{"id":1296,"date":"2026-03-26T11:40:08","date_gmt":"2026-03-26T10:40:08","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/trientale-deurope\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"trientale-deurope","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/trientale-deurope\/","title":{"rendered":"TRIENTALE D\u2019EUROPE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Trientale%20d%27Europe.jpg\" alt=\"Planche botanique TRIENTALE D\u2019EUROPE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La trientale d&rsquo;Europe, <em>Trientalis europaea<\/em> L., est une plante herbac\u00e9e vivace de la famille des <em>Primulaceae<\/em> (parfois rattach\u00e9e aux <em>Myrsinaceae<\/em> dans la classification APG IV sous le genre <em>Lysimachia<\/em> subg. <em>Trientalis<\/em>). C&rsquo;est une petite plante d\u00e9licate de 8 \u00e0 25 cm de hauteur, \u00e0 tige gr\u00eale et dress\u00e9e, portant \u00e0 son sommet un verticille de 5 \u00e0 9 feuilles in\u00e9gales, elliptiques-lanc\u00e9ol\u00e9es, enti\u00e8res ou tr\u00e8s finement denticul\u00e9es, longues de 3 \u00e0 9 cm, d&rsquo;un vert vif, luisantes. Quelques feuilles r\u00e9duites, \u00e9cailleuses, sont dispos\u00e9es sur la partie inf\u00e9rieure de la tige. Les fleurs, solitaires ou par 2-3, naissent au centre du verticille foliaire sur de longs p\u00e9dicelles filiformes (2-5 cm). Elles sont \u00e9toil\u00e9es, \u00e0 7 (parfois 5-9) p\u00e9tales blancs, soud\u00e9s \u00e0 la base, larges de 10 \u00e0 18 mm. L&rsquo;heptam\u00e9rie florale (7 s\u00e9pales, 7 p\u00e9tales, 7 \u00e9tamines) est exceptionnelle chez les dicotyl\u00e9dones et constitue le caract\u00e8re diagnostique le plus remarquable de l&rsquo;esp\u00e8ce. La floraison a lieu de mai \u00e0 juillet. Le fruit est une capsule globuleuse. Le syst\u00e8me souterrain est constitu\u00e9 d&rsquo;un rhizome gr\u00eale, stolonif\u00e8re, produisant de petits tubercules (bulbilles) arrondis assurant la reproduction v\u00e9g\u00e9tative. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 80, 96 ou 160 selon les populations, polyplo\u00efdie complexe).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Trientalis europaea<\/em> est une esp\u00e8ce circumbor\u00e9ale \u00e0 tendance continentale, r\u00e9partie de la Scandinavie \u00e0 la Sib\u00e9rie orientale, en passant par les Pays baltes, la Russie et le nord de l&rsquo;Europe centrale. En France, elle atteint sa limite sud-occidentale de r\u00e9partition et n&rsquo;est pr\u00e9sente que dans quelques stations relictuelles des Vosges, du Jura et, plus rarement, des Alpes du Nord. Elle colonise les sous-bois acides de for\u00eats de conif\u00e8res (pessi\u00e8res, pin\u00e8des), de for\u00eats mixtes et de for\u00eats de bouleaux, les tourbi\u00e8res bois\u00e9es et les landes subalpines, sur des sols acides (pH 3,5 \u00e0 5,5), humif\u00e8res, frais et bien drain\u00e9s, pauvres en nutriments. Elle est caract\u00e9ristique des for\u00eats bor\u00e9ales de type ta\u00efga et appartient \u00e0 l&rsquo;alliance phytosociologique du <em>Vaccinio-Piceetea<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce est sciaphile \u00e0 semi-sciaphile et ne supporte pas la s\u00e9cheresse estivale. Elle est associ\u00e9e \u00e0 <em>Vaccinium myrtillus<\/em>, <em>V. vitis-idaea<\/em>, <em>Maianthemum bifolium<\/em>, <em>Oxalis acetosella<\/em> et <em>Luzula sylvatica<\/em>. Le r\u00e9chauffement climatique et la sylviculture intensive menacent les stations m\u00e9ridionales relictuelles.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Trientalis europaea<\/em> est peu document\u00e9e, la plante n&rsquo;ayant pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes phytochimiques approfondies en raison de son absence d&rsquo;usage m\u00e9dicinal \u00e9tabli. Par analogie avec les genres proches de Primulac\u00e9es\/Myrsinac\u00e9es et \u00e0 partir des donn\u00e9es fragmentaires disponibles, le profil chimique probable comprend : des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> (primulasaponines), communes dans la famille, bien que leur teneur n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 quantifi\u00e9e chez cette esp\u00e8ce. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et du <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s dans les feuilles. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>) sont pr\u00e9sents. Les organes souterrains (rhizome, bulbilles) contiennent de l&rsquo;<strong>amidon<\/strong> et des sucres de r\u00e9serve. Des <strong>tanins<\/strong> cat\u00e9chiques sont rapport\u00e9s dans les parties a\u00e9riennes. L&rsquo;esp\u00e8ce appartenant \u00e0 la sous-famille reclass\u00e9e dans les <em>Myrsinaceae<\/em>, il est possible qu&rsquo;elle contienne des <strong>benzoquinones<\/strong> (comme la rapanone de certaines Myrsinac\u00e9es tropicales), mais cela n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 v\u00e9rifi\u00e9. Des pigments <strong>anthocyaniques<\/strong> sont pr\u00e9sents dans les tiges et les p\u00e9dicelles floraux. L&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9tudes phytochimiques syst\u00e9matiques constitue une lacune notable.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Trientalis europaea<\/em> sont quasi inexistantes. Les activit\u00e9s potentielles ne peuvent \u00eatre inf\u00e9r\u00e9es que par extrapolation \u00e0 partir des classes de m\u00e9tabolites identifi\u00e9es ou pr\u00e9sum\u00e9es. Les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> des Primulac\u00e9es exercent typiquement des effets expectorants (fluidification du mucus bronchique par r\u00e9flexe vagal gastro-pulmonaire), h\u00e9molytiques in vitro (sans cons\u00e9quence par voie orale) et faiblement anti-inflammatoires. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol) poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes bien caract\u00e9ris\u00e9es (pi\u00e9geage de radicaux libres, inhibition de la peroxydation lipidique), anti-inflammatoires (inhibition du NF-\u03baB, de la COX-2) et antispasmodiques. Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins cat\u00e9chiques<\/a><\/strong> exercent un effet astringent par pr\u00e9cipitation des prot\u00e9ines des muqueuses, justifiant l&rsquo;usage traditionnel en gargarisme. Les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> pr\u00e9sentent une faible activit\u00e9 antimicrobienne. En l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9tudes pharmacologiques directes (ni in vitro ni in vivo) sur des extraits de <em>T. europaea<\/em>, ces propri\u00e9t\u00e9s restent strictement hypoth\u00e9tiques et ne sauraient fonder des recommandations th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>Aucune propri\u00e9t\u00e9 th\u00e9rapeutique n&rsquo;est document\u00e9e par des \u00e9tudes cliniques ou pr\u00e9cliniques pour <em>Trientalis europaea<\/em>. La plante ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie dans les r\u00e9f\u00e9rentiels de phytoth\u00e9rapie (Commission E allemande, ESCOP). Les seules propri\u00e9t\u00e9s rapport\u00e9es proviennent de la litt\u00e9rature ethnobotanique scandinave : (1) un effet astringent mod\u00e9r\u00e9 (gargarisme pour les maux de gorge), coh\u00e9rent avec la pr\u00e9sence de tanins ; (2) un effet vuln\u00e9raire et maturatif (cataplasme sur furoncles), plausible mais non v\u00e9rifi\u00e9 ; (3) une activit\u00e9 antioxydante potentielle li\u00e9e aux flavono\u00efdes. L&rsquo;esp\u00e8ce ne figure dans aucune liste de plantes m\u00e9dicinales r\u00e9glement\u00e9es et n&rsquo;est commercialis\u00e9e sous aucune forme pharmaceutique. Son int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique reste enti\u00e8rement \u00e0 explorer. La raret\u00e9 de la plante et son statut prot\u00e9g\u00e9 dans la plupart des pays europ\u00e9ens rendent de toute fa\u00e7on son exploitation m\u00e9dicinale inenvisageable.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h3>\n<p>La trientale d&rsquo;Europe ne poss\u00e8de aucune indication reconnue en phytoth\u00e9rapie clinique contemporaine. Elle n&rsquo;est mentionn\u00e9e dans aucune pharmacop\u00e9e officielle, ni dans les recommandations des soci\u00e9t\u00e9s savantes de phytoth\u00e9rapie. Les usages populaires scandinaves (affections de la gorge, furoncles) sont anecdotiques et non valid\u00e9s. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune prescription par les phytoth\u00e9rapeutes modernes. Son principal int\u00e9r\u00eat r\u00e9side dans la botanique descriptive (heptam\u00e9rie florale, biog\u00e9ographie bor\u00e9ale), la biologie de la conservation (esp\u00e8ce relictuelle en limite d&rsquo;aire) et l&rsquo;\u00e9cologie foresti\u00e8re (bio-indicateur de for\u00eats bor\u00e9ales ou de sous-bois acides \u00e0 caract\u00e8re continental). Si des \u00e9tudes phytochimiques et pharmacologiques futures devaient r\u00e9v\u00e9ler des compos\u00e9s bioactifs d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, leur exploitation devrait n\u00e9cessairement passer par la culture contr\u00f4l\u00e9e ou la synth\u00e8se chimique, compte tenu du statut de conservation de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche r\u00e9cente sur <em>Trientalis europaea<\/em> porte principalement sur la biologie de la conservation et l&rsquo;\u00e9cologie. Des \u00e9tudes de dynamique des populations par marquage et suivi ont montr\u00e9 que la reproduction sexu\u00e9e est peu fr\u00e9quente dans les populations m\u00e9ridionales (basse production de capsules, mauvaise germination des graines), la reproduction v\u00e9g\u00e9tative par bulbilles assurant l&rsquo;essentiel du recrutement. Des \u00e9tudes de g\u00e9n\u00e9tique des populations (microsatellites, AFLP) ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une faible diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique dans les populations fragment\u00e9es d&rsquo;Europe occidentale, sugg\u00e9rant un goulet d&rsquo;\u00e9tranglement g\u00e9n\u00e9tique post-glaciaire. Des travaux de mod\u00e9lisation bioclimatique pr\u00e9disent un d\u00e9placement vers le nord et l&rsquo;altitude de l&rsquo;aire de r\u00e9partition de l&rsquo;esp\u00e8ce sous l&rsquo;effet du changement climatique, avec une disparition probable des stations les plus m\u00e9ridionales (Vosges, Jura) d&rsquo;ici la fin du XXIe si\u00e8cle. La phylog\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire a confirm\u00e9 le rattachement de <em>Trientalis<\/em> au genre <em>Lysimachia<\/em> sensu lato (sous-genre <em>Trientalis<\/em>), rendant le genre monotypique <em>Trientalis<\/em> taxonomiquement superflu. Des \u00e9tudes sur les interactions mycorhiziennes ont montr\u00e9 que <em>T. europaea<\/em> forme des mycorhizes arbusculaires, contrairement aux \u00c9ricac\u00e9es avec lesquelles elle cohabite.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Amidon<\/td>\n<td>Polysaccharide<\/td>\n<td>R\u00e9serve glucidique<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>En l&rsquo;absence de donn\u00e9es cliniques, pharmacocin\u00e9tiques et de pr\u00e9parations commercialis\u00e9es, aucune posologie standardis\u00e9e ne peut \u00eatre recommand\u00e9e pour <em>Trientalis europaea<\/em>. Les modes d&#8217;emploi historiques, rapport\u00e9s dans la litt\u00e9rature ethnobotanique, \u00e9taient les suivants : <strong>Infusion<\/strong> (plante enti\u00e8re s\u00e9ch\u00e9e) : 1 \u00e0 2 g pour 200 mL d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 min, en gargarisme ti\u00e8de 2 \u00e0 3 fois par jour pour les maux de gorge. <strong>Cataplasme<\/strong> : plante fra\u00eeche \u00e9cras\u00e9e appliqu\u00e9e sur les furoncles et les abc\u00e8s cutan\u00e9s. <strong>D\u00e9coction concentr\u00e9e<\/strong> (usage externe) : 20 \u00e0 30 g de plante s\u00e8che pour 500 mL d&rsquo;eau, bouillir 10 min, en compresses sur les l\u00e9sions cutan\u00e9es. Ces posologies sont purement indicatives et historiques. Il est essentiel de rappeler que la r\u00e9colte de <em>Trientalis europaea<\/em> en milieu naturel est interdite dans la quasi-totalit\u00e9 de son aire de r\u00e9partition europ\u00e9enne et que toute utilisation m\u00e9dicinale actuelle serait en contradiction avec les objectifs de conservation de cette esp\u00e8ce fragile.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>En l&rsquo;absence de donn\u00e9es toxicologiques et cliniques, les contre-indications et pr\u00e9cautions pour <em>Trientalis europaea<\/em> ne peuvent \u00eatre formul\u00e9es que sur la base du principe de pr\u00e9caution et de l&rsquo;analogie botanique. La pr\u00e9sence probable de saponines impose une prudence chez les personnes souffrant de gastrite ou d&rsquo;ulc\u00e8re gastroduod\u00e9nal (effet irritant gastrique). L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse, l&rsquo;allaitement et chez l&rsquo;enfant par absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9. Les personnes allergiques aux Primulac\u00e9es doivent \u00e9viter tout contact ou ingestion. La pr\u00e9caution principale est d&rsquo;ordre r\u00e9glementaire et \u00e9thique : la r\u00e9colte en milieu naturel est strictement interdite dans la plupart des pays europ\u00e9ens. En France, la trientale est prot\u00e9g\u00e9e au niveau r\u00e9gional dans les Vosges et le Jura. Toute cueillette constitue une infraction passible de sanctions p\u00e9nales. L&rsquo;utilisation de cette plante \u00e0 des fins m\u00e9dicinales est donc \u00e0 consid\u00e9rer comme obsol\u00e8te et inapplicable dans le contexte r\u00e9glementaire actuel.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>Trientalis europaea<\/em>. Les interactions th\u00e9oriques, d\u00e9duites des classes chimiques pr\u00e9sum\u00e9es, sont les suivantes : les <strong>tanins<\/strong> peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption de m\u00e9dicaments contenant des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> (cod\u00e9ine, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/morphine\/\">morphine<\/a>), du fer ou des antibiotiques (fluoroquinolones, t\u00e9tracyclines) par ch\u00e9lation ; un intervalle de 2 heures est conseill\u00e9 par principe. Les <strong>saponines<\/strong> pourraient th\u00e9oriquement modifier la perm\u00e9abilit\u00e9 intestinale et l&rsquo;absorption de certains m\u00e9dicaments, mais cet effet est probablement cliniquement n\u00e9gligeable aux faibles doses envisageables. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (querc\u00e9tine) sont des inhibiteurs modestes du CYP3A4 et de la P-glycoprot\u00e9ine in vitro, sans traduction clinique document\u00e9e \u00e0 ces doses. En pratique, le risque d&rsquo;interactions m\u00e9dicamenteuses avec <em>Trientalis europaea<\/em> est consid\u00e9r\u00e9 comme nul \u00e0 n\u00e9gligeable.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>Aucune donn\u00e9e toxicologique exp\u00e9rimentale (DL50, tests de g\u00e9notoxicit\u00e9, \u00e9tudes de reproduction) n&rsquo;est disponible pour <em>Trientalis europaea<\/em>. La plante n&rsquo;est pas r\u00e9pertori\u00e9e comme toxique dans les bases de donn\u00e9es des centres antipoison europ\u00e9ens. Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine ou animale n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature. Par analogie avec les autres Primulac\u00e9es herbac\u00e9es (genres <em>Primula<\/em>, <em>Lysimachia<\/em>, <em>Cyclamen<\/em>), la toxicit\u00e9 est pr\u00e9sum\u00e9e faible \u00e0 tr\u00e8s faible. Les saponines des Primulac\u00e9es temp\u00e9r\u00e9es ne sont pas consid\u00e9r\u00e9es comme dangereuses par voie orale aux doses traditionnelles, leur activit\u00e9 h\u00e9molytique in vitro \u00e9tant neutralis\u00e9e par le cholest\u00e9rol s\u00e9rique. Le risque principal serait une irritation gastro-intestinale en cas d&rsquo;ingestion de quantit\u00e9s excessives. L&rsquo;absence de signalement de toxicit\u00e9 malgr\u00e9 la consommation occasionnelle en m\u00e9decine populaire scandinave pendant des si\u00e8cles est un indicateur indirect de s\u00e9curit\u00e9. La plante ne contient pas d&rsquo;alcalo\u00efdes, de glycosides cardiotoxiques ou de compos\u00e9s cyanog\u00e9n\u00e9tiques connus.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le nom <em>Trientalis<\/em> vient du latin <em>triens<\/em> (un tiers [de pied romain]), allusion \u00e0 la taille modeste de la plante (environ un tiers de pied, soit 8-10 cm). La trientale d&rsquo;Europe a \u00e9t\u00e9 peu utilis\u00e9e en m\u00e9decine traditionnelle en raison de sa raret\u00e9 relative et de la petitesse de la plante. Quelques sources de m\u00e9decine populaire scandinave mentionnent l&rsquo;usage externe de la plante \u00e9cras\u00e9e en cataplasme contre les furoncles et les panaris. En Su\u00e8de et en Finlande, la plante \u00e9tait parfois ramass\u00e9e pour pr\u00e9parer des d\u00e9coctions l\u00e9g\u00e8rement astringentes, utilis\u00e9es en gargarisme contre les maux de gorge. La beaut\u00e9 de sa fleur \u00e9toil\u00e9e blanche lui a valu une place dans le folklore nordique : en Norv\u00e8ge, elle est appel\u00e9e \u00ab\u00a0skogstjerne\u00a0\u00bb (\u00e9toile des for\u00eats). Dans la tradition populaire finlandaise, la trientale symbolisait la puret\u00e9 et la fra\u00eecheur des for\u00eats bor\u00e9ales. L&rsquo;esp\u00e8ce a davantage int\u00e9ress\u00e9 les botanistes que les m\u00e9decins, en raison de son heptam\u00e9rie florale unique et de sa distribution biog\u00e9ographique relictuelle. Elle n&rsquo;appara\u00eet pas dans les grandes pharmacop\u00e9es historiques europ\u00e9ennes et n&rsquo;a pas donn\u00e9 lieu \u00e0 un commerce de drogue v\u00e9g\u00e9tale.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Trientalis europaea<\/em> est consid\u00e9r\u00e9e comme non menac\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale (LC, UICN) en raison de sa vaste aire de r\u00e9partition bor\u00e9ale, mais elle est en danger critique dans les r\u00e9gions situ\u00e9es en limite sud de son aire. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e \u00ab\u00a0En danger\u00a0\u00bb (EN) dans les Vosges et \u00ab\u00a0Vuln\u00e9rable\u00a0\u00bb (VU) dans le Jura, prot\u00e9g\u00e9e au niveau r\u00e9gional. En Belgique, elle a disparu. Aux Pays-Bas, elle est extr\u00eamement rare et prot\u00e9g\u00e9e. Les stations relictuelles fran\u00e7aises comptent souvent moins de 100 individus et sont menac\u00e9es par les coupes foresti\u00e8res, l&rsquo;eutrophisation des sols et le r\u00e9chauffement climatique. La culture est possible mais d\u00e9licate : l&rsquo;esp\u00e8ce exige un substrat acide (tourbe + sable), ombrag\u00e9, constamment frais, des temp\u00e9ratures hivernales basses et un sol pauvre. La multiplication se fait par division des bulbilles en automne ou par semis (graines n\u00e9cessitant une stratification froide de 2 \u00e0 3 mois, germination lente et irr\u00e9guli\u00e8re). La plante ne tol\u00e8re ni la chaleur estivale excessive ni la s\u00e9cheresse. La conservation in situ passe par la protection des stations connues, le maintien du couvert forestier r\u00e9sineux, la limitation des coupes \u00e0 blanc et la surveillance de la qualit\u00e9 de l&rsquo;air (d\u00e9p\u00f4ts azot\u00e9s). Des programmes de conservation ex situ dans des jardins botaniques alpins existent en Suisse et en France.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>TRIENTALE D\u2019EUROPE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Hiirsalmi H. <em>Trientalis europaea<\/em> L. \u2013 a study of the reproductive biology of a perennial herb. <em>Annales Botanici Fennici<\/em>. 1969;6:119-173.<br \/>\nPiquot Y. et al. Extinction and recolonisation in a fragmented landscape: genetic diversity of <em>Trientalis europaea<\/em> in the Netherlands. <em>Conservation Genetics<\/em>. 2004;5:201-210.<br \/>\nAnderberg A.A. et al. Phylogenetic relationships in the order Ericales s.l.: analyses of molecular data from five genes from the plastid and mitochondrial genomes. <em>American Journal of Botany<\/em>. 2002;89(4):677-687.<br \/>\nTison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<br \/>\nRameau J.-C. et al. <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>, tome 2 : Montagnes. Paris : Institut pour le d\u00e9veloppement forestier ; 1993.<br \/>\nBruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nThuiller W. et al. Climate change threats to plant diversity in Europe. <em>Proceedings of the National Academy of Sciences<\/em>. 2005;102(23):8245-8250.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La trientale d&rsquo;Europe, Trientalis europaea L., est une plante herbac\u00e9e vivace de la famille des Primulaceae (parfois rattach\u00e9e aux Myrsinaceae dans [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[90],"tags":[],"class_list":["post-1296","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-primulacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1296","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1296"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1296\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13811,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1296\/revisions\/13811"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1296"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1296"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1296"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}