{"id":1333,"date":"2026-03-26T11:40:59","date_gmt":"2026-03-26T10:40:59","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/pommier-sauvage\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"pommier-sauvage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/pommier-sauvage\/","title":{"rendered":"POMMIER SAUVAGE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Pommier%20sauvage.jpg\" alt=\"Planche botanique Pommier sauvage\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le pommier sauvage, <em>Malus sylvestris<\/em> (L.) Mill., appartient \u00e0 la famille des <em>Rosaceae<\/em>, sous-famille des <em>Maloideae<\/em>. C&rsquo;est un arbre ou grand arbuste \u00e0 feuilles caduques pouvant atteindre 8 \u00e0 12 m\u00e8tres de hauteur, caract\u00e9ris\u00e9 par un tronc tortueux, une \u00e9corce gris\u00e2tre se fissurant avec l&rsquo;\u00e2ge et des rameaux souvent \u00e9pineux. Les feuilles sont alternes, ovales \u00e0 elliptiques, longues de 3 \u00e0 6 cm, \u00e0 marge cr\u00e9nel\u00e9e-dent\u00e9e, glabres ou faiblement pubescentes \u00e0 la face inf\u00e9rieure dans leur jeunesse. Les fleurs, apparaissant en avril-mai, sont group\u00e9es en corymbes de 3 \u00e0 7, blanches \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement ros\u00e9es, pentam\u00e8res, \u00e0 5 p\u00e9tales libres et de nombreuses \u00e9tamines \u00e0 anth\u00e8res jaunes. Le fruit est un petit pome globuleux de 2 \u00e0 4 cm de diam\u00e8tre, vert-jaun\u00e2tre \u00e0 maturit\u00e9, tr\u00e8s acide et astringent, \u00e0 chair ferme contenant de petits p\u00e9pins brun fonc\u00e9. Le syst\u00e8me racinaire est pivotant puis tra\u00e7ant, profond, assurant un ancrage solide. <em>Malus sylvestris<\/em> se distingue de <em>Malus domestica<\/em> Borkh. par ses fruits nettement plus petits, l&rsquo;absence de pubescence persistante sur les feuilles adultes, et la pr\u00e9sence fr\u00e9quente d&rsquo;\u00e9pines sur les rameaux courts. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 34) et constitue l&rsquo;un des anc\u00eatres du pommier cultiv\u00e9, bien que la contribution majeure provienne de <em>Malus sieversii<\/em> (Ledeb.) M. Roem.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le pommier sauvage est une esp\u00e8ce eurasiatique dont l&rsquo;aire de r\u00e9partition s&rsquo;\u00e9tend de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique et des \u00eeles Britanniques jusqu&rsquo;au Caucase et au nord de la Turquie. Il affectionne les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les haies champ\u00eatres, les clairi\u00e8res et les bois clairs de feuillus, depuis le niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 200 m d&rsquo;altitude dans les Alpes. Il pr\u00e9f\u00e8re les sols argilo-limoneux, frais mais bien drain\u00e9s, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides (pH 5,5 \u00e0 7,5), riches en humus. On le trouve associ\u00e9 au ch\u00eane p\u00e9doncul\u00e9 (<em>Quercus robur<\/em>), au charme (<em>Carpinus betulus<\/em>), au noisetier (<em>Corylus avellana<\/em>) et \u00e0 l&rsquo;aub\u00e9pine (<em>Crataegus monogyna<\/em>). Il tol\u00e8re des temp\u00e9ratures hivernales jusqu&rsquo;\u00e0 \u221225 \u00b0C et supporte des p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse mod\u00e9r\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 son enracinement profond. Son caract\u00e8re h\u00e9liophile \u00e0 semi-h\u00e9liophile le confine aux milieux ouverts ou semi-ouverts. L&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e dans les habitats Natura 2000 au sein des for\u00eats mixtes temp\u00e9r\u00e9es et des bocages relictuels.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le fruit du pommier sauvage contient une grande diversit\u00e9 de m\u00e9tabolites. Les acides organiques, domin\u00e9s par l&rsquo;<strong>acide malique<\/strong> (10 \u00e0 18 g\/kg de mati\u00e8re fra\u00eeche), accompagn\u00e9s d&rsquo;<strong>acide citrique<\/strong> et d&rsquo;<strong>acide quinique<\/strong>, conf\u00e8rent son acidit\u00e9 caract\u00e9ristique. Les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> constituent la fraction bioactive majeure : les <strong>flavanols<\/strong> (<strong>cat\u00e9chine<\/strong>, <strong>\u00e9picat\u00e9chine<\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">procyanidines<\/a> B1 et B2<\/strong>) repr\u00e9sentent 50 \u00e0 70 % des polyph\u00e9nols totaux. Les <strong>acides hydroxycinnamiques<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>) sont abondants. Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a><\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>-3-O-galactoside<\/strong>, <strong>querc\u00e9tine-3-O-glucoside<\/strong>, <strong>querc\u00e9tine-3-O-rhamnoside<\/strong>) sont pr\u00e9sents dans la peau. Les <strong>dihydrochalcones<\/strong>, notamment la <strong>phloridzine<\/strong> (phlorizine) et la <strong>phlortine-2&prime;-O-xyloglucoside<\/strong>, sont caract\u00e9ristiques du genre <em>Malus<\/em>. Les fruits contiennent \u00e9galement des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pectines\/\">pectines<\/a><\/strong> (1 \u00e0 1,5 % du poids frais), de la vitamine C (10 \u00e0 30 mg\/100 g), des sucres (fructose, glucose, saccharose), des fibres insolubles (cellulose, h\u00e9micellulose) et des min\u00e9raux (potassium, calcium, magn\u00e9sium). Les graines renferment de l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong>, un glycoside cyanog\u00e9n\u00e9tique, en quantit\u00e9 limit\u00e9e. La teneur en polyph\u00e9nols totaux des pommes sauvages est 2 \u00e0 10 fois sup\u00e9rieure \u00e0 celle des cultivars modernes.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les polyph\u00e9nols du pommier sauvage exercent de puissants effets antioxydants par pi\u00e9geage direct des radicaux libres (OH\u2022, O\u2082\u2022\u207b, ROO\u2022) et par ch\u00e9lation des ions m\u00e9talliques (Fe\u00b2\u207a, Cu\u00b2\u207a). Les <strong>procyanidines<\/strong> inhibent la peroxydation lipidique membranaire et prot\u00e8gent les LDL de l&rsquo;oxydation in vitro. La <strong>phloridzine<\/strong> est un inhibiteur comp\u00e9titif des cotransporteurs sodium-glucose de type SGLT1 et SGLT2 au niveau intestinal et r\u00e9nal, r\u00e9duisant l&rsquo;absorption du glucose et augmentant la glycosurie ; ce m\u00e9canisme a inspir\u00e9 le d\u00e9veloppement des gliflozines. L&rsquo;<strong>acide chlorog\u00e9nique<\/strong> inhibe la glucose-6-phosphatase h\u00e9patique, r\u00e9duisant la n\u00e9oglucogen\u00e8se. Les <strong>flavonols<\/strong> (querc\u00e9tine et d\u00e9riv\u00e9s) exercent des effets anti-inflammatoires en inhibant la cyclooxyg\u00e9nase-2 (COX-2), la lipoxyg\u00e9nase (5-LOX) et la production de cytokines pro-inflammatoires (TNF-\u03b1, IL-6). Les <strong>pectines<\/strong> lient les acides biliaires dans la lumi\u00e8re intestinale, favorisant leur excr\u00e9tion f\u00e9cale et stimulant la conversion h\u00e9patique du cholest\u00e9rol en acides biliaires, contribuant \u00e0 r\u00e9duire le cholest\u00e9rol LDL. Elles servent aussi de substrat au microbiote colique, g\u00e9n\u00e9rant des acides gras \u00e0 cha\u00eene courte (butyrate, propionate) aux effets trophiques sur la muqueuse colique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques et pr\u00e9cliniques relatives aux constituants de <em>Malus sylvestris<\/em> soutiennent plusieurs activit\u00e9s : (1) <strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les extraits de pomme sauvage pr\u00e9sentent des valeurs ORAC (Oxygen Radical Absorbance Capacity) nettement sup\u00e9rieures \u00e0 celles des cultivars, r\u00e9duisant les biomarqueurs de stress oxydatif (8-iso-prostaglandine F2\u03b1, malondiald\u00e9hyde) dans des mod\u00e8les murins. (2) <strong>Effet hypoglyc\u00e9miant<\/strong> : la phloridzine et ses m\u00e9tabolites diminuent la glyc\u00e9mie postprandiale chez l&rsquo;animal ; des essais cliniques sur des extraits de pomme riches en polyph\u00e9nols montrent une r\u00e9duction de 20 \u00e0 30 % de l&rsquo;aire sous la courbe glyc\u00e9mique apr\u00e8s un repas glucidique. (3) <strong>Effet hypolip\u00e9miant<\/strong> : les pectines de pomme (2 \u00e0 10 g\/j) r\u00e9duisent le cholest\u00e9rol total de 5 \u00e0 10 % et le LDL-cholest\u00e9rol de 7 \u00e0 12 % dans des m\u00e9ta-analyses. (4) <strong>Effet astringent et antidiarrh\u00e9ique<\/strong> : les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a> (procyanidines) contractent les muqueuses et r\u00e9duisent les s\u00e9cr\u00e9tions intestinales. (5) <strong>Effet pr\u00e9biotique<\/strong> : les pectines et les polyph\u00e9nols non absorb\u00e9s stimulent la croissance de <em>Bifidobacterium<\/em> spp. et <em>Lactobacillus<\/em> spp. dans le c\u00f4lon.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h3>\n<p>En phytoth\u00e9rapie contemporaine, les pr\u00e9parations \u00e0 base de pommier sauvage sont utilis\u00e9es dans les contextes suivants : troubles digestifs fonctionnels avec diarrh\u00e9e l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e (d\u00e9coction de fruits s\u00e9ch\u00e9s, 30 g\/L, 2 \u00e0 3 tasses\/jour) ; pr\u00e9vention du risque cardiovasculaire dans le cadre d&rsquo;une alimentation riche en polyph\u00e9nols de pomme (compl\u00e9ments standardis\u00e9s \u00e0 500-1 000 mg de polyph\u00e9nols\/jour) ; soutien de la r\u00e9gulation glyc\u00e9mique chez les sujets pr\u00e9diab\u00e9tiques (extraits standardis\u00e9s en phloridzine) ; constipation l\u00e9g\u00e8re par l&rsquo;effet laxatif doux des pectines (pomme r\u00e2p\u00e9e laiss\u00e9e \u00e0 brunir). En florith\u00e9rapie de Bach, l&rsquo;\u00e9lixir Crab Apple (pomme sauvage) est prescrit comme \u00ab\u00a0rem\u00e8de de purification\u00a0\u00bb pour les personnes \u00e9prouvant un sentiment d&rsquo;impuret\u00e9 ou une fixation sur les d\u00e9tails physiques. L&rsquo;usage traditionnel en application externe (cataplasme de pulpe) pour les verrues et petites affections cutan\u00e9es persiste en m\u00e9decine populaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches contemporaines sur <em>Malus sylvestris<\/em> et ses constituants sont actives. Des \u00e9tudes de g\u00e9nomique comparative ont montr\u00e9 que les populations de pommiers sauvages europ\u00e9ens sont menac\u00e9es par l&rsquo;introgression g\u00e9n\u00e9tique des cultivars, compromettant la diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique de l&rsquo;esp\u00e8ce. Des travaux sur le microbiome ont d\u00e9montr\u00e9 que les pommes sauvages h\u00e9bergent un microbiome \u00e9piphyte diversifi\u00e9 (environ 10\u2078 bact\u00e9ries par fruit), incluant des souches probiotiques potentielles de <em>Lactobacillus<\/em>. Les \u00e9tudes sur les gliflozines, d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 partir du mod\u00e8le pharmacologique de la phloridzine, ont conduit \u00e0 une classe th\u00e9rapeutique majeure en diab\u00e9tologie de type 2, \u00e9galement \u00e9tudi\u00e9e dans l&rsquo;insuffisance cardiaque et la n\u00e9phropathie diab\u00e9tique. Des travaux sur les procyanidines de pomme ont montr\u00e9 des effets anti-ob\u00e9sit\u00e9 chez la souris (r\u00e9duction du tissu adipeux visc\u00e9ral, am\u00e9lioration de la sensibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insuline). Des \u00e9tudes in vitro sugg\u00e8rent que les polyph\u00e9nols de pomme sauvage inhibent la prolif\u00e9ration de lign\u00e9es cellulaires tumorales (c\u00f4lon, foie, sein) par induction de l&rsquo;apoptose et arr\u00eat du cycle cellulaire. La conservation ex situ de <em>Malus sylvestris<\/em> fait l&rsquo;objet de programmes europ\u00e9ens (ECPGR) pour pr\u00e9server le pool g\u00e9n\u00e9tique de l&rsquo;esp\u00e8ce face \u00e0 l&rsquo;\u00e9rosion g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acide malique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide citrique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide quinique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavanols<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cat\u00e9chine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de feuilles<\/strong> : 2 \u00e0 3 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es par tasse (250 mL), infuser 10 min, 2 \u00e0 3 tasses par jour. <strong>D\u00e9coction de fruits s\u00e9ch\u00e9s<\/strong> : 30 g de fruits coup\u00e9s en morceaux pour 1 L d&rsquo;eau, faire bouillir 10 min, filtrer ; 2 \u00e0 3 tasses par jour pour l&rsquo;effet astringent. <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (fruits frais, titre 1:5, \u00e9thanol 45 %) : 30 \u00e0 50 gouttes, 2 \u00e0 3 fois par jour. <strong>Extrait sec standardis\u00e9<\/strong> (polyph\u00e9nols de pomme) : 300 \u00e0 500 mg, 2 fois par jour avant les repas. <strong>Pectines de pomme<\/strong> : 2 \u00e0 5 g par jour, \u00e0 diluer dans un verre d&rsquo;eau, avant les repas. <strong>Vinaigre de cidre<\/strong> (de pommes sauvages ou semi-sauvages) : 1 \u00e0 2 cuill\u00e8res \u00e0 soupe dans un verre d&rsquo;eau ti\u00e8de, le matin \u00e0 jeun. <strong>\u00c9lixir de Bach Crab Apple<\/strong> : 2 gouttes dans un verre d&rsquo;eau, 4 fois par jour, ou 4 gouttes directement sous la langue. La cure standard dure 3 \u00e0 6 semaines.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les pr\u00e9parations \u00e0 base de pommier sauvage sont g\u00e9n\u00e9ralement bien tol\u00e9r\u00e9es. Les contre-indications absolues sont rares. L&rsquo;allergie aux Rosac\u00e9es fruiti\u00e8res (syndrome pomme-bouleau, li\u00e9 \u00e0 la prot\u00e9ine Mal d 1, homologue de Bet v 1) peut provoquer un syndrome oral (prurit buccal, \u0153d\u00e8me labial) et, exceptionnellement, une anaphylaxie. La consommation excessive de p\u00e9pins est d\u00e9conseill\u00e9e en raison de l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong>, bien que les quantit\u00e9s lib\u00e9rant du cyanure soient cliniquement n\u00e9gligeables pour un usage normal. Les extraits concentr\u00e9s de <strong>phloridzine<\/strong> doivent \u00eatre utilis\u00e9s avec prudence chez les patients sous hypoglyc\u00e9miants oraux ou insuline (risque d&rsquo;hypoglyc\u00e9mie additive). Les pectines \u00e0 haute dose peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption de certains m\u00e9dicaments oraux ; respecter un intervalle de 2 heures. L&rsquo;usage est consid\u00e9r\u00e9 comme s\u00fbr pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement aux doses alimentaires habituelles. En cas de lithiase r\u00e9nale oxalique, la consommation \u00e9lev\u00e9e de pommes sauvages (riches en oxalates) demande une surveillance.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les <strong>pectines<\/strong> de pomme peuvent diminuer la biodisponibilit\u00e9 de m\u00e9dicaments \u00e0 index th\u00e9rapeutique \u00e9troit (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/digoxine\/\">digoxine<\/a>, warfarine, l\u00e9vothyroxine) par adsorption dans le tractus gastro-intestinal ; il est recommand\u00e9 de s\u00e9parer la prise de 2 heures. La <strong>phloridzine<\/strong> et la <strong>phlortine<\/strong> inhibent les SGLT1\/SGLT2, ce qui peut potentialiser l&rsquo;effet des gliflozines (dapagliflozine, empagliflozine, canagliflozine) et des sulfamides hypoglyc\u00e9miants. Les polyph\u00e9nols de pomme inhibent faiblement les cytochromes CYP3A4 et CYP1A2 in vitro, mais les concentrations atteintes in vivo aux doses usuelles sont probablement insuffisantes pour induire des interactions cliniquement significatives. La <strong>querc\u00e9tine<\/strong> peut inhiber le transporteur d&rsquo;efflux P-glycoprot\u00e9ine (P-gp), augmentant potentiellement les concentrations plasmatiques de substrats de la P-gp (ciclosporine, tacrolimus, digoxine). Le vinaigre de cidre peut modifier le pH gastrique et influencer la dissolution de m\u00e9dicaments \u00e0 enrobage ent\u00e9rique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 du pommier sauvage est tr\u00e8s faible. La DL50 des extraits polyph\u00e9noliques de pomme d\u00e9passe 5 000 mg\/kg chez le rat (cat\u00e9gorie 5, GHS). Les graines contiennent de l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong> (environ 1 \u00e0 4 mg\/g de graine), qui par hydrolyse enzymatique lib\u00e8re de l&rsquo;acide cyanhydrique (HCN). L&rsquo;ingestion de quelques p\u00e9pins (intacts, non broy\u00e9s) est sans danger car l&rsquo;enveloppe r\u00e9siste \u00e0 la digestion. Il faudrait ing\u00e9rer et mastiquer plus de 150 \u00e0 200 p\u00e9pins pour atteindre une dose potentiellement toxique chez l&rsquo;adulte. Des cas d&rsquo;intoxication par les p\u00e9pins n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s dans la litt\u00e9rature clinique pour un usage alimentaire normal. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique (90 jours) d&rsquo;extraits polyph\u00e9noliques de pomme \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es (2 000 mg\/kg\/j chez le rat) n&rsquo;ont pas montr\u00e9 de modifications h\u00e9matologiques, biochimiques ou histopathologiques significatives. La phloridzine \u00e0 tr\u00e8s haute dose (&gt; 500 mg\/kg\/j) peut induire une glycosurie massive et une d\u00e9shydratation chez l&rsquo;animal, sans pertinence pour l&rsquo;usage humain aux doses recommand\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le pommier sauvage accompagne l&rsquo;homme depuis le N\u00e9olithique. Des restes carbonis\u00e9s de pommes sauvages ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s dans des sites lacustres suisses datant de 3 000 ans av. J.-C. Dans la mythologie celtique, le pommier \u00e9tait un arbre sacr\u00e9, symbole de connaissance et d&rsquo;immortalit\u00e9 ; l&rsquo;\u00eele d&rsquo;Avalon (\u00ab\u00a0\u00eele des pommiers\u00a0\u00bb) en constitue l&rsquo;illustration la plus c\u00e9l\u00e8bre. Les Grecs anciens associaient la pomme \u00e0 Aphrodite, et le mythe du jugement de P\u00e2ris repose sur une pomme d&rsquo;or. En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, les fruits du pommier sauvage servaient \u00e0 pr\u00e9parer des vinaigres m\u00e9dicinaux, des cataplasmes contre les verrues, et des d\u00e9coctions astringentes contre les diarrh\u00e9es. L&rsquo;\u00e9corce \u00e9tait utilis\u00e9e en d\u00e9coction f\u00e9brifuge. Au Moyen \u00c2ge, Hildegarde de Bingen recommandait les pommes sauvages cuites pour les troubles digestifs. Le verjus de pommes sauvages servait de condiment et de conservateur alimentaire. Le bois, dur et \u00e0 grain fin, \u00e9tait appr\u00e9ci\u00e9 en tournage, sculpture et fabrication d&rsquo;outils. Le cidre produit \u00e0 partir de fruits sauvages ou semi-sauvages constituait une boisson courante dans l&rsquo;ouest de la France et le sud de l&rsquo;Angleterre d\u00e8s le haut Moyen \u00c2ge.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p>Le pommier sauvage est class\u00e9 comme esp\u00e8ce de pr\u00e9occupation mineure (LC) sur la Liste rouge mondiale de l&rsquo;UICN, mais ses populations sont en d\u00e9clin dans plusieurs pays europ\u00e9ens en raison de la destruction des haies bocag\u00e8res, de l&rsquo;intensification agricole et surtout de la pollution g\u00e9n\u00e9tique par hybridation avec les cultivars. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est prot\u00e9g\u00e9e dans certaines r\u00e9gions et figure dans les plans de restauration bocag\u00e8re. La multiplication se fait par semis (stratification froide de 3 \u00e0 4 mois n\u00e9cessaire), par greffage sur franc de <em>Malus sylvestris<\/em> ou sur porte-greffe nanisant, ou par bouturage de rameaux semi-ligneux en \u00e9t\u00e9 (taux de r\u00e9ussite faible). La culture est rustique (zone USDA 4 \u00e0 8), sans exigence particuli\u00e8re en termes de sol, pourvu qu&rsquo;il soit drain\u00e9. L&rsquo;esp\u00e8ce est sensible au feu bact\u00e9rien (<em>Erwinia amylovora<\/em>), \u00e0 la tavelure (<em>Venturia inaequalis<\/em>) et \u00e0 l&rsquo;o\u00efdium (<em>Podosphaera leucotricha<\/em>), mais pr\u00e9sente souvent une r\u00e9sistance sup\u00e9rieure \u00e0 celle des cultivars. La r\u00e9colte des fruits s&rsquo;effectue en septembre-octobre, apr\u00e8s les premi\u00e8res gel\u00e9es qui att\u00e9nuent l&rsquo;astringence. Le pommier sauvage est un excellent pollinisateur crois\u00e9 pour les vergers et joue un r\u00f4le \u00e9cologique majeur comme source de nourriture pour la faune (grives, merles, renards, blaireaux).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>POMMIER SAUVAGE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nCornille A. et al. New insight into the history of domesticated apple: secondary contribution of the European wild apple to the genome of cultivated varieties. <em>PLoS Genetics<\/em>. 2012;8(5):e1002703.<br \/>\nBoyer J., Liu R.H. Apple phytochemicals and their health benefits. <em>Nutrition Journal<\/em>. 2004;3:5.<br \/>\nHyson D.A. A comprehensive review of apples and apple components and their relationship to human health. <em>Advances in Nutrition<\/em>. 2011;2(5):408-420.<br \/>\nVrhovsek U. et al. A versatile targeted metabolomics method for the rapid quantification of multiple classes of phenolics in fruits and beverages. <em>Journal of Agricultural and Food Chemistry<\/em>. 2012;60(36):8831-8840.<br \/>\nEhrenkranz J.R. et al. Phlorizin: a review. <em>Diabetes\/Metabolism Research and Reviews<\/em>. 2005;21(1):31-38.<br \/>\nCommissione Europea. European Cooperative Programme for Plant Genetic Resources (ECPGR), <em>Malus\/Pyrus<\/em> Working Group Reports.<br \/>\nRam\u00edrez F., Davenport T.L. Apple phenology: a review. <em>Scientia Horticulturae<\/em>. 2013;150:109-127.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le pommier sauvage, Malus sylvestris (L.) Mill., appartient \u00e0 la famille des Rosaceae, sous-famille des Maloideae. C&rsquo;est un arbre ou grand [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-1333","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-rosacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1333","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1333"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1333\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13688,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1333\/revisions\/13688"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1333"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1333"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1333"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}