{"id":1336,"date":"2026-03-26T11:41:02","date_gmt":"2026-03-26T10:41:02","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/prunellier\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"prunellier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/prunellier\/","title":{"rendered":"PRUNELLIER"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Prunellier.jpg\" alt=\"Planche botanique Prunellier\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>Nom scientifique :<\/strong> <em>Prunus spinosa<\/em> L.<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Rosaceae<br \/>\n<strong>Sous-famille :<\/strong> Amygdaloideae (Prunoideae)<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Prunus<\/em><br \/>\n<strong>Synonymes :<\/strong> <em>Prunus spinosa<\/em> subsp. <em>spinosa<\/em><br \/>\n<strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Prunellier, \u00c9pine noire, Buisson noir, Prunelier, M\u00e8re du bois, Cr\u00e9quier, Sloe (en), Blackthorn (en), Schlehe (de), Endrino (es), Prugnolo (it)<\/p>\n<p>Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Prunus<\/em> d\u00e9rive du latin classique d\u00e9signant le prunier. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>spinosa<\/em> (\u00e9pineux) caract\u00e9rise les rameaux courts transform\u00e9s en \u00e9pines ac\u00e9r\u00e9es, redoutables d\u00e9fenses naturelles qui rendent les fourr\u00e9s de Prunellier quasi imp\u00e9n\u00e9trables. Le Prunellier est l&rsquo;anc\u00eatre sauvage de nombreuses prunes cultiv\u00e9es et contribue, par hybridation avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces de <em>Prunus<\/em>, \u00e0 la diversit\u00e9 des pruniers domestiques. Il est l&rsquo;un des arbustes \u00e9pineux les plus caract\u00e9ristiques des haies, des lisi\u00e8res et des friches de l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e, jouant un r\u00f4le \u00e9cologique majeur comme refuge pour la faune sauvage. Sa floraison blanche et massive, tr\u00e8s pr\u00e9coce au printemps (souvent avant l&rsquo;apparition des feuilles), est l&rsquo;un des spectacles les plus lumineux de la campagne europ\u00e9enne en fin d&rsquo;hiver.<\/p>\n<p>Le Prunellier occupe une place culturelle forte dans les traditions celtiques et germaniques. L&rsquo;\u00e9pine noire (Blackthorn) est l&rsquo;un des arbres sacr\u00e9s de l&rsquo;ogham irlandais et gallois, associ\u00e9 \u00e0 la lettre Straif, symbole d&rsquo;\u00e9preuve, de discipline et de r\u00e9sistance. Le b\u00e2ton de Prunellier (shillelagh) est un embl\u00e8me de l&rsquo;Irlande.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Arbuste \u00e0 feuilles caduques, buissonnant, dens\u00e9ment ramifi\u00e9, de 1 \u00e0 4 m de hauteur, parfois petit arbre atteignant 6 m. L&rsquo;\u00e9corce est brun-noir fonc\u00e9 (d&rsquo;o\u00f9 le nom d&rsquo;\u00c9pine noire, par opposition \u00e0 l&rsquo;Aub\u00e9pine ou \u00c9pine blanche). Les rameaux sont rigides, divergents, sombres, termin\u00e9s en \u00e9pines ac\u00e9r\u00e9es de 1 \u00e0 3 cm, dangeureuses pour la peau et les v\u00eatements. Le syst\u00e8me racinaire est tra\u00e7ant, drageonnant abondamment, ce qui permet au Prunellier de former des fourr\u00e9s denses et imp\u00e9n\u00e9trables par expansion v\u00e9g\u00e9tative.<\/p>\n<p>Les feuilles, apparaissant apr\u00e8s la floraison, sont alternes, elliptiques \u00e0 obovales, longues de 2 \u00e0 4,5 cm, finement dent\u00e9es en scie, glabres ou pubescentes sur la face inf\u00e9rieure, d&rsquo;un vert mat. Les stipules sont lin\u00e9aires et caduques.<\/p>\n<p>Les fleurs, extr\u00eamement nombreuses, naissent sur le vieux bois avant les feuilles, de mars \u00e0 avril. Elles sont solitaires ou par 2-3, de 10 \u00e0 15 mm de diam\u00e8tre, \u00e0 5 s\u00e9pales r\u00e9fl\u00e9chis, 5 p\u00e9tales blanc pur, obovales, \u00e0 20-25 \u00e9tamines \u00e0 anth\u00e8res pourpre-noir puis jaunes, et un pistil unique. La floraison est spectaculaire : les branches nues se couvrent d&rsquo;un voile blanc dense qui blanchit les haies et les lisi\u00e8res foresti\u00e8res.<\/p>\n<p>Le fruit (prunelle) est une drupe globuleuse, de 10 \u00e0 15 mm de diam\u00e8tre, bleu-noir fonc\u00e9, couverte d&rsquo;une pruine bleu\u00e2tre, \u00e0 chair verd\u00e2tre tr\u00e8s astringente et acide avant les gel\u00e9es. Le noyau est ovo\u00efde, comprim\u00e9, \u00e0 surface faiblement rugueuse. Les prunelles m\u00fbrissent en septembre-octobre mais ne deviennent palatables qu&rsquo;apr\u00e8s les premi\u00e8res gel\u00e9es, qui d\u00e9gradent les tanins et adoucissent la chair. La fructification est abondante et r\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et \u00e9cologie<\/h3>\n<p>Le Prunellier est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re, h\u00e9liophile \u00e0 h\u00e9mi-sciaphile, caract\u00e9ristique des haies bocag\u00e8res, des lisi\u00e8res foresti\u00e8res, des manteaux arbustifs, des friches, des talus, des p\u00e2turages abandonn\u00e9s, des \u00e9boulis stabilis\u00e9s et des falaises littorales. Il est indiff\u00e9rent au substrat (calcaire ou siliceux), mais pr\u00e9f\u00e8re les sols bien drain\u00e9s, de secs \u00e0 mod\u00e9r\u00e9ment frais, de neutres \u00e0 basiques.<\/p>\n<p>Du point de vue phytosociologique, il est caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance du <em>Berberidion vulgaris<\/em> (manteaux arbustifs calcicoles) et fr\u00e9quent dans le <em>Prunetalia spinosae<\/em> (fourr\u00e9s et haies). Il s&rsquo;associe \u00e0 <em>Crataegus monogyna<\/em>, <em>Rosa canina<\/em>, <em>Cornus sanguinea<\/em>, <em>Viburnum lantana<\/em>, <em>Ligustrum vulgare<\/em> et <em>Rubus<\/em> spp.<\/p>\n<p>Le Prunellier joue un r\u00f4le \u00e9cologique majeur : ses fourr\u00e9s denses et \u00e9pineux offrent un abri et des sites de nidification \u00e0 de nombreuses esp\u00e8ces d&rsquo;oiseaux (fauvettes, merles, pies-gri\u00e8ches). Ses fleurs pr\u00e9coces fournissent du nectar et du pollen aux pollinisateurs primaveraux. Ses fruits nourrissent les oiseaux migrateurs (grives, fauvettes \u00e0 t\u00eate noire, merles) et les mammif\u00e8res. Il est la plante-h\u00f4te de nombreux l\u00e9pidopt\u00e8res, dont le Flamb\u00e9 (<em>Iphiclides podalirius<\/em>) et le Gaz\u00e9 (<em>Aporia crataegi<\/em>). Le drageonnage intense fait du Prunellier un colonisateur agressif des friches et des p\u00e2turages abandonn\u00e9s, contribuant \u00e0 la dynamique de reforestation naturelle.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>Le Prunellier poss\u00e8de une distribution europ\u00e9enne au sens large, de l&rsquo;Irlande et du Portugal \u00e0 l&rsquo;ouest jusqu&rsquo;au Caucase, l&rsquo;Iran et l&rsquo;Asie centrale \u00e0 l&rsquo;est, et de la Scandinavie m\u00e9ridionale au nord jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Afrique du Nord (Maroc, Alg\u00e9rie, Tunisie) au sud. Il est pr\u00e9sent dans toute la France m\u00e9tropolitaine, du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 1 500 m d&rsquo;altitude environ (localement 1 800 m dans les Alpes m\u00e9ridionales). Il est commun partout et n&rsquo;est absent que des zones de haute montagne et des r\u00e9gions les plus arides.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 introduite en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande, o\u00f9 elle peut devenir envahissante dans certaines r\u00e9gions.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Fruits (prunelles) :<\/strong> Les prunelles contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>) en grande quantit\u00e9 (5-8 % du poids sec de la pulpe fra\u00eeche), responsables de l&rsquo;astringence intense. Des <strong>anthocyanes<\/strong> (cyanidine-3-glucoside, cyanidine-3-rutinoside, p\u00e9tunidine-3-glucoside) conf\u00e8rent la couleur bleu-noir. La teneur en <strong>vitamine C<\/strong> est notable (15-30 mg\/100 g). Les fruits renferment des <strong>acides organiques<\/strong> (acide malique, acide citrique), des <strong>sucres<\/strong> (glucose, fructose, saccharose), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pectines\/\">pectines<\/a><\/strong>, des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide n\u00e9ochlorog\u00e9nique) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Noyaux :<\/strong> Comme chez tous les <em>Prunus<\/em>, les noyaux contiennent de l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong>, glycoside cyanog\u00e9n\u00e9tique lib\u00e9rant de l&rsquo;<strong>acide cyanhydrique<\/strong> par hydrolyse. La teneur est faible (0,5-1 %) et le noyau n&rsquo;est pas consomm\u00e9, mais il faut \u00e9viter de broyer ou de croquer les noyaux.<\/p>\n<p><strong>Fleurs :<\/strong> Les fleurs contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a>, hyperoside, quercitrine), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>, des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>, de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarine<\/a><\/strong> et des traces d&rsquo;<strong>huile essentielle<\/strong> \u00e0 odeur d&rsquo;amande am\u00e8re (benzald\u00e9hyde).<\/p>\n<p><strong>\u00c9corce :<\/strong> Riche en <strong>tanins<\/strong> (10-15 %), en <strong>phlobaph\u00e8nes<\/strong> (pigments tanniques), en <strong>amygdaline<\/strong> (traces) et en <strong>acides organiques<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 astringente :<\/strong> Les tanins condens\u00e9s des prunelles et de l&rsquo;\u00e9corce exercent un effet astringent puissant sur les muqueuses, pr\u00e9cipitant les prot\u00e9ines superficielles et formant une couche protectrice. Cet effet est exploit\u00e9 contre les diarrh\u00e9es et les inflammations buccales.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> Les anthocyanes, les flavono\u00efdes et les acides ph\u00e9noliques des prunelles conf\u00e8rent une activit\u00e9 antioxydante tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, parmi les plus fortes des fruits sauvages europ\u00e9ens. Le pouvoir antioxydant (ORAC) des prunelles est sup\u00e9rieur \u00e0 celui des myrtilles et des framboises.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> Les extraits de prunelles et de fleurs inhibent la production de m\u00e9diateurs pro-inflammatoires (prostaglandines, leucotri\u00e8nes, cytokines) dans les mod\u00e8les cellulaires. Les proanthocyanidines exercent un effet protecteur sur l&rsquo;endoth\u00e9lium vasculaire.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 laxative douce (fleurs) :<\/strong> L&rsquo;infusion de fleurs de Prunellier poss\u00e8de un effet laxatif doux, attribu\u00e9 aux mucilages et aux flavono\u00efdes. Cet effet est bien document\u00e9 dans la tradition allemande et reconnu par la Commission E.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antibact\u00e9rienne :<\/strong> Les extraits de prunelles pr\u00e9sentent une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne mod\u00e9r\u00e9e contre les bact\u00e9ries buccales responsables des caries et des gingivites (<em>Streptococcus mutans<\/em>).<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 hypotensive :<\/strong> Les flavono\u00efdes des fleurs exercent un effet vasodilatateur et l\u00e9g\u00e8rement hypotenseur, document\u00e9 in vitro et dans des mod\u00e8les animaux.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Indications reconnues (Commission E allemande) :<\/strong> Inflammations l\u00e9g\u00e8res de la muqueuse buccale et pharyng\u00e9e (gargarismes avec la d\u00e9coction de fruits ou d&rsquo;\u00e9corce) ; refroidissements (infusion de fleurs) ; constipation l\u00e9g\u00e8re (infusion de fleurs comme laxatif doux).<\/p>\n<p><strong>Indications traditionnelles :<\/strong> Diarrh\u00e9es (fruits s\u00e9ch\u00e9s, d\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce) ; cure d\u00e9purative printani\u00e8re (infusion de fleurs) ; faiblesse, fatigue et convalescence (sirop de prunelles) ; inflammation des gencives et aphtes (gargarismes) ; toux et refroidissements (sirop de prunelles au miel).<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Fruits (prunelles)<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Anthocyanes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitamine c<\/td>\n<td>Vitamine<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides organiques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sucres<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de fleurs :<\/strong> 2 \u00e0 4 g de fleurs s\u00e9ch\u00e9es pour 200 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 minutes. 2 \u00e0 3 tasses par jour comme laxatif doux et d\u00e9puratif printanier.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction de fruits (prunelles) :<\/strong> 30 \u00e0 50 g de fruits s\u00e9ch\u00e9s pour 1 litre d&rsquo;eau, faire bouillir 10 minutes. 2 \u00e0 3 tasses par jour comme astringent antidiarrh\u00e9ique.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce :<\/strong> 20 \u00e0 30 g d&rsquo;\u00e9corce s\u00e9ch\u00e9e pour 1 litre d&rsquo;eau, faire bouillir 15 minutes. En gargarismes (3-4 fois par jour) pour les inflammations buccales.<\/p>\n<p><strong>Sirop de prunelles :<\/strong> Prunelles cuites avec eau et sucre, filtr\u00e9es. 1 \u00e0 3 cuiller\u00e9es \u00e0 soupe par jour comme tonique et antitussif.<\/p>\n<p><strong>Liqueur de prunelles :<\/strong> 500 g de prunelles (apr\u00e8s gel) dans 1 litre d&rsquo;alcool (gin, eau-de-vie) + 200 g de sucre. Mac\u00e9rer 2 \u00e0 3 mois. Usage r\u00e9cr\u00e9atif, non th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune toxicit\u00e9 notable des fruits et des fleurs aux doses recommand\u00e9es. Ne pas croquer ni broyer les noyaux (risque de lib\u00e9ration d&rsquo;acide cyanhydrique par l&rsquo;amygdaline). Les \u00e9pines ac\u00e9r\u00e9es peuvent provoquer des blessures perforantes lors de la r\u00e9colte, susceptibles de s&rsquo;infecter : porter des gants \u00e9pais et d\u00e9sinfecter toute piq\u00fbre. Les prunelles non blettes (avant le gel) sont extr\u00eamement astringentes et peuvent provoquer une constipation et une s\u00e9cheresse buccale en cas de consommation excessive.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les tanins des prunelles et de l&rsquo;\u00e9corce peuvent diminuer l&rsquo;absorption de m\u00e9dicaments pris simultan\u00e9ment (fer, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a>, antibiotiques). Respecter un intervalle de 2 heures entre la prise de pr\u00e9parations de Prunellier et les m\u00e9dicaments. L&rsquo;effet laxatif des fleurs est \u00e0 prendre en compte chez les patients sous traitement laxatif.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>Le Prunellier est consid\u00e9r\u00e9 comme non toxique pour ses fruits et ses fleurs, aux doses alimentaires et th\u00e9rapeutiques habituelles. La toxicit\u00e9 potentielle r\u00e9side dans les noyaux, qui contiennent de l&rsquo;amygdaline. Le noyau entier, non broy\u00e9, traverse le tube digestif sans lib\u00e9rer de quantit\u00e9s significatives de HCN. En revanche, des noyaux \u00e9cras\u00e9s en grand nombre pourraient th\u00e9oriquement provoquer une intoxication cyanhydrique, mais cette situation est tr\u00e8s improbable en pratique. Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9.<\/p>\n<p>Les blessures par les \u00e9pines de Prunellier m\u00e9ritent attention : les \u00e9pines, dures et ac\u00e9r\u00e9es, p\u00e9n\u00e8trent profond\u00e9ment dans les tissus et peuvent casser dans la plaie, provoquant des infections locales, des panaris, des synovites et, dans de rares cas, des arthrites septiques. Des cas de synovites \u00e0 \u00e9pines de Prunellier sont document\u00e9s dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale. Toute plaie par \u00e9pine doit \u00eatre soigneusement nettoy\u00e9e et surveill\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le Prunellier est l&rsquo;un des arbustes les plus ancr\u00e9s dans les traditions populaires europ\u00e9ennes. Les prunelles, trop astringentes et acides pour \u00eatre consomm\u00e9es crues, sont traditionnellement r\u00e9colt\u00e9es apr\u00e8s les premi\u00e8res gel\u00e9es (ou pass\u00e9es au cong\u00e9lateur) pour pr\u00e9parer des confitures, des gel\u00e9es, des sirops et, surtout, des liqueurs. Le <strong>sloe gin<\/strong> britannique (gin aux prunelles) est la pr\u00e9paration la plus c\u00e9l\u00e8bre : les prunelles mac\u00e8rent dans le gin avec du sucre pendant plusieurs semaines, donnant une liqueur rouge profond, sucr\u00e9e et aromatique. En France, l&rsquo;\u00e9quivalent est la <strong>prunelle<\/strong> ou <strong>\u00e9pinette<\/strong>, liqueur traditionnelle de nombreuses r\u00e9gions (Lorraine, Bourgogne, Berry). En Espagne, le <strong>pachar\u00e1n<\/strong> (liqueur de prunelles \u00e0 l&rsquo;anis) est une boisson embl\u00e9matique de Navarre.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, les prunelles s\u00e9ch\u00e9es \u00e9taient utilis\u00e9es comme astringent contre les diarrh\u00e9es et les inflammations buccales (gargarismes). Les fleurs, r\u00e9colt\u00e9es au printemps, \u00e9taient pr\u00e9par\u00e9es en infusion laxative douce et d\u00e9purative. L&rsquo;\u00e9corce des branches, riche en tanins, \u00e9tait employ\u00e9e en d\u00e9coction comme astringent, f\u00e9brifuge et antidiarrh\u00e9ique.<\/p>\n<p>Le bois du Prunellier, extr\u00eamement dur et dense, \u00e9tait utilis\u00e9 pour la fabrication de manches d&rsquo;outils, de cannes (le fameux shillelagh irlandais), de dents de rateau et de pi\u00e8ces de m\u00e9canique n\u00e9cessitant une grande r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;usure. Les \u00e9pines servaient d&rsquo;aiguilles \u00e0 coudre, d&rsquo;\u00e9pingles et de cl\u00f4tures naturelles depuis le N\u00e9olithique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p>Le Prunellier est tr\u00e8s facile \u00e0 cultiver et est largement utilis\u00e9 dans les haies champ\u00eatres, les haies d\u00e9fensives et les am\u00e9nagements paysagers. Il est disponible en p\u00e9pini\u00e8res sous forme de jeunes plants racines nues. La plantation se fait en hiver. Il accepte tous les sols bien drain\u00e9s, de secs \u00e0 frais, calcaires ou siliceux, au soleil ou \u00e0 mi-ombre. Il est extr\u00eamement rustique (zone USDA 4-8) et r\u00e9siste \u00e0 la s\u00e9cheresse, au vent et aux embruns maritimes.<\/p>\n<p>La multiplication est ais\u00e9e par semis (stratification froide de 3-4 mois n\u00e9cessaire), par bouturage de racines ou par pr\u00e9l\u00e8vement de drageons. Attention : le drageonnage vigoureux peut rendre le Prunellier envahissant dans les jardins. Une taille r\u00e9guli\u00e8re est n\u00e9cessaire pour le contenir.<\/p>\n<p>Les prunelles se r\u00e9coltent apr\u00e8s les premi\u00e8res gel\u00e9es (novembre-d\u00e9cembre) ou apr\u00e8s un passage au cong\u00e9lateur. Elles se conservent congel\u00e9es pendant plusieurs mois. Les fleurs se r\u00e9coltent en mars-avril et se s\u00e8chent rapidement \u00e0 l&rsquo;ombre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et protection<\/h3>\n<p><em>Prunus spinosa<\/em> est class\u00e9 LC (Pr\u00e9occupation mineure) par l&rsquo;UICN. L&rsquo;esp\u00e8ce est tr\u00e8s commune et non menac\u00e9e. Elle ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection, au contraire : elle est parfois consid\u00e9r\u00e9e comme envahissante dans les p\u00e2turages et les friches. Les fleurs de Prunellier figurent dans certaines pharmacop\u00e9es traditionnelles (Commission E allemande, usage traditionnel reconnu). La plante n&rsquo;est pas inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise ni \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne en tant que drogue officinale, mais ses fruits sont autoris\u00e9s dans les compl\u00e9ments alimentaires et les pr\u00e9parations alimentaires. Le Prunellier est inscrit au Catalogue des esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales indig\u00e8nes recommand\u00e9es pour les plantations de haies champ\u00eatres dans de nombreuses r\u00e9gions fran\u00e7aises.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>PRUNELLIER pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Prunus%20spinosa\">Plants of the World Online, Kew : <em>Prunus spinosa<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Prunus+spinosa\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Prunus spinosa<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Nom scientifique : Prunus spinosa L. Famille : Rosaceae Sous-famille : Amygdaloideae (Prunoideae) Genre : Prunus Synonymes : Prunus spinosa subsp. 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