{"id":1329,"date":"2026-03-26T11:40:53","date_gmt":"2026-03-26T10:40:53","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/cerisier-sauvage\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"cerisier-sauvage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/cerisier-sauvage\/","title":{"rendered":"CERISIER SAUVAGE"},"content":{"rendered":"<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left; margin:5px 25px 15px 0; max-width:280px; border:1px solid #c9b99a; padding:6px; background:#faf6ee; border-radius:4px; cursor:pointer;\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/prunus_cerasus.jpg\" alt=\"Prunus cerasus \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%; height:auto; display:block;\" \/><figcaption style=\"text-align:center; font-size:0.78em; color:#5a4e3c; margin-top:5px; font-style:italic;\">Prunus cerasus<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>Cerisier sauvage<\/strong> (<em>Prunus avium<\/em>) est un arbre de la famille des <strong>Rosaceae<\/strong>, sous-famille des Amygdaloideae. Le nom de genre <em>Prunus<\/em> est le terme latin pour le prunier, tandis que l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>avium<\/em> (des oiseaux) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;attrait que les fruits exercent sur les oiseaux, principaux disperseurs de ses noyaux. \u00c9galement appel\u00e9 Merisier, Cerisier des oiseaux ou Cerisier des bois, c&rsquo;est l&rsquo;anc\u00eatre sauvage des cerisiers cultiv\u00e9s \u00e0 fruits doux (bigarreaux et guignes). C&rsquo;est un arbre \u00e9lanc\u00e9 pouvant atteindre 20 \u00e0 25 m\u00e8tres de hauteur, \u00e0 tronc droit et \u00e0 \u00e9corce lisse, brun-rouge\u00e2tre, se d\u00e9tachant en bandes horizontales. Sa floraison printani\u00e8re, d&rsquo;un blanc pur et tr\u00e8s abondante, en fait l&rsquo;un des arbres les plus spectaculaires de la campagne europ\u00e9enne en avril. Les fruits, les merises, sont de petites drupes rouge fonc\u00e9 \u00e0 noires, sucr\u00e9es mais petites. Le bois du Merisier, d&rsquo;un beau brun ros\u00e9, est l&rsquo;un des bois d&rsquo;\u00e9b\u00e9nisterie les plus pris\u00e9s en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le Cerisier sauvage est originaire d&rsquo;Europe et d&rsquo;Asie occidentale, depuis les \u00eeles Britanniques et la Scandinavie m\u00e9ridionale jusqu&rsquo;au Caucase et \u00e0 l&rsquo;Iran, et depuis le Maroc jusqu&rsquo;\u00e0 la Russie m\u00e9ridionale. En France, il est pr\u00e9sent sur tout le territoire m\u00e9tropolitain, de la plaine \u00e0 la moyenne montagne (jusqu&rsquo;\u00e0 1700 m\u00e8tres dans les Alpes). C&rsquo;est un arbre forestier qui se rencontre dans les for\u00eats de feuillus, en particulier les ch\u00eanaies, les h\u00eatraies et les for\u00eats mixtes. Il affectionne les sols profonds, frais, bien drain\u00e9s, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement calcaires, riches en humus. C&rsquo;est une esp\u00e8ce h\u00e9liophile \u00e0 semi-sciaphile, qui se d\u00e9veloppe principalement en lisi\u00e8re de for\u00eat, dans les clairi\u00e8res, les haies et les vergers abandonn\u00e9s. Le Merisier est souvent associ\u00e9 au Ch\u00eane sessile, au H\u00eatre, au Charme et au Fr\u00eane dans les for\u00eats temp\u00e9r\u00e9es europ\u00e9ennes. Il est \u00e9galement pr\u00e9sent de mani\u00e8re \u00e9parse dans les for\u00eats alluviales et les ripisylves. Son habitat optimal se situe dans les zones \u00e0 pluviom\u00e9trie bien r\u00e9partie (700 \u00e0 1500 mm\/an), avec des hivers froids permettant la lev\u00e9e de dormance des bourgeons floraux. La domestication du cerisier remonterait \u00e0 plus de 2000 ans, Lucullus ayant selon la tradition introduit le cerisier cultiv\u00e9 \u00e0 Rome en 73 av. J.-C.<\/p>\n<hr>\n<h3>Description morphologique d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>Le Cerisier sauvage est un arbre \u00e0 feuillage caduc, de port \u00e9lanc\u00e9 et conique dans sa jeunesse, s&rsquo;arrondissant avec l&rsquo;\u00e2ge, pouvant atteindre 20 \u00e0 25 m\u00e8tres de hauteur. Le tronc est droit et cylindrique, \u00e0 \u00e9corce brun-rouge\u00e2tre, lisse et brillante, se d\u00e9tachant en bandes horizontales et portant des lenticelles pro\u00e9minentes. Avec l&rsquo;\u00e2ge, l&rsquo;\u00e9corce se crevasse en plaques. Les rameaux sont brun-rouge, glabres, portant des bourgeons ovo\u00efdes brun-rouge, group\u00e9s \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 des rameaux courts. Les feuilles sont alternes, grandes (8 \u00e0 15 centim\u00e8tres), obovales \u00e0 elliptiques, doublement dent\u00e9es, acumin\u00e9es, d&rsquo;un vert mat dessus et plus p\u00e2les dessous, portant deux glandes nectarif\u00e8res rouge\u00e2tres \u00e0 la base du limbe, sur le p\u00e9tiole. La coloration automnale est spectaculaire, les feuilles virant du jaune orang\u00e9 au rouge vif. Les fleurs apparaissent en avril-mai, avant ou en m\u00eame temps que les feuilles. Elles sont group\u00e9es par 2 \u00e0 6 en ombelles simples sessiles, blanches, de 2 \u00e0 3 centim\u00e8tres de diam\u00e8tre, \u00e0 cinq p\u00e9tales. Les fruits (merises) sont des drupes globuleuses de 8 \u00e0 12 millim\u00e8tres, rouge fonc\u00e9 \u00e0 noires \u00e0 maturit\u00e9 (juin-juillet), \u00e0 chair peu \u00e9paisse, sucr\u00e9e ou am\u00e8re selon les individus.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le Cerisier sauvage, comme les autres esp\u00e8ces de <em>Prunus<\/em>, contient des <strong>glycosides cyanog\u00e8nes<\/strong>, principalement l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong> et la <strong>prunasine<\/strong>, concentr\u00e9s dans les noyaux, l&rsquo;\u00e9corce et les feuilles. La pulpe des fruits, en revanche, ne contient que des traces de ces compos\u00e9s et est donc comestible sans danger. Les merises sont riches en <strong>anthocyanes<\/strong> (cyanidine-3-glucoside, cyanidine-3-rutinoside) responsables de leur couleur rouge-noir et dot\u00e9es de propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes puissantes. Les fruits contiennent des <strong>sucres<\/strong> (glucose, fructose), des <strong>acides organiques<\/strong> (acide malique, acide citrique), de la <strong>vitamine C<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pectines\/\">pectines<\/a><\/strong> et des <strong>sels min\u00e9raux<\/strong> (potassium, magn\u00e9sium, fer). Les p\u00e9doncules de cerise, utilis\u00e9s en phytoth\u00e9rapie, sont riches en <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (kaempf\u00e9rol, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>), en <strong>sels de potassium<\/strong>, en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/strong> et en <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>. L&rsquo;\u00e9corce contient des <strong>tanins<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> et de la <strong>r\u00e9sine<\/strong>. Les feuilles renferment des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et des <strong>compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/strong>. La gomme qui exsude du tronc (gomme de cerisier) contient des <strong>polysaccharides<\/strong> \u00e9mollients. Le bois contient des <strong>tanins<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">lignanes<\/a><\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Le Cerisier sauvage est utilis\u00e9 en m\u00e9decine traditionnelle principalement pour ses <strong>p\u00e9doncules<\/strong> (queues de cerises), bien plus que pour ses fruits. Les p\u00e9doncules sont r\u00e9put\u00e9s comme l&rsquo;un des meilleurs <strong>diur\u00e9tiques<\/strong> du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal, utilis\u00e9s depuis le Moyen \u00c2ge pour favoriser l&rsquo;\u00e9limination r\u00e9nale et urinaire. Ils sont traditionnellement prescrits contre la <strong>r\u00e9tention d&rsquo;eau<\/strong>, les <strong>\u0153d\u00e8mes<\/strong>, les <strong>cystites<\/strong>, les <strong>calculs urinaires<\/strong>, les <strong>rhumatismes<\/strong> et la <strong>goutte<\/strong>. Leur action est attribu\u00e9e aux sels de potassium et aux flavono\u00efdes. Les fruits (merises) \u00e9taient consomm\u00e9s comme <strong>laxatif<\/strong> doux et <strong>rafra\u00eechissant<\/strong>. La gomme de cerisier, dissoute dans l&rsquo;eau, \u00e9tait utilis\u00e9e comme <strong>\u00e9mollient<\/strong> et <strong>antitussif<\/strong> pour calmer les toux s\u00e8ches et les irritations de la gorge. L&rsquo;\u00e9corce, riche en tanins, servait comme <strong>astringent<\/strong> et <strong>f\u00e9brifuge<\/strong> en m\u00e9decine populaire. En usage externe, les d\u00e9coctions d&rsquo;\u00e9corce \u00e9taient employ\u00e9es pour les <strong>inflammations cutan\u00e9es<\/strong> et les <strong>conjonctivites<\/strong>. En cosm\u00e9tique traditionnelle, le suc des merises servait \u00e0 pr\u00e9parer des lotions \u00e9claircissantes pour le teint. Les noyaux, en raison de leur teneur en glycosides cyanog\u00e8nes, n&rsquo;\u00e9taient pas utilis\u00e9s directement mais leur huile, obtenue par pression, servait en parfumerie.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche sur <em>Prunus avium<\/em> est abondante, couvrant des domaines vari\u00e9s. En <strong>nutrition<\/strong>, les cerises et les merises font l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes pour leurs propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>antioxydantes<\/strong>, li\u00e9es \u00e0 leur richesse en anthocyanes. Des essais cliniques montrent que la consommation de cerises r\u00e9duit les marqueurs inflammatoires et le taux d&rsquo;acide urique, ce qui est prometteur pour la prise en charge de la <strong>goutte<\/strong>. Les propri\u00e9t\u00e9s <strong>diur\u00e9tiques<\/strong> des p\u00e9doncules ont \u00e9t\u00e9 partiellement confirm\u00e9es par des \u00e9tudes animales montrant une augmentation du volume urinaire et de l&rsquo;excr\u00e9tion de sodium. En <strong>g\u00e9n\u00e9tique<\/strong> et en <strong>am\u00e9lioration vari\u00e9tale<\/strong>, le g\u00e9nome complet du cerisier a \u00e9t\u00e9 s\u00e9quenc\u00e9, ouvrant la voie \u00e0 la s\u00e9lection assist\u00e9e par marqueurs pour la r\u00e9sistance aux maladies, la qualit\u00e9 des fruits et l&rsquo;adaptation au changement climatique. Des recherches en <strong>sylviculture<\/strong> optimisent les m\u00e9thodes de production de bois de merisier de haute qualit\u00e9, en \u00e9tudiant l&rsquo;impact de la densit\u00e9 de plantation, de l&rsquo;\u00e9lagage et du m\u00e9lange d&rsquo;essences. En <strong>agroforesterie<\/strong>, le Merisier est \u00e9tudi\u00e9 comme esp\u00e8ce \u00e0 double vocation (bois et fruits) dans les syst\u00e8mes de culture. L&rsquo;usage traditionnel des p\u00e9doncules comme diur\u00e9tique est reconnu.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glycosides cyanog\u00e8nes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Amygdaline<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Prunasine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Anthocyanes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sucres<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Les p\u00e9doncules de cerisier (queues de cerises) constituent la forme m\u00e9dicinale la plus courante et la mieux document\u00e9e. En <strong>d\u00e9coction de p\u00e9doncules<\/strong>, 30 \u00e0 50 grammes de p\u00e9doncules s\u00e9ch\u00e9s par litre d&rsquo;eau froide, port\u00e9s \u00e0 \u00e9bullition et maintenus 5 minutes \u00e0 fr\u00e9missement, puis infus\u00e9s 15 minutes. Trois \u00e0 quatre tasses par jour entre les repas, en cure de 10 \u00e0 15 jours comme diur\u00e9tique. En <strong>infusion<\/strong>, 10 \u00e0 15 grammes de p\u00e9doncules par litre d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infus\u00e9s 10 minutes. En <strong>g\u00e9lules de poudre<\/strong> de p\u00e9doncules, 500 \u00e0 1500 milligrammes par jour en deux \u00e0 trois prises. En <strong>extrait fluide<\/strong>, 3 \u00e0 6 millilitres par jour. En <strong>teinture-m\u00e8re<\/strong> de p\u00e9doncules, 40 \u00e0 60 gouttes trois fois par jour. La <strong>gomme de cerisier<\/strong>, dissoute dans l&rsquo;eau ti\u00e8de (10 grammes par verre), servait de sirop antitussif \u00e9mollient. Les <strong>fruits frais<\/strong> se consomment en cure de 200 \u00e0 500 grammes par jour pendant 3 \u00e0 5 jours comme cure d\u00e9purative et laxative. L&rsquo;usage traditionnel des p\u00e9doncules de cerisier est reconnu comme diur\u00e9tique pour favoriser l&rsquo;\u00e9limination r\u00e9nale.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les p\u00e9doncules de cerisier et les fruits sont g\u00e9n\u00e9ralement bien tol\u00e9r\u00e9s. La principale pr\u00e9caution concerne les <strong>noyaux<\/strong>, qui ne doivent jamais \u00eatre broy\u00e9s ni m\u00e2ch\u00e9s en raison de leur teneur en <strong>glycosides cyanog\u00e8nes<\/strong> (amygdaline), susceptibles de lib\u00e9rer de l&rsquo;<strong>acide cyanhydrique<\/strong>. L&rsquo;ingestion de noyaux intacts, non broy\u00e9s, ne pr\u00e9sente pas de danger car la coque dure emp\u00eache la lib\u00e9ration des compos\u00e9s toxiques. L&rsquo;effet <strong>diur\u00e9tique<\/strong> des p\u00e9doncules est une contre-indication relative en cas d&rsquo;<strong>insuffisance r\u00e9nale<\/strong> s\u00e9v\u00e8re et impose une surveillance en cas de traitement diur\u00e9tique concomitant. La consommation excessive de cerises fra\u00eeches peut provoquer des <strong>diarrh\u00e9es<\/strong> et des <strong>ballonnements<\/strong> en raison de leur teneur en fibres, en sorbitol et en fructose. Les personnes souffrant du <strong>syndrome de l&rsquo;intestin irritable<\/strong> doivent mod\u00e9rer leur consommation. La <strong>grossesse<\/strong> et l&rsquo;<strong>allaitement<\/strong> ne constituent pas des contre-indications formelles pour les p\u00e9doncules, mais l&rsquo;avis d&rsquo;un professionnel de sant\u00e9 est recommand\u00e9. Les personnes <strong>allergiques aux Rosaceae<\/strong> (pomme, p\u00eache, amande) doivent \u00eatre prudentes en raison de r\u00e9actions crois\u00e9es possibles. Le bois de merisier, en \u00e9b\u00e9nisterie, peut provoquer des r\u00e9actions allergiques cutan\u00e9es et respiratoires chez certains artisans sensibles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les interactions m\u00e9dicamenteuses des p\u00e9doncules de cerisier sont mod\u00e9r\u00e9es. L&rsquo;effet <strong>diur\u00e9tique<\/strong>, le plus significatif, peut potentialiser l&rsquo;action des <strong>diur\u00e9tiques de synth\u00e8se<\/strong>, augmentant le risque de d\u00e9shydratation et d&rsquo;hypokali\u00e9mie. Cette hypokali\u00e9mie potentielle augmente la toxicit\u00e9 des <strong>digitaliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/digoxine\/\">digoxine<\/a>). L&rsquo;association avec des <strong>anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens<\/strong> (AINS) doit \u00eatre prudente, la diur\u00e8se pouvant modifier l&rsquo;\u00e9limination r\u00e9nale de ces m\u00e9dicaments. La teneur en <strong>potassium<\/strong> des p\u00e9doncules pourrait interagir avec les <strong>\u00e9pargneurs de potassium<\/strong> (spironolactone, amiloride), augmentant le risque d&rsquo;hyperkali\u00e9mie. Les <strong>anthocyanes<\/strong> des fruits pourraient th\u00e9oriquement interagir avec les <strong>anticoagulants<\/strong> et les <strong>antiagr\u00e9gants plaquettaires<\/strong>, mais cet effet est probablement cliniquement insignifiant aux doses alimentaires. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> des p\u00e9doncules pourraient modestement modifier le m\u00e9tabolisme h\u00e9patique de certains m\u00e9dicaments via les enzymes du cytochrome P450. Il est recommand\u00e9 de signaler toute consommation importante de pr\u00e9parations \u00e0 base de cerises \u00e0 son m\u00e9decin, en particulier en cas de traitement m\u00e9dicamenteux affectant la fonction r\u00e9nale ou l&rsquo;\u00e9quilibre hydro-\u00e9lectrolytique.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;histoire du Cerisier sauvage est intimement li\u00e9e \u00e0 celle de la cerise cultiv\u00e9e. Selon Pline l&rsquo;Ancien, le g\u00e9n\u00e9ral romain Lucullus ramena le cerisier cultiv\u00e9 de Giresun (Cerasus en latin, actuelle Turquie) en 73 av. J.-C. En r\u00e9alit\u00e9, des noyaux de merise ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s dans des sites n\u00e9olithiques europ\u00e9ens, attestant d&rsquo;une consommation bien plus ancienne. Le Merisier a \u00e9t\u00e9 cultiv\u00e9 \u00e0 la fois pour ses fruits et pour son bois. Le <strong>bois de merisier<\/strong>, d&rsquo;un beau brun-rose satin\u00e9, est l&rsquo;un des plus beaux bois d&rsquo;\u00e9b\u00e9nisterie europ\u00e9ens, utilis\u00e9 pour la fabrication de meubles de qualit\u00e9, de placages, d&rsquo;instruments de musique (fl\u00fbtes, hautbois) et de tournage. En Alsace et en For\u00eat-Noire, les merises servaient \u00e0 la fabrication du <strong>kirsch<\/strong>, eau-de-vie traditionnelle tr\u00e8s pris\u00e9e. En Angleterre, le <em>cherry brandy<\/em> et le <em>cherry wine<\/em> \u00e9taient des boissons populaires. L&rsquo;\u00e9corce de merisier \u00e9tait utilis\u00e9e en <strong>teinturerie<\/strong> pour obtenir des teintes brunes et rouge\u00e2tres. En sylviculture, le Merisier est l&rsquo;une des essences feuillues les plus pr\u00e9cieuses, son bois atteignant des prix \u00e9lev\u00e9s sur le march\u00e9 du bois d&rsquo;\u0153uvre. Des programmes de plantation et d&rsquo;am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique du Merisier sont men\u00e9s dans toute l&rsquo;Europe.<\/p>\n<hr>\n<h3>Usages alimentaires et culinaires<\/h3>\n<p>Le Cerisier sauvage est l&rsquo;anc\u00eatre de l&rsquo;un des fruits les plus appr\u00e9ci\u00e9s au monde. Les <strong>merises<\/strong> (fruits du Merisier), bien que plus petites que les cerises cultiv\u00e9es (8-12 mm), sont parfaitement comestibles, avec une chair sucr\u00e9e, parfum\u00e9e et l\u00e9g\u00e8rement am\u00e8re. Elles se consomment fra\u00eeches, directement cueillies \u00e0 l&rsquo;arbre, ou transform\u00e9es. Le <strong>kirsch<\/strong> (eau-de-vie de cerises) est la transformation la plus noble des merises, produit embl\u00e9matique d&rsquo;Alsace, de Suisse et de la For\u00eat-Noire. Les merises servent aussi \u00e0 pr\u00e9parer des <strong>liqueurs<\/strong>, du <strong>ratafia<\/strong>, des <strong>confitures<\/strong>, des <strong>gel\u00e9es<\/strong>, des <strong>compotes<\/strong> et des <strong>clafoutis<\/strong>. En Turquie, le sirop de cerise sauvage (<em>vi\u015fne \u015furubu<\/em>) est une boisson estivale populaire. Les feuilles de cerisier, l\u00e9g\u00e8rement parfum\u00e9es, sont utilis\u00e9es au Japon pour envelopper les <em>sakura mochi<\/em> (g\u00e2teaux de riz aux cerises). Le bois de merisier est appr\u00e9ci\u00e9 pour le <strong>fumage<\/strong> des viandes et des poissons, donnant un ar\u00f4me d\u00e9licat et fruit\u00e9. En cuisine sauvage, les jeunes feuilles et les fleurs de cerisier sont comestibles et peuvent parfumer des desserts, des boissons et des vinaigres. La gomme de cerisier, comestible, \u00e9tait autrefois m\u00e2ch\u00e9e comme friandise par les enfants des campagnes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et biodiversit\u00e9<\/h3>\n<p>Le Cerisier sauvage joue un r\u00f4le \u00e9cologique majeur dans les \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers et bocagers europ\u00e9ens. Sa floraison pr\u00e9coce et tr\u00e8s abondante en avril constitue une <strong>source de nectar et de pollen exceptionnelle<\/strong> pour les insectes pollinisateurs. Les <strong>abeilles domestiques<\/strong>, les <strong>bourdons<\/strong>, les <strong>abeilles solitaires<\/strong> et de nombreux <strong>dipt\u00e8res<\/strong> visitent massivement les fleurs. Le miel de cerisier, r\u00e9colt\u00e9 dans les r\u00e9gions de vergers, est un miel printanier d\u00e9licat. Les fruits, m\u00fbrs en juin-juillet, sont consomm\u00e9s par une grande diversit\u00e9 d&rsquo;<strong>oiseaux<\/strong> (merles, grives, \u00e9tourneaux, geais, fauvettes, pies), qui assurent la diss\u00e9mination des noyaux (ornithochorie). Les <strong>mammif\u00e8res<\/strong> (renards, blaireaux, martres, \u00e9cureuils) consomment \u00e9galement les fruits tomb\u00e9s au sol. Le feuillage abrite de nombreux insectes, dont les chenilles de papillons. Les cavit\u00e9s des vieux troncs servent de g\u00eetes aux pics, chouettes et chiropt\u00e8res. Le bois mort est colonis\u00e9 par des champignons saproxyliques. En sylviculture, le Merisier est une essence pr\u00e9cieuse pour la diversification des for\u00eats et l&rsquo;augmentation de leur valeur \u00e9conomique et \u00e9cologique. Sa pr\u00e9sence dans les haies bocag\u00e8res contribue \u00e0 la connectivit\u00e9 \u00e9cologique du paysage.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et multiplication<\/h3>\n<p>Le Cerisier sauvage est cultiv\u00e9 \u00e0 la fois comme arbre fruitier, forestier et ornemental. La multiplication se fait par <strong>semis<\/strong>, par <strong>greffage<\/strong> (pour les vari\u00e9t\u00e9s fruiti\u00e8res) ou par <strong>marcottage<\/strong>. Le semis utilise des noyaux r\u00e9colt\u00e9s \u00e0 maturit\u00e9, d\u00e9pulp\u00e9s et soumis \u00e0 une <strong>stratification froide et humide<\/strong> de 3 \u00e0 4 mois. La germination intervient au printemps suivant. Le greffage sur porte-greffe de Merisier ou de Sainte-Lucie permet la multiplication des vari\u00e9t\u00e9s fruiti\u00e8res s\u00e9lectionn\u00e9es. L&rsquo;arbre pr\u00e9f\u00e8re les sols profonds, frais, bien drain\u00e9s, riches en humus, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement calcaires. L&rsquo;exposition ensoleill\u00e9e est n\u00e9cessaire pour une bonne fructification. Sa rusticit\u00e9 est excellente (jusqu&rsquo;\u00e0 -25 degr\u00e9s). La croissance est rapide en jeunesse (50 \u00e0 80 cm par an). En sylviculture, le Merisier est plant\u00e9 en m\u00e9lange avec d&rsquo;autres essences (ch\u00eane, h\u00eatre, \u00e9rable) pour produire du bois d&rsquo;\u0153uvre de haute valeur en 60 \u00e0 80 ans. En verger conservatoire, les vari\u00e9t\u00e9s locales anciennes de merisier sont pr\u00e9serv\u00e9es. En jardinage, le Merisier est un magnifique arbre d&rsquo;ornement pour les grands jardins, appr\u00e9ci\u00e9 pour sa floraison printani\u00e8re spectaculaire, ses fruits attractifs pour la faune et sa coloration automnale flamboyante.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p>Le Cerisier sauvage ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection particulier en France ni en Europe, \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9 comme un arbre commun. Il est class\u00e9 en <strong>pr\u00e9occupation mineure<\/strong> (LC) par l&rsquo;UICN. Les p\u00e9doncules de cerisier sont inscrits \u00e0 la <strong>liste A des plantes m\u00e9dicinales<\/strong> de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. Leur usage traditionnel comme diur\u00e9tique est reconnu. Les pr\u00e9parations \u00e0 base de p\u00e9doncules de cerisier sont disponibles en pharmacie et en herboristerie. La plante est autoris\u00e9e dans les compl\u00e9ments alimentaires. En mati\u00e8re de conservation, bien que le Merisier ne soit pas globalement menac\u00e9, la diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique des populations sauvages est un enjeu important face \u00e0 l&rsquo;uniformisation par les vari\u00e9t\u00e9s cultiv\u00e9es. Des programmes de <strong>conservation g\u00e9n\u00e9tique<\/strong> visent \u00e0 pr\u00e9server les populations sauvages et les vari\u00e9t\u00e9s locales anciennes. En sylviculture, le Merisier b\u00e9n\u00e9ficie de programmes de reboisement et d&rsquo;am\u00e9lioration g\u00e9n\u00e9tique dans toute l&rsquo;Europe. La certification FSC et PEFC garantit une gestion durable des for\u00eats \u00e0 Merisier. Les vergers conservatoires de vari\u00e9t\u00e9s anciennes, entretenus par des associations locales et des conservatoires botaniques, jouent un r\u00f4le essentiel dans la pr\u00e9servation du patrimoine g\u00e9n\u00e9tique fruitier.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>CERISIER SAUVAGE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Prunus%20avium\">Plants of the World Online, Kew : <em>Prunus avium<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Prunus+avium\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Prunus avium<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Prunus cerasusK\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887 I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Cerisier sauvage (Prunus avium) est un arbre de la famille des Rosaceae, sous-famille des Amygdaloideae. 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