{"id":1325,"date":"2026-03-26T11:40:48","date_gmt":"2026-03-26T10:40:48","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/amelanchier-ovalis\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"amelanchier-ovalis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/amelanchier-ovalis\/","title":{"rendered":"AM\u00c9LANCHIER OVALIS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/amelanchier.png\" alt=\"Planche botanique Am\u00e9lanchier\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;am\u00e9lanchier, <em>Amelanchier ovalis<\/em> Medik. (synonymes : <em>A. vulgaris<\/em> Moench, <em>A. rotundifolia<\/em> (Lam.) Dum. Cours.), appartient \u00e0 la famille des <em>Rosaceae<\/em>, sous-famille des <em>Maloideae<\/em>. C&rsquo;est un arbuste caducifoli\u00e9 de 1 \u00e0 4 m\u00e8tres de hauteur, \u00e0 port buissonnant, tr\u00e8s ramifi\u00e9, \u00e0 \u00e9corce gris\u00e2tre, lisse. Les feuilles sont alternes, ovales \u00e0 suborbiculaires, longues de 2 \u00e0 5 cm, finement dent\u00e9es, tomenteuses-blanch\u00e2tres en dessous dans la jeunesse (puis glabrescentes), vert sombre dessus. Les fleurs apparaissent en avril-mai, en grappes terminales de 3 \u00e0 8, blanches, \u00e0 5 p\u00e9tales \u00e9troits, lanc\u00e9ol\u00e9s, de 10 \u00e0 15 mm, donnant \u00e0 l&rsquo;arbuste un aspect spectaculaire lors de la floraison. L&rsquo;ovaire est semi-inf\u00e8re. Le fruit est un petit pome globuleux (faux-fruit) de 8 \u00e0 12 mm de diam\u00e8tre, bleu-noir pruineux \u00e0 maturit\u00e9 (juillet), comestible, \u00e0 chair douce et sucr\u00e9e, contenant 4 \u00e0 10 graines petites, brunes. Le syst\u00e8me racinaire est profond et \u00e9tal\u00e9, capable de p\u00e9n\u00e9trer dans les fissures de la roche. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 34 ou 68 selon les populations, plo\u00efdie variable). Elle est l&rsquo;unique esp\u00e8ce europ\u00e9enne indig\u00e8ne du genre <em>Amelanchier<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Amelanchier ovalis<\/em> est une esp\u00e8ce subm\u00e9diterran\u00e9enne-montagnarde, r\u00e9partie du Portugal et du Maroc \u00e0 la Turquie et au Caucase, en passant par l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et centrale. En France, il est pr\u00e9sent dans les r\u00e9gions calcaires du Midi, des Causses, du Jura, des Alpes et du Massif central, depuis 200 m jusqu&rsquo;\u00e0 2 200 m d&rsquo;altitude. Il colonise les rochers calcaires, les lapiaz, les falaises, les \u00e9boulis fix\u00e9s, les lisi\u00e8res de ch\u00eanaies pubescentes et de h\u00eatraies, les garrigues et les pelouses rocailleuses. L&rsquo;esp\u00e8ce est strictement calcicole, x\u00e9rophile et h\u00e9liophile, tol\u00e9rant la s\u00e9cheresse estivale extr\u00eame et les sols squelettiques gr\u00e2ce \u00e0 son enracinement profond dans les fissures de la roche. Elle appartient aux communaut\u00e9s des matorrals bas calcicoles, des ourlets thermophiles et des falaises calcaires. L&rsquo;am\u00e9lanchier est pollinis\u00e9 par les insectes (abeilles, bourdons, syrphes) et ses fruits sont dispers\u00e9s par les oiseaux (grives, merles, fauvettes). Il est souvent associ\u00e9 au buis (<em>Buxus sempervirens<\/em>), au nerprun des rochers (<em>Rhamnus saxatilis<\/em>) et au gen\u00e9vrier commun (<em>Juniperus communis<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les fruits d&rsquo;<em>Amelanchier ovalis<\/em> contiennent des <strong>anthocyanes<\/strong> (responsables de la couleur bleu-noir) : principalement la <strong>cyanidine-3-O-galactoside<\/strong>, la <strong>cyanidine-3-O-glucoside<\/strong> et la <strong>cyanidine-3-O-arabinoside<\/strong>. La teneur en anthocyanes totales est de 50 \u00e0 200 mg\/100 g de fruit frais. Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a> de type B) sont abondantes (1-3 % MS), conf\u00e9rant l&rsquo;astringence. Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a><\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>-3-O-glucoside<\/strong>, <strong>querc\u00e9tine-3-O-galactoside<\/strong>, <strong>querc\u00e9tine-3-O-rutinoside<\/strong>) sont pr\u00e9sents. Les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> incluent l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> (dominant), l&rsquo;<strong>acide n\u00e9ochlorog\u00e9nique<\/strong> et l&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>. Les <strong>sucres<\/strong> (glucose, fructose, saccharose : 10-20 % MF) et les <strong>acides organiques<\/strong> (malique, citrique) d\u00e9terminent le go\u00fbt sucr\u00e9-acidul\u00e9. La <strong>vitamine C<\/strong> est pr\u00e9sente en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e (10-30 mg\/100 g). Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pectines\/\">pectines<\/a><\/strong> sont abondantes (g\u00e9lification en confiture). Les graines contiennent de l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong> (glycoside cyanog\u00e9n\u00e9tique) en faible quantit\u00e9, comme chez la plupart des Maloideae. Des <strong>st\u00e9rols<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong>, <strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong>) sont pr\u00e9sents dans les feuilles et l&rsquo;\u00e9corce.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les <strong>anthocyanes<\/strong> (cyanidine-glycosides) exercent des effets antioxydants par pi\u00e9geage des radicaux libres et ch\u00e9lation des ions m\u00e9talliques, des effets anti-inflammatoires (inhibition du NF-\u03baB, r\u00e9duction des cytokines pro-inflammatoires) et des effets vasoprotecteurs (am\u00e9lioration de la fonction endoth\u00e9liale, augmentation de la biodisponibilit\u00e9 du NO). Les <strong>proanthocyanidines<\/strong> inhibent l&rsquo;\u00e9lastase et la collag\u00e9nase, prot\u00e9geant le tissu conjonctif vasculaire, et exercent un effet astringent sur la muqueuse intestinale (justifiant l&rsquo;usage antidiarrh\u00e9ique). L&rsquo;<strong>acide chlorog\u00e9nique<\/strong> inhibe la glucose-6-phosphatase h\u00e9patique, r\u00e9duisant la n\u00e9oglucogen\u00e8se, et inhibe l&rsquo;\u03b1-glucosidase intestinale, ralentissant l&rsquo;absorption du glucose. L&rsquo;<strong>acide ursolique<\/strong> (feuilles, \u00e9corce) poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires (inhibition de la COX-2, de la 5-LOX et de la PLA\u2082), anticanc\u00e9reuses (induction de l&rsquo;apoptose) et anabolisantes musculaires (stimulation de la voie mTOR). Les <strong>pectines<\/strong> lient les acides biliaires et contribuent \u00e0 la r\u00e9duction du cholest\u00e9rol. L&rsquo;ensemble du profil polyph\u00e9nolique conf\u00e8re aux fruits de l&rsquo;am\u00e9lanchier un potentiel cardioprotecteur et anti-inflammatoire significatif.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es scientifiques portent principalement sur les esp\u00e8ces nord-am\u00e9ricaines (<em>A. alnifolia<\/em>), mais sont extrapolables \u00e0 <em>A. ovalis<\/em> en raison de la similitude de composition. (1) <strong>Effet antioxydant<\/strong> : les extraits de fruits pr\u00e9sentent une capacit\u00e9 ORAC \u00e9lev\u00e9e, comparable \u00e0 celle des myrtilles. (2) <strong>Effet anti-inflammatoire<\/strong> : les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> r\u00e9duisent les biomarqueurs d&rsquo;inflammation in vitro et in vivo. (3) <strong>Effet astringent et antidiarrh\u00e9ique<\/strong> : les proanthocyanidines contractent les muqueuses et r\u00e9duisent les s\u00e9cr\u00e9tions intestinales. (4) <strong>Effet cardiovasculaire<\/strong> : les anthocyanes am\u00e9liorent la fonction endoth\u00e9liale et r\u00e9duisent l&rsquo;oxydation des LDL. (5) <strong>Effet hypoglyc\u00e9miant<\/strong> : l&rsquo;acide chlorog\u00e9nique r\u00e9duit la glyc\u00e9mie postprandiale dans des mod\u00e8les animaux. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie officielle (Commission E).<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h3>\n<p><em>Amelanchier ovalis<\/em> ne poss\u00e8de pas d&rsquo;indications officielles en phytoth\u00e9rapie clinique. Les usages traditionnels incluent : la diarrh\u00e9e l\u00e9g\u00e8re et les troubles intestinaux (fruits s\u00e9ch\u00e9s, d\u00e9coction astringente) ; la fragilit\u00e9 capillaire et l&rsquo;insuffisance veineuse (consommation de fruits riches en anthocyanes) ; les \u00e9tats f\u00e9briles (d\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce, usage obsol\u00e8te). En nutrition pr\u00e9ventive, la consommation de fruits d&rsquo;am\u00e9lanchier s&rsquo;inscrit dans la recommandation de consommer des baies riches en polyph\u00e9nols pour la pr\u00e9vention cardiovasculaire. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour les \u00ab\u00a0superfruits\u00a0\u00bb europ\u00e9ens place l&rsquo;am\u00e9lanchier parmi les esp\u00e8ces \u00e0 valoriser. L&rsquo;arbuste est aussi utilis\u00e9 en agroforesterie et dans les haies comestibles.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche r\u00e9cente sur les am\u00e9lanchiers est en expansion, port\u00e9e par l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour les \u00ab\u00a0superfruits\u00a0\u00bb et les cultures fruiti\u00e8res alternatives. Des \u00e9tudes phytochimiques ont quantifi\u00e9 les polyph\u00e9nols d&rsquo;<em>A. ovalis<\/em> et montr\u00e9 que sa teneur en anthocyanes est comparable \u00e0 celle des myrtilles. Des travaux sur les esp\u00e8ces nord-am\u00e9ricaines (<em>A. alnifolia<\/em>) ont d\u00e9montr\u00e9 des effets anti-inflammatoires, antitumoraux (inhibition de lign\u00e9es cellulaires de cancer du c\u00f4lon par les proanthocyanidines) et cardioprotecteurs. Des \u00e9tudes d&rsquo;agronomie \u00e9valuent le potentiel de domestication de l&rsquo;am\u00e9lanchier europ\u00e9en pour la production fruiti\u00e8re extensive en zones s\u00e8ches calcaires (r\u00e9silience au changement climatique). Des travaux de g\u00e9n\u00e9tique des populations montrent que <em>A. ovalis<\/em> pr\u00e9sente une structure g\u00e9n\u00e9tique complexe (plo\u00efdie variable, apomixie partielle) qui complique la taxonomie du genre. Des projets de valorisation \u00e9conomique des fruits d&rsquo;am\u00e9lanchier (confitures, liqueurs, jus) sont d\u00e9velopp\u00e9s dans les Causses, les Alpes et la Provence.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Anthocyanes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cyanidine-3-o-galactoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cyanidine-3-o-glucoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cyanidine-3-o-arabinoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Querc\u00e9tine-3-o-galactoside<\/td>\n<td>Flavonol<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Fruits frais<\/strong> : consommation libre, 50 \u00e0 200 g\/jour en saison (juillet). <strong>Fruits s\u00e9ch\u00e9s<\/strong> (antidiarrh\u00e9ique) : 20 \u00e0 30 g\/jour, m\u00e2ch\u00e9s ou en d\u00e9coction (150 mL d&rsquo;eau, bouillir 5 min). <strong>Confiture, gel\u00e9e, sirop<\/strong> : usage alimentaire courant. <strong>D\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce<\/strong> (usage traditionnel) : 3 \u00e0 5 g d&rsquo;\u00e9corce s\u00e8che pour 250 mL d&rsquo;eau, bouillir 10 min ; 2 tasses\/jour. <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (fruits frais, 1:5, \u00e9thanol 45 %) : 30 \u00e0 50 gouttes, 2 \u00e0 3 fois\/jour. <strong>Jus de fruit<\/strong> : 100 \u00e0 200 mL\/jour (dilu\u00e9 ou pur). Les fruits supportent bien la cong\u00e9lation, la dessiccation et la transformation en confitures sans perte significative d&rsquo;anthocyanes.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les fruits d&rsquo;am\u00e9lanchier sont consid\u00e9r\u00e9s comme tr\u00e8s s\u00fbrs. L&rsquo;allergie aux Rosac\u00e9es fruiti\u00e8res (syndrome pomme-bouleau) peut th\u00e9oriquement concerner les fruits d&rsquo;am\u00e9lanchier (r\u00e9activit\u00e9 crois\u00e9e avec Mal d 1), bien qu&rsquo;aucun cas clinique n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 sp\u00e9cifiquement. Les graines contiennent de l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong> en faible quantit\u00e9 ; leur ingestion accidentelle avec le fruit est sans cons\u00e9quence, mais la consommation d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e de grandes quantit\u00e9s de graines broy\u00e9es est d\u00e9conseill\u00e9e. L&rsquo;astringence des fruits peut provoquer une constipation en cas de consommation excessive de fruits s\u00e9ch\u00e9s. L&rsquo;usage est consid\u00e9r\u00e9 comme s\u00fbr pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement aux doses alimentaires.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>Amelanchier ovalis<\/em>. Les <strong>proanthocyanidines<\/strong> et les <strong>tanins<\/strong> peuvent th\u00e9oriquement r\u00e9duire l&rsquo;absorption du fer non h\u00e9minique et de certains m\u00e9dicaments (espacer de 2 heures). L&rsquo;<strong>acide chlorog\u00e9nique<\/strong>, abondant dans les fruits, inhibe l&rsquo;\u03b1-glucosidase intestinale et pourrait potentialiser les inhibiteurs de l&rsquo;\u03b1-glucosidase (acarbose, miglitol). Les <strong>anthocyanes<\/strong> sont des substrats des transporteurs OATP, avec un faible potentiel d&rsquo;interaction avec les statines. Le risque global d&rsquo;interactions est consid\u00e9r\u00e9 comme n\u00e9gligeable aux doses alimentaires.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 de l&rsquo;am\u00e9lanchier est n\u00e9gligeable. Les fruits sont consomm\u00e9s par l&rsquo;homme et la faune depuis des mill\u00e9naires sans intoxication rapport\u00e9e. Les graines contiennent de l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong> (comme les p\u00e9pins de pomme et les noyaux d&rsquo;abricot), mais en quantit\u00e9 tr\u00e8s faible (&lt; 1 mg\/g de graine). L&#039;ingestion de quelques fruits entiers (graines non m\u00e2ch\u00e9es) est totalement inoffensive. La DL50 des extraits de fruits n&#039;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e en raison de la tr\u00e8s faible toxicit\u00e9. La plante n&#039;est pas r\u00e9pertori\u00e9e comme toxique dans les bases de donn\u00e9es des centres antipoison. Aucun cas d&#039;intoxication humaine ou animale n&#039;est rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le nom <em>Amelanchier<\/em> d\u00e9rive du proven\u00e7al \u00ab\u00a0amelanco\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0amelanquier\u00a0\u00bb, d\u00e9signant l&rsquo;arbuste et ses fruits. Les fruits sucr\u00e9s et parfum\u00e9s de l&rsquo;am\u00e9lanchier sont consomm\u00e9s depuis la Pr\u00e9histoire : des restes carbonis\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s dans des sites n\u00e9olithiques alpins. En Provence et dans les Causses, les fruits (\u00ab\u00a0am\u00e9lanche\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0petite poire\u00a0\u00bb) \u00e9taient r\u00e9colt\u00e9s en \u00e9t\u00e9 pour \u00eatre consomm\u00e9s frais, s\u00e9ch\u00e9s, ou pr\u00e9par\u00e9s en confiture, gel\u00e9e, sirop et liqueur. Les Am\u00e9rindiens utilisaient abondamment les fruits des am\u00e9lanchiers nord-am\u00e9ricains (saskatoon, <em>A. alnifolia<\/em>) dans le pemmican, m\u00e9lange de viande s\u00e9ch\u00e9e et de baies. En m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne, les fruits de l&rsquo;am\u00e9lanchier \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme astringents et antidiarrh\u00e9iques. L&rsquo;\u00e9corce servait en d\u00e9coction contre les fi\u00e8vres. Le bois, dur et \u00e0 grain fin, \u00e9tait utilis\u00e9 en vannerie et en fabrication de petits outils. L&rsquo;arbuste jouait un r\u00f4le dans l&rsquo;alimentation des troupeaux transhumants (les ch\u00e8vres broutent les feuilles). L&rsquo;am\u00e9lanchier est aussi plant\u00e9 comme arbuste ornemental pour sa floraison printani\u00e8re spectaculaire et ses couleurs automnales.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Amelanchier ovalis<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9 globalement (LC, UICN), les populations \u00e9tant stables dans les habitats rocheux calcaires. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e r\u00e9glementairement. La culture est facile en sol calcaire, bien drain\u00e9, m\u00eame tr\u00e8s sec et pierreux, en plein soleil. La multiplication se fait par semis (stratification froide de 2 \u00e0 3 mois n\u00e9cessaire, germination lente), par bouturage de rameaux semi-ligneux en \u00e9t\u00e9 (taux mod\u00e9r\u00e9), par marcottage ou par greffage sur franc de <em>Crataegus<\/em>. L&rsquo;arbuste est tr\u00e8s rustique (zone USDA 5 \u00e0 9), r\u00e9sistant \u00e0 la s\u00e9cheresse, au vent et au calcaire. Il est peu sensible aux maladies et aux ravageurs. La floraison blanche printani\u00e8re, les fruits comestibles et les couleurs automnales (feuilles orange-rouge) en font un excellent choix pour les haies libres, les jardins secs, les am\u00e9nagements paysagers calcicoles et les vergers conservatoires. La r\u00e9colte des fruits s&rsquo;effectue en juillet, \u00e0 maturit\u00e9 compl\u00e8te (couleur bleu-noir uniforme). Les oiseaux sont de s\u00e9rieux concurrents pour la r\u00e9colte.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>AM\u00c9LANCHIER OVALIS pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nLavola A. et al. Phenolic composition and antioxidant activity of <em>Amelanchier<\/em> berries. <em>Journal of Agricultural and Food Chemistry<\/em>. 2012;60(29):7180-7189.<br \/>\nMazza G. Compositional and functional properties of saskatoon berry and blueberry. <em>International Journal of Fruit Science<\/em>. 2005;5(3):101-120.<br \/>\nOzga J.A. et al. Phytochemical, antioxidant, and antimicrobial activities of <em>Amelanchier alnifolia<\/em>. <em>Canadian Journal of Plant Science<\/em>. 2007;87(4):903-912.<br \/>\nTison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<br \/>\nRameau J.-C. et al. <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>, tome 3 : R\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne. Paris : Institut pour le d\u00e9veloppement forestier ; 2008.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;am\u00e9lanchier, Amelanchier ovalis Medik. (synonymes : A. vulgaris Moench, A. rotundifolia (Lam.) Dum. 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