{"id":1340,"date":"2026-03-26T11:41:07","date_gmt":"2026-03-26T10:41:07","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/rosier-pimprenelle\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"rosier-pimprenelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/rosier-pimprenelle\/","title":{"rendered":"ROSIER PIMPRENELLE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Rosier%20pimprenelle.jpg\" alt=\"Planche botanique Rosier pimprenelle\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>Rosier pimprenelle<\/strong> (<em>Rosa spinosissima<\/em> L., syn. <em>Rosa pimpinellifolia<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Rosac\u00e9es<\/strong>. Le nom <em>Rosa<\/em> est le nom latin classique de la rose. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>spinosissima<\/em> (tr\u00e8s \u00e9pineux) d\u00e9crit l&rsquo;abondance remarquable des aiguillons. Le synonyme <em>pimpinellifolia<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la ressemblance des folioles avec celles de la pimprenelle (<em>Pimpinella<\/em>). Noms vernaculaires : rosier pimprenelle, rosier \u00e0 feuilles de pimprenelle, rosier \u00e9pineux, \u00e9glantier \u00e0 aiguillons denses.<\/p>\n<p>Arbrisseau drageonnant de 30 \u00e0 150 cm, formant des buissons denses et bas. Les tiges sont tr\u00e8s dens\u00e9ment couvertes d&rsquo;aiguillons droits, in\u00e9gaux, entrem\u00eal\u00e9s de soies glanduleuses. Les feuilles sont alternes, compos\u00e9es imparipenn\u00e9es, de 5 \u00e0 11 folioles petites (5-15 mm), orbiculaires \u00e0 elliptiques, simplement dent\u00e9es, glabres. Les fleurs, solitaires, sont grandes (3-5 cm de diam\u00e8tre), \u00e0 5 p\u00e9tales blanc-cr\u00e8me (parfois roses), nombreuses \u00e9tamines jaunes et de nombreux carpelles. Le fruit (cynorrhodon) est globuleux, de 10 \u00e0 15 mm, noir \u00e0 maturit\u00e9 (caract\u00e8re distinctif), lisse, contenant des ak\u00e8nes velus.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Rosa spinosissima<\/em> est une esp\u00e8ce eurasiatique \u00e0 large distribution. Elle est r\u00e9partie de l&rsquo;Islande \u00e0 la Chine, de l&rsquo;Arctique scandinave au bassin m\u00e9diterran\u00e9en. En France, on la rencontre sur l&rsquo;ensemble du territoire, mais elle est plus fr\u00e9quente dans les r\u00e9gions de montagne, sur les c\u00f4tes atlantiques et sur les coteaux calcaires.<\/p>\n<p>Le rosier pimprenelle affectionne les milieux ouverts et ensoleill\u00e9s sur substrats calcaires ou sableux bien drain\u00e9s : dunes fix\u00e9es, pelouses calcicoles, \u00e9boulis, rocailles, lisi\u00e8res, falaises littorales. Il tol\u00e8re le vent, le sel et les sols pauvres. C&rsquo;est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re, colonisant les milieux perturb\u00e9s par drageonnage. On le rencontre du niveau de la mer \u00e0 2 500 m d&rsquo;altitude (Alpes, Pyr\u00e9n\u00e9es).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Rosa spinosissima<\/em> est une esp\u00e8ce commune \u00e0 assez commune, class\u00e9e en \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC). Elle est toutefois en r\u00e9gression dans les plaines agricoles en raison de l&rsquo;arrachage des haies et de la destruction des pelouses calcicoles.<\/p>\n<p>Le rosier pimprenelle joue un r\u00f4le \u00e9cologique important dans les \u00e9cosyst\u00e8mes ouverts et les dunes. Ses fleurs blanches attirent de nombreux pollinisateurs (abeilles, syrphes, col\u00e9opt\u00e8res). Ses cynorrhodons noirs nourrissent les oiseaux et les petits mammif\u00e8res en hiver. Les buissons \u00e9pineux offrent un refuge aux oiseaux nicheurs contre les pr\u00e9dateurs.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est caract\u00e9ristique des dunes fix\u00e9es (habitat Natura 2000 : 2130 \u2014 dunes fix\u00e9es \u00e0 v\u00e9g\u00e9tation herbac\u00e9e) et contribue \u00e0 la stabilisation du sable par son syst\u00e8me racinaire drageonnant.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition du rosier pimprenelle est proche de celle des autres rosiers sauvages :<\/p>\n<p><strong>Cynorrhodons<\/strong> : <strong>vitamine C<\/strong> (acide ascorbique, 500-1 500 mg\/100 g sec \u2014 plus \u00e9lev\u00e9e que chez <em>R. canina<\/em> dans certaines populations), <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (\u03b2-carot\u00e8ne, lycop\u00e8ne, rubixanthine), <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, tiliroside, cat\u00e9chine), <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>), <strong>acide gallique<\/strong>, <strong>acide ellagique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Sucres et acides organiques<\/strong> : <strong>fructose<\/strong>, <strong>glucose<\/strong>, <strong>saccharose<\/strong>, <strong>acide citrique<\/strong>, <strong>acide malique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Lipides<\/strong> : les graines (ak\u00e8nes) contiennent 5-10 % d&rsquo;une huile riche en <strong>acide linol\u00e9ique<\/strong> (\u03c9-6) et <strong>acide \u03b1-linol\u00e9nique<\/strong> (\u03c9-3), ainsi qu&rsquo;en <strong>tocoph\u00e9rols<\/strong> (vitamine E) et en <strong>carot\u00e9no\u00efdes<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Anthocyanes<\/strong> : les cynorrhodons noirs contiennent des <strong>cyanidine-3-glucoside<\/strong> et <strong>p\u00e9onidine-3-glucoside<\/strong>, responsables de leur couleur sombre exceptionnelle dans le genre <em>Rosa<\/em>.<\/p>\n<p><strong>P\u00e9tales<\/strong> : <strong>huile essentielle<\/strong> (traces), <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, <strong>anthocyanes<\/strong>, <strong>tanins<\/strong>, <strong>cires<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les cynorrhodons de <em>R. spinosissima<\/em> pr\u00e9sentent une capacit\u00e9 antioxydante (ORAC, DPPH) parmi les plus \u00e9lev\u00e9es des rosiers sauvages, attribu\u00e9e \u00e0 la vitamine C, aux anthocyanes, aux proanthocyanidines et aux carot\u00e9no\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : les extraits de cynorrhodons inhibent la <strong>COX-1<\/strong>, la <strong>COX-2<\/strong> et la <strong>5-LOX<\/strong> in vitro. Un galactolipide sp\u00e9cifique des cynorrhodons de <em>Rosa<\/em>, le <strong>GOPO<\/strong> (acide galactolipidique), exerce un effet anti-inflammatoire d\u00e9montr\u00e9 in vivo et in vitro.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 chondroprotectrice<\/strong> : les extraits de cynorrhodons de <em>Rosa<\/em> spp. prot\u00e8gent le cartilage articulaire contre la d\u00e9gradation par les m\u00e9talloprot\u00e9ases (MMP-1, MMP-13) et r\u00e9duisent la production de cytokines pro-inflammatoires par les chondrocytes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/strong> : les extraits ph\u00e9noliques montrent une activit\u00e9 contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Escherichia coli<\/em> et <em>Helicobacter pylori<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Arthrose et douleurs articulaires<\/strong> : les extraits de cynorrhodons de <em>Rosa<\/em> sont reconnus en phytoth\u00e9rapie pour le traitement symptomatique de l&rsquo;arthrose. C&rsquo;est l&rsquo;indication la mieux document\u00e9e cliniquement.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9vention du scorbut<\/strong> : la richesse en vitamine C en fait un antiscorbutique naturel de premier choix.<\/p>\n<p><strong>Troubles digestifs<\/strong> : diarrh\u00e9es (action astringente des tanins), colites.<\/p>\n<p><strong>Immunostimulation<\/strong> : la vitamine C et les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> soutiennent les d\u00e9fenses immunitaires.<\/p>\n<p><strong>Dermocosm\u00e9tique<\/strong> : l&rsquo;huile de graines de rosier est utilis\u00e9e pour ses propri\u00e9t\u00e9s r\u00e9g\u00e9n\u00e9rantes et anti-\u00e2ge (cicatrices, vergetures, rides).<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques concernent principalement les cynorrhodons de <em>Rosa canina<\/em>, mais sont extrapolables \u00e0 <em>R. spinosissima<\/em> :<\/p>\n<p><strong>Arthrose<\/strong> : une m\u00e9ta-analyse (Christensen et al., 2008) de 3 essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s (287 patients) a montr\u00e9 que la poudre de cynorrhodons (5 g\/jour) r\u00e9duisait significativement la douleur arthrosique (diff\u00e9rence standardis\u00e9e : -0,37) et la consommation d&rsquo;analg\u00e9siques, avec un bon profil de tol\u00e9rance.<\/p>\n<p><strong>Douleurs lombaires<\/strong> : un essai contr\u00f4l\u00e9 (Winther et al., 2005) sur 94 patients a montr\u00e9 une r\u00e9duction de 40 % de la douleur lombaire avec la poudre de cynorrhodons, compar\u00e9e \u00e0 20 % pour le placebo.<\/p>\n<p><strong>Immunit\u00e9 et vitamine C<\/strong> : les donn\u00e9es cliniques sur la vitamine C des cynorrhodons montrent un effet immunostimulant modeste (r\u00e9duction de la dur\u00e9e et de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des rhumes) confirm\u00e9 par des m\u00e9ta-analyses Cochrane.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p><strong>Galactolipides anti-arthrosiques<\/strong> : le <strong>GOPO<\/strong> (galactolipide) des cynorrhodons est l&rsquo;objet de recherches intenses pour son m\u00e9canisme d&rsquo;action dans l&rsquo;arthrose, qui implique l&rsquo;inhibition de la chimiotaxie des neutrophiles et la protection du cartilage.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse<\/strong> : des extraits de cynorrhodons de <em>Rosa<\/em> spp. montrent des effets antiprolif\u00e9ratifs sur des lign\u00e9es de cancer du c\u00f4lon et du sein, attribu\u00e9s aux polyph\u00e9nols et aux carot\u00e9no\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Conservation g\u00e9n\u00e9tique<\/strong> : <em>R. spinosissima<\/em> est un parent sauvage important pour l&rsquo;am\u00e9lioration des rosiers cultiv\u00e9s, apportant des g\u00e8nes de r\u00e9sistance au froid, aux maladies (rouille, o\u00efdium, marssonina) et la couleur noire des fruits.<\/p>\n<p><strong>Cosm\u00e9tique<\/strong> : l&rsquo;huile de graines de rosier sauvage (incluant <em>R. spinosissima<\/em>) est \u00e9tudi\u00e9e pour ses propri\u00e9t\u00e9s r\u00e9g\u00e9n\u00e9rantes cutan\u00e9es (acides gras polyinsatur\u00e9s, carot\u00e9no\u00efdes, tocoph\u00e9rols).<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Cynorrhodons<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitamine c<\/td>\n<td>Vitamine<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide gallique<\/td>\n<td>Tanin gallique<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide ellagique<\/td>\n<td>Tanin ellagique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Poudre de cynorrhodons<\/strong> : 5 \u00e0 10 g par jour (1 \u00e0 2 cuiller\u00e9es \u00e0 caf\u00e9) dans un yaourt, une compote ou un smoothie. La poudre doit \u00eatre non chauff\u00e9e pour pr\u00e9server la vitamine C.<\/p>\n<p><strong>Infusion de cynorrhodons<\/strong> : 2 \u00e0 4 g de cynorrhodons s\u00e9ch\u00e9s et \u00e9cras\u00e9s par tasse, infuser 15 minutes. Boire 3 tasses par jour.<\/p>\n<p><strong>Extrait standardis\u00e9<\/strong> : les produits commerciaux \u00e0 base de cynorrhodons de <em>Rosa canina<\/em> (LitoZin\u00ae, GOPO\u00ae) sont dos\u00e9s \u00e0 5 g de poudre par jour. Les cynorrhodons de <em>R. spinosissima<\/em> peuvent \u00eatre utilis\u00e9s de fa\u00e7on similaire.<\/p>\n<p><strong>Huile de graines<\/strong> : application topique, 2-3 gouttes sur la peau, 2 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Confiture et sirop<\/strong> : pr\u00e9parations culinaires traditionnelles, sans posologie m\u00e9dicinale standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> : allergie connue aux Rosac\u00e9es. Les poils irritants \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des cynorrhodons doivent \u00eatre soigneusement \u00e9limin\u00e9s (filtre fin) pour \u00e9viter l&rsquo;irritation du tube digestif.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions d&#8217;emploi<\/strong> : la vitamine C \u00e0 fortes doses (&gt; 2 g\/jour) peut provoquer des troubles digestifs (diarrh\u00e9e osmotique). Les patients sous anticoagulants doivent surveiller leur apport en vitamine K (pr\u00e9sente dans les cynorrhodons). Les lithiases r\u00e9nales oxaliques peuvent \u00eatre aggrav\u00e9es par un apport excessif en vitamine C.<\/p>\n<p><strong>Interactions<\/strong> : la vitamine C augmente l&rsquo;absorption du fer, ce qui peut poser probl\u00e8me chez les patients atteints d&rsquo;h\u00e9mochromatose. Interaction th\u00e9orique avec le lithium (la vitamine C peut modifier l&rsquo;excr\u00e9tion r\u00e9nale).<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>Le rosier pimprenelle est une plante non toxique. La consommation de cynorrhodons est s\u00fbre depuis des mill\u00e9naires. Aucun cas d&rsquo;intoxication n&rsquo;est rapport\u00e9.<\/p>\n<p>Les poils irritants (trichomes) \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des cynorrhodons peuvent provoquer une irritation m\u00e9canique de la gorge et du tube digestif (le \u00ab poil \u00e0 gratter \u00bb des enfants est constitu\u00e9 de ces trichomes). La filtration soigneuse des pr\u00e9parations \u00e9limine ce risque.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 sur les extraits standardis\u00e9s de cynorrhodons montrent une excellente tol\u00e9rance, sans effet ind\u00e9sirable significatif aux doses recommand\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le rosier pimprenelle partage les usages traditionnels du genre <em>Rosa<\/em>. Ses cynorrhodons noirs, bien que moins charnus que ceux de l&rsquo;\u00e9glantier commun (<em>Rosa canina<\/em>), \u00e9taient r\u00e9colt\u00e9s pour pr\u00e9parer des confitures, des sirops et des liqueurs. En \u00c9cosse et en Scandinavie, les fruits servaient \u00e0 confectionner des boissons et des conserves.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire, les cynorrhodons \u00e9taient utilis\u00e9s comme source de vitamine C (antiscorbutique), astringent (anti-diarrh\u00e9ique) et diur\u00e9tique l\u00e9ger. Les p\u00e9tales servaient \u00e0 pr\u00e9parer des eaux de rose calmantes et des cataplasmes adoucissants pour les irritations cutan\u00e9es. Les racines \u00e9taient employ\u00e9es comme astringent et antidiarrh\u00e9ique.<\/p>\n<p>En horticulture, <em>R. spinosissima<\/em> a jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l&rsquo;histoire de la rose cultiv\u00e9e, \u00e9tant l&rsquo;anc\u00eatre de nombreuses vari\u00e9t\u00e9s historiques (roses d&rsquo;\u00c9cosse, \u00ab Scotch roses \u00bb).<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p>Les cynorrhodons (<em>Rosae pseudo-fructus<\/em>) sont inscrits \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, la monographie couvrant <em>Rosa canina<\/em> et d&rsquo;autres esp\u00e8ces de <em>Rosa<\/em>. <em>R. spinosissima<\/em> n&rsquo;est pas explicitement mentionn\u00e9 mais peut \u00eatre utilis\u00e9 dans les m\u00eames conditions.<\/p>\n<p>Une monographie europ\u00e9enne existe pour les cynorrhodons de <em>Rosa canina<\/em>, reconnaissant un \u00ab usage traditionnel \u00bb dans les douleurs articulaires et comme source de vitamine C. Les extraits de cynorrhodons sont commercialis\u00e9s comme compl\u00e9ments alimentaires.<\/p>\n<p>En France, les cynorrhodons figurent sur la liste A des plantes m\u00e9dicinales de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>ROSIER PIMPRENELLE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<br \/>\nChristensen R. et al. \u2014 \u00ab Does the hip powder of <em>Rosa canina<\/em> (rosehip) reduce pain in osteoarthritis patients? \u00bb, <em>Osteoarthritis Cartilage<\/em>, 2008, 16, 965-972.<br \/>\nWinther K. et al. \u2014 \u00ab A powder made from seeds and shells of a rose-hip subspecies reduces symptoms of knee and hip osteoarthritis \u00bb, <em>Scand. J. Rheumatol.<\/em>, 2005, 34, 302-308.<br \/>\nPharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, 11e \u00e9d. \u2014 Monographie \u00ab Rosae pseudo-fructus \u00bb.<br \/>\nFournier P. \u2014 <em>Le livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, Paris, 1947.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Rosier pimprenelle (Rosa spinosissima L., syn. Rosa pimpinellifolia L.) appartient \u00e0 la famille des Rosac\u00e9es. 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