{"id":1301,"date":"2026-03-26T11:40:16","date_gmt":"2026-03-26T10:40:16","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/anemone-des-bois\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"anemone-des-bois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/anemone-des-bois\/","title":{"rendered":"AN\u00c9MONE DES BOIS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/anemone-des-bois.png\" alt=\"Planche botanique An\u00e9mone des bois\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>L&rsquo;an\u00e9mone des bois (<em>Anemone nemorosa<\/em> L.) est une plante vivace de la famille des Renonculac\u00e9es, l&rsquo;une des premi\u00e8res fleurs printani\u00e8res \u00e0 tapisser de blanc les sous-bois d&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e. Ses d\u00e9licates fleurs solitaires, compos\u00e9es de 6 \u00e0 8 t\u00e9pales blanc pur parfois teint\u00e9s de rose, s&rsquo;ouvrent au-dessus d&rsquo;une collerette de trois feuilles trilob\u00e9es finement d\u00e9coup\u00e9es. Ce spectacle fugace, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re comme le printemps lui-m\u00eame, fait de l&rsquo;an\u00e9mone des bois l&rsquo;un des joyaux les plus attendus de la floraison vernale.<\/p>\n<p>Comme toutes les Renonculac\u00e9es, l&rsquo;an\u00e9mone des bois est une plante toxique contenant de la <strong>protoan\u00e9monine<\/strong>. Son usage m\u00e9dicinal historique, limit\u00e9 et prudent, exploitait ses propri\u00e9t\u00e9s <strong>rub\u00e9fiantes<\/strong> et <strong>anti-inflammatoires<\/strong> en application externe. Aujourd&rsquo;hui, la plante est surtout appr\u00e9ci\u00e9e pour sa valeur ornementale et \u00e9cologique, constituant un indicateur pr\u00e9cieux de for\u00eats anciennes et de continuit\u00e9 foresti\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;an\u00e9mone des bois porte le nom scientifique <em>Anemone nemorosa<\/em> L. Elle appartient \u00e0 la famille des <strong>Ranunculaceae<\/strong>, sous-famille des Ranunculoideae, tribu des Anemoneae. Le genre <em>Anemone<\/em> comprend environ 150 esp\u00e8ces dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et froides. Le nom <em>Anemone<\/em> d\u00e9rive du grec <em>anemos<\/em> (vent), car les fleurs s&rsquo;agitent au moindre souffle \u2014 ou en r\u00e9f\u00e9rence au mythe d&rsquo;Adonis dont le sang donna naissance aux an\u00e9mones. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>nemorosa<\/em> signifie \u00ab des bois \u00bb (du latin <em>nemus<\/em>, for\u00eat).<\/p>\n<p>Les noms vernaculaires incluent : \u00ab an\u00e9mone des bois \u00bb, \u00ab an\u00e9mone sylvie \u00bb, \u00ab sylvie \u00bb en fran\u00e7ais ; \u00ab wood anemone \u00bb ou \u00ab windflower \u00bb en anglais ; \u00ab Busch-Windr\u00f6schen \u00bb en allemand. Plusieurs cultivars horticoles existent : &lsquo;Vestal&rsquo; (fleurs doubles), &lsquo;Robinsoniana&rsquo; (fleurs bleu lavande), &lsquo;Bracteata Pleniflora&rsquo; (fleurs vertes).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;an\u00e9mone des bois est une plante vivace herbac\u00e9e de 10 \u00e0 25 cm de hauteur, \u00e0 rhizome horizontal, gr\u00eale, rampant, ramifi\u00e9, de couleur brun\u00e2tre. La tige florale est solitaire, dress\u00e9e, glabre ou l\u00e9g\u00e8rement pubescente. Elle porte un verticille de 3 feuilles (involucre) sessiles ou bri\u00e8vement p\u00e9tiol\u00e9es, palmatilob\u00e9es \u00e0 3 segments profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9s. Les feuilles basales, longuement p\u00e9tiol\u00e9es, sont semblables mais apparaissent souvent apr\u00e8s la floraison.<\/p>\n<p>La fleur est solitaire, terminale, de 20 \u00e0 40 mm de diam\u00e8tre, compos\u00e9e de 6 \u00e0 8 t\u00e9pales (s\u00e9pales p\u00e9talo\u00efdes) blanc pur, parfois teint\u00e9s de rose ou de violet sur la face externe. Les p\u00e9tales sont absents. Les \u00e9tamines sont nombreuses, jaunes. Les carpelles sont libres, nombreux, pubescents. Le fruit est un polyak\u00e8ne, chaque ak\u00e8ne \u00e9tant pubescent et contenu dans le r\u00e9ceptacle. La floraison a lieu de mars \u00e0 mai, avant le d\u00e9veloppement complet de la canop\u00e9e foresti\u00e8re (plante vernale). La pollinisation est entomogame (col\u00e9opt\u00e8res, mouches, abeilles).<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;an\u00e9mone des bois est une esp\u00e8ce euro-sib\u00e9rienne, pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e et bor\u00e9ale, de la Scandinavie \u00e0 la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique, et de l&rsquo;Irlande \u00e0 la Sib\u00e9rie occidentale. En France, elle est commune dans le nord, l&rsquo;est, le centre et les montagnes, plus rare dans le Midi m\u00e9diterran\u00e9en et l&rsquo;extr\u00eame ouest.<\/p>\n<p>Elle affectionne les sous-bois frais de feuillus (h\u00eatraies, ch\u00eanaies, charmaies), les haies anciennes, les ravins bois\u00e9s et les prairies de lisi\u00e8re foresti\u00e8re. Elle se d\u00e9veloppe sur des sols riches en humus, frais, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides. C&rsquo;est une esp\u00e8ce sciaphile vernale, caract\u00e9ristique des for\u00eats m\u00e9sophiles du <em>Carpinion betuli<\/em>. Sa pr\u00e9sence est un indicateur fiable de for\u00eats anciennes (continuit\u00e9 foresti\u00e8re de plusieurs si\u00e8cles), car sa dispersion par le rhizome est extr\u00eamement lente (environ 1 m par an).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et culture<\/h3>\n<p>L&rsquo;an\u00e9mone des bois est une g\u00e9ophyte rhizomateuse \u00e0 repos estival. Elle d\u00e9veloppe ses feuilles et fleurit au d\u00e9but du printemps, avant la fermeture de la canop\u00e9e, exploitant la lumi\u00e8re disponible en sous-bois nu. Apr\u00e8s la fructification, les parties a\u00e9riennes disparaissent et la plante entre en dormance estivale. Sa dispersion est principalement v\u00e9g\u00e9tative par extension du rhizome, \u00e0 un rythme tr\u00e8s lent.<\/p>\n<p>En culture, elle se multiplie par division des rhizomes en automne (planter \u00e0 3-5 cm de profondeur) ou par semis de graines fra\u00eeches (germination irr\u00e9guli\u00e8re, n\u00e9cessitant une stratification froide). Elle exige un sol humif\u00e8re, frais, ombrag\u00e9 \u00e0 semi-ombrag\u00e9. Rustique jusqu&rsquo;\u00e0 \u221230 \u00b0C. Elle est id\u00e9ale pour la naturalisation en sous-bois, sous les arbres caducs et dans les haies. Elle forme avec le temps des tapis spectaculaires. Les cultivars \u00e0 fleurs doubles, bleues ou roses sont tr\u00e8s pris\u00e9s des jardiniers.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Comme toutes les Renonculac\u00e9es, l&rsquo;an\u00e9mone des bois contient de la <strong>ranunculine<\/strong>, glycoside qui lib\u00e8re de la <strong>protoan\u00e9monine<\/strong> par hydrolyse enzymatique lors du broyage de la plante fra\u00eeche. La protoan\u00e9monine est un lactone insatur\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9actif et irritant. Elle se dim\u00e9rise en <strong>an\u00e9monine<\/strong>, moins toxique, puis s&rsquo;hydrolyse en <strong>acide an\u00e9monique<\/strong>, inactif.<\/p>\n<p>La plante contient aussi des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>, des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, des <strong>tanins<\/strong>, des <strong>acides organiques<\/strong> et de la <strong>vitamine C<\/strong>. Le rhizome contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> et des <strong>st\u00e9ro\u00efdes<\/strong>. Les concentrations en protoan\u00e9monine sont plus faibles que chez la pulsatille ou les renoncules des prairies. La dessiccation d\u00e9truit la protoan\u00e9monine et rend la plante inoffensive.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La protoan\u00e9monine poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antimicrobiennes<\/strong> in vitro (bact\u00e9ricide et fongicide) et des propri\u00e9t\u00e9s <strong>rub\u00e9fiantes<\/strong> (irritation cutan\u00e9e provoquant un afflux sanguin local). L&rsquo;an\u00e9monine a des propri\u00e9t\u00e9s <strong>s\u00e9datives<\/strong> et <strong>antispasmodiques<\/strong> l\u00e9g\u00e8res. Les saponines conf\u00e8rent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>expectorantes<\/strong> et <strong>anti-inflammatoires<\/strong> modestes.<\/p>\n<p>Aucune \u00e9tude pharmacologique moderne n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cifiquement men\u00e9e sur <em>Anemone nemorosa<\/em>. Les propri\u00e9t\u00e9s sont d\u00e9duites de la connaissance des compos\u00e9s actifs et des \u00e9tudes sur des esp\u00e8ces apparent\u00e9es. Le profil pharmacologique ne justifie pas un usage th\u00e9rapeutique moderne, le rapport b\u00e9n\u00e9fice-risque \u00e9tant d\u00e9favorable en raison de la toxicit\u00e9 de la protoan\u00e9monine.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h3>\n<p>L&rsquo;an\u00e9mone des bois \u00e9tait peu utilis\u00e9e en m\u00e9decine populaire, la plupart des herboristes traditionnels reconnaissant sa toxicit\u00e9. En usage externe, les feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es \u00e9taient parfois appliqu\u00e9es comme <strong>rub\u00e9fiant<\/strong> sur les douleurs rhumatismales et les n\u00e9vralgies, provoquant une rougeur cutan\u00e9e et un effet antalgique r\u00e9flexe.<\/p>\n<p>En hom\u00e9opathie, <em>Anemone nemorosa<\/em> est un rem\u00e8de mineur utilis\u00e9 pour les c\u00e9phal\u00e9es, les n\u00e9vralgies et les affections cutan\u00e9es. En m\u00e9decine populaire germanique, la plante \u00e9tait parfois utilis\u00e9e en d\u00e9coction contre les rhumatismes. Le nom \u00ab passe-fleur \u00bb (parfois appliqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;an\u00e9mone des bois comme \u00e0 la pulsatille) \u00e9voque la fugacit\u00e9 de la floraison et une association avec les rites printaniers de purification.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Ranunculine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Protoan\u00e9monine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>An\u00e9monine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide an\u00e9monique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage interne de l&rsquo;an\u00e9mone des bois est formellement d\u00e9conseill\u00e9 en raison de la toxicit\u00e9 de la protoan\u00e9monine. Aucune posologie interne ne peut \u00eatre recommand\u00e9e. L&rsquo;usage externe (cataplasmes rub\u00e9fiants) est obsol\u00e8te et remplac\u00e9 par des m\u00e9thodes plus s\u00fbres.<\/p>\n<p>En hom\u00e9opathie, la teinture-m\u00e8re de plante fra\u00eeche est utilis\u00e9e en dilutions (5 CH \u00e0 15 CH) pour les n\u00e9vralgies et les c\u00e9phal\u00e9es. Les dilutions hom\u00e9opathiques ne comportent aucun risque toxique. La plante n&rsquo;est utilis\u00e9e dans aucune autre forme d&#8217;emploi th\u00e9rapeutique contemporaine. Son usage est exclusivement ornemental (culture au jardin) et \u00e9cologique (indicateur forestier).<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La plante fra\u00eeche est toxique par la protoan\u00e9monine. Le contact cutan\u00e9 prolong\u00e9 avec le suc provoque une dermite irritative (rougeur, v\u00e9sicules). L&rsquo;ingestion provoque une irritation des muqueuses buccales et digestives : stomatite, salivation, naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9e. \u00c0 forte dose, des convulsions et une d\u00e9pression respiratoire sont th\u00e9oriquement possibles.<\/p>\n<p>Les intoxications humaines sont tr\u00e8s rares car la plante est tr\u00e8s irritante au go\u00fbt, ce qui d\u00e9courage l&rsquo;ingestion. Le b\u00e9tail l&rsquo;\u00e9vite au p\u00e2turage. La dessiccation rend la plante inoffensive. Les enfants pourraient \u00eatre attir\u00e9s par les fleurs, mais les cas d&rsquo;intoxication p\u00e9diatrique sont exceptionnels. La plante est moins toxique que la pulsatille ou les renoncules en raison de concentrations en protoan\u00e9monine plus faibles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse n&rsquo;est pertinente en l&rsquo;absence d&rsquo;usage th\u00e9rapeutique. En cas d&rsquo;exposition accidentelle, les m\u00eames pr\u00e9cautions que pour les autres plantes \u00e0 protoan\u00e9monine s&rsquo;appliquent : \u00e9viter l&rsquo;association avec des m\u00e9dicaments irritants pour la muqueuse gastrique et des substances h\u00e9patotoxiques. Les dilutions hom\u00e9opathiques ne comportent aucun risque d&rsquo;interaction.<\/p>\n<p>Cette rubrique est essentiellement acad\u00e9mique pour cette esp\u00e8ce dont l&rsquo;usage m\u00e9dicinal est obsol\u00e8te.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h3>\n<p>Les \u00e9tudes scientifiques sur <em>Anemone nemorosa<\/em> sont principalement \u00e9cologiques et phytog\u00e9ographiques. De nombreux travaux ont document\u00e9 son r\u00f4le comme indicateur de for\u00eats anciennes, sa dynamique de colonisation lente par le rhizome (moins de 1 m\/an) et sa r\u00e9ponse au changement de gestion foresti\u00e8re. Des \u00e9tudes de ph\u00e9nologie ont montr\u00e9 un avancement de la floraison en r\u00e9ponse au r\u00e9chauffement climatique.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes phytochimiques ont quantifi\u00e9 la protoan\u00e9monine et confirm\u00e9 la conversion en an\u00e9monine lors de la dessiccation. Des travaux de g\u00e9n\u00e9tique des populations ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique importante malgr\u00e9 la reproduction essentiellement v\u00e9g\u00e9tative. Aucune \u00e9tude clinique ni pharmacologique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sp\u00e9cifiquement sur cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;an\u00e9mone des bois n&rsquo;est pas inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise comme plante m\u00e9dicinale autoris\u00e9e. Sa toxicit\u00e9 en fait une plante dont la vente \u00e0 des fins m\u00e9dicinales n&rsquo;est pas autoris\u00e9e. Elle n&rsquo;est pas inscrite sur les listes de compl\u00e9ments alimentaires. La teinture-m\u00e8re hom\u00e9opathique est un m\u00e9dicament enregistr\u00e9, disponible en pharmacie.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national en France, mais son r\u00f4le d&rsquo;indicateur de for\u00eats anciennes lui conf\u00e8re une valeur patrimoniale indirecte. La destruction de son habitat (coupes foresti\u00e8res, drainage, urbanisation) menace localement ses populations. Elle est largement disponible dans le commerce horticole comme plante ornementale de sous-bois.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects culturels et historiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;an\u00e9mone des bois est profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans la culture printani\u00e8re europ\u00e9enne. Son apparition fugace symbolise la fragilit\u00e9 de la beaut\u00e9 et l&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re du printemps. Dans la mythologie grecque, les an\u00e9mones naissent du sang d&rsquo;Adonis, mortellement bless\u00e9 par un sanglier. Shakespeare mentionne les \u00ab windflowers \u00bb dans ses po\u00e8mes.<\/p>\n<p>Dans le folklore europ\u00e9en, l&rsquo;an\u00e9mone des bois \u00e9tait associ\u00e9e aux f\u00e9es et aux esprits de la for\u00eat. En Angleterre, on croyait que les f\u00e9es s&rsquo;abritaient sous les fleurs d&rsquo;an\u00e9mone quand elles se fermaient la nuit. En m\u00e9decine des signatures, les fleurs blanches sugg\u00e9raient un usage contre les \u00ab humeurs froides \u00bb. Le botaniste anglais William Turner (1548) la d\u00e9crit dans son herbier comme \u00ab venimeuse \u00bb et d\u00e9conseille son usage interne, montrant que sa toxicit\u00e9 \u00e9tait reconnue d\u00e8s le XVIe si\u00e8cle.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;an\u00e9mone des bois est une plante dont la valeur est avant tout esth\u00e9tique, \u00e9cologique et patrimoniale. Sa toxicit\u00e9 exclut tout usage phytoth\u00e9rapique, mais sa beaut\u00e9 printani\u00e8re incomparable et son r\u00f4le d&rsquo;indicateur de for\u00eats anciennes en font une esp\u00e8ce irrempla\u00e7able dans le patrimoine naturel europ\u00e9en.<\/p>\n<p>Les perspectives portent sur l&rsquo;utilisation de l&rsquo;an\u00e9mone des bois comme bioindicateur dans la gestion foresti\u00e8re durable, sur la compr\u00e9hension de ses r\u00e9ponses au changement climatique et sur la conservation des for\u00eats anciennes qu&rsquo;elle r\u00e9v\u00e8le. L&rsquo;an\u00e9mone des bois nous enseigne que la for\u00eat a une m\u00e9moire, inscrite dans la lenteur de la progression de ses rhizomes, et que la protection des milieux anciens est un devoir envers l&rsquo;histoire de la vie elle-m\u00eame.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Anemone%20nemorosa\">Plants of the World Online, Kew : <em>Anemone nemorosa<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Anemone+nemorosa\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Anemone nemorosa<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antalgique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;an\u00e9mone des bois (Anemone nemorosa L.) est une plante vivace de la famille des Renonculac\u00e9es, l&rsquo;une des premi\u00e8res fleurs printani\u00e8res \u00e0 tapisser de blanc les [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[91],"tags":[],"class_list":["post-1301","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-renonculacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1301","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1301"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1301\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13948,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1301\/revisions\/13948"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1301"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1301"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1301"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}