{"id":1327,"date":"2026-03-26T11:40:50","date_gmt":"2026-03-26T10:40:50","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/aubepine-a-deux-styles\/"},"modified":"2026-06-24T17:51:22","modified_gmt":"2026-06-24T15:51:22","slug":"aubepine-a-deux-styles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/aubepine-a-deux-styles\/","title":{"rendered":"AUB\u00c9PINE \u00c0 DEUX STYLES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/aubepine-a-deux-styles.png\" alt=\"Planche botanique Aub\u00e9pine \u00e0 deux styles\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>aub\u00e9pine \u00e0 deux styles<\/strong> (<em>Crataegus laevigata<\/em> (Poir.) DC., synonyme : <em>C. oxyacantha<\/em> auct. non L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Rosaceae<\/strong>, sous-famille des Amygdaloideae (anciennement Maloideae). Le genre <em>Crataegus<\/em> est l&rsquo;un des plus complexes de la taxonomie v\u00e9g\u00e9tale, avec 200 \u00e0 1 000 esp\u00e8ces selon les auteurs (la polyplo\u00efdie et l&rsquo;apomixie cr\u00e9ent une multitude de micro-esp\u00e8ces). Le nombre chromosomique est 2n = 34 (diplo\u00efde). Le nom <em>Crataegus<\/em> d\u00e9rive du grec <em>kratos<\/em> (force), r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la duret\u00e9 du bois. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>laevigata<\/em> signifie \u00ab lisse \u00bb. Noms vernaculaires : aub\u00e9pine lisse, aub\u00e9pine \u00e0 deux styles, \u00e9pine blanche. En anglais : <em>Midland hawthorn<\/em>, <em>woodland hawthorn<\/em>. L&rsquo;aub\u00e9pine \u00e0 deux styles se distingue de <em>C. monogyna<\/em> (aub\u00e9pine \u00e0 un style) par ses fleurs \u00e0 2-3 styles (contre 1 seul) et ses fruits \u00e0 2-3 noyaux.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Arbuste ou petit arbre \u00e9pineux, caduc, de 4 \u00e0 10 m. <strong>Tronc<\/strong> court, souvent tortueux, \u00e0 \u00e9corce gris-brun, \u00e9cailleuse. <strong>Branches<\/strong> \u00e9tal\u00e9es, portant des <strong>\u00e9pines<\/strong> courtes (1-1,5 cm, plus courtes que chez <em>C. monogyna<\/em>). <strong>Feuilles<\/strong> alternes, simples, obovales, de 2 \u00e0 5 cm, <strong>peu profond\u00e9ment lob\u00e9es<\/strong> (3-5 lobes peu incis\u00e9s, atteignant moins de la moiti\u00e9 du limbe \u2014 distinction avec <em>C. monogyna<\/em> dont les lobes sont profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9s) ; base cun\u00e9iforme, bord dent\u00e9, glabre et luisant dessus. <strong>Stipules<\/strong> pr\u00e9sentes, caduques. <strong>Inflorescence<\/strong> : corymbes de 5 \u00e0 12 fleurs. <strong>Fleurs<\/strong> de 15 \u00e0 25 mm de diam\u00e8tre, blanches \u00e0 roses, odorantes ; 5 s\u00e9pales, 5 p\u00e9tales arrondis ; \u00e9tamines nombreuses (15-20), \u00e0 anth\u00e8res roses \u00e0 rouges ; <strong>2-3 styles<\/strong> (caract\u00e8re distinctif majeur). <strong>Fruit<\/strong> (cenelle) : drupe ovo\u00efde, rouge vif \u00e0 maturit\u00e9, de 8 \u00e0 12 mm, contenant <strong>2-3 noyaux<\/strong> durs. <strong>Floraison<\/strong> : mai (environ 1 \u00e0 2 semaines avant <em>C. monogyna<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>europ\u00e9enne<\/strong>. R\u00e9partie de l&rsquo;Irlande \u00e0 la Scandinavie m\u00e9ridionale, \u00e0 l&rsquo;Europe centrale et aux Balkans. Absente de la r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne m\u00e9ridionale. En France, pr\u00e9sente dans les r\u00e9gions \u00e0 climat atlantique \u00e0 continental : nord, centre, est, Bassin parisien, fa\u00e7ade atlantique. Plus rare dans le sud et le sud-est, o\u00f9 elle est remplac\u00e9e par <em>C. monogyna<\/em>. Altitude : 0 \u00e0 1 200 m. L&rsquo;esp\u00e8ce est plus foresti\u00e8re que <em>C. monogyna<\/em> et pr\u00e9f\u00e8re les situations semi-ombrag\u00e9es. Les deux esp\u00e8ces s&rsquo;hybrident fr\u00e9quemment (<em>C. \u00d7 media<\/em>), rendant l&rsquo;identification parfois difficile.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>For\u00eats feuillues<\/strong>, <strong>lisi\u00e8res foresti\u00e8res<\/strong>, <strong>haies<\/strong>, <strong>bosquets<\/strong>, <strong>sous-bois clairs<\/strong>. L&rsquo;aub\u00e9pine \u00e0 deux styles est plus sciaphile que <em>C. monogyna<\/em>, se d\u00e9veloppant dans les sous-bois et les lisi\u00e8res de for\u00eats feuillues (ch\u00eanaies-charmaies, h\u00eatraies). Les sols sont frais, riches, argileux \u00e0 limoneux, neutres \u00e0 faiblement acides. L&rsquo;esp\u00e8ce appartient aux communaut\u00e9s des Prunetalia (fourr\u00e9s et haies) et des Querco-Fagetea (for\u00eats feuillues). La pollinisation est entomophile (abeilles, mouches, col\u00e9opt\u00e8res), les fleurs d\u00e9gageant une odeur parfois compar\u00e9e \u00e0 celle du trim\u00e9thylamine (l\u00e9g\u00e8rement f\u00e9tide pour certains, attirante pour les mouches). La dispersion est ornithochore (merles, grives, fauvettes consomment les cenelles et dispersent les noyaux). Les noyaux pr\u00e9sentent une dormance t\u00e9gumentaire et germent apr\u00e8s 1 \u00e0 2 hivers dans le sol.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le profil chimique de <em>C. laevigata<\/em> est tr\u00e8s proche de celui de <em>C. monogyna<\/em>, les deux esp\u00e8ces \u00e9tant utilis\u00e9es indiff\u00e9remment en phytoth\u00e9rapie. Les feuilles et les fleurs contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong>vitexine<\/strong>, <strong>vitexine-2\u00a0\u00bb-O-rhamnoside<\/strong>, <strong>hyp\u00e9roside<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>-3-O-galactoside), <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>, <strong>querc\u00e9tine<\/strong>, <strong>isoquercitrine<\/strong>. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a> oligom\u00e8res<\/strong> (OPC) : procyanidines B2, B5, C1 et polym\u00e8res, pr\u00e9sentes \u00e0 1-3 % dans les feuilles et les fleurs (les OPC sont les principaux compos\u00e9s cardioactifs). Des <strong>acides triterp\u00e9niques<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong>, <strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong>, <strong>acide crat\u00e9golique<\/strong>. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>. Des <strong>amines biog\u00e8nes<\/strong> : <strong>trim\u00e9thylamine<\/strong>, <strong>tyramine<\/strong>, <strong>ph\u00e9nyl\u00e9thylamine<\/strong> (odeur des fleurs). Les fruits contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pectines\/\">pectines<\/a><\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>, de la <strong>vitamine C<\/strong> et des <strong>sucres<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;aub\u00e9pine est l&rsquo;une des plantes cardiovasculaires les mieux document\u00e9es en phytoth\u00e9rapie. Les <strong>proanthocyanidines oligom\u00e8res<\/strong> et les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> exercent des effets <strong>cardiotoniques positifs<\/strong> (augmentation de la force de contraction du myocarde : effet inotrope positif), <strong>chronotropes n\u00e9gatifs<\/strong> (r\u00e9duction de la fr\u00e9quence cardiaque), <strong>dromotropes positifs<\/strong> (am\u00e9lioration de la conduction auriculo-ventriculaire) et <strong>bathmotropes n\u00e9gatifs<\/strong> (r\u00e9duction de l&rsquo;excitabilit\u00e9 myocardique). Les m\u00e9canismes incluent l&rsquo;inhibition de la phosphodiest\u00e9rase AMPc, l&rsquo;augmentation du flux de calcium intracellulaire, et l&rsquo;am\u00e9lioration de la perfusion coronarienne. Les OPC sont <strong>vasodilatateurs<\/strong> (relaxation endoth\u00e9lium-d\u00e9pendante, production de NO), <strong>antioxydants<\/strong> (protection des LDL, r\u00e9duction du stress oxydatif vasculaire) et <strong>anti-inflammatoires<\/strong>. L&rsquo;<strong>hyp\u00e9roside<\/strong> et la <strong>vitexine<\/strong> contribuent \u00e0 l&rsquo;effet anxiolytique l\u00e9ger et s\u00e9datif. L&rsquo;<strong>acide ursolique<\/strong> est anti-inflammatoire et antitumoral.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>L&rsquo;aub\u00e9pine est utilis\u00e9e en m\u00e9decine traditionnelle europ\u00e9enne depuis le <strong>Ier si\u00e8cle<\/strong> (<strong>Dioscoride<\/strong> mentionne ses fruits). Au <strong>Moyen \u00c2ge<\/strong>, l&rsquo;aub\u00e9pine \u00e9tait prescrite pour les palpitations, l&rsquo;insomnie et l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9. En <strong>m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne<\/strong>, l&rsquo;infusion de fleurs servait de calmant cardiaque, d&rsquo;anxiolytique et de somnif\u00e8re l\u00e9ger. Les cenelles (fruits) \u00e9taient consomm\u00e9es comme tonique et astringent. En <strong>m\u00e9decine traditionnelle chinoise<\/strong>, <em>Crataegus pinnatifida<\/em> (<em>shan zha<\/em>) est prescrit pour les troubles digestifs (stase alimentaire) et l&rsquo;hyperlipid\u00e9mie. L&rsquo;<strong>\u00e9cole de phytoth\u00e9rapie allemande<\/strong> a \u00e9t\u00e9 pionni\u00e8re dans l&rsquo;\u00e9tude clinique de l&rsquo;aub\u00e9pine au XXe si\u00e8cle (travaux de H\u00e4nsel et Schilcher). La Commission E allemande a reconnu l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;aub\u00e9pine dans l&rsquo;insuffisance cardiaque de stade I-II NYHA d\u00e8s 1994.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;aub\u00e9pine fait l&rsquo;objet d&rsquo;une recherche clinique abondante. L&rsquo;essai clinique <strong>SPICE<\/strong> (Survival and Prognosis: Investigation of Crataegus Extract), portant sur 2 681 patients insuffisants cardiaques (NYHA II-III), a montr\u00e9 une r\u00e9duction significative de la mortalit\u00e9 cardiaque subite avec l&rsquo;extrait WS 1442. Des m\u00e9ta-analyses (Pittler et al., Cochrane 2008) confirment l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;aub\u00e9pine dans l&rsquo;am\u00e9lioration des sympt\u00f4mes de l&rsquo;insuffisance cardiaque (capacit\u00e9 d&rsquo;exercice, dyspn\u00e9e, fatigue). Les recherches portent aussi sur les effets <strong>antiarythmiques<\/strong>, <strong>anti-ath\u00e9roscl\u00e9rotiques<\/strong> (r\u00e9duction de l&rsquo;oxydation des LDL), <strong>hypotenseurs<\/strong> et <strong>anxiolytiques<\/strong>. Des \u00e9tudes mol\u00e9culaires identifient les proanthocyanidines comme les principaux compos\u00e9s actifs (inhibition de l&rsquo;ACE, activation de eNOS). La <strong>standardisation<\/strong> des extraits (ratio OPC\/flavono\u00efdes) est un enjeu majeur pour la reproductibilit\u00e9 clinique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Vitexine, hyperoside, rutine<\/td>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Inotrope et vasodilatateur coronaire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Proanthocyanidines oligom\u00e8res (OPC)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">Proanthocyanidines<\/a><\/td>\n<td>Antioxydants, vasculoprotecteurs<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides triterp\u00e9niques (crata\u00e9golique)<\/td>\n<td>Triterp\u00e8nes<\/td>\n<td>Cardioprotecteurs<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de sommit\u00e9s fleuries :<\/strong> 1 \u00e0 2 g pour 150 mL d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10-15 minutes, 2 \u00e0 3 tasses par jour. <strong>Extrait sec standardis\u00e9<\/strong> (feuilles et fleurs) : 300 \u00e0 900 mg par jour, standardis\u00e9 \u00e0 2,2 % de flavono\u00efdes (calcul\u00e9s en vitexine) ou \u00e0 18,75 % de proanthocyanidines (calcul\u00e9es en \u00e9picat\u00e9chine). <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (1:5, \u00e9thanol 45 %) : 20 \u00e0 40 gouttes, 3 fois par jour. <strong>EPS (extrait de plante standardis\u00e9) :<\/strong> 5 \u00e0 10 mL par jour. La dur\u00e9e de traitement recommand\u00e9e est d&rsquo;au moins 6 semaines pour observer les effets cardiovasculaires. Une monographie europ\u00e9enne retient un usage \u00ab traditionnel \u00bb pour le soulagement des palpitations li\u00e9es au stress et des troubles l\u00e9gers du sommeil. La monographie ESCOP valide l&rsquo;usage dans l&rsquo;insuffisance cardiaque de stade I-II NYHA.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;aub\u00e9pine est consid\u00e9r\u00e9e comme <strong>tr\u00e8s bien tol\u00e9r\u00e9e<\/strong>. Les effets ind\u00e9sirables sont rares et b\u00e9nins : naus\u00e9es l\u00e9g\u00e8res, vertiges, sudation, \u00e9ruptions cutan\u00e9es (rares). Aucune toxicit\u00e9 aigu\u00eb ou chronique significative n&rsquo;est document\u00e9e. La DL50 des extraits est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e chez l&rsquo;animal (sup\u00e9rieure \u00e0 25 g\/kg chez le rat). <strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses :<\/strong> potentialisation th\u00e9orique des digitaliques (glycosides cardiotoniques) \u2014 associer avec prudence ; potentialisation des b\u00eata-bloquants et des antihypertenseurs (surveillance). <strong>Contre-indications :<\/strong> aucune contre-indication absolue ; prudence chez les patients sous traitement cardiaque. L&rsquo;ESCOP consid\u00e8re l&rsquo;aub\u00e9pine comme s\u00fbre aux doses recommand\u00e9es. La grossesse et l&rsquo;allaitement ne constituent pas de contre-indication formelle, mais les donn\u00e9es sont insuffisantes.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;aub\u00e9pine est l&rsquo;un des arbustes les plus charg\u00e9s de <strong>symbolisme<\/strong> dans la culture europ\u00e9enne. Dans la <strong>mythologie celtique<\/strong>, l&rsquo;aub\u00e9pine est l&rsquo;arbre de Beltaine (1er mai), gardien du passage entre les mondes. En <strong>tradition chr\u00e9tienne<\/strong>, la couronne d&rsquo;\u00e9pines du Christ aurait \u00e9t\u00e9 tress\u00e9e en aub\u00e9pine. En <strong>h\u00e9raldique fran\u00e7aise<\/strong>, l&rsquo;aub\u00e9pine figure sur les armoiries de nombreuses familles nobles. L&rsquo;<strong>aub\u00e9pine de Glastonbury<\/strong> (Angleterre), r\u00e9put\u00e9e fleurir \u00e0 No\u00ebl, est l&rsquo;objet d&rsquo;une l\u00e9gende li\u00e9e \u00e0 Joseph d&rsquo;Arimathie. En <strong>France rurale<\/strong>, l&rsquo;aub\u00e9pine plant\u00e9e en haie d\u00e9finissait les limites des propri\u00e9t\u00e9s depuis le Moyen \u00c2ge (le \u00ab droit d&rsquo;\u00e9pine \u00bb). Les haies d&rsquo;aub\u00e9pine \u00e9taient essentielles \u00e0 l&rsquo;agriculture bocag\u00e8re. En <strong>phytoth\u00e9rapie<\/strong>, l&rsquo;aub\u00e9pine est devenue au XXe si\u00e8cle l&rsquo;un des phytom\u00e9dicaments les mieux \u00e9tudi\u00e9s et les plus vendus en Europe (chiffre d&rsquo;affaires annuel estim\u00e9 \u00e0 100 millions d&rsquo;euros).<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Crataegus laevigata<\/em> est une esp\u00e8ce commune, non menac\u00e9e (UICN : LC). La feuille et la fleur sont inscrites \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong> et \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise<\/strong>. L&rsquo;aub\u00e9pine figure sur la <strong>liste A<\/strong> des plantes m\u00e9dicinales traditionnellement utilis\u00e9es (article D. 4211-11 du CSP). Des sp\u00e9cialit\u00e9s \u00e0 base d&rsquo;aub\u00e9pine b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;autorisations de mise sur le march\u00e9 en Allemagne et en France (m\u00e9dicaments de phytoth\u00e9rapie). Une monographie europ\u00e9enne reconna\u00eet l&rsquo;usage traditionnel. La plante est en vente libre en herboristerie et en pharmacie. L&rsquo;esp\u00e8ce est commune dans les haies et les for\u00eats et ne n\u00e9cessite pas de mesure de conservation particuli\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La feuille et la fleur d&rsquo;aub\u00e9pine sont inscrites \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong> (<em>Crataegi folium cum flore<\/em>). La monographie sp\u00e9cifie une teneur minimale en flavono\u00efdes totaux de 1,5 % (calcul\u00e9s en hyp\u00e9roside). Les esp\u00e8ces admises sont <em>C. laevigata<\/em>, <em>C. monogyna<\/em> et leurs hybrides. L&rsquo;identification microscopique repose sur les trichomes unicellulaires de l&rsquo;\u00e9piderme foliaire, les cristaux d&rsquo;oxalate de calcium, les stomates anomocytiques. Le profil chromatographique (CCM) montre les bandes de vitexine, d&rsquo;hyp\u00e9roside et de chlorog\u00e9nique. Le dosage des flavono\u00efdes se fait par spectrophotom\u00e9trie UV apr\u00e8s extraction et complexation \u00e0 l&rsquo;aluminium. Le dosage des OPC se fait par la m\u00e9thode de Porter (vanilline-HCl) ou par HPLC-UV. Les cenelles (fruits) font l&rsquo;objet d&rsquo;une monographie distincte dans certaines pharmacop\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Crataegus laevigata<\/em>, l&rsquo;aub\u00e9pine des bois et des haies anciennes, est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les mieux valid\u00e9es par la recherche clinique contemporaine. Son profil en proanthocyanidines oligom\u00e8res et en flavono\u00efdes conf\u00e8re des propri\u00e9t\u00e9s cardiotoniques, vasodilatatrices et antioxydantes document\u00e9es par des essais cliniques \u00e0 grande \u00e9chelle. L&rsquo;aub\u00e9pine illustre la r\u00e9ussite de la phytoth\u00e9rapie fond\u00e9e sur les preuves, avec des extraits standardis\u00e9s dont l&rsquo;efficacit\u00e9 dans l&rsquo;insuffisance cardiaque l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e est reconnue par les autorit\u00e9s sanitaires europ\u00e9ennes. Les perspectives incluent l&rsquo;approfondissement des m\u00e9canismes mol\u00e9culaires, l&rsquo;optimisation de la standardisation des extraits et l&rsquo;exploration du potentiel anxiolytique et neuroprotecteur. L&rsquo;aub\u00e9pine rappelle que les arbustes les plus familiers de nos haies bocag\u00e8res sont parfois les alli\u00e9s les plus pr\u00e9cieux de la cardiologie v\u00e9g\u00e9tale.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Crataegus%20laevigata\">Plants of the World Online, Kew : <em>Crataegus laevigata<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Crataegus+laevigata\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Crataegus laevigata<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Cardiotonique (insuffisance cardiaque l\u00e9g\u00e8re, NYHA I-II)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> R\u00e9gulateur du rythme \/ s\u00e9datif cardiaque<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Hypotenseur l\u00e9ger<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant vasculaire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;aub\u00e9pine \u00e0 deux styles (Crataegus laevigata (Poir.) 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