{"id":1303,"date":"2026-03-26T11:40:18","date_gmt":"2026-03-26T10:40:18","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/caltha-des-marais\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"caltha-des-marais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/caltha-des-marais\/","title":{"rendered":"CALTHA DES MARAIS"},"content":{"rendered":"<p>Le caltha des marais (<em>Caltha palustris<\/em> L.), joyau dor\u00e9 des zones humides, est une plante vivace de la famille des Renonculac\u00e9es qui illumine de ses fleurs jaune vif les berges, les foss\u00e9s et les prairies mar\u00e9cageuses d\u00e8s le d\u00e9but du printemps. Aussi appel\u00e9 \u00ab populage des marais \u00bb ou \u00ab souci d&rsquo;eau \u00bb, il est reconnaissable entre tous par ses larges fleurs d&rsquo;un jaune intense, parfois verniss\u00e9es, et ses feuilles r\u00e9niformes d&rsquo;un vert sombre et lustr\u00e9. C&rsquo;est l&rsquo;un des premiers signaux du renouveau printanier dans les milieux humides.<\/p>\n<p>Le caltha des marais occupe une place ambivalente en phytoth\u00e9rapie. Utilis\u00e9 dans la m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne comme <strong>rub\u00e9fiant<\/strong>, <strong>v\u00e9sicant<\/strong> et <strong>sudorifique<\/strong>, il est aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9 comme une plante toxique en raison de sa teneur en <strong>protoan\u00e9monine<\/strong>, lactone irritant commun aux Renonculac\u00e9es. La plante s\u00e8che, dans laquelle la protoan\u00e9monine s&rsquo;est transform\u00e9e en an\u00e9monine inactive, est en revanche inoffensive. Cette dualit\u00e9 entre plante fra\u00eeche toxique et plante s\u00e8che s\u00fbre caract\u00e9rise de nombreuses Renonculac\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le caltha des marais porte le nom scientifique <em>Caltha palustris<\/em> L. Il appartient \u00e0 la famille des <strong>Ranunculaceae<\/strong>, sous-famille des Ranunculoideae. Le genre <em>Caltha<\/em> comprend une dizaine d&rsquo;esp\u00e8ces dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et froides des deux h\u00e9misph\u00e8res. Le nom <em>Caltha<\/em> d\u00e9rive du grec <em>kalathos<\/em> (coupe, calice) ou du latin <em>caltha<\/em> (souci), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme et \u00e0 la couleur des fleurs. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>palustris<\/em> signifie \u00ab des marais \u00bb.<\/p>\n<p>Les synonymes sont rares. Plusieurs sous-esp\u00e8ces et vari\u00e9t\u00e9s sont reconnues : subsp. <em>palustris<\/em>, subsp. <em>laeta<\/em> (Schott, Nym. &amp; Kotschy) Hegi, var. <em>minor<\/em> Mill. Les noms vernaculaires sont tr\u00e8s nombreux : \u00ab populage des marais \u00bb, \u00ab souci d&rsquo;eau \u00bb, \u00ab caltha des marais \u00bb, \u00ab bouton d&rsquo;or des marais \u00bb en fran\u00e7ais ; \u00ab marsh marigold \u00bb ou \u00ab kingcup \u00bb en anglais ; \u00ab Sumpfdotterblume \u00bb en allemand ; \u00ab farferugine \u00bb en italien.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le caltha des marais est une plante vivace herbac\u00e9e de 20 \u00e0 50 cm de hauteur, \u00e0 souche courte et \u00e9paisse, munie de racines fibreuses. Les tiges sont dress\u00e9es ou ascendantes, creuses, succulentes, ramifi\u00e9es, glabres, souvent teint\u00e9es de pourpre \u00e0 la base. Les feuilles basales sont grandes (5 \u00e0 15 cm de diam\u00e8tre), r\u00e9niformes \u00e0 orbiculaires, cord\u00e9es \u00e0 la base, cr\u00e9nel\u00e9es, d&rsquo;un vert sombre brillant, \u00e0 longs p\u00e9tioles creux ; les caulinaires sont plus petites, sessiles.<\/p>\n<p>Les fleurs sont grandes (2 \u00e0 5 cm de diam\u00e8tre), compos\u00e9es de 5 \u00e0 8 t\u00e9pales (s\u00e9pales p\u00e9talo\u00efdes) d&rsquo;un jaune vif brillant, verniss\u00e9. Les p\u00e9tales sont absents (les organes color\u00e9s sont des s\u00e9pales). Les \u00e9tamines sont tr\u00e8s nombreuses, jaune dor\u00e9. Les carpelles sont au nombre de 5 \u00e0 12, libres, dispos\u00e9s en \u00e9toile. Le fruit est un follicule contenant de nombreuses graines noires et brillantes. La floraison est pr\u00e9coce, de mars \u00e0 mai (parfois d\u00e8s f\u00e9vrier dans le Midi). La pollinisation est entomogame, assur\u00e9e par divers insectes printaniers (col\u00e9opt\u00e8res, mouches, petites abeilles).<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>Le caltha des marais est une esp\u00e8ce circumbor\u00e9ale, pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe, en Asie temp\u00e9r\u00e9e et en Am\u00e9rique du Nord. En France, il est commun dans la plupart des r\u00e9gions, particuli\u00e8rement dans le nord, l&rsquo;est, le centre et les montagnes, plus rare dans le Midi m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<p>Il affectionne les prairies humides, les berges de ruisseaux et de rivi\u00e8res, les foss\u00e9s, les aulnaies mar\u00e9cageuses, les sources et les marais. Il se d\u00e9veloppe sur des sols riches, humides \u00e0 d\u00e9tremp\u00e9s, voire temporairement inond\u00e9s, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides. C&rsquo;est une esp\u00e8ce h\u00e9liophile \u00e0 semi-h\u00e9liophile, caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance du <em>Calthion palustris<\/em>. Sa pr\u00e9sence est un indicateur fiable de zones humides fonctionnelles. Il est en r\u00e9gression dans certaines r\u00e9gions en raison du drainage, de la mise en culture des prairies humides et de l&rsquo;artificialisation des berges.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et culture<\/h3>\n<p>Le caltha des marais est une plante de culture facile dans les jardins disposant d&rsquo;un point d&rsquo;eau. Il se multiplie par division de touffe au printemps ou par semis de graines fra\u00eeches en automne (les graines n\u00e9cessitent une stratification froide et germent au printemps). La division est le moyen le plus rapide.<\/p>\n<p>Il exige un sol riche, humide \u00e0 d\u00e9tremp\u00e9, en situation ensoleill\u00e9e \u00e0 mi-ombrag\u00e9e. Il prosp\u00e8re au bord des bassins, dans les zones mar\u00e9cageuses et les prairies humides du jardin. Rustique jusqu&rsquo;\u00e0 \u221230 \u00b0C. Il tol\u00e8re l&rsquo;immersion temporaire. Le cultivar &lsquo;Flore Pleno&rsquo; \u00e0 fleurs doubles est tr\u00e8s populaire en jardinage. La floraison printani\u00e8re pr\u00e9coce et \u00e9clatante en fait un classique des jardins d&rsquo;eau. Il constitue une source de nourriture importante pour les pollinisateurs printaniers pr\u00e9coces.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le constituant le plus important du caltha des marais est la <strong>protoan\u00e9monine<\/strong>, form\u00e9e par hydrolyse enzymatique de la <strong>ranunculine<\/strong> lors du broyage de la plante fra\u00eeche. La protoan\u00e9monine est un lactone insatur\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9actif et irritant. Elle se dim\u00e9rise spontan\u00e9ment en <strong>an\u00e9monine<\/strong>, moins toxique, puis s&rsquo;hydrolyse en <strong>acide an\u00e9monique<\/strong>, inactif. La dessiccation convertit presque totalement la protoan\u00e9monine en d\u00e9riv\u00e9s inactifs.<\/p>\n<p>La plante contient \u00e9galement des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong>isorhamn\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (responsables de la couleur jaune), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>, des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>, de la <strong>vitamine C<\/strong> (en quantit\u00e9 notable dans les feuilles) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> (comme la <strong>magnoflorine<\/strong> et la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/berberine\/\">berb\u00e9rine<\/a><\/strong> en traces). Les graines contiennent des <strong>lipides<\/strong>. La composition varie selon l&rsquo;organe et le stade de d\u00e9veloppement.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La protoan\u00e9monine poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antimicrobiennes<\/strong> significatives in vitro, actives contre des bact\u00e9ries Gram+ et Gram\u2212 et contre certains champignons. L&rsquo;an\u00e9monine a des propri\u00e9t\u00e9s <strong>s\u00e9datives<\/strong> et <strong>antispasmodiques<\/strong> mod\u00e9r\u00e9es d\u00e9montr\u00e9es sur mod\u00e8les animaux. La protoan\u00e9monine est <strong>rub\u00e9fiante<\/strong> et <strong>v\u00e9sicante<\/strong> en application cutan\u00e9e (provoque rougeur et cloques).<\/p>\n<p>Les flavono\u00efdes exercent des effets <strong>antioxydants<\/strong> et <strong>anti-inflammatoires<\/strong>. Les saponines ont des propri\u00e9t\u00e9s <strong>expectorantes<\/strong>. Les traces d&rsquo;alcalo\u00efdes (magnoflorine) poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>hypotensives<\/strong>. L&rsquo;ensemble du profil pharmacologique est domin\u00e9 par l&rsquo;irritabilit\u00e9 de la plante fra\u00eeche et l&rsquo;innocuit\u00e9 relative de la plante s\u00e8che. Aucune propri\u00e9t\u00e9 ne justifie un usage th\u00e9rapeutique moderne de cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h3>\n<p>En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, le caltha des marais \u00e9tait utilis\u00e9 principalement en application externe. Les feuilles fra\u00eeches, \u00e9cras\u00e9es, servaient de <strong>v\u00e9sicant<\/strong> (pour cr\u00e9er des ampoules r\u00e9vulsives) et de <strong>rub\u00e9fiant<\/strong> contre les douleurs rhumatismales. Les cataplasmes \u00e9taient appliqu\u00e9s sur les verrues et les cors. L&rsquo;eau de d\u00e9coction servait de lotion antiparasitaire.<\/p>\n<p>En usage interne, la plante \u00e9tait utilis\u00e9e avec grande prudence comme <strong>sudorifique<\/strong>, <strong>expectorant<\/strong> et <strong>antiscorbutique<\/strong> (les feuilles contiennent de la vitamine C). Les boutons floraux confits au vinaigre \u00e9taient consomm\u00e9s comme substitut de c\u00e2pres (\u00ab c\u00e2pres du pauvre \u00bb), apr\u00e8s \u00e9bullition prolong\u00e9e qui d\u00e9truit la protoan\u00e9monine. Cette pratique est attest\u00e9e en Angleterre, en Scandinavie et en Europe centrale. Les m\u00e9decins \u00e9clectiques am\u00e9ricains utilisaient la teinture de caltha comme expectorant dans les affections bronchiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Protoan\u00e9monine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ranunculine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>An\u00e9monine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide an\u00e9monique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage phytoth\u00e9rapique du caltha des marais est aujourd&rsquo;hui d\u00e9conseill\u00e9 en autom\u00e9dication en raison de la toxicit\u00e9 de la plante fra\u00eeche. Historiquement, la teinture de plante fra\u00eeche \u00e9tait employ\u00e9e \u00e0 5 \u00e0 15 gouttes par jour. L&rsquo;infusion de plante s\u00e8che (dans laquelle la protoan\u00e9monine est d\u00e9truite) se pr\u00e9parait \u00e0 1 \u00e0 2 g pour 250 ml d&rsquo;eau.<\/p>\n<p>En usage alimentaire, les boutons floraux et les jeunes feuilles ne peuvent \u00eatre consomm\u00e9s qu&rsquo;apr\u00e8s cuisson prolong\u00e9e (\u00e9bullition de 10 \u00e0 15 minutes avec changement d&rsquo;eau), qui d\u00e9truit la protoan\u00e9monine. La confection de \u00ab c\u00e2pres de populage \u00bb n\u00e9cessite un blanchiment suivi d&rsquo;une conservation au vinaigre. En hom\u00e9opathie, <em>Caltha palustris<\/em> est parfois utilis\u00e9 en dilutions pour les affections cutan\u00e9es v\u00e9sicantes, mais il reste un rem\u00e8de mineur. L&rsquo;usage externe (cataplasmes rub\u00e9fiants) est obsol\u00e8te et remplac\u00e9 par des m\u00e9thodes moins dangereuses.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La plante fra\u00eeche est significativement toxique en raison de la <strong>protoan\u00e9monine<\/strong>. Le contact cutan\u00e9 avec le suc provoque une dermite irritative (\u00e9ryth\u00e8me, v\u00e9sicules). L&rsquo;ingestion de plante fra\u00eeche entra\u00eene une irritation s\u00e9v\u00e8re des muqueuses : stomatite, glossite, vomissements, diarrh\u00e9e, douleurs abdominales. \u00c0 fortes doses, des convulsions et une atteinte r\u00e9nale sont possibles.<\/p>\n<p>Les cas d&rsquo;intoxication humaine sont rares car la plante est tr\u00e8s irritante au go\u00fbt. Le b\u00e9tail l&rsquo;\u00e9vite g\u00e9n\u00e9ralement au p\u00e2turage. La dessiccation rend la plante inoffensive (conversion de la protoan\u00e9monine en an\u00e9monine puis en acide an\u00e9monique). Le foin contenant du caltha s\u00e9ch\u00e9 est sans danger. Les boutons floraux correctement blanchis et confits sont comestibles. La plante est contre-indiqu\u00e9e pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement. Aucun cas d&rsquo;intoxication mortelle n&rsquo;est document\u00e9 chez l&rsquo;homme.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse sp\u00e9cifique n&rsquo;est document\u00e9e pour le caltha des marais. Par analogie avec d&rsquo;autres plantes \u00e0 protoan\u00e9monine (an\u00e9mone pulsatille, cl\u00e9matite, renoncules), la prise simultan\u00e9e avec des m\u00e9dicaments irritants pour la muqueuse gastrique (AINS, aspirine) est d\u00e9conseill\u00e9e (effet additif d&rsquo;irritation).<\/p>\n<p>Les traces d&rsquo;alcalo\u00efdes (magnoflorine) pourraient th\u00e9oriquement interagir avec des antihypertenseurs, mais les quantit\u00e9s sont trop faibles pour une pertinence clinique. L&rsquo;usage hom\u00e9opathique ne comporte aucun risque d&rsquo;interaction. En r\u00e9sum\u00e9, les interactions m\u00e9dicamenteuses sont sans objet en pratique car l&rsquo;usage th\u00e9rapeutique de la plante est obsol\u00e8te.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h3>\n<p>Les \u00e9tudes scientifiques sur <em>Caltha palustris<\/em> sont principalement phytochimiques et \u00e9cologiques. Des travaux ont caract\u00e9ris\u00e9 la teneur en protoan\u00e9monine et en flavono\u00efdes de diff\u00e9rentes populations. L&rsquo;activit\u00e9 antimicrobienne de la protoan\u00e9monine a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e in vitro. Des \u00e9tudes de toxicologie v\u00e9t\u00e9rinaire ont document\u00e9 les cas d&rsquo;intoxication chez les bovins.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes \u00e9cologiques ont \u00e9valu\u00e9 le caltha comme indicateur de la qualit\u00e9 des zones humides et ont document\u00e9 sa r\u00e9gression en lien avec le drainage et l&rsquo;intensification agricole. Des travaux de biologie de la pollinisation ont \u00e9tudi\u00e9 les visiteurs floraux. Aucune \u00e9tude clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e chez l&rsquo;homme. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas un candidat pour le d\u00e9veloppement pharmaceutique en raison de son profil de toxicit\u00e9 d\u00e9favorable.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le caltha des marais est inscrit \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise (liste A) comme plante m\u00e9dicinale, mais son usage est r\u00e9serv\u00e9 aux pharmaciens en raison de sa toxicit\u00e9. Il n&rsquo;est pas autoris\u00e9 dans les compl\u00e9ments alimentaires. La plante fra\u00eeche est consid\u00e9r\u00e9e comme toxique par les centres antipoison.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national en France, \u00e9tant encore commune dans les zones humides. Cependant, sa rar\u00e9faction localis\u00e9e (li\u00e9e au drainage) peut justifier des mesures de conservation dans certaines r\u00e9gions. Ses habitats (prairies humides) sont des habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire au titre de la directive Habitats, ce qui conf\u00e8re une protection indirecte \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects culturels et historiques<\/h3>\n<p>Le caltha des marais est mentionn\u00e9 dans les herbiers europ\u00e9ens depuis le Moyen \u00c2ge. Shakespeare le cite dans <em>Cymbeline<\/em> sous le nom de \u00ab Mary-bud \u00bb. Son nom anglais \u00ab kingcup \u00bb (coupe du roi) \u00e9voque la forme de ses fleurs largement ouvertes. En Allemagne, la \u00ab Sumpfdotterblume \u00bb est la fleur de l&rsquo;ann\u00e9e 1999, choisie pour attirer l&rsquo;attention sur la r\u00e9gression des zones humides.<\/p>\n<p>Dans le folklore europ\u00e9en, le caltha \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 la f\u00eate de Beltaine (1er mai) et aux rites de fertilit\u00e9 printaniers. En Scandinavie, les fleurs d\u00e9coraient les maisons le premier mai. Le caltha symbolise le printemps, la joie et le renouveau. Son d\u00e9clin dans les paysages europ\u00e9ens est devenu un symbole de la disparition des zones humides, ce qui en fait un ambassadeur de la conservation de ces milieux essentiels.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le caltha des marais, malgr\u00e9 sa beaut\u00e9 printani\u00e8re remarquable, n&rsquo;est pas une plante m\u00e9dicinale recommandable en raison de la toxicit\u00e9 de la protoan\u00e9monine. Son usage th\u00e9rapeutique historique est aujourd&rsquo;hui obsol\u00e8te, remplac\u00e9 par des alternatives plus s\u00fbres. Son int\u00e9r\u00eat contemporain r\u00e9side dans sa valeur ornementale exceptionnelle pour les jardins d&rsquo;eau et dans son r\u00f4le \u00e9cologique comme esp\u00e8ce indicatrice des zones humides de qualit\u00e9.<\/p>\n<p>Les perspectives portent sur la conservation des prairies humides dont le caltha est l&rsquo;une des esp\u00e8ces embl\u00e9matiques, sur la valorisation culinaire prudente (c\u00e2pres de populage apr\u00e8s cuisson) dans le cadre de la gastronomie sauvage, et sur l&rsquo;\u00e9tude des m\u00e9canismes de r\u00e9sistance de la plante aux milieux inond\u00e9s. Le caltha des marais rappelle que la beaut\u00e9 lumineuse des fleurs printani\u00e8res peut coexister avec une toxicit\u00e9 significative, et que la pr\u00e9servation des zones humides est un enjeu majeur de notre \u00e9poque.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Caltha%20palustris\">Plants of the World Online, Kew : <em>Caltha palustris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Caltha+palustris\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Caltha palustris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le caltha des marais (Caltha palustris L.), joyau dor\u00e9 des zones humides, est une plante vivace de la famille des Renonculac\u00e9es qui illumine de ses [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[91],"tags":[],"class_list":["post-1303","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-renonculacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1303","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1303"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1303\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13946,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1303\/revisions\/13946"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1303"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1303"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1303"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}