{"id":1305,"date":"2026-03-26T11:40:21","date_gmt":"2026-03-26T10:40:21","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/clematite-des-haies\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"clematite-des-haies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/clematite-des-haies\/","title":{"rendered":"CL\u00c9MATITE DES HAIES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Cl%C3%A9matite%20des%20Haies.jpg\" alt=\"Planche botanique Cl\u00e9matite des Haies\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Cl\u00e9matite des haies<\/strong> (<em>Clematis vitalba<\/em> L.) est une liane vivace de la famille des <strong>Ranunculaceae<\/strong>. Le genre <em>Clematis<\/em> comprend environ 300 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et subtropicales. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>vitalba<\/em> d\u00e9rive du latin <em>vitis alba<\/em> (vigne blanche), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ses tiges sarmenteuses rappelant celles de la vigne. En fran\u00e7ais, elle porte de nombreux noms vernaculaires : herbe aux gueux, bois de pipe, viorne des pauvres ou encore cranquillier. C&rsquo;est la seule cl\u00e9matite v\u00e9ritablement indig\u00e8ne et commune en France m\u00e9tropolitaine.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Liane ligneuse grimpante pouvant atteindre <strong>15 \u00e0 30 m de longueur<\/strong>, s&rsquo;\u00e9levant dans la canop\u00e9e des arbres. Les tiges sont ligneuses, \u00e0 \u00e9corce gris\u00e2tre se d\u00e9tachant en lani\u00e8res fibreuses sur les rameaux \u00e2g\u00e9s, \u00e0 moelle blanche. Les jeunes rameaux sont verts, anguleux, volubiles. Les feuilles sont <strong>oppos\u00e9es<\/strong>, compos\u00e9es-penn\u00e9es, comptant 3 \u00e0 5 folioles ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, acumin\u00e9es, \u00e0 marge enti\u00e8re ou grossi\u00e8rement dent\u00e9e, \u00e0 p\u00e9tiole volubile servant de vrille. L&rsquo;inflorescence est une panicule axillaire ou terminale portant de nombreuses fleurs. Les fleurs, de 2 cm de diam\u00e8tre environ, comportent 4 s\u00e9pales p\u00e9talo\u00efdes blanc-verd\u00e2tre, pubescents sur les deux faces, et de nombreuses \u00e9tamines. Il n&rsquo;y a pas de p\u00e9tales vrais. Les fruits sont des <strong>ak\u00e8nes<\/strong> surmont\u00e9s d&rsquo;un long style plumeux persistant, formant en automne et en hiver des masses soyeuses argent\u00e9es tr\u00e8s d\u00e9coratives qui ornent les haies. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de juin \u00e0 septembre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>La Cl\u00e9matite des haies est une esp\u00e8ce <strong>europ\u00e9enne et ouest-asiatique<\/strong>. En France, elle est tr\u00e8s commune dans presque tout le territoire, de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 200 m d&rsquo;altitude. Elle colonise les <strong>haies<\/strong>, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les ripisylves, les friches, les clairi\u00e8res, les talus et les d\u00e9combres. Elle est particuli\u00e8rement abondante sur les sols calcaires, dans les for\u00eats thermophiles, les ch\u00eanaies pubescentes et les frutic\u00e9es. On la trouve aussi en milieu urbain et p\u00e9riurbain, colonisant les grillages, murs et arbres isol\u00e9s. Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme <strong>envahissante<\/strong> dans certaines r\u00e9gions hors de son aire d&rsquo;origine (Nouvelle-Z\u00e9lande, sud-est de l&rsquo;Australie, certaines parties de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord).<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>h\u00e9liophile \u00e0 h\u00e9mi-h\u00e9liophile<\/strong>, la Cl\u00e9matite des haies recherche la lumi\u00e8re et grimpe activement vers la canop\u00e9e. Elle tol\u00e8re n\u00e9anmoins une ombre l\u00e9g\u00e8re dans sa phase juv\u00e9nile. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols <strong>calcaires \u00e0 neutres<\/strong>, argileux ou limono-argileux, assez profonds et frais, mais supporte les sols secs en surface. Le pH optimal est compris entre 6,5 et 8,5. C&rsquo;est une esp\u00e8ce <strong>m\u00e9sophile<\/strong>, ni trop s\u00e8che ni trop humide, mais capable de supporter des p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse mod\u00e9r\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 son enracinement profond. Sa rusticit\u00e9 est bonne (zone 5, \u221220 \u00b0C). Elle est favoris\u00e9e par les <strong>perturbations<\/strong> (coupes foresti\u00e8res, temp\u00eates, d\u00e9frichements) qui cr\u00e9ent des trou\u00e9es lumineuses. Sa croissance est rapide, pouvant atteindre 3 \u00e0 5 m par an dans de bonnes conditions.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>Liane vivace \u00e0 feuillage caduc. Le d\u00e9bourrement est relativement tardif, en avril. La croissance v\u00e9g\u00e9tative est vigoureuse de mai \u00e0 juillet. La <strong>floraison<\/strong> s&rsquo;\u00e9tend de juin \u00e0 septembre, avec un pic en juillet. Les fleurs d\u00e9gagent un parfum l\u00e9ger et sucr\u00e9 qui attire de nombreux insectes. La pollinisation est <strong>entomophile<\/strong>, assur\u00e9e par des dipt\u00e8res, des col\u00e9opt\u00e8res et des hym\u00e9nopt\u00e8res. Les fruits m\u00fbrissent d&rsquo;octobre \u00e0 d\u00e9cembre. Les ak\u00e8nes plumeux persistent sur la plante tout l&rsquo;hiver, donnant un aspect caract\u00e9ristique aux haies. La diss\u00e9mination est <strong>an\u00e9mochore<\/strong> : les longs styles plumeux permettent au vent de transporter les ak\u00e8nes sur de grandes distances. La plante se multiplie aussi efficacement par <strong>voie v\u00e9g\u00e9tative<\/strong> : les tiges au contact du sol s&rsquo;enracinent (marcottage naturel) et des rejets vigoureux apparaissent sur les souches coup\u00e9es. Cette capacit\u00e9 de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration rend son \u00e9limination difficile.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La Cl\u00e9matite des haies contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponosides triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;h\u00e9d\u00e9rag\u00e9nine et de l&rsquo;acide ol\u00e9anolique. On y trouve \u00e9galement de la <strong>protoan\u00e9monine<\/strong>, un lactone irritant et v\u00e9sicant caract\u00e9ristique de nombreuses Ranunculaceae, qui se forme par hydrolyse enzymatique de la <strong>ranunculine<\/strong> lors de la blessure des tissus. La protoan\u00e9monine se dim\u00e9rise spontan\u00e9ment en <strong>an\u00e9monine<\/strong>, moins toxique. Les feuilles contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (kaempf\u00e9rol, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a> et leurs glycosides), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>) et des <strong>tanins<\/strong>. Les tiges renferment des traces d&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> (cl\u00e9matine). Les ak\u00e8nes sont riches en huiles grasses.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle, la Cl\u00e9matite des haies \u00e9tait utilis\u00e9e en usage externe pour ses propri\u00e9t\u00e9s <strong>rub\u00e9fiantes<\/strong> et <strong>v\u00e9sicantes<\/strong>. Les feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es, appliqu\u00e9es sur la peau, provoquent une irritation intense, voire des cloques : les mendiants s&rsquo;en servaient pour simuler des plaies et apitoyer les passants, d&rsquo;o\u00f9 le nom d&rsquo;\u00ab herbe aux gueux \u00bb. En phytoth\u00e9rapie traditionnelle, on lui attribuait des propri\u00e9t\u00e9s <strong>diur\u00e9tiques<\/strong>, <strong>sudorifiques<\/strong> et <strong>antirhumatismales<\/strong> en usage interne tr\u00e8s dilu\u00e9. En <strong>hom\u00e9opathie<\/strong>, <em>Clematis vitalba<\/em> est prescrit pour les affections cutan\u00e9es, les cystites et les troubles de la prostate. Les <strong>Fleurs de Bach<\/strong> incluent Clematis (n\u00b0 9) comme rem\u00e8de pour les personnes r\u00eaveuses, inattentives et d\u00e9tach\u00e9es de la r\u00e9alit\u00e9. L&rsquo;usage interne de la plante fra\u00eeche est d\u00e9conseill\u00e9 en raison de son pouvoir irritant sur les muqueuses digestives.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9<\/h3>\n<p>La plante fra\u00eeche est <strong>mod\u00e9r\u00e9ment toxique<\/strong> en raison de la protoan\u00e9monine. Le contact cutan\u00e9 avec la s\u00e8ve provoque des <strong>dermites de contact<\/strong> : rougeur, v\u00e9sicules, parfois ulc\u00e9rations. L&rsquo;ingestion de feuilles ou de tiges fra\u00eeches entra\u00eene une irritation buccale intense, une salivation excessive, des douleurs abdominales, des vomissements et des diarrh\u00e9es. \u00c0 forte dose, des troubles nerveux (vertiges, convulsions) et r\u00e9naux sont possibles. Le <strong>s\u00e9chage<\/strong> inactive la protoan\u00e9monine par dim\u00e9risation en an\u00e9monine, ce qui rend le foin contenant de la cl\u00e9matite moins dangereux. Les animaux d&rsquo;\u00e9levage \u00e9vitent g\u00e9n\u00e9ralement la plante fra\u00eeche en raison de son go\u00fbt \u00e2cre. Les cas d&rsquo;intoxication grave restent rares chez l&rsquo;homme.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Protoan\u00e9monine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ranunculine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>An\u00e9monine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les <strong>jeunes pousses<\/strong> de Cl\u00e9matite des haies sont consomm\u00e9es localement dans certaines r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes, notamment en Italie du Sud (Pouilles, Calabre) et en Gr\u00e8ce, sous le nom de <em>vitalbini<\/em> ou <em>vitalba<\/em>. Elles sont r\u00e9colt\u00e9es au printemps lorsqu&rsquo;elles sont encore tendres et blanchies \u00e0 l&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid) pour \u00e9liminer la protoan\u00e9monine. Elles sont ensuite cuisin\u00e9es en omelettes, en risottos ou en soupes. Leur saveur rappelle celle des asperges sauvages. Cette pratique traditionnelle exige une bonne connaissance de la plante et un blanchiment soigneux. En dehors de ce contexte traditionnel, la consommation n&rsquo;est pas recommand\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>La Cl\u00e9matite des haies est parfois plant\u00e9e comme plante de couverture pour coloniser rapidement un grillage, un mur ou une pergola. Sa croissance est tr\u00e8s rapide et son feuillage dense. Elle est cependant <strong>vigoureuse au point de devenir envahissante<\/strong> : elle peut \u00e9touffer les arbres supports sous son poids et son ombrage. La plantation se fait en automne ou au printemps, dans un sol ordinaire, plut\u00f4t calcaire. Un support solide est n\u00e9cessaire. La taille de contr\u00f4le est indispensable : rabattre s\u00e9v\u00e8rement en fin d&rsquo;hiver pour limiter l&rsquo;expansion. La multiplication se fait par semis (stratification froide n\u00e9cessaire), par bouturage de tiges semi-ao\u00fbt\u00e9es en \u00e9t\u00e9, ou par marcottage. Les cultivars horticoles de cl\u00e9matites sont g\u00e9n\u00e9ralement issus d&rsquo;autres esp\u00e8ces (<em>C. montana<\/em>, <em>C. viticella<\/em>, hybrides \u00e0 grandes fleurs).<\/p>\n<hr>\n<h3>Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>La Cl\u00e9matite des haies est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des <strong>frutic\u00e9es<\/strong> et <strong>manteaux forestiers<\/strong> thermophiles de l&rsquo;alliance du <em>Berberidion vulgaris<\/em>. Elle s&rsquo;associe aux arbustes de haie : Prunellier (<em>Prunus spinosa<\/em>), Aub\u00e9pine (<em>Crataegus monogyna<\/em>), Cornouiller sanguin (<em>Cornus sanguinea<\/em>), Tro\u00e8ne (<em>Ligustrum vulgare<\/em>), Viorne lantane (<em>Viburnum lantana<\/em>). En for\u00eat, elle accompagne les Ch\u00eanes pubescent et sessile, le Charme, l&rsquo;\u00c9rable champ\u00eatre. Dans les ripisylves, elle c\u00f4toie les Saules, les Peupliers et le Houblon (<em>Humulus lupulus<\/em>), autre liane indig\u00e8ne.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>La Cl\u00e9matite des haies pr\u00e9sente un <strong>int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique consid\u00e9rable<\/strong>. Sa floraison tardive et prolong\u00e9e fournit du nectar et du pollen \u00e0 de nombreux insectes en fin de saison. Les masses d&rsquo;ak\u00e8nes plumeux offrent un <strong>mat\u00e9riau de nidification<\/strong> appr\u00e9ci\u00e9 des oiseaux. Les tiges enchev\u00eatr\u00e9es constituent un habitat de <strong>refuge et de nidification<\/strong> pour de nombreuses esp\u00e8ces d&rsquo;oiseaux (Fauvettes, Merle noir, Troglodyte). Elle participe \u00e0 la structuration verticale des haies et des lisi\u00e8res. Dans les dynamiques de succession v\u00e9g\u00e9tale, elle favorise l&rsquo;installation de la for\u00eat en servant de tuteur aux jeunes arbres, tout en pouvant aussi freiner la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration foresti\u00e8re par son ombrage excessif. Son r\u00f4le est donc <strong>ambivalent<\/strong> dans la gestion des milieux naturels.<\/p>\n<hr>\n<h3>Folklore et symbolisme<\/h3>\n<p>La Cl\u00e9matite des haies est charg\u00e9e d&rsquo;une symbolique populaire contrast\u00e9e. Son nom d&rsquo;\u00ab herbe aux gueux \u00bb illustre son usage par les mendiants pour se cr\u00e9er de fausses plaies. Les enfants utilisaient ses tiges creuses comme <strong>pipes \u00e0 bulles<\/strong> ou pour fumer, d&rsquo;o\u00f9 le nom de \u00ab bois de pipe \u00bb \u2014 une pratique dangereuse en raison de l&rsquo;irritation des voies respiratoires. Dans le langage des fleurs victorien, la cl\u00e9matite symbolise l&rsquo;<strong>artifice<\/strong> et l&rsquo;<strong>ing\u00e9niosit\u00e9<\/strong>. Dans la tradition des <strong>Fleurs de Bach<\/strong>, elle est associ\u00e9e aux r\u00eaveurs d\u00e9tach\u00e9s de la r\u00e9alit\u00e9, et le rem\u00e8de Clematis vise \u00e0 ancrer l&rsquo;esprit dans le pr\u00e9sent. En Angleterre, les fruits plumeux hivernaux lui valent les noms po\u00e9tiques de <em>old man&rsquo;s beard<\/em> (barbe de vieillard) et <em>traveller&rsquo;s joy<\/em> (joie du voyageur).<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>En France, la confusion est possible avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces de <em>Clematis<\/em> cultiv\u00e9es ou subspontan\u00e9es : <em>Clematis flammula<\/em> (Cl\u00e9matite odorante), \u00e0 feuilles plus finement d\u00e9coup\u00e9es et \u00e0 fleurs parfum\u00e9es ; <em>Clematis recta<\/em> (Cl\u00e9matite droite), herbac\u00e9e et non grimpante. \u00c0 l&rsquo;\u00e9tat v\u00e9g\u00e9tatif, les feuilles compos\u00e9es peuvent \u00eatre confondues avec celles du <strong>Houblon<\/strong> (<em>Humulus lupulus<\/em>), mais celui-ci a des feuilles simples lob\u00e9es et non compos\u00e9es-penn\u00e9es. Les jeunes pousses de Cl\u00e9matite pourraient \u00eatre confondues avec celles de la <strong>Bryone dio\u00efque<\/strong> (<em>Bryonia dioica<\/em>), autre liane grimpante des haies, tr\u00e8s toxique, dont les vrilles sont diff\u00e9rentes (vrilles simples spiral\u00e9es vs p\u00e9tioles volubiles chez la Cl\u00e9matite). Une identification rigoureuse est n\u00e9cessaire avant toute utilisation alimentaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>CL\u00c9MATITE DES HAIES pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Clematis%20vitalba\">Plants of the World Online, Kew : <em>Clematis vitalba<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Clematis+vitalba\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Clematis vitalba<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Cl\u00e9matite des haies (Clematis vitalba L.) est une liane vivace de la famille des Ranunculaceae. 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