{"id":1324,"date":"2026-03-26T11:40:46","date_gmt":"2026-03-26T10:40:46","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/lamandier\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"amandier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/amandier\/","title":{"rendered":"AMANDIER"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/amandier.png\" alt=\"Planche botanique Amandier\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left;margin:5px 25px 15px 0;max-width:280px;border:1px solid #c9b99a;padding:6px;background:#faf6ee;border-radius:4px;cursor:pointer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/prunus_dulcis.jpg\" alt=\"Prunus dulcis \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%;height:auto\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.78em;color:#5a4e3c;margin-top:5px;font-style:italic\">Prunus dulcis<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Nom scientifique :<\/strong> <em>Prunus dulcis<\/em> (Mill.) D.A.Webb<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Rosaceae<br \/>\n<strong>Sous-famille :<\/strong> Amygdaloideae (Prunoideae)<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Prunus<\/em><br \/>\n<strong>Synonymes :<\/strong> <em>Amygdalus communis<\/em> L., <em>Prunus amygdalus<\/em> Batsch, <em>Amygdalus dulcis<\/em> Mill.<br \/>\n<strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Amandier, Amandier commun, Amandier doux, Almond (en), Mandelbaum (de), Almendro (es), Mandorlo (it)<\/p>\n<p>L&rsquo;Amandier est l&rsquo;un des arbres fruitiers les plus anciennement cultiv\u00e9s par l&rsquo;humanit\u00e9. Son nom latin <em>amygdalus<\/em> d\u00e9rive du grec <em>amygdal\u00ea<\/em>, lui-m\u00eame probablement emprunt\u00e9 \u00e0 une langue s\u00e9mitique (h\u00e9breu <em>shaqed<\/em>, celui qui veille, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 sa floraison pr\u00e9coce annon\u00e7ant la fin de l&rsquo;hiver). L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>dulcis<\/em> distingue l&rsquo;amandier doux, comestible, de l&rsquo;amandier amer (<em>P. dulcis<\/em> var. <em>amara<\/em>), dont les amandes contiennent de l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong> toxique. Des vestiges arch\u00e9ologiques attestent de la consommation d&rsquo;amandes au Proche-Orient d\u00e8s le N\u00e9olithique, il y a environ 8 000 ans. Sa domestication, l&rsquo;une des toutes premi\u00e8res de l&rsquo;histoire agricole humaine, a n\u00e9cessit\u00e9 la s\u00e9lection de mutants d\u00e9pourvus d&rsquo;amertume \u00e0 partir de populations sauvages toxiques, ce qui repr\u00e9sente un jalon fondamental de la co\u00e9volution homme-plante.<\/p>\n<p>Le genre <em>Prunus<\/em> comprend environ 430 esp\u00e8ces d&rsquo;arbres et arbustes incluant les cerisiers, pruniers, p\u00eachers et abricotiers. L&rsquo;Amandier est \u00e9troitement apparent\u00e9 au p\u00eacher (<em>Prunus persica<\/em>), avec lequel il s&rsquo;hybride ais\u00e9ment, donnant naissance \u00e0 des hybrides fertiles utilis\u00e9s comme porte-greffes (GF 677, hybride amandier-p\u00eacher). Les analyses phylog\u00e9n\u00e9tiques mol\u00e9culaires confirment que ces deux esp\u00e8ces partagent un anc\u00eatre commun r\u00e9cent, ayant diverg\u00e9 il y a 5 \u00e0 8 millions d&rsquo;ann\u00e9es. Le g\u00e8ne responsable de l&rsquo;amertume (et de la production d&rsquo;amygdaline) a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9 r\u00e9cemment comme un facteur de transcription de type bHLH, dont l&rsquo;inactivation par mutation a permis la domestication.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Arbre \u00e0 feuilles caduques, de taille moyenne, atteignant 5 \u00e0 10 m de hauteur (rarement 12 m), \u00e0 tronc souvent tortueux et \u00e0 \u00e9corce brun-gris, lisse chez les jeunes sujets puis profond\u00e9ment crevass\u00e9e et \u00e9cailleuse avec l&rsquo;\u00e2ge. La couronne est \u00e9tal\u00e9e, irr\u00e9guli\u00e8re, ouverte. Les rameaux de l&rsquo;ann\u00e9e sont verts puis brun-rouge, glabres, luisants, portant des bourgeons ovo\u00efdes, pointus, souvent group\u00e9s par trois (un bourgeon \u00e0 bois encadr\u00e9 de deux bourgeons \u00e0 fleur).<\/p>\n<p>Les feuilles, apparaissant apr\u00e8s les fleurs, sont alternes, lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, longues de 6 \u00e0 12 cm et larges de 1,5 \u00e0 3,5 cm, acumin\u00e9es au sommet, att\u00e9nu\u00e9es \u00e0 la base en un p\u00e9tiole de 1 \u00e0 2,5 cm muni de 2 \u00e0 4 glandes nectarif\u00e8res. Le limbe est finement dent\u00e9 en scie, glabre, d&rsquo;un vert vif sur la face sup\u00e9rieure, plus p\u00e2le en dessous. Les stipules sont petites, lin\u00e9aires et caduques.<\/p>\n<p>Les fleurs, solitaires ou g\u00e9min\u00e9es, naissent sur le bois de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, avant les feuilles, de f\u00e9vrier \u00e0 mars (parfois d\u00e8s janvier dans les r\u00e9gions les plus cl\u00e9mentes). Cette floraison spectaculairement pr\u00e9coce, en masse blanche ou rose p\u00e2le, est l&rsquo;un des premiers signes du printemps m\u00e9diterran\u00e9en et constitue un spectacle paysager remarquable. Chaque fleur mesure 3 \u00e0 5 cm de diam\u00e8tre, port\u00e9e par un court p\u00e9dicelle de 2 \u00e0 6 mm. Le calice est campanul\u00e9, \u00e0 5 s\u00e9pales rouge\u00e2tres, pubescents. Les 5 p\u00e9tales sont blancs \u00e0 rose p\u00e2le, obovales, de 15 \u00e0 25 mm. Les \u00e9tamines sont nombreuses (20 \u00e0 40), \u00e0 filets blancs et anth\u00e8res jaunes. Le pistil unique comprend un ovaire sup\u00e8re pubescent, un style allong\u00e9 et un stigmate capit\u00e9.<\/p>\n<p>Le fruit est une drupe ovo\u00efde, comprim\u00e9e lat\u00e9ralement, de 3 \u00e0 6 cm de long, couverte d&rsquo;un m\u00e9socarpe charnu mais mince et coriace (la coque verte), non comestible, qui se dess\u00e8che et s&rsquo;ouvre \u00e0 maturit\u00e9 pour lib\u00e9rer l&rsquo;endocarpe ligneux (la coquille) contenant la graine (l&rsquo;amande proprement dite). L&rsquo;endocarpe, de duret\u00e9 variable selon les vari\u00e9t\u00e9s (dur, demi-dur, tendre ou papyrac\u00e9), est cribl\u00e9 de petites perforations. La graine, ovo\u00efde, aplatie, de 2 \u00e0 3,5 cm, est recouverte d&rsquo;un t\u00e9gument brun (la peau) et contient deux cotyl\u00e9dons blancs, riches en huile et en prot\u00e9ines. La fructification s&rsquo;\u00e9tale de juillet \u00e0 septembre selon les vari\u00e9t\u00e9s et les r\u00e9gions.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et \u00e9cologie<\/h3>\n<p>L&rsquo;Amandier est une esp\u00e8ce typiquement m\u00e9diterran\u00e9enne, h\u00e9liophile et thermophile. \u00c0 l&rsquo;\u00e9tat spontan\u00e9 ou subspontan\u00e9, il cro\u00eet dans les garrigues, les matorrals, les pentes rocheuses calcaires, les terrasses abandonn\u00e9es et les friches des r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes, de 0 \u00e0 1 000 m d&rsquo;altitude (localement jusqu&rsquo;\u00e0 1 800 m au Maroc et en Iran). Il supporte remarquablement la s\u00e9cheresse estivale, gr\u00e2ce \u00e0 un syst\u00e8me racinaire pivotant profond pouvant atteindre 5 \u00e0 6 m, et \u00e0 une r\u00e9gulation stomatique efficace. En revanche, il est tr\u00e8s sensible au froid hivernal, surtout lors de la floraison pr\u00e9coce : les fleurs sont d\u00e9truites d\u00e8s -2 \u00e0 -3 \u00b0C, ce qui constitue le principal facteur limitant de la culture dans les r\u00e9gions septentrionales.<\/p>\n<p>Il pr\u00e9f\u00e8re les sols calcaires, bien drain\u00e9s, l\u00e9gers, sablonneux ou caillouteux, et tol\u00e8re mal les sols lourds, argileux, mal drain\u00e9s ou fortement acides. Il r\u00e9siste aux sols superficiels et \u00e0 une certaine salinit\u00e9. La pollinisation est entomophile, principalement assur\u00e9e par les abeilles domestiques (<em>Apis mellifera<\/em>) et les abeilles sauvages (osmies, andr\u00e8nes). La plupart des cultivars sont auto-incompatibles, n\u00e9cessitant une pollinisation crois\u00e9e par une vari\u00e9t\u00e9 compatible plant\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 ou la pr\u00e9sence de cultivars autocompatibles r\u00e9cents (Lauranne, Guara).<\/p>\n<p>L&rsquo;Amandier est un arbre long\u00e9vif, pouvant vivre 80 \u00e0 100 ans, mais la production optimale se situe entre 5 et 25 ans. Il entre en production d\u00e8s la 3e ou 4e ann\u00e9e apr\u00e8s la plantation. Les besoins en froid hivernal pour lever la dormance des bourgeons varient de 200 \u00e0 700 heures selon les cultivars, ce qui fait de cet arbre un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude pour l&rsquo;adaptation au changement climatique en arboriculture m\u00e9diterran\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;aire d&rsquo;origine de l&rsquo;Amandier se situe dans une vaste zone allant de l&rsquo;Asie centrale (montagnes du Tian Shan, au Kirghizstan et en Ouzb\u00e9kistan) jusqu&rsquo;au Levant et \u00e0 l&rsquo;Iran, \u00e0 travers l&rsquo;Afghanistan et le Turkm\u00e9nistan. Les populations sauvages ancestrales, constitu\u00e9es d&rsquo;amandiers amers, subsistent dans les montagnes d&rsquo;Asie centrale, o\u00f9 elles forment des bosquets clairs sur les pentes arides entre 800 et 1 600 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<p>La domestication est intervenue au Proche-Orient entre le 5e et le 3e mill\u00e9naire avant notre \u00e8re. De l\u00e0, l&rsquo;Amandier s&rsquo;est diffus\u00e9 vers l&rsquo;ouest avec les civilisations m\u00e9diterran\u00e9ennes : les Ph\u00e9niciens, les Grecs et surtout les Romains l&rsquo;ont propag\u00e9 dans tout le bassin m\u00e9diterran\u00e9en. Les Arabes ont consid\u00e9rablement d\u00e9velopp\u00e9 sa culture en Espagne (Al-Andalus) au Moyen \u00c2ge, et les missionnaires espagnols l&rsquo;ont introduit en Californie au XVIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, les principaux producteurs mondiaux d&rsquo;amandes sont les \u00c9tats-Unis (Californie, avec plus de 80 % de la production mondiale), l&rsquo;Espagne, l&rsquo;Australie, l&rsquo;Iran, l&rsquo;Italie, le Maroc et la Turquie. En France, la culture est traditionnelle en Provence, en Languedoc, en Corse et dans le Roussillon, mais elle a fortement r\u00e9gress\u00e9 au XXe si\u00e8cle face \u00e0 la concurrence californienne. Un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat significatif se manifeste depuis les ann\u00e9es 2010, port\u00e9 par la demande croissante en amandes, la recherche de cultures adapt\u00e9es au r\u00e9chauffement climatique et les programmes de relance de l&rsquo;amandiculture fran\u00e7aise.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Amande douce (graine du cultivar doux) :<\/strong><\/p>\n<p><strong>Lipides (50-65 % du poids sec) :<\/strong> L&rsquo;amande est riche en huile, compos\u00e9e principalement d&rsquo;<strong>acide ol\u00e9ique<\/strong> (60-75 %), d&rsquo;<strong>acide linol\u00e9ique<\/strong> (15-25 %), d&rsquo;<strong>acide palmitique<\/strong> (5-8 %) et d&rsquo;<strong>acide st\u00e9arique<\/strong> (1-3 %). Cette composition en fait une huile de type ol\u00e9ique, comparable \u00e0 l&rsquo;huile d&rsquo;olive par son profil en acides gras.<\/p>\n<p><strong>Prot\u00e9ines (18-25 %) :<\/strong> Les prot\u00e9ines de l&rsquo;amande comprennent l&rsquo;<strong>amandine<\/strong> (globuline majoritaire), la <strong>prunasine<\/strong> (albumine) et diverses glut\u00e9lines. Le profil en acides amin\u00e9s est riche en <strong>arginine<\/strong>, <strong>acide aspartique<\/strong> et <strong>acide glutamique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Glucides (12-20 %) :<\/strong> Principalement des <strong>fibres alimentaires<\/strong> (10-12 %), avec du <strong>saccharose<\/strong>, <strong>glucose<\/strong> et <strong>fructose<\/strong> en faible quantit\u00e9. L&rsquo;amande poss\u00e8de un index glyc\u00e9mique tr\u00e8s bas (environ 15).<\/p>\n<p><strong>Vitamines et min\u00e9raux :<\/strong> L&rsquo;amande est une source exceptionnelle de <strong>vitamine E<\/strong> (alpha-tocoph\u00e9rol, 25-27 mg\/100 g, soit environ 170 % des apports journaliers recommand\u00e9s), de <strong>magn\u00e9sium<\/strong> (270 mg\/100 g), de <strong>calcium<\/strong> (250 mg\/100 g), de <strong>phosphore<\/strong> (480 mg\/100 g), de <strong>potassium<\/strong> (730 mg\/100 g), de <strong>fer<\/strong> (3,7 mg\/100 g) et de <strong>zinc<\/strong> (3,1 mg\/100 g). Elle contient aussi des vitamines B2, B3, B9 et de la <strong>biotine<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s ph\u00e9noliques :<\/strong> La peau brune de l&rsquo;amande est riche en <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<strong>cat\u00e9chine<\/strong>, <strong>\u00e9picat\u00e9chine<\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>isorhamn\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides), en <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>, <strong>acide vanillique<\/strong>, <strong>acide protocat\u00e9chique<\/strong>) et en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/strong>. Ces compos\u00e9s conf\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;amande avec peau une activit\u00e9 antioxydante significativement sup\u00e9rieure \u00e0 celle de l&rsquo;amande mond\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Amande am\u00e8re (var. <em>amara<\/em>) :<\/strong> Contient en plus de l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong> (3-5 % du poids sec), un glycoside cyanog\u00e9n\u00e9tique qui, sous l&rsquo;action de l&rsquo;enzyme <strong>\u00e9mulsine<\/strong> (b\u00eata-glucosidase) et de l&rsquo;eau, lib\u00e8re de l&rsquo;<strong>acide cyanhydrique<\/strong> (HCN), du <strong>benzald\u00e9hyde<\/strong> (responsable de l&rsquo;ar\u00f4me caract\u00e9ristique d&rsquo;amande am\u00e8re) et du <strong>glucose<\/strong>. L&rsquo;amande douce ne contient que des traces d&rsquo;amygdaline (moins de 0,05 %).<\/p>\n<p><strong>Huile d&rsquo;amande douce :<\/strong> Huile grasse non siccative, compos\u00e9e essentiellement de triglyc\u00e9rides (ol\u00e9ine 60-75 %, linol\u00e9ine 15-25 %), de <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">b\u00eata-sitost\u00e9rol<\/a>), de <strong>squal\u00e8ne<\/strong>, de <strong>tocoph\u00e9rols<\/strong> (vitamine E) et de traces de cire.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 cardioprotectrice et hypolip\u00e9miante :<\/strong> De nombreuses \u00e9tudes cliniques randomis\u00e9es ont d\u00e9montr\u00e9 que la consommation r\u00e9guli\u00e8re d&rsquo;amandes (30-60 g\/jour) r\u00e9duit significativement le cholest\u00e9rol LDL (de 5 \u00e0 15 %), le cholest\u00e9rol total et les triglyc\u00e9rides, sans affecter le cholest\u00e9rol HDL b\u00e9n\u00e9fique. Ces effets sont attribu\u00e9s \u00e0 la synergie entre la composition lipidique (acide ol\u00e9ique, acide linol\u00e9ique), les fibres, les phytost\u00e9rols et les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a>. L&rsquo;amande est incluse dans le portfolio diet recommand\u00e9 par les soci\u00e9t\u00e9s de cardiologie pour la pr\u00e9vention cardiovasculaire.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> Les polyph\u00e9nols de la peau d&rsquo;amande, associ\u00e9s \u00e0 la vitamine E, conf\u00e8rent une activit\u00e9 antioxydante importante, mesur\u00e9e in vitro et confirm\u00e9e in vivo par la r\u00e9duction des marqueurs de stress oxydatif plasmatique (<strong>malondiald\u00e9hyde<\/strong>, prot\u00e9ines carbonyl\u00e9es). La synergie entre vitamine E et polyph\u00e9nols est sup\u00e9rieure \u00e0 celle de chaque composant isol\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 pr\u00e9biotique :<\/strong> Les fibres de l&rsquo;amande (peau et chair) stimulent la croissance des bact\u00e9ries b\u00e9n\u00e9fiques du microbiote intestinal, notamment les <em>Bifidobacterium<\/em> spp. et les <em>Lactobacillus<\/em> spp. Cet effet pr\u00e9biotique contribue \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration de la sant\u00e9 digestive et m\u00e9tabolique.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9gulation glyc\u00e9mique :<\/strong> La consommation d&rsquo;amandes att\u00e9nue le pic glyc\u00e9mique postprandial lorsqu&rsquo;elles sont consomm\u00e9es avec des aliments \u00e0 index glyc\u00e9mique \u00e9lev\u00e9. Cet effet est attribu\u00e9 aux fibres, aux prot\u00e9ines, aux lipides et \u00e0 la matrice alimentaire de l&rsquo;amande qui ralentissent la vidange gastrique et l&rsquo;absorption du glucose.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mollientes et dermatologiques (huile d&rsquo;amande douce) :<\/strong> L&rsquo;huile d&rsquo;amande douce est un \u00e9mollient de r\u00e9f\u00e9rence en dermatologie et en cosm\u00e9tologie. Elle restaure la barri\u00e8re cutan\u00e9e, r\u00e9duit la perte insensible en eau et am\u00e9liore la souplesse de la peau. Des \u00e9tudes cliniques ont confirm\u00e9 son efficacit\u00e9 dans la pr\u00e9vention des vergetures de grossesse et dans le traitement des dermatites s\u00e8ches et de l&rsquo;ecz\u00e9ma l\u00e9ger.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> Les flavono\u00efdes et les acides ph\u00e9noliques de l&rsquo;amande ont montr\u00e9 in vitro et in vivo une activit\u00e9 anti-inflammatoire, par inhibition des cytokines pro-inflammatoires (TNF-alpha, IL-6) et des enzymes COX-2 et LOX.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Indications reconnues (all\u00e9gations de sant\u00e9 autoris\u00e9es par l&rsquo;EFSA) :<\/strong> La consommation de 30 g d&rsquo;amandes par jour contribue au maintien d&rsquo;une cholest\u00e9rol\u00e9mie normale (all\u00e9gation autoris\u00e9e par l&rsquo;EFSA en 2011). L&rsquo;huile d&rsquo;amande douce est reconnue comme \u00e9mollient et excipient dans les pharmacop\u00e9es europ\u00e9enne et fran\u00e7aise.<\/p>\n<p><strong>Indications traditionnelles et empiriques :<\/strong> Protection cardiovasculaire (pr\u00e9vention de l&rsquo;ath\u00e9roscl\u00e9rose, r\u00e9duction du risque d&rsquo;infarctus) ; r\u00e9gulation du diab\u00e8te de type 2 (en compl\u00e9ment du traitement) ; constipation l\u00e9g\u00e8re (richesse en fibres) ; soin de la peau s\u00e8che et irrit\u00e9e (huile d&rsquo;amande douce en application locale) ; crevasses, ger\u00e7ures, br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res, vergetures ; toux s\u00e8che et irritations pharyng\u00e9es (sirop d&rsquo;orgeat, lait d&rsquo;amande) ; d\u00e9min\u00e9ralisation et convalescence (richesse en min\u00e9raux et prot\u00e9ines).<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Amande douce (graine du cultivar doux)<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lipides (50-65 % du poids sec)<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide ol\u00e9ique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide linol\u00e9ique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide palmitique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Amande douce (voie orale) :<\/strong> 30 \u00e0 60 g par jour (une poign\u00e9e), nature ou l\u00e9g\u00e8rement grill\u00e9e, de pr\u00e9f\u00e9rence avec la peau (plus riche en antioxydants). Int\u00e9grer dans l&rsquo;alimentation quotidienne comme en-cas, dans les salades, mueslis, plats cuisin\u00e9s ou p\u00e2tisseries.<\/p>\n<p><strong>Huile d&rsquo;amande douce (voie orale) :<\/strong> 1 \u00e0 2 cuiller\u00e9es \u00e0 soupe par jour comme laxatif doux et adoucissant digestif. Peut \u00eatre prise pure ou m\u00e9lang\u00e9e \u00e0 du miel ou un jus de fruit.<\/p>\n<p><strong>Huile d&rsquo;amande douce (usage externe) :<\/strong> Application directe sur la peau s\u00e8che, apr\u00e8s le bain, en massage. Pour les vergetures, application biquotidienne sur les zones \u00e0 risque d\u00e8s le 2e trimestre de grossesse. En soin capillaire, en masque avant shampooing.<\/p>\n<p><strong>Lait d&rsquo;amande :<\/strong> Pr\u00e9paration traditionnelle : 100 g d&rsquo;amandes mond\u00e9es mix\u00e9es dans 500 ml d&rsquo;eau, filtr\u00e9es. Consommer 1 \u00e0 3 verres par jour. Disponible aussi en version industrielle.<\/p>\n<p><strong>Poudre d&rsquo;amande :<\/strong> 1 \u00e0 3 cuiller\u00e9es \u00e0 soupe par jour, dans les smoothies, yaourts ou pr\u00e9parations culinaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Allergie aux fruits \u00e0 coque :<\/strong> L&rsquo;amande est un allerg\u00e8ne majeur, class\u00e9 parmi les 14 allerg\u00e8nes \u00e0 d\u00e9claration obligatoire dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne. L&rsquo;allergie \u00e0 l&rsquo;amande peut provoquer des r\u00e9actions allant de l&rsquo;urticaire au choc anaphylactique potentiellement mortel. Les personnes allergiques aux autres fruits \u00e0 coque (noix, noisette, noix de cajou) ou aux Rosac\u00e9es (p\u00eache, abricot) pr\u00e9sentent un risque accru de r\u00e9activit\u00e9 crois\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Amandes am\u00e8res :<\/strong> Les amandes am\u00e8res (var. <em>amara<\/em>) sont toxiques en raison de leur teneur en amygdaline. L&rsquo;ingestion de 10 \u00e0 20 amandes am\u00e8res peut \u00eatre fatale chez l&rsquo;enfant, et de 40 \u00e0 60 chez l&rsquo;adulte. Il est imp\u00e9ratif de ne jamais confondre amandes douces et amandes am\u00e8res. Les amandes am\u00e8res utilis\u00e9es en p\u00e2tisserie (aromatisation) doivent \u00eatre employ\u00e9es en tr\u00e8s petite quantit\u00e9 et apr\u00e8s cuisson, qui d\u00e9grade partiellement l&rsquo;acide cyanhydrique.<\/p>\n<p><strong>Apport calorique :<\/strong> L&rsquo;amande est tr\u00e8s calorique (580-600 kcal\/100 g). En cas de surpoids ou d&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9, la consommation doit \u00eatre mod\u00e9r\u00e9e et int\u00e9gr\u00e9e dans le bilan \u00e9nerg\u00e9tique global. Toutefois, les \u00e9tudes montrent que la consommation mod\u00e9r\u00e9e d&rsquo;amandes ne favorise pas la prise de poids, en raison de leur effet sati\u00e9tog\u00e8ne et de la mauvaise absorption d&rsquo;une partie des lipides.<\/p>\n<p><strong>Calculs r\u00e9naux :<\/strong> La richesse en oxalates de l&rsquo;amande peut th\u00e9oriquement favoriser les calculs r\u00e9naux d&rsquo;oxalate de calcium chez les personnes pr\u00e9dispos\u00e9es. Une hydratation suffisante est recommand\u00e9e chez ces sujets.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p><strong>Anticoagulants :<\/strong> L&rsquo;amande contient de la vitamine E en quantit\u00e9 significative. \u00c0 tr\u00e8s forte consommation (plus de 100 g\/jour), un effet additif avec les anticoagulants oraux (warfarine, ac\u00e9nocoumarol) est th\u00e9oriquement possible, bien que non d\u00e9montr\u00e9 aux doses alimentaires habituelles de 30 \u00e0 60 g par jour.<\/p>\n<p><strong>Antidiab\u00e9tiques :<\/strong> L&rsquo;effet hypoglyc\u00e9miant des amandes peut s&rsquo;additionner \u00e0 celui des m\u00e9dicaments antidiab\u00e9tiques (metformine, sulfamides, insuline), n\u00e9cessitant un ajustement posologique potentiel. Cet effet est g\u00e9n\u00e9ralement b\u00e9n\u00e9fique et ne constitue pas une contre-indication mais un point de vigilance.<\/p>\n<p><strong>Statines :<\/strong> L&rsquo;effet hypolip\u00e9miant des amandes s&rsquo;additionne \u00e0 celui des statines. Cette interaction est consid\u00e9r\u00e9e comme b\u00e9n\u00e9fique et recherch\u00e9e dans les strat\u00e9gies de pr\u00e9vention cardiovasculaire.<\/p>\n<p><strong>Absorption de m\u00e9dicaments :<\/strong> L&rsquo;huile d&rsquo;amande douce, prise simultan\u00e9ment avec des m\u00e9dicaments par voie orale, peut th\u00e9oriquement modifier leur absorption en raison de son effet sur la vidange gastrique. Il est prudent de respecter un intervalle de 2 heures.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p><strong>Amande douce :<\/strong> Non toxique aux doses alimentaires habituelles. La DL50 n&rsquo;est pas pertinente pour l&rsquo;amande douce, qui ne contient que des traces d&rsquo;amygdaline (moins de 0,05 %).<\/p>\n<p><strong>Amande am\u00e8re et amygdaline :<\/strong> L&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong> (parfois commercialis\u00e9e abusivement sous le nom de vitamine B17 ou laetrile) est un glycoside cyanog\u00e9n\u00e9tique. Son hydrolyse enzymatique (par l&rsquo;<strong>\u00e9mulsine<\/strong> endog\u00e8ne ou les b\u00eata-glucosidases du microbiote intestinal) lib\u00e8re de l&rsquo;<strong>acide cyanhydrique<\/strong> (HCN), un poison mitochondrial qui bloque la cytochrome c oxydase et inhibe la respiration cellulaire a\u00e9robie.<\/p>\n<p>Une amande am\u00e8re contient environ 1 \u00e0 1,5 mg de HCN. La dose l\u00e9tale de HCN est estim\u00e9e \u00e0 0,5-3,5 mg\/kg chez l&rsquo;adulte. Ainsi, l&rsquo;ingestion de 40 \u00e0 60 amandes am\u00e8res (soit 40-90 mg de HCN) peut \u00eatre fatale chez l&rsquo;adulte, et 10 \u00e0 20 suffisent chez l&rsquo;enfant. Les sympt\u00f4mes d&rsquo;intoxication au HCN comprennent : c\u00e9phal\u00e9es, vertiges, naus\u00e9es, vomissements, tachycardie, puis dyspn\u00e9e, convulsions, coma et d\u00e9c\u00e8s par arr\u00eat respiratoire.<\/p>\n<p><strong>Traitement :<\/strong> Administration d&rsquo;<strong>hydroxocobalamine<\/strong> (vitamine B12a) par voie intraveineuse (antidote de r\u00e9f\u00e9rence en France), ou <strong>thiosulfate de sodium<\/strong>. Oxyg\u00e9noth\u00e9rapie \u00e0 haut d\u00e9bit. D\u00e9contamination gastrique si ingestion r\u00e9cente.<\/p>\n<p><strong>Cas particulier du laetrile :<\/strong> Le laetrile (forme semi-synth\u00e9tique de l&rsquo;amygdaline) a \u00e9t\u00e9 promu comme traitement anticanc\u00e9reux dans les ann\u00e9es 1970-1980. Les essais cliniques rigoureux ont d\u00e9montr\u00e9 son inefficacit\u00e9 contre le cancer et sa toxicit\u00e9 (intoxications cyanhydriques). Son utilisation comme m\u00e9dicament anticanc\u00e9reux est interdite dans la plupart des pays d\u00e9velopp\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Amandier est profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans l&rsquo;histoire culturelle et m\u00e9dicinale des civilisations m\u00e9diterran\u00e9ennes et orientales. Dans la Bible, il est le premier arbre \u00e0 fleurir apr\u00e8s l&rsquo;hiver, symbole de vigilance et de r\u00e9surrection (J\u00e9r\u00e9mie 1:11-12). L&rsquo;amande figure parmi les pr\u00e9sents offerts par Jacob aux \u00c9gyptiens (Gen\u00e8se 43:11). Dans la mythologie grecque, Phyllis, princesse thrace abandonn\u00e9e, fut transform\u00e9e en amandier par les dieux compatissants ; quand son amant D\u00e9mophon revint enfin et \u00e9treignit l&rsquo;arbre, celui-ci fleurit instantan\u00e9ment, donnant \u00e0 l&rsquo;amandier sa symbolique amoureuse dans la culture m\u00e9diterran\u00e9enne.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine arabe m\u00e9di\u00e9vale, Avicenne recommandait l&rsquo;huile d&rsquo;amande douce comme \u00e9mollient cutan\u00e9, comme adoucissant des voies respiratoires (toux, bronchites) et comme laxatif doux. L&rsquo;amande \u00e9tait aussi r\u00e9put\u00e9e fortifier le cerveau et am\u00e9liorer la m\u00e9moire. Mo\u00efse Ma\u00efmonide, m\u00e9decin juif du XIIe si\u00e8cle au Caire, prescrivait les amandes dans le traitement de la faiblesse g\u00e9n\u00e9rale et de la convalescence.<\/p>\n<p>Dans la pharmacop\u00e9e traditionnelle europ\u00e9enne, l&rsquo;huile d&rsquo;amande douce (<em>Oleum amygdalae<\/em>) occupait une place centrale comme \u00e9mollient, adoucissant, laxatif doux et excipient pharmaceutique. Le lait d&rsquo;amande \u00e9tait prescrit contre les inflammations des voies digestives et urinaires. L&rsquo;eau distill\u00e9e d&rsquo;amandes am\u00e8res (contenant des traces d&rsquo;acide cyanhydrique) \u00e9tait utilis\u00e9e comme s\u00e9datif, aromatisant et, \u00e0 plus forte dose, comme poison \u2014 ce qui en fit un instrument de meurtre c\u00e9l\u00e8bre dans les intrigues historiques et litt\u00e9raires.<\/p>\n<p>L&rsquo;amande est aussi un ingr\u00e9dient fondamental de la gastronomie m\u00e9diterran\u00e9enne et orientale : massepain, nougat, touron, pralines, orgeat, amaretti, frangipane, p\u00e2te d&rsquo;amande, drag\u00e9es. Le lait d&rsquo;amande, red\u00e9couvert par la cuisine v\u00e9g\u00e9tale contemporaine, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 consomm\u00e9 au Moyen \u00c2ge comme substitut du lait animal pendant le Car\u00eame.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p>La culture de l&rsquo;Amandier est adapt\u00e9e au climat m\u00e9diterran\u00e9en : hivers doux (mais avec suffisamment de froid hivernal pour la vernalisation, soit 200 \u00e0 700 heures de froid selon les vari\u00e9t\u00e9s), \u00e9t\u00e9s chauds et secs, sols calcaires bien drain\u00e9s. Les principales vari\u00e9t\u00e9s cultiv\u00e9es en France et en Europe sont Ferragn\u00e8s, Ferraduel, Lauranne et Guara ; en Californie, Nonpareil, Carmel, Butte et Mission dominent la production.<\/p>\n<p>La plantation se fait en hiver, \u00e0 des densit\u00e9s de 200 \u00e0 400 arbres par hectare en culture traditionnelle, jusqu&rsquo;\u00e0 1 000-2 000 arbres par hectare en vergers superintensifs modernes. La pollinisation n\u00e9cessite la pr\u00e9sence de ruches (3 \u00e0 8 colonies par hectare) et d&rsquo;au moins deux vari\u00e9t\u00e9s inter-compatibles, sauf pour les cultivars autocompatibles r\u00e9cents. L&rsquo;irrigation est de plus en plus pratiqu\u00e9e, m\u00eame en zone m\u00e9diterran\u00e9enne, pour am\u00e9liorer les rendements (passage de 500 kg\/ha en sec \u00e0 2 500 kg\/ha avec irrigation).<\/p>\n<p>Les principales maladies sont la moniliose (<em>Monilia laxa<\/em>), le fusicoccum (<em>Fusicoccum amygdali<\/em>) et la tavelure (<em>Fusicladium amygdali<\/em>). Les ravageurs incluent l&rsquo;eurytoma (<em>Eurytoma amygdali<\/em>), la punaise diabolique (<em>Halyomorpha halys<\/em>) et les acariens. La r\u00e9colte s&rsquo;effectue de fin ao\u00fbt \u00e0 octobre, par secouage m\u00e9canique des arbres et ramassage au sol.<\/p>\n<p>La conservation des amandes en coque est excellente (12-18 mois en lieu frais et sec). Les amandes d\u00e9cortiqu\u00e9es se conservent 6 \u00e0 12 mois au r\u00e9frig\u00e9rateur, ou plusieurs ann\u00e9es au cong\u00e9lateur. L&rsquo;huile d&rsquo;amande douce se conserve 12 mois \u00e0 l&rsquo;abri de la lumi\u00e8re et de la chaleur, dans un flacon teint\u00e9 et bien ferm\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et protection<\/h3>\n<p><em>Prunus dulcis<\/em> ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection en tant qu&rsquo;esp\u00e8ce cultiv\u00e9e. L&rsquo;esp\u00e8ce sauvage et les populations ancestrales sont localement menac\u00e9es dans certaines zones d&rsquo;Asie centrale (Kirghizstan, Ouzb\u00e9kistan, Tadjikistan) par le surp\u00e2turage, la d\u00e9forestation et la conversion des terres, et font l&rsquo;objet de programmes de conservation in situ et ex situ soutenus par Bioversity International.<\/p>\n<p>Du point de vue r\u00e9glementaire alimentaire, l&rsquo;amande est class\u00e9e parmi les allerg\u00e8nes \u00e0 d\u00e9claration obligatoire (R\u00e8glement UE 1169\/2011). L&rsquo;all\u00e9gation de sant\u00e9 relative au cholest\u00e9rol est autoris\u00e9e par l&rsquo;EFSA (R\u00e8glement UE 432\/2012). L&rsquo;huile d&rsquo;amande douce figure \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne (monographie Almond oil, refined) et \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise comme excipient et \u00e9mollient officinal. L&rsquo;amande am\u00e8re est soumise \u00e0 des r\u00e9glementations sp\u00e9cifiques en raison de sa toxicit\u00e9 : sa vente est encadr\u00e9e et l&rsquo;\u00e9tiquetage doit mentionner le risque toxique.<\/p>\n<p>En France, des d\u00e9marches de valorisation territoriale sont en cours, avec des AOP et IGP prot\u00e9geant certaines productions r\u00e9gionales. Des programmes de relance de l&rsquo;amandiculture fran\u00e7aise sont soutenus par FranceAgriMer et les r\u00e9gions m\u00e9ridionales, dans le contexte de l&rsquo;adaptation au changement climatique et de la souverainet\u00e9 alimentaire europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>AMANDIER pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Prunus%20dulcis\">Plants of the World Online, Kew : <em>Prunus dulcis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Prunus+dulcis\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Prunus dulcis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Prunus dulcisK\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887 Nom scientifique : Prunus dulcis (Mill.) D.A.Webb Famille : Rosaceae Sous-famille : Amygdaloideae (Prunoideae) Genre : Prunus [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-1324","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-rosacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1324","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1324"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1324\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13695,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1324\/revisions\/13695"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1324"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1324"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1324"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}