{"id":1312,"date":"2026-03-26T11:40:30","date_gmt":"2026-03-26T10:40:30","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/renoncule-acre\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"renoncule-acre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/renoncule-acre\/","title":{"rendered":"RENONCULE \u00c2CRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Renoncule%20%C3%A2cre.jpg\" alt=\"Planche botanique Renoncule \u00e2cre\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>Nom scientifique :<\/strong> <em>Ranunculus acris<\/em> L.<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Ranunculaceae<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Ranunculus<\/em><br \/>\n<strong>Synonymes :<\/strong> <em>Ranunculus acer<\/em> L. (orthographe originale), <em>Ranunculus stevenii<\/em> Andrz.<br \/>\n<strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Renoncule \u00e2cre, Bouton d&rsquo;or, Pied-de-coq, Grenouillette \u00e2cre, Tall buttercup (en), Scharfer Hahnenfu\u00df (de), Ranuncolo acre (it)<\/p>\n<p>Le genre <em>Ranunculus<\/em>, du latin <em>rana<\/em> (grenouille), fait allusion \u00e0 l&rsquo;habitat souvent humide de ces plantes, fr\u00e9quent\u00e9 par les grenouilles. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>acris<\/em> (\u00e2cre) d\u00e9crit le go\u00fbt br\u00fblant de la plante fra\u00eeche, d\u00fb \u00e0 la protoan\u00e9monine. Cette esp\u00e8ce est certainement l&rsquo;une des fleurs sauvages les plus famili\u00e8res d&rsquo;Europe : le bouton d&rsquo;or des prairies, dont les p\u00e9tales jaune vif et verniss\u00e9s refl\u00e8tent la lumi\u00e8re d&rsquo;une mani\u00e8re caract\u00e9ristique, est un \u00e9l\u00e9ment iconique du paysage pastoral europ\u00e9en. Le genre <em>Ranunculus<\/em>, avec environ 600 esp\u00e8ces, est l&rsquo;un des plus diversifi\u00e9s de la flore temp\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace, de 30 \u00e0 80 cm de hauteur (parfois jusqu&rsquo;\u00e0 1 m), \u00e0 souche courte et fibreuse \u00e9mettant de nombreuses racines adventives fascicul\u00e9es. La tige est dress\u00e9e, ramifi\u00e9e dans la partie sup\u00e9rieure, cylindrique, creuse, stri\u00e9e, pubescente avec des poils apprim\u00e9s.<\/p>\n<p>Les feuilles basales sont longuement p\u00e9tiol\u00e9es, palmatipartites, divis\u00e9es en 3 \u00e0 5 segments rhombo\u00efdaux, eux-m\u00eames profond\u00e9ment incis\u00e9s-dent\u00e9s, d&rsquo;un vert fonc\u00e9, pubescentes. Les feuilles caulinaires sont progressivement plus sessiles et plus \u00e9troitement d\u00e9coup\u00e9es vers le sommet, les sup\u00e9rieures r\u00e9duites \u00e0 3 lobes lin\u00e9aires.<\/p>\n<p>Les fleurs, nombreuses, dispos\u00e9es en cymes terminales l\u00e2ches, mesurent 15 \u00e0 25 mm de diam\u00e8tre. Les 5 s\u00e9pales sont jaun\u00e2tres, pubescents, \u00e9tal\u00e9s, non r\u00e9fl\u00e9chis (caract\u00e8re distinguant cette esp\u00e8ce de <em>R. repens<\/em>). Les 5 p\u00e9tales sont jaune vif, luisants, verniss\u00e9s sur la face sup\u00e9rieure gr\u00e2ce \u00e0 une couche \u00e9pidermique sp\u00e9ciale qui refl\u00e8te les ultraviolets et la lumi\u00e8re visible, obovales, de 8 \u00e0 12 mm. Les \u00e9tamines sont tr\u00e8s nombreuses. Les carpelles sont nombreux, libres, dispos\u00e9s en t\u00eate globuleuse. Le p\u00e9dicelle floral n&rsquo;est pas sillonn\u00e9 (contrairement \u00e0 <em>R. bulbosus<\/em>).<\/p>\n<p>Le fruit est un polyak\u00e8ne, chaque ak\u00e8ne mesurant 2 \u00e0 3 mm, comprim\u00e9 lat\u00e9ralement, lisse, \u00e0 bec court et faiblement recourb\u00e9. La floraison s&rsquo;\u00e9tend d&rsquo;avril \u00e0 septembre, avec un pic en mai-juin.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et \u00e9cologie<\/h3>\n<p>La Renoncule \u00e2cre est une esp\u00e8ce prairiale m\u00e9sophile, h\u00e9liophile \u00e0 h\u00e9mi-sciaphile, ubiquiste, caract\u00e9ristique des prairies de fauche, des p\u00e2turages, des pelouses, des bords de chemins, des talus, des foss\u00e9s et des clairi\u00e8res. Elle affectionne les sols frais \u00e0 humides, fertiles, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides, argileux \u00e0 limono-argileux, bien pourvus en azote.<\/p>\n<p>Du point de vue phytosociologique, elle est caract\u00e9ristique de l&rsquo;ordre des <em>Arrhenatheretalia elatioris<\/em> (prairies de fauche m\u00e9sophiles) et de la classe des <em>Molinio-Arrhenatheretea<\/em>. C&rsquo;est l&rsquo;une des esp\u00e8ces les plus constantes des prairies europ\u00e9ennes, pr\u00e9sente dans une gamme tr\u00e8s large de communaut\u00e9s herbac\u00e9es.<\/p>\n<p>La pollinisation est entomophile, assur\u00e9e par un grand nombre d&rsquo;insectes g\u00e9n\u00e9ralistes (abeilles, syrphes, col\u00e9opt\u00e8res, papillons). La structure optique particuli\u00e8re des p\u00e9tales, qui refl\u00e8te les UV, attire efficacement les pollinisateurs. La diss\u00e9mination est barochore et hydrochore. La plante est vivace et se multiplie aussi v\u00e9g\u00e9tativement par tallage \u00e0 partir de la souche.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La Renoncule \u00e2cre poss\u00e8de une distribution circumbor\u00e9ale, pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe (de l&rsquo;Islande aux montagnes m\u00e9diterran\u00e9ennes), dans le nord de l&rsquo;Asie (Sib\u00e9rie, Mongolie, Chine du nord), et naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande. C&rsquo;est l&rsquo;une des plantes prairiales les plus largement distribu\u00e9es au monde.<\/p>\n<p>En France, elle est tr\u00e8s commune sur l&rsquo;ensemble du territoire m\u00e9tropolitain, des plaines aux alpages, de 0 \u00e0 2 500 m d&rsquo;altitude. Elle est pr\u00e9sente en Corse. C&rsquo;est probablement la renoncule la plus abondante et la plus fr\u00e9quemment observ\u00e9e en France.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La Renoncule \u00e2cre contient principalement de la <strong>ranunculine<\/strong>, un glycoside instable pr\u00e9sent dans tous les tissus de la plante fra\u00eeche. Lors du broyage ou de la mastication, la ranunculine est hydrolys\u00e9e par des enzymes endog\u00e8nes (b\u00eata-glucosidases) pour lib\u00e9rer la <strong>protoan\u00e9monine<\/strong>, substance volatile, tr\u00e8s r\u00e9active, \u00e0 action v\u00e9sicante et irritante. La protoan\u00e9monine se dim\u00e9rise rapidement \u00e0 l&rsquo;air pour donner l&rsquo;<strong>an\u00e9monine<\/strong>, beaucoup moins toxique, puis se d\u00e9grade en <strong>acide an\u00e9monique<\/strong>. Le s\u00e9chage de la plante inactive donc progressivement le principe toxique.<\/p>\n<p>La plante contient \u00e9galement des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (kaempf\u00e9rol, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a> et leurs glycosides), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>, des <strong>tanins<\/strong>, de la <strong>vitamine C<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (responsables de la couleur jaune) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>. Les p\u00e9tales contiennent un pigment carot\u00e9no\u00efde jaune et une structure optique multi-couches responsable du lustre verniss\u00e9 caract\u00e9ristique.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 v\u00e9sicante et rub\u00e9fiante :<\/strong> La protoan\u00e9monine provoque, au contact de la peau et des muqueuses, une irritation intense, des rougeurs, des cloques et des ulc\u00e9rations. Cet effet, exploit\u00e9 comme r\u00e9vulsif dans la m\u00e9decine populaire, est trop violent et trop impr\u00e9visible pour un usage th\u00e9rapeutique moderne.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> La protoan\u00e9monine poss\u00e8de une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne et antifongique \u00e0 large spectre in vitro, document\u00e9e contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em>, <em>Candida albicans<\/em> et divers dermatophytes. L&rsquo;an\u00e9monine conserve une activit\u00e9 antimicrobienne plus mod\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> L&rsquo;an\u00e9monine (produit de dim\u00e9risation de la protoan\u00e9monine) a montr\u00e9 des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires in vivo chez l&rsquo;animal, par inhibition des voies NF-kB et COX-2. Des effets antinociceptifs ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 document\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antitumorale :<\/strong> La protoan\u00e9monine et l&rsquo;an\u00e9monine exercent une cytotoxicit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e in vitro contre certaines lign\u00e9es cellulaires canc\u00e9reuses. Toutefois, la faible s\u00e9lectivit\u00e9 et la toxicit\u00e9 non sp\u00e9cifique de ces compos\u00e9s limitent leur int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique direct.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune indication th\u00e9rapeutique officielle n&rsquo;est reconnue pour <em>Ranunculus acris<\/em>. La plante fra\u00eeche est trop toxique et irritante pour un usage phytoth\u00e9rapeutique. En hom\u00e9opathie, la teinture-m\u00e8re dilu\u00e9e est utilis\u00e9e pour les n\u00e9vralgies intercostales, les douleurs thoraciques, les \u00e9ruptions v\u00e9siculeuses (zona, ecz\u00e9ma) et les myalgies, mais ces indications ne sont pas soutenues par des preuves cliniques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Ranunculine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Protoan\u00e9monine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>An\u00e9monine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide an\u00e9monique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>L&rsquo;usage interne de la Renoncule \u00e2cre fra\u00eeche est formellement d\u00e9conseill\u00e9 en raison de sa toxicit\u00e9.<\/strong> Seules les pr\u00e9parations hom\u00e9opathiques en dilution (5 CH et au-del\u00e0) sont utilis\u00e9es, selon les indications du prescripteur hom\u00e9opathe. La plante s\u00e9ch\u00e9e, dans laquelle la protoan\u00e9monine s&rsquo;est d\u00e9grad\u00e9e en an\u00e9monine puis en acide an\u00e9monique, est beaucoup moins toxique mais n&rsquo;a pas d&rsquo;usage m\u00e9dicinal \u00e9tabli.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La plante fra\u00eeche est v\u00e9sicante et irritante. Le contact cutan\u00e9 provoque des dermites de contact (rougeur, prurit, cloques). L&rsquo;ingestion provoque une irritation s\u00e9v\u00e8re de la bouche et du tube digestif. Ne jamais consommer la plante fra\u00eeche. \u00c9duquer les enfants sur la toxicit\u00e9 du bouton d&rsquo;or. Les animaux de p\u00e2turage \u00e9vitent g\u00e9n\u00e9ralement la plante fra\u00eeche en raison de son go\u00fbt \u00e2cre, mais le foin sec contenant des renoncules est inoffensif. Contre-indications absolues : grossesse, allaitement, enfants.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Sans objet en raison de l&rsquo;absence d&rsquo;usage th\u00e9rapeutique interne recommand\u00e9. En hom\u00e9opathie, aucune interaction n&rsquo;est document\u00e9e aux dilutions utilis\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La Renoncule \u00e2cre est class\u00e9e parmi les plantes mod\u00e9r\u00e9ment toxiques de la flore europ\u00e9enne. L&rsquo;ingestion de la plante fra\u00eeche provoque une stomatite (inflammation buccale), une salivation excessive, des naus\u00e9es, des vomissements, des douleurs abdominales et des diarrh\u00e9es. Dans les cas graves (ingestion importante), des convulsions, une n\u00e9phrite et un collapsus cardiovasculaire peuvent survenir, bien que les intoxications fatales soient exceptionnelles chez l&rsquo;homme (le go\u00fbt \u00e2cre et br\u00fblant dissuade g\u00e9n\u00e9ralement l&rsquo;ingestion de grandes quantit\u00e9s).<\/p>\n<p>La toxicit\u00e9 pour le b\u00e9tail est bien document\u00e9e : l&rsquo;ingestion de grandes quantit\u00e9s de renoncules fra\u00eeches (possible sur des p\u00e2turages tr\u00e8s infest\u00e9s) provoque des gastro-ent\u00e9rites, des coliques, des diarrh\u00e9es sanglantes et, dans les cas extr\u00eames, la mort. Le foin sec est inoffensif car la protoan\u00e9monine se d\u00e9grade au s\u00e9chage.<\/p>\n<p>La dermotoxicit\u00e9 est significative : le suc frais appliqu\u00e9 sur la peau provoque des br\u00fblures chimiques avec formation de phlyct\u00e8nes en quelques heures. Le contact oculaire peut provoquer une conjonctivite s\u00e9v\u00e8re et un \u0153d\u00e8me corn\u00e9en.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La Renoncule \u00e2cre est avant tout connue comme plante toxique pour le b\u00e9tail et les enfants, et non comme plante m\u00e9dicinale. Le jeu enfantin consistant \u00e0 placer un bouton d&rsquo;or sous le menton pour voir si l&rsquo;on aime le beurre (le reflet jaune sur la peau) est un usage folklorique universel dans les campagnes europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire, la plante fra\u00eeche \u00e9tait utilis\u00e9e comme v\u00e9sicant et rub\u00e9fiant, appliqu\u00e9e sur la peau pour provoquer des rougeurs et des cloques (effet r\u00e9vulsif). Les mendiants du Moyen \u00c2ge et de l&rsquo;Ancien R\u00e9gime se frottaient le visage et les mains avec des renoncules pour se faire des plaies apparentes et exciter la compassion des passants. La plante \u00e9tait aussi appliqu\u00e9e en cataplasme contre les douleurs rhumatismales et les n\u00e9vralgies (par effet r\u00e9vulsif). La teinture de la plante fra\u00eeche \u00e9tait utilis\u00e9e en hom\u00e9opathie sous le nom de <em>Ranunculus acris<\/em> pour les n\u00e9vralgies intercostales et les \u00e9ruptions cutan\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Ranunculus acris<\/em> est une esp\u00e8ce tr\u00e8s commune qui ne n\u00e9cessite aucune mesure de conservation sp\u00e9cifique. Elle est incluse dans les m\u00e9langes de semences prairiales et peut \u00eatre sem\u00e9e dans les prairies fleuries et les jardins naturels. La culture est sans difficult\u00e9 en sol frais et fertile, au soleil ou \u00e0 mi-ombre. Le semis se fait au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne. La plante se multiplie facilement par division de touffe ou par semis spontan\u00e9.<\/p>\n<p>En phytoth\u00e9rapie et en hom\u00e9opathie, la plante fra\u00eeche est r\u00e9colt\u00e9e en pleine floraison (mai-juin) et utilis\u00e9e imm\u00e9diatement pour la pr\u00e9paration de teintures-m\u00e8res. Le s\u00e9chage inactive rapidement le principe actif (protoan\u00e9monine).<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et protection<\/h3>\n<p><em>Ranunculus acris<\/em> est class\u00e9e LC (Pr\u00e9occupation mineure) par l&rsquo;UICN. L&rsquo;esp\u00e8ce est tr\u00e8s commune et non menac\u00e9e. Elle ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection. Elle ne figure \u00e0 aucune pharmacop\u00e9e officielle. Son usage en hom\u00e9opathie est autoris\u00e9 dans le cadre de la r\u00e9glementation hom\u00e9opathique europ\u00e9enne. La plante n&rsquo;est pas inscrite sur les listes de plantes m\u00e9dicinales en vente libre ni sur les listes de plantes toxiques r\u00e9glement\u00e9es, bien que sa toxicit\u00e9 soit reconnue dans la litt\u00e9rature scientifique et v\u00e9t\u00e9rinaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>RENONCULE \u00c2CRE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Ranunculus%20acris\">Plants of the World Online, Kew : <em>Ranunculus acris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Ranunculus+acris\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Ranunculus acris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antibact\u00e9rien<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antifongique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Nom scientifique : Ranunculus acris L. Famille : Ranunculaceae Genre : Ranunculus Synonymes : Ranunculus acer L. 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