{"id":1328,"date":"2026-03-26T11:40:52","date_gmt":"2026-03-26T10:40:52","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/benoite-commune\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"benoite-commune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/benoite-commune\/","title":{"rendered":"BENO\u00ceTE COMMUNE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/benoite-commune.png\" alt=\"Planche botanique Beno\u00eete commune\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Geum urbanum<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Rosaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> beno\u00eete commune, herbe b\u00e9nite, beno\u00eete des villes, herbe du bon soldat, herbe de saint Beno\u00eet, Echte Nelkenwurz (allemand), herb bennet (anglais), cariofilata (italien).<\/p>\n<p>La beno\u00eete commune est une plante de lisi\u00e8re, de haie et de sous-bois clair, discr\u00e8te dans son apparence mais imm\u00e9diatement reconnaissable \u00e0 l&rsquo;odeur de girofle que lib\u00e8re sa racine lorsqu&rsquo;on la froisse \u2014 une odeur qui trahit la pr\u00e9sence d&rsquo;<strong>eug\u00e9nol<\/strong>, le m\u00eame compos\u00e9 aromatique que celui du clou de girofle. Cette parent\u00e9 chimique inattendue entre une modeste rosac\u00e9e de haie europ\u00e9enne et un arbre tropical des Moluques r\u00e9sume \u00e0 elle seule l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance de la phytochimie : des voies de biosynth\u00e8se diff\u00e9rentes peuvent converger vers des mol\u00e9cules identiques dans des lign\u00e9es v\u00e9g\u00e9tales sans rapport. La beno\u00eete est une plante d&rsquo;utilit\u00e9 domestique ancienne \u2014 herbe \u00e0 tisane, condiment de remplacement du girofle en temps de disette, aromatisant de bi\u00e8re et de vin \u2014 et une plante m\u00e9dicinale classique de la pharmacop\u00e9e populaire europ\u00e9enne, utilis\u00e9e comme astringent, f\u00e9brifuge, tonique et digestif. Son nom d&rsquo;\u00ab herbe b\u00e9nite \u00bb (<em>herba benedicta<\/em>) lui vient de la croyance m\u00e9di\u00e9vale selon laquelle la croix form\u00e9e par la racine tri- ou pentafide la pla\u00e7ait sous la protection divine, capable d&rsquo;\u00e9loigner les mauvais esprits et les serpents venimeux.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Rosaceae, sous-famille Rosoideae, tribu Colurieae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Geum<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Geum urbanum<\/em> L., 1753<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Geum<\/em> vient du grec <em>geuein<\/em> (donner du go\u00fbt), allusion \u00e0 l&rsquo;ar\u00f4me de la racine. <em>Urbanum<\/em> (latin : des villes, des lieux habit\u00e9s) indique l&rsquo;affinit\u00e9 de la plante pour les milieux anthropis\u00e9s \u2014 haies, jardins, ruines, bords de chemins pr\u00e8s des maisons.<\/p>\n<p><strong>Hybridation :<\/strong> <em>G. urbanum<\/em> s&rsquo;hybride fr\u00e9quemment avec <em>G. rivale<\/em> (beno\u00eete des ruisseaux) dans les stations o\u00f9 les deux esp\u00e8ces coexistent, donnant l&rsquo;hybride <em>G. \u00d7 intermedium<\/em> Ehrh., \u00e0 fleurs pendantes de couleur interm\u00e9diaire (jaune ros\u00e9).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante vivace herbac\u00e9e de 20 \u00e0 60 cm de hauteur. Le rhizome est court, \u00e9pais, brun-rouge\u00e2tre, \u00e0 odeur de girofle prononc\u00e9e au froissement, \u00e9mettant des racines fibreuses. Les feuilles basales forment une rosette persistante en hiver ; elles sont imparipenn\u00e9es, \u00e0 3-5 folioles lat\u00e9rales in\u00e9gales et une foliole terminale beaucoup plus grande, trilob\u00e9e, dent\u00e9e, d&rsquo;un vert mat. Les feuilles caulinaires sont trifoli\u00e9es, avec de grandes stipules foliac\u00e9es. Les tiges florif\u00e8res sont dress\u00e9es, ramifi\u00e9es, pubescentes, portant des fleurs solitaires terminales, petites (10-15 mm de diam\u00e8tre), \u00e0 5 p\u00e9tales jaune vif, \u00e9tal\u00e9s, \u00e0 5 s\u00e9pales verts alternant avec 5 \u00e9picalices. Les \u00e9tamines sont nombreuses. Les fruits sont des ak\u00e8nes munis d&rsquo;un style persistant courb\u00e9 en crochet (ar\u00eate en \u00ab S \u00bb), formant un capitule globuleux qui s&rsquo;accroche aux v\u00eatements et au pelage des animaux (zoochorie).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce eurasiatique, largement distribu\u00e9e dans toute l&rsquo;Europe, l&rsquo;Asie occidentale et centrale, l&rsquo;Afrique du Nord. Naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord et en Australie. En France, tr\u00e8s commune dans toutes les r\u00e9gions, de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (0-1 500 m).<\/p>\n<p><strong>Habitats :<\/strong> haies, lisi\u00e8res foresti\u00e8res, sous-bois clairs et frais, talus ombrag\u00e9s, bords de chemins, vieux jardins, ruines, pied de murs, friches \u00e0 sol riche. La beno\u00eete est une plante de demi-ombre \u00e0 ombre, pr\u00e9f\u00e9rant les sols humif\u00e8res, frais, riches en azote (nitrophile mod\u00e9r\u00e9e), neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement basiques (pH 6-8). Elle est caract\u00e9ristique des ourlets m\u00e9sophiles nitrophiles et des m\u00e9gaphorbiaies d&rsquo;ombre.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nologie :<\/strong> floraison de mai \u00e0 ao\u00fbt. Les fruits crochus m\u00fbrissent en \u00e9t\u00e9 et s&rsquo;accrochent aux passants et aux animaux. La rosette basale persiste en hiver, ce qui permet une identification pr\u00e9coce au printemps.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Racine (rhizome) :<\/strong> partie principale en phytoth\u00e9rapie, r\u00e9colt\u00e9e au printemps (mars-avril) avant le d\u00e9veloppement des tiges florales, moment o\u00f9 la teneur en eug\u00e9nol est maximale. S\u00e9chage rapide \u00e0 l&rsquo;ombre, \u00e0 temp\u00e9rature mod\u00e9r\u00e9e (l&rsquo;eug\u00e9nol est volatil et se d\u00e9grade \u00e0 la chaleur).<\/li>\n<li><strong>Parties a\u00e9riennes :<\/strong> usage secondaire, en infusion astringente.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Attention :<\/strong> la racine perd rapidement son odeur et ses propri\u00e9t\u00e9s au s\u00e9chage. L&rsquo;usage de la racine fra\u00eeche ou r\u00e9cemment s\u00e9ch\u00e9e est pr\u00e9f\u00e9rable.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Compos\u00e9s ph\u00e9noliques volatils :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Eug\u00e9nol<\/strong> : le compos\u00e9 marqueur de la beno\u00eete. Pr\u00e9sent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat libre et sous forme de glycoside (<strong>g\u00e9ine<\/strong>, = eug\u00e9nol-\u03b2-D-glucoside, qui lib\u00e8re l&rsquo;eug\u00e9nol par hydrolyse enzymatique au froissement). La teneur en g\u00e9ine dans la racine fra\u00eeche est de 0,04-0,15 %. L&rsquo;eug\u00e9nol est responsable de l&rsquo;odeur de girofle et de la plupart des propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de la racine.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Tanins :<\/strong> la racine contient 20-30 % de <strong>tanins<\/strong> (gallotanins et ellagitanins), une teneur consid\u00e9rable qui explique la forte astringence. Les principaux ellagitanins identifi\u00e9s sont la <strong>g\u00e9mine A<\/strong> et la <strong>stachyurine<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes :<\/strong> <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et leurs glycosides dans les parties a\u00e9riennes.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques :<\/strong> <strong>acide gallique<\/strong>, <strong>acide ellagique<\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">Triterp\u00e8nes<\/a> :<\/strong> <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong>, <strong>acide tormentique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Sucres et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a> :<\/strong> amidon et mucilages en petite quantit\u00e9 dans le rhizome.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Astringent :<\/strong> propri\u00e9t\u00e9 dominante, li\u00e9e \u00e0 la tr\u00e8s forte teneur en tanins. La d\u00e9coction de racine \u00e9tait le rem\u00e8de de campagne des diarrh\u00e9es, des dysenteries, des leucorrh\u00e9es et des h\u00e9morragies digestives l\u00e9g\u00e8res.<\/li>\n<li><strong>F\u00e9brifuge :<\/strong> avant la diffusion du quinquina, la racine de beno\u00eete \u00e9tait l&rsquo;un des f\u00e9brifuges europ\u00e9ens les plus populaires. Les m\u00e9decins du XVII<sup>e<\/sup>-XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle la prescrivaient contre les fi\u00e8vres intermittentes (paludisme), avec un succ\u00e8s tr\u00e8s variable.<\/li>\n<li><strong>Tonique et digestif :<\/strong> la racine, astringente et aromatique, stimule l&rsquo;app\u00e9tit, tonifie la muqueuse gastrique et facilite la digestion. Elle \u00e9tait donn\u00e9e en d\u00e9coction aux convalescents.<\/li>\n<li><strong>Antiseptique buccal :<\/strong> la d\u00e9coction de racine servait de gargarisme contre les gingivites, les angines et les aphtes (tanins + eug\u00e9nol).<\/li>\n<li><strong>Vuln\u00e9raire :<\/strong> en cataplasme, la racine broy\u00e9e \u00e9tait appliqu\u00e9e sur les plaies et les contusions.<\/li>\n<li><strong>Aromatique domestique :<\/strong> la racine s\u00e9ch\u00e9e \u00e9tait plac\u00e9e dans les armoires pour parfumer le linge (odeur de girofle) et \u00e9loigner les mites. Mise dans la bi\u00e8re et le vin, elle servait d&rsquo;aromatisant et de conservateur.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES PHARMACOLOGIQUES MODERNES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Eug\u00e9nol :<\/strong> l&rsquo;eug\u00e9nol est un compos\u00e9 bien caract\u00e9ris\u00e9 pharmacologiquement. Il poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>analg\u00e9siques<\/strong> (inhibition des r\u00e9cepteurs TRPV1), <strong>antiseptiques<\/strong> (bact\u00e9ricide et fongicide \u00e0 large spectre), <strong>anti-inflammatoires<\/strong> (inhibition de COX-2 et de la voie NF-\u03baB), et <strong>anesth\u00e9siques locaux<\/strong> (utilis\u00e9 en dentisterie sous le nom de \u00ab huile de girofle \u00bb). Ces propri\u00e9t\u00e9s valident l&rsquo;usage traditionnel de la beno\u00eete comme antiseptique buccal et analg\u00e9sique dentaire.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> les ellagitanins (g\u00e9mine A, stachyurine) et les flavono\u00efdes conf\u00e8rent aux extraits de racine une activit\u00e9 antioxydante tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e (DPPH, FRAP), sup\u00e9rieure \u00e0 celle de la vitamine C dans certaines \u00e9tudes (Piwowarski <em>et al.<\/em>, 2014).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> les ellagitanins de <em>G. urbanum<\/em> inhibent la production de PGE2 et de NO par les macrophages activ\u00e9s, avec une puissance comparable \u00e0 l&rsquo;indom\u00e9thacine \u00e0 concentration \u00e9quivalente (Tunon <em>et al.<\/em>, 1995).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> l&rsquo;eug\u00e9nol et les tanins exercent une activit\u00e9 synergique contre <em>S. aureus<\/em>, <em>E. coli<\/em>, <em>C. albicans<\/em> et les streptocoques oraux, confirmant l&rsquo;usage en bain de bouche.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antitumorale exploratoire :<\/strong> les ellagitanins de <em>Geum<\/em> induisent l&rsquo;apoptose de cellules canc\u00e9reuses <em>in vitro<\/em> (lign\u00e9es colorectales, h\u00e9patiques). R\u00e9sultats tr\u00e8s pr\u00e9liminaires.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Eug\u00e9nol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>G\u00e9ine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>G\u00e9mine a<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>D\u00e9coction de racine :<\/strong> 20-30 g de racine fra\u00eeche ou r\u00e9cemment s\u00e9ch\u00e9e par litre d&rsquo;eau froide, porter \u00e0 \u00e9bullition, maintenir 5 min, infuser 10 min. 2-3 tasses par jour (astringent, f\u00e9brifuge, tonique digestif).<\/li>\n<li><strong>Teinture :<\/strong> racine fra\u00eeche dans de l&rsquo;alcool \u00e0 60\u00b0 (1:5), 30-50 gouttes 2-3 fois par jour dans un verre d&rsquo;eau.<\/li>\n<li><strong>Gargarisme :<\/strong> d\u00e9coction concentr\u00e9e (50 g\/L), ti\u00e9die, en bain de bouche 3-4 fois par jour (gingivites, aphtes, angines).<\/li>\n<li><strong>Vin de beno\u00eete :<\/strong> 30 g de racine fra\u00eeche dans 1 L de vin blanc pendant 8-10 jours. 1 verre avant les repas (tonique ap\u00e9ritif, f\u00e9brifuge doux).<\/li>\n<li><strong>Usage culinaire :<\/strong> racine fra\u00eeche r\u00e2p\u00e9e en petite quantit\u00e9 dans les rago\u00fbts, les soupes et les desserts.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La beno\u00eete commune est consid\u00e9r\u00e9e comme une plante alimentaire et m\u00e9dicinale s\u00fbre aux doses habituelles.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Eug\u00e9nol :<\/strong> \u00e0 tr\u00e8s forte dose, l&rsquo;eug\u00e9nol est h\u00e9patotoxique et peut provoquer des naus\u00e9es, des vomissements et des irritations des muqueuses. Les concentrations pr\u00e9sentes dans la beno\u00eete sont faibles et ne posent pas de risque aux doses culinaires et phytoth\u00e9rapeutiques.<\/li>\n<li><strong>Tanins :<\/strong> la forte teneur en tanins peut provoquer une constipation en cas d&rsquo;usage prolong\u00e9 \u00e0 dose \u00e9lev\u00e9e. Les tanins r\u00e9duisent l&rsquo;absorption du fer alimentaire.<\/li>\n<li><strong>Grossesse :<\/strong> par prudence, l&rsquo;usage th\u00e9rapeutique est d\u00e9conseill\u00e9 chez la femme enceinte (donn\u00e9es insuffisantes). L&rsquo;eug\u00e9nol est ut\u00e9rotonique \u00e0 forte dose.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Herba benedicta :<\/strong> au Moyen \u00c2ge, la beno\u00eete \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une plante b\u00e9nie, protectrice contre le mal. La forme trilob\u00e9e de la foliole terminale \u00e9voquait la Trinit\u00e9, et la croix form\u00e9e par la racine divis\u00e9e renfor\u00e7ait le symbolisme chr\u00e9tien. La plante \u00e9tait suspendue dans les maisons et les \u00e9tables pour \u00e9loigner les mauvais esprits.<\/li>\n<li><strong>Remplacement du girofle :<\/strong> en Europe du Nord et en temps de disette, la racine de beno\u00eete \u00e9tait utilis\u00e9e comme succ\u00e9dan\u00e9 du clou de girofle (beaucoup moins cher) pour aromatiser les vins, les bi\u00e8res, les vinaigres et les rago\u00fbts.<\/li>\n<li><strong>Bi\u00e8re de beno\u00eete :<\/strong> dans les campagnes anglaises et allemandes, la racine de beno\u00eete \u00e9tait ajout\u00e9e \u00e0 la bi\u00e8re pour la parfumer et la conserver (antiseptique de l&rsquo;eug\u00e9nol). L&rsquo;anglais \u00ab herb bennet \u00bb est une d\u00e9formation de \u00ab herba benedicta \u00bb.<\/li>\n<li><strong>Sainte Hildegarde (XII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle) :<\/strong> recommande la beno\u00eete contre les fi\u00e8vres et les troubles de la digestion.<\/li>\n<li><strong>Cazin (1868) :<\/strong> consacre une monographie d\u00e9taill\u00e9e \u00e0 la beno\u00eete, la qualifiant de \u00ab plante indig\u00e8ne la plus voisine du girofle par sa composition et ses propri\u00e9t\u00e9s \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CULTURE ET MULTIPLICATION<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Sol :<\/strong> frais, humif\u00e8re, riche, bien drain\u00e9. Tol\u00e8re le calcaire. La beno\u00eete est peu exigeante mais pr\u00e9f\u00e8re les sols de type forestier, riches en humus.<\/li>\n<li><strong>Exposition :<\/strong> mi-ombre \u00e0 ombre. Supporte le soleil mod\u00e9r\u00e9 en sol frais.<\/li>\n<li><strong>Semis :<\/strong> en automne ou au printemps, en place ou en godet. Germination en 3-6 semaines. Les graines crochues se dispersent naturellement par zoochorie.<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> au printemps, par division des touffes.<\/li>\n<li><strong>Entretien :<\/strong> aucun. La beno\u00eete se ress\u00e8me abondamment et peut devenir envahissante dans les jardins ombrag\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>Rusticit\u00e9 :<\/strong> excellente (zone USDA 3-9). Supporte -35 \u00b0C.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION<\/h3>\n<p><em>Geum urbanum<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9. L&rsquo;esp\u00e8ce est tr\u00e8s commune dans toute l&rsquo;Europe et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune protection. Elle colonise facilement les milieux anthropis\u00e9s et les habitats forestiers perturb\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT EN JARDIN NATUREL ET PERMACULTURE<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Plante de haie comestible :<\/strong> la beno\u00eete, spontan\u00e9e dans les haies, fournit une racine aromatique utilisable en cuisine et en herboristerie.<\/li>\n<li><strong>Couvre-sol d&rsquo;ombre :<\/strong> la rosette basale persistante couvre le sol en hiver dans les zones ombrag\u00e9es, limitant l&rsquo;\u00e9rosion et les adventices.<\/li>\n<li><strong>Plante indicatrice :<\/strong> la pr\u00e9sence de beno\u00eete indique un sol riche en azote et en humus, frais, de type forestier \u2014 un bon indicateur de fertilit\u00e9 du sol dans un jardin de sous-bois.<\/li>\n<li><strong>Aromatique de substitution :<\/strong> dans un jardin-for\u00eat, la racine de beno\u00eete remplace le girofle dans les pr\u00e9parations culinaires, offrant un condiment gratuit et local.<\/li>\n<li><strong>Anti-mites naturel :<\/strong> les racines s\u00e9ch\u00e9es, plac\u00e9es dans les armoires, \u00e9loignent les mites textiles (eug\u00e9nol).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>BENO\u00ceTE COMMUNE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Fournier P., <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<li>Cazin F.-J., <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em>, 3<sup>e<\/sup> \u00e9d., 1868.<\/li>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Piwowarski J.P. <em>et al.<\/em>, \u00ab Ellagitannins from <em>Geum urbanum<\/em> L. \u2014 Structure-activity relationships and antioxidant potential \u00bb, <em>Phytochemistry Letters<\/em>, 10, 2014, p. 230-235.<\/li>\n<li>Tunon H. <em>et al.<\/em>, \u00ab Evaluation of anti-inflammatory activity of <em>Geum urbanum<\/em> extracts \u00bb, <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 48, 1995, p. 61-76.<\/li>\n<li>Hildegarde de Bingen, <em>Physica<\/em>, XII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (trad. P. Monat, J\u00e9r\u00f4me Millon, 2011).<\/li>\n<li>Couplan F., <em>Le R\u00e9gal v\u00e9g\u00e9tal<\/em>, Sang de la Terre, 2009.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Geum urbanum L. Famille : Rosaceae. Noms vernaculaires : beno\u00eete commune, herbe b\u00e9nite, beno\u00eete des villes, herbe du bon soldat, herbe de saint Beno\u00eet, Echte [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-1328","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-rosacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1328","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1328"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1328\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13692,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1328\/revisions\/13692"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1328"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1328"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1328"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}