d&rsquo;esp\u00e8ces d\u00e9terminantes des ZNIEFF. Les stations de sources sal\u00e9es int\u00e9rieures sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables. La culture est possible en sol humide, voire d\u00e9tremp\u00e9, neutre \u00e0 basique, en plein soleil. Le semis se fait au printemps sur un substrat maintenu constamment humide ; la germination est lente (3 \u00e0 6 semaines). La plante peut aussi \u00eatre multipli\u00e9e par division de touffes au printemps. Elle convient aux jardins de zones humides, aux bassins et aux rocailles humides. La conservation in situ passe par la protection des zones humides (marais arri\u00e8re-littoraux, sources calcaires, pr\u00e9s sal\u00e9s int\u00e9rieurs) et la restauration hydrologique des sites d\u00e9grad\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>SAMOLE DE VALERAND pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Pline l&rsquo;Ancien. <em>Naturalis Historia<\/em>, livre XXIV, chapitre 63.<br \/>\nMeot-Duros L. et al. Antioxidant activity of <em>Samolus valerandi<\/em> extracts. <em>Journal of Medicinal Plants Research<\/em>. 2010;4(24):2613-2617.<br \/>\nBenariba N. et al. Hepatoprotective effect of <em>Samolus valerandi<\/em> against carbon tetrachloride-induced liver damage in rats. <em>Pharmaceutical Biology<\/em>. 2013;51(8):1005-1011.<br \/>\nMartins D. et al. Phytochemistry and biological activities of the genus <em>Samolus<\/em>. <em>Chemistry &amp; Biodiversity<\/em>. 2019;16(1):e1800464.<br \/>\nTison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<br \/>\nBruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nJabri M.A. et al. Pharmacological validation of <em>Samolus valerandi<\/em> in experimental models. <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>. 2017;199:57-66.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le samole de Valerand, Samolus valerandi L., est une plante herbac\u00e9e vivace de la famille des Primulaceae (sous-famille des Theophrastoideae dans [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[90],"tags":[],"class_list":["post-1294","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-primulacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1294","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1294"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1294\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13812,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1294\/revisions\/13812"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1294"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1294"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1294"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}