{"id":1313,"date":"2026-03-26T11:40:31","date_gmt":"2026-03-26T10:40:31","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/trollius-deurope\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"trollius-deurope","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/trollius-deurope\/","title":{"rendered":"TROLLIUS D\u2019EUROPE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Trolle%20d%27Europe.jpg\" alt=\"Planche botanique TROLLIUS D\u2019EUROPE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <em>Trollius europaeus<\/em> L., commun\u00e9ment appel\u00e9 trolle d&rsquo;Europe, trolle globuleux ou boule d&rsquo;or, est une plante vivace de la famille des <strong>Ranunculaceae<\/strong>. Le genre <em>Trollius<\/em> comprend une trentaine d&rsquo;esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et froides de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. Le nom <em>Trollius<\/em> d\u00e9rive probablement de l&rsquo;allemand <em>Trollblume<\/em> (fleur sph\u00e9rique), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme globuleuse caract\u00e9ristique de la fleur. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>europaeus<\/em> le distingue des esp\u00e8ces asiatiques du genre. Le trolle d&rsquo;Europe est l&rsquo;une des plus belles plantes de la flore montagnarde europ\u00e9enne, reconnaissable entre toutes \u00e0 ses fleurs jaune d&rsquo;or en globe parfait.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le trolle d&rsquo;Europe est une plante vivace herbac\u00e9e, haute de 30 \u00e0 60 cm, parfois davantage en conditions optimales. Le rhizome est court, \u00e9pais, noir\u00e2tre, portant de nombreuses racines fibreuses. La tige est dress\u00e9e, simple ou peu ramifi\u00e9e, glabre, fistuleuse, cannel\u00e9e. Les feuilles basales sont longuement p\u00e9tiol\u00e9es, palmatipartites, divis\u00e9es en 3 \u00e0 5 segments eux-m\u00eames profond\u00e9ment incis\u00e9s-dent\u00e9s, vert fonc\u00e9, glabres. Les feuilles caulinaires sont sessiles, plus petites, \u00e0 divisions plus \u00e9troites. La fleur, solitaire ou par 2 \u00e0 3 au sommet de la tige, est spectaculaire : globuleuse, ferm\u00e9e, de 3 \u00e0 5 cm de diam\u00e8tre, d&rsquo;un jaune citron \u00e0 jaune d&rsquo;or lumineux. Les s\u00e9pales, au nombre de 5 \u00e0 15, sont p\u00e9talo\u00efdes, incurv\u00e9s, se recouvrant mutuellement pour former la boule caract\u00e9ristique. Les p\u00e9tales v\u00e9ritables sont transform\u00e9s en nectaires lin\u00e9aires, courts, enferm\u00e9s \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la boule. Les \u00e9tamines sont nombreuses. Les carpelles, au nombre de 5 \u00e0 15, sont libres, surmont\u00e9s de styles persistants. Les follicules, \u00e0 maturit\u00e9, sont group\u00e9s en t\u00eate, contenant de nombreuses graines noires, luisantes. Le syst\u00e8me racinaire est dense et fibreux.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>Le trolle d&rsquo;Europe est une esp\u00e8ce des prairies humides et des p\u00e2turages de montagne de l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e. Sa r\u00e9partition couvre les massifs montagneux d&rsquo;Europe, de la Scandinavie aux Balkans, en passant par les Alpes, les Pyr\u00e9n\u00e9es, les Carpates, le Jura et le Massif central. Il se rencontre aussi en plaine dans les r\u00e9gions septentrionales (Angleterre, Scandinavie). En France, il est pr\u00e9sent dans tous les massifs montagneux, principalement de 800 \u00e0 2 500 m d&rsquo;altitude. Il affectionne les prairies de fauche montagnardes, les p\u00e2turages humides, les m\u00e9gaphorbiaies, les bords de ruisseaux, les marais de pente et les lisi\u00e8res de for\u00eats. Il exige un sol riche en humus, frais \u00e0 humide, neutre \u00e0 basique, profond. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance phytosociologique <em>Triseto-Polygonion<\/em> (prairies grasses de montagne).<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>Le trolle d&rsquo;Europe est une g\u00e9ophyte rhizomateuse. La reprise de v\u00e9g\u00e9tation a lieu au printemps, d\u00e8s la fonte des neiges (avril-mai en montagne). La croissance est rapide, les feuilles et les tiges florales se d\u00e9veloppant en quelques semaines. La floraison se d\u00e9roule de mai \u00e0 juillet selon l&rsquo;altitude, avec un pic en juin. La forme globuleuse ferm\u00e9e de la fleur joue un r\u00f4le cl\u00e9 dans la pollinisation. Les mouches du genre <em>Chiastocheta<\/em> (Anthomyiidae), pollinisateurs quasi exclusifs du trolle, p\u00e9n\u00e8trent \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la fleur pour se nourrir du nectar et du pollen, assurant la pollinisation tout en pondant leurs \u0153ufs dans les carpelles. Les larves consomment une partie des graines en d\u00e9veloppement, \u00e9tablissant une relation mutualiste-antagoniste unique. La fructification se d\u00e9roule de juillet \u00e0 ao\u00fbt. Les follicules m\u00fbrs s&rsquo;ouvrent pour lib\u00e9rer les graines, dispers\u00e9es par gravit\u00e9 et par le vent. La plante entre en dormance en automne, le rhizome stockant des r\u00e9serves pour le cycle suivant. La long\u00e9vit\u00e9 des individus peut d\u00e9passer plusieurs d\u00e9cennies.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le trolle d&rsquo;Europe contient, comme la plupart des Ranunculaceae, des compos\u00e9s potentiellement toxiques. Les principaux m\u00e9tabolites identifi\u00e9s sont la <strong>protoan\u00e9monine<\/strong>, compos\u00e9 volatil irritant pour les muqueuses et la peau, lib\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;hydrolyse du <strong>ranunculoside<\/strong>. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et du <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>) sont pr\u00e9sents dans les fleurs et les feuilles. Les fleurs contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> responsables de la couleur jaune intense, notamment du <strong>trollixanthine<\/strong>, un xanthophylle sp\u00e9cifique de ce genre. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> compl\u00e8tent le profil chimique. Le nectar des p\u00e9tales-nectaires contient des <strong>sucres<\/strong> et des <strong>acides amin\u00e9s<\/strong> qui attirent les mouches pollinisatrices. Bien que toxique \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat frais, la protoan\u00e9monine est instable et se d\u00e9compose en an\u00e9monine, peu toxique, lors du s\u00e9chage, ce qui r\u00e9duit la toxicit\u00e9 de la plante s\u00e8che.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Le trolle d&rsquo;Europe ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucun usage m\u00e9dicinal courant en raison de sa toxicit\u00e9. La protoan\u00e9monine qu&rsquo;il contient provoque des irritations cutan\u00e9es, des inflammations des muqueuses digestives et, \u00e0 forte dose, des convulsions. En m\u00e9decine populaire alpine, la plante \u00e9tait parfois utilis\u00e9e en cataplasme externe pour traiter les douleurs articulaires et les contusions, l&rsquo;irritation provoqu\u00e9e \u00e9tant cens\u00e9e exercer un effet r\u00e9vulsif. En Russie et en Scandinavie, les racines s\u00e9ch\u00e9es \u00e9taient administr\u00e9es en petites doses comme vermifuge. Ces usages sont aujourd&rsquo;hui abandonn\u00e9s. Les flavono\u00efdes et les carot\u00e9no\u00efdes du trolle pr\u00e9sentent des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes d\u00e9montr\u00e9es in vitro, mais aucune application th\u00e9rapeutique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e. En hom\u00e9opathie, le trolle d&rsquo;Europe est parfois prescrit sous forme de dilutions contre les \u00e9ruptions cutan\u00e9es et les inflammations.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Protoan\u00e9monine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ranunculoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Trollixanthine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Le trolle d&rsquo;Europe ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune transformation alimentaire ou industrielle en raison de sa toxicit\u00e9. En horticulture, les plants sont commercialis\u00e9s en godets par les p\u00e9pini\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es en plantes vivaces et alpines. Les fleurs coup\u00e9es, spectaculaires par leur forme et leur couleur, sont parfois utilis\u00e9es dans les bouquets printaniers, bien que leur tenue en vase soit limit\u00e9e (4 \u00e0 5 jours). En conservation, les graines sont r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 maturit\u00e9 des follicules (ao\u00fbt) et stock\u00e9es au frais pour les semis ou la conservation en banque de semences. Les conservatoires botaniques maintiennent des collections de trolles provenant de diff\u00e9rentes populations pour pr\u00e9server la diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique de l&rsquo;esp\u00e8ce. Aucune pr\u00e9paration m\u00e9dicinale standardis\u00e9e n&rsquo;est commercialis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>Le trolle d&rsquo;Europe est un bio-indicateur des prairies montagnardes humides en bon \u00e9tat de conservation. Sa pr\u00e9sence signale des conditions de sol riche, frais et non d\u00e9grad\u00e9. Sa relation mutualiste avec les mouches <em>Chiastocheta<\/em> est l&rsquo;une des interactions plante-pollinisateur les plus sp\u00e9cialis\u00e9es de la flore europ\u00e9enne, illustrant la fragilit\u00e9 des r\u00e9seaux de mutualisme. La disparition de ces mouches pollinisatrices, notamment sous l&rsquo;effet des insecticides ou du changement climatique, pourrait compromettre la reproduction sexu\u00e9e du trolle. Le trolle d&rsquo;Europe participe \u00e0 la diversit\u00e9 floristique des prairies de fauche montagnardes, habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire (code 6520). Son d\u00e9clin est un indicateur de la d\u00e9gradation de ces prairies par l&rsquo;intensification, l&rsquo;abandon ou le drainage. Les populations de plaine, relictuelles et isol\u00e9es, sont particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le trolle d&rsquo;Europe a une place modeste mais r\u00e9elle dans l&rsquo;ethnobotanique montagnarde. Dans les Alpes, les \u00ab boules d&rsquo;or \u00bb \u00e9taient cueillies pour confectionner des bouquets printaniers et d\u00e9corer les f\u00eates de la mont\u00e9e aux alpages. En Scandinavie, la plante \u00e9tait associ\u00e9e aux f\u00eates du solstice d&rsquo;\u00e9t\u00e9, sa couleur dor\u00e9e symbolisant le soleil. Dans le folklore allemand, la <em>Trollblume<\/em> \u00e9tait li\u00e9e aux trolls, ces cr\u00e9atures de la mythologie nordique, la fleur ferm\u00e9e \u00e9tant cens\u00e9e dissimuler un esprit. Les bergers alpins observaient que les vaches \u00e9vitaient les trolles au p\u00e2turage, la protoan\u00e9monine leur conf\u00e9rant un go\u00fbt \u00e2cre dissuasif. En m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire populaire, la plante fra\u00eeche \u00e9tait parfois frott\u00e9e sur les plaies du b\u00e9tail pour \u00e9loigner les mouches. Les prairies \u00e0 trolles \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es par les agriculteurs comme un indicateur de sol riche et bien arros\u00e9, favorable au foin de qualit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>Le trolle d&rsquo;Europe est cultiv\u00e9 comme plante ornementale vivace dans les jardins humides et les bordures de pi\u00e8ces d&rsquo;eau. Sa culture exige un sol riche, humif\u00e8re, frais \u00e0 humide, neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide. Il tol\u00e8re le plein soleil \u00e0 mi-ombre, mais exige une humidit\u00e9 constante du sol. Le semis est le mode de multiplication principal, mais il est lent et capricieux : les graines n\u00e9cessitent une double stratification (chaude puis froide) et mettent souvent 6 \u00e0 18 mois \u00e0 germer. La division des touffes, pratiqu\u00e9e au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne, est plus fiable et rapide. L&rsquo;espacement recommand\u00e9 est de 30 \u00e0 40 cm. L&rsquo;arrosage doit \u00eatre r\u00e9gulier, la plante ne supportant pas la s\u00e9cheresse estivale. Un paillage organique maintient la fra\u00eecheur du sol. La rusticit\u00e9 est excellente, la plante r\u00e9sistant \u00e0 -25 \u00b0C et au-del\u00e0. Les cultivars hybrides (<em>Trollius \u00d7 cultorum<\/em>), issus de croisements avec des esp\u00e8ces asiatiques, offrent une gamme de coloris allant du jaune citron \u00e0 l&rsquo;orange vif.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>Le trolle d&rsquo;Europe est prot\u00e9g\u00e9 au niveau r\u00e9gional dans de nombreuses r\u00e9gions de France, notamment en \u00cele-de-France, Picardie, Nord-Pas-de-Calais, Centre et Pays de la Loire, o\u00f9 il est rare et en d\u00e9clin. Il figure sur des listes rouges r\u00e9gionales avec des statuts de \u00ab Vuln\u00e9rable \u00bb \u00e0 \u00ab En danger \u00bb. En montagne, il reste localement abondant mais en r\u00e9gression sous l&rsquo;effet du drainage des prairies, de l&rsquo;intensification du p\u00e2turage et de l&rsquo;abandon de la fauche traditionnelle. En Angleterre, il est class\u00e9 \u00ab Near Threatened \u00bb. En Belgique, il est prot\u00e9g\u00e9 et rare. La Convention de Berne ne le mentionne pas sp\u00e9cifiquement. La conservation du trolle d&rsquo;Europe passe par le maintien des prairies de fauche montagnardes avec gestion traditionnelle (fauche tardive, pas de fertilisation excessive), la protection des zones humides de plaine et la restauration des habitats d\u00e9grad\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>La relation entre le trolle d&rsquo;Europe et les mouches <em>Chiastocheta<\/em> est un exemple classique de co\u00e9volution, d\u00e9crit pour la premi\u00e8re fois par le botaniste suisse Hermann M\u00fcller en 1881. Ces mouches sont les seuls insectes capables de p\u00e9n\u00e9trer dans la fleur ferm\u00e9e pour acc\u00e9der au nectar et au pollen. En pondant dans les carpelles, elles \u00ab paient \u00bb un tribut \u00e0 la plante (destruction de quelques graines), tout en assurant un service essentiel (pollinisation). Cette interaction rappelle celle du figuier et du blastophage. Le nom \u00ab boule d&rsquo;or \u00bb est utilis\u00e9 dans de nombreuses langues europ\u00e9ennes : \u00ab Goldball \u00bb en allemand, \u00ab globe flower \u00bb en anglais. Dans les Alpes suisses, le trolle est l&rsquo;une des fleurs embl\u00e9matiques de la f\u00eate de la \u00ab mont\u00e9e \u00e0 l&rsquo;alpage \u00bb (Alpaufzug). Le peintre botanique Pierre-Joseph Redout\u00e9 illustra magnifiquement le trolle d&rsquo;Europe dans ses planches de fleurs de montagne au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La forme globuleuse ferm\u00e9e de la fleur du trolle d&rsquo;Europe est si caract\u00e9ristique qu&rsquo;elle r\u00e9duit consid\u00e9rablement les risques de confusion. Toutefois, quelques esp\u00e8ces peuvent pr\u00eater \u00e0 erreur. Le <em>Caltha palustris<\/em> (populage des marais), qui partage les m\u00eames habitats humides, poss\u00e8de des fleurs jaunes mais ouvertes, \u00e0 5 s\u00e9pales p\u00e9talo\u00efdes \u00e9tal\u00e9s, sans la forme en boule. Le <em>Ranunculus aconitifolius<\/em> (bouton d&rsquo;argent) a des fleurs blanches. Les renoncules \u00e0 fleurs jaunes (<em>Ranunculus acris<\/em>, <em>R. repens<\/em>) ont des fleurs ouvertes, \u00e0 5 p\u00e9tales brillants et r\u00e9fl\u00e9chissants. Les dor\u00f3nics (<em>Doronicum<\/em> spp.), compos\u00e9es jaunes, ont des capitules rayonn\u00e9s tr\u00e8s diff\u00e9rents. Le <em>Trollius asiaticus<\/em>, esp\u00e8ce asiatique cultiv\u00e9e, se distingue par ses nectaires plus longs, d\u00e9passant les s\u00e9pales, et sa couleur orange plus vive. Le crit\u00e8re le plus fiable est la fleur globuleuse \u00e0 s\u00e9pales incurv\u00e9s formant une boule ferm\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le trolle d&rsquo;Europe est une esp\u00e8ce embl\u00e9matique des prairies humides montagnardes, dont la beaut\u00e9, la biologie de la pollinisation et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 en font un symbole de la biodiversit\u00e9 des paysages pastoraux traditionnels. Sa conservation est indissociable de celle des prairies de fauche montagnardes, habitats en d\u00e9clin dans toute l&rsquo;Europe. Les enjeux de recherche portent sur la compr\u00e9hension des m\u00e9canismes de la co\u00e9volution avec les mouches <em>Chiastocheta<\/em>, l&rsquo;impact du changement climatique sur la ph\u00e9nologie de la floraison et de la pollinisation, et la gestion conservatoire des prairies \u00e0 trolles. Le trolle d&rsquo;Europe nous rappelle que la beaut\u00e9 des paysages de montagne est le fruit d&rsquo;interactions \u00e9cologiques complexes et fragiles, et que leur pr\u00e9servation exige une gestion attentive et respectueuse des \u00e9quilibres naturels.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Trollius%20europaeus\">Plants of the World Online, Kew : <em>Trollius europaeus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Trollius+europaeus\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Trollius europaeus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant (usage traditionnel)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. 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