{"id":1310,"date":"2026-03-26T11:40:27","date_gmt":"2026-03-26T10:40:27","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/renoncule-bulbeuse\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"renoncule-bulbeuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/renoncule-bulbeuse\/","title":{"rendered":"RENONCULE BULBEUSE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Renoncule%20bulbeuse.jpg\" alt=\"Planche botanique Renoncule bulbeuse\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Renoncule bulbeuse<\/strong> (<em>Ranunculus bulbosus<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Renonculac\u00e9es<\/strong>. Le nom <em>Ranunculus<\/em> d\u00e9rive du latin <em>rana<\/em> (grenouille), nombre d&rsquo;esp\u00e8ces du genre fr\u00e9quentant les milieux humides. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>bulbosus<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence au renflement bulbiforme de la base de la tige. Noms vernaculaires : renoncule bulbeuse, bouton d&rsquo;or bulbeux, pied-de-coq, grenouillette.<\/p>\n<p>Plante vivace herbac\u00e9e de 15 \u00e0 50 cm, \u00e0 souche renfl\u00e9e en bulbe arrondi \u00e0 la base de la tige. Les tiges sont dress\u00e9es, ramifi\u00e9es, velues. Les feuilles basales sont longuement p\u00e9tiol\u00e9es, tris\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments trilob\u00e9s, dent\u00e9s, le segment m\u00e9dian \u00e9tant souvent p\u00e9tiolul\u00e9. Les feuilles caulinaires sont progressivement simplifi\u00e9es. Les fleurs, de 2 \u00e0 3 cm de diam\u00e8tre, poss\u00e8dent 5 s\u00e9pales r\u00e9fl\u00e9chis (rabattus vers le bas \u2014 caract\u00e8re distinctif majeur), 5 p\u00e9tales jaune vif, verniss\u00e9s, et de nombreuses \u00e9tamines et carpelles. Le r\u00e9ceptacle est velu. Le fruit est un ak\u00e8ne comprim\u00e9, \u00e0 bec court et recourb\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Ranunculus bulbosus<\/em> est une esp\u00e8ce europ\u00e9enne \u00e0 aire subatlantique-subm\u00e9diterran\u00e9enne. Elle est r\u00e9pandue dans toute l&rsquo;Europe, de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 la Scandinavie m\u00e9ridionale, de l&rsquo;Atlantique \u00e0 l&rsquo;Europe orientale. Elle est aussi pr\u00e9sente en Asie Mineure et en Afrique du Nord. L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 introduite et naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<p>La renoncule bulbeuse affectionne les prairies s\u00e8ches, les pelouses, les talus, les bords de chemins, les p\u00e2turages maigres, les dunes fix\u00e9es. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols bien drain\u00e9s, neutres \u00e0 calcaires, secs \u00e0 frais, moyennement fertiles. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des prairies m\u00e9sophiles de l&rsquo;<em>Arrhenatherion<\/em> et des pelouses s\u00e8ches du <em>Mesobromion<\/em>. Elle fleurit de mai \u00e0 juillet et se rencontre du niveau de la mer \u00e0 1 800 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Ranunculus bulbosus<\/em> est une esp\u00e8ce commune et non menac\u00e9e, class\u00e9e en \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC) dans toute son aire. Elle ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune mesure de protection.<\/p>\n<p>La renoncule bulbeuse joue un r\u00f4le \u00e9cologique important dans les prairies. Ses fleurs jaune vif, riches en pollen, attirent une faune pollinisatrice diversifi\u00e9e : abeilles, syrphes, col\u00e9opt\u00e8res, petits papillons. La couche cireuse r\u00e9fl\u00e9chissante des p\u00e9tales, responsable du \u00ab brillant \u00bb caract\u00e9ristique des boutons d&rsquo;or, sert de signal visuel pour les pollinisateurs et contribue \u00e0 la thermor\u00e9gulation de la fleur.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est un indicateur de prairies s\u00e8ches extensives. Sa pr\u00e9sence en abondance traduit une gestion favorable \u00e0 la biodiversit\u00e9 (absence de fertilisation excessive).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition de <em>Ranunculus bulbosus<\/em> est domin\u00e9e par des compos\u00e9s irritants caract\u00e9ristiques des Renonculac\u00e9es :<\/p>\n<p><strong>Lactones<\/strong> : la <strong>protoan\u00e9monine<\/strong> (an\u00e9monol) est le compos\u00e9 majeur et le plus toxique. C&rsquo;est une lactone cyclique insatur\u00e9e (\u03b3-m\u00e9thyl\u00e8ne-\u0394-butyrolactone), issue de l&rsquo;hydrolyse enzymatique du pr\u00e9curseur glycosidique, la <strong>ranunculine<\/strong>, lors de la brisure des tissus. La protoan\u00e9monine se dim\u00e9rise spontan\u00e9ment en <strong>an\u00e9monine<\/strong>, beaucoup moins toxique.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> : des <strong>saponines \u00e0 g\u00e9nine ol\u00e9anane<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es dans les parties a\u00e9riennes et le bulbe.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et leurs glycosides.<\/p>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s<\/strong> : <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>), <strong>st\u00e9rols<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (responsables de la couleur jaune des p\u00e9tales), <strong>acide ascorbique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> (en traces).<\/p>\n<p>La teneur en protoan\u00e9monine est maximale dans la plante fra\u00eeche et diminue fortement par s\u00e9chage ou cuisson (dim\u00e9risation en an\u00e9monine inactive).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 v\u00e9sicante et r\u00e9vulsive<\/strong> : la <strong>protoan\u00e9monine<\/strong> est un puissant irritant cutan\u00e9 et muqueux. L&rsquo;application de la plante fra\u00eeche provoque un \u00e9ryth\u00e8me, puis des phlyct\u00e8nes (v\u00e9sicules) par n\u00e9crose \u00e9pidermique. Cet effet, autrefois exploit\u00e9 en m\u00e9decine, est aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9 comme un risque toxicologique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/strong> : la protoan\u00e9monine poss\u00e8de une activit\u00e9 antimicrobienne \u00e0 large spectre, active contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em>, <em>Pseudomonas aeruginosa<\/em> et <em>Candida albicans<\/em>, avec des CMI de 5 \u00e0 50 \u00b5g\/mL. L&rsquo;an\u00e9monine (dim\u00e8re) est beaucoup moins active.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : paradoxalement, l&rsquo;<strong>an\u00e9monine<\/strong> (dim\u00e8re non irritant) poss\u00e8de une activit\u00e9 anti-inflammatoire document\u00e9e, inhibant la <strong>COX-2<\/strong> et la production de <strong>prostaglandines<\/strong> et de <strong>leucotri\u00e8nes<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antitumorale<\/strong> : la protoan\u00e9monine induit l&rsquo;apoptose de cellules canc\u00e9reuses in vitro (leuc\u00e9mie, cancer du sein), mais sa toxicit\u00e9 non s\u00e9lective limite son int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique direct.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antispasmodique<\/strong> : l&rsquo;an\u00e9monine exerce une relaxation du muscle lisse intestinal et bronchique dans des mod\u00e8les in vitro.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>En raison de sa toxicit\u00e9, la renoncule bulbeuse n&rsquo;est pas utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie interne. Les indications se limitent \u00e0 :<\/p>\n<p><strong>Hom\u00e9opathie<\/strong> : <em>Ranunculus bulbosus<\/em> est un rem\u00e8de hom\u00e9opathique classique, prescrit en dilutions (5 CH \u00e0 15 CH) pour les n\u00e9vralgies intercostales, le zona (herp\u00e8s zoster), les douleurs pleur\u00e9tiques, les \u00e9ruptions v\u00e9siculeuses et les cors douloureux.<\/p>\n<p><strong>Usage externe historique<\/strong> : r\u00e9vulsif cutan\u00e9 (obsol\u00e8te), traitement des verrues et des cors (application de suc frais \u2014 usage \u00e0 risque).<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sur <em>Ranunculus bulbosus<\/em> sont limit\u00e9es aux \u00e9tudes hom\u00e9opathiques. Plusieurs \u00e9tudes observationnelles et quelques essais contr\u00f4l\u00e9s de faible puissance ont \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 de <em>Ranunculus bulbosus<\/em> en dilution hom\u00e9opathique dans le zona et les n\u00e9vralgies intercostales, avec des r\u00e9sultats positifs mais de niveau de preuve insuffisant pour une conclusion d\u00e9finitive.<\/p>\n<p>En toxicologie clinique, les centres antipoison rapportent r\u00e9guli\u00e8rement des cas d&rsquo;exposition cutan\u00e9e (dermite de contact) et de rares cas d&rsquo;ingestion, g\u00e9n\u00e9ralement b\u00e9nins en raison de la faible quantit\u00e9 consomm\u00e9e. La prise en charge est symptomatique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p><strong>Antimicrobiens<\/strong> : la <strong>protoan\u00e9monine<\/strong> est \u00e9tudi\u00e9e comme antimicrobien naturel. Son spectre d&rsquo;activit\u00e9 large et son m\u00e9canisme d&rsquo;action (alkylation de groupes sulfhydryles des prot\u00e9ines bact\u00e9riennes) en font un mod\u00e8le pour le d\u00e9veloppement d&rsquo;antiseptiques biosourc\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Anti-inflammatoire<\/strong> : l&rsquo;<strong>an\u00e9monine<\/strong> (dim\u00e8re atoxique) fait l&rsquo;objet de recherches comme anti-inflammatoire, avec des r\u00e9sultats prometteurs dans des mod\u00e8les murins d&rsquo;arthrite et de colite.<\/p>\n<p><strong>\u00c9cologie chimique<\/strong> : le syst\u00e8me ranunculine-protoan\u00e9monine est un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude de la d\u00e9fense chimique des plantes, la lib\u00e9ration de protoan\u00e9monine n&rsquo;ayant lieu qu&rsquo;au moment de la blessure tissulaire (d\u00e9fense induite).<\/p>\n<p><strong>Dermatologie<\/strong> : les m\u00e9canismes de la v\u00e9sication par la protoan\u00e9monine (formation d&rsquo;adduits avec les prot\u00e9ines \u00e9pidermiques, activation des k\u00e9ratinocytes) sont \u00e9tudi\u00e9s pour comprendre les dermatites de contact phytog\u00e8nes.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Lactones<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Protoan\u00e9monine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ranunculine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>An\u00e9monine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saponines \u00e0 g\u00e9nine ol\u00e9anane<\/td>\n<td>Saponine<\/td>\n<td>Constituant tensioactif<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Hom\u00e9opathie<\/strong> : <em>Ranunculus bulbosus<\/em> 5 CH \u00e0 15 CH, 3 \u00e0 5 granules 2 \u00e0 3 fois par jour selon la similitude des sympt\u00f4mes.<\/p>\n<p><strong>Usage externe (historique, non recommand\u00e9)<\/strong> : application br\u00e8ve de la plante fra\u00eeche \u00e9cras\u00e9e sur les verrues, en prot\u00e9geant la peau saine environnante. La dur\u00e9e d&rsquo;application ne doit pas exc\u00e9der quelques minutes en raison du risque de v\u00e9sication.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage interne de la plante fra\u00eeche ou de ses pr\u00e9parations non dilu\u00e9es est formellement d\u00e9conseill\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Contre-indications absolues<\/strong> : usage interne de la plante fra\u00eeche, application prolong\u00e9e sur la peau, grossesse, allaitement, enfants.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions majeures<\/strong> : toute manipulation de la plante fra\u00eeche n\u00e9cessite le port de gants. Le suc peut provoquer des br\u00fblures chimiques de la peau et des yeux. L&rsquo;ingestion, m\u00eame en petite quantit\u00e9, provoque une inflammation s\u00e9v\u00e8re des muqueuses buccales, pharyng\u00e9es et digestives.<\/p>\n<p><strong>Interactions<\/strong> : aucune interaction m\u00e9dicamenteuse rapport\u00e9e pour les pr\u00e9parations hom\u00e9opathiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La <strong>protoan\u00e9monine<\/strong> est le principe toxique majeur de toutes les Renonculac\u00e9es. Sa DL50 chez la souris est de 190 mg\/kg par voie orale et de 70 mg\/kg par voie intrap\u00e9riton\u00e9ale, ce qui en fait un compos\u00e9 mod\u00e9r\u00e9ment toxique.<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 aigu\u00eb<\/strong> : l&rsquo;ingestion de plante fra\u00eeche provoque une stomatite s\u00e9v\u00e8re (inflammation buccale), une salivation abondante, des douleurs abdominales intenses, des naus\u00e9es, des vomissements, une diarrh\u00e9e sanglante. Dans les cas graves, des convulsions, une n\u00e9phrite et une d\u00e9faillance respiratoire peuvent survenir. Les cas mortels humains sont exceptionnels, la saveur \u00e2cre d\u00e9courageant la consommation.<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 cutan\u00e9e<\/strong> : l&rsquo;application prolong\u00e9e provoque une v\u00e9sication (phlyct\u00e8nes), suivie d&rsquo;ulc\u00e9ration et de cicatrisation lente avec hyperpigmentation r\u00e9siduelle.<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 animale<\/strong> : les bovins \u00e9vitent g\u00e9n\u00e9ralement les renoncules au p\u00e2turage, mais des intoxications surviennent lorsque le foin contient de la renoncule (la protoan\u00e9monine se dim\u00e9rise en an\u00e9monine non toxique au s\u00e9chage, r\u00e9duisant le risque).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les renoncules ont une longue histoire d&rsquo;utilisation, souvent li\u00e9e \u00e0 leur toxicit\u00e9. Les herboristes de l&rsquo;Antiquit\u00e9 (Dioscoride, Pline) connaissaient les propri\u00e9t\u00e9s v\u00e9sicantes (produisant des cloques) des renoncules et les utilisaient comme r\u00e9vulsif, en application externe pour \u00ab attirer les humeurs \u00bb et traiter les douleurs rhumatismales, les n\u00e9vralgies et les verrues.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, le bulbe \u00e9cras\u00e9 \u00e9tait appliqu\u00e9 en cataplasme sur les points douloureux pour cr\u00e9er une v\u00e9sication r\u00e9vulsive, d\u00e9tournant l&rsquo;inflammation. Les mendiants utilisaient parfois la s\u00e8ve pour s&rsquo;infliger des ulc\u00e8res cutan\u00e9s simulant des maladies, pratique \u00e0 l&rsquo;origine du nom anglais \u00ab beggar&rsquo;s buttons \u00bb. L&rsquo;hom\u00e9opathie utilise <em>Ranunculus bulbosus<\/em> dans la dilution de n\u00e9vralgies intercostales, de zona et de dermatoses v\u00e9siculeuses.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage interne a toujours \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme dangereux en raison de la toxicit\u00e9 de la protoan\u00e9monine.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p><em>Ranunculus bulbosus<\/em> ne figure pas \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne ni \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise comme plante m\u00e9dicinale. Aucune monographie officielle n&rsquo;existe. La plante n&rsquo;est pas autoris\u00e9e en phytoth\u00e9rapie en raison de sa toxicit\u00e9.<\/p>\n<p>En hom\u00e9opathie, <em>Ranunculus bulbosus<\/em> est une souche inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise (monographie des souches hom\u00e9opathiques) et est disponible en officine sous forme de granules, doses globules et teinture-m\u00e8re hom\u00e9opathique.<\/p>\n<p>La plante est class\u00e9e parmi les esp\u00e8ces v\u00e9n\u00e9neuses (toxiques) dans les flores de r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>RENONCULE BULBEUSE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Plantes toxiques. V\u00e9g\u00e9taux dangereux pour l&rsquo;homme et les animaux<\/em>, 4e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2005.<br \/>\nMisra S.B., Dixit S.N. \u2014 \u00ab Antifungal activity of leaf extracts of some higher plants against <em>Fusarium<\/em> species \u00bb, <em>Can. J. Bot.<\/em>, 1980, 58, 1810-1812.<br \/>\nMartin M.L. et al. \u2014 \u00ab Pharmacological effects of lactones isolated from <em>Ranunculus<\/em> species \u00bb, <em>J. Ethnopharmacol.<\/em>, 1990, 28, 185-190.<br \/>\nFournier P. \u2014 <em>Le livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, Paris, 1947.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Renoncule bulbeuse (Ranunculus bulbosus L.) appartient \u00e0 la famille des Renonculac\u00e9es. Le nom Ranunculus d\u00e9rive du latin rana (grenouille), nombre [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[91],"tags":[],"class_list":["post-1310","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-renonculacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1310","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1310"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1310\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13940,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1310\/revisions\/13940"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1310"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1310"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1310"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}