{"id":1342,"date":"2026-03-26T11:41:09","date_gmt":"2026-03-26T10:41:09","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/sorbier-domestique\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"sorbier-domestique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/sorbier-domestique\/","title":{"rendered":"SORBIER DOMESTIQUE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Cormier.jpg\" alt=\"Planche botanique SORBIER DOMESTIQUE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>Sorbier domestique<\/strong> (<em>Sorbus domestica<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Rosac\u00e9es<\/strong>. Le nom <em>Sorbus<\/em> d\u00e9rive du latin <em>sorbere<\/em> (absorber, boire), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la boisson ferment\u00e9e tir\u00e9e des fruits. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>domestica<\/em> atteste de sa longue histoire de culture. Noms vernaculaires : sorbier domestique, cormier, sorbe (fruit), corme (fruit).<\/p>\n<p>Arbre de taille moyenne \u00e0 grande, pouvant atteindre 15 \u00e0 25 m de hauteur et vivre plusieurs si\u00e8cles (des individus de 500 ans sont document\u00e9s). Le tronc est droit, \u00e0 \u00e9corce gris\u00e2tre, profond\u00e9ment fissur\u00e9e en plaques. Les feuilles sont alternes, imparipenn\u00e9es, de 15 \u00e0 25 cm, compos\u00e9es de 11 \u00e0 21 folioles oblongues, dent\u00e9es, pubescentes dessous. L&rsquo;inflorescence est un corymbe terminal de 8 \u00e0 15 cm, portant de nombreuses fleurs blanc-cr\u00e8me de 10 \u00e0 15 mm. Le fruit (sorbe ou corme) est un piridion (faux-fruit) de 2 \u00e0 4 cm, piriforme ou pomiforme, vert-jaun\u00e2tre tach\u00e9 de rouge, brun \u00e0 maturit\u00e9, comestible blet.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Sorbus domestica<\/em> est une esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne et subatlantique. Son aire native couvre le sud de l&rsquo;Europe (de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 la Turquie), le Caucase, l&rsquo;Afrique du Nord (Maroc, Alg\u00e9rie) et l&rsquo;Asie occidentale (Iran, Syrie). En France, il est pr\u00e9sent surtout dans la moiti\u00e9 sud, le Centre et l&rsquo;Est, rare au nord de la Loire. Il est cultiv\u00e9 et parfois naturalis\u00e9 en dehors de son aire native.<\/p>\n<p>Le cormier cro\u00eet dans les for\u00eats thermophiles de feuillus (ch\u00eanaies pubescentes, charmaies), les lisi\u00e8res, les haies bocag\u00e8res, les pentes calcaires ensoleill\u00e9es. Il pr\u00e9f\u00e8re les sols calcaires, profonds, bien drain\u00e9s, chauds. C&rsquo;est une essence de lumi\u00e8re ou de demi-ombre, thermophile, caract\u00e9ristique des for\u00eats m\u00e9diterran\u00e9ennes et subm\u00e9diterran\u00e9ennes. On le rencontre du niveau de la mer \u00e0 environ 1 200 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Sorbus domestica<\/em> est class\u00e9 \u00ab quasi menac\u00e9 \u00bb (NT) dans plusieurs pays europ\u00e9ens. En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est en r\u00e9gression, les vieux cormiers isol\u00e9s mourant sans r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration naturelle suffisante. La disparition des vergers traditionnels et des pratiques de greffage contribue \u00e0 ce d\u00e9clin.<\/p>\n<p>Le cormier est un arbre d&rsquo;int\u00e9r\u00eat patrimonial majeur. Ses fleurs attirent de nombreux pollinisateurs. Ses fruits nourrissent les merles, les grives, les \u00e9tourneaux et les mammif\u00e8res frugivores (renard, blaireau). Son bois mort h\u00e9berge des col\u00e9opt\u00e8res saproxyliques rares, dont le lucane cerf-volant (<em>Lucanus cervus<\/em>), esp\u00e8ce prot\u00e9g\u00e9e par la directive Habitats.<\/p>\n<p>Des programmes de conservation in situ et ex situ sont en place dans plusieurs pays europ\u00e9ens (R\u00e9seau de conservation de <em>Sorbus domestica<\/em> pilot\u00e9 par l&rsquo;INRAE).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition des fruits du cormier \u00e9volue consid\u00e9rablement avec la maturation (blettissement) :<\/p>\n<p><strong>Tanins<\/strong> : les cormes immatures sont extr\u00eamement riches en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>), atteignant 2-4 % de la masse fra\u00eeche. Le blettissement r\u00e9duit consid\u00e9rablement cette teneur par polym\u00e9risation et insolubilisation des tanins.<\/p>\n<p><strong>Acides organiques<\/strong> : <strong>acide malique<\/strong> (majoritaire), <strong>acide citrique<\/strong>, <strong>acide succinique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Sucres<\/strong> : <strong>glucose<\/strong>, <strong>fructose<\/strong>, <strong>saccharose<\/strong>, <strong>sorbitol<\/strong> (polyol caract\u00e9ristique du genre <em>Sorbus<\/em>, atteignant 5-10 % de la masse fra\u00eeche des fruits m\u00fbrs).<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide n\u00e9ochlorog\u00e9nique<\/strong>, <strong>\u00e9picat\u00e9chine<\/strong>, <strong>cat\u00e9chine<\/strong>, <strong>procyanidines B1 et B2<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Vitamines<\/strong> : <strong>vitamine C<\/strong> (25-50 mg\/100 g frais), <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (\u03b2-carot\u00e8ne, lut\u00e9ine).<\/p>\n<p><strong>Acide parasorbique<\/strong> : le <strong>parasorbate<\/strong> (acide parasorbique, lactone insatur\u00e9e) est pr\u00e9sent dans les fruits frais, potentiellement irritant, mais se d\u00e9compose lors du blettissement et de la fermentation.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 astringente<\/strong> : les <strong>proanthocyanidines<\/strong> exercent une puissante activit\u00e9 astringente, r\u00e9duisant la s\u00e9cr\u00e9tion et l&rsquo;inflammation des muqueuses digestives. Elles pr\u00e9cipitent les prot\u00e9ines des s\u00e9cr\u00e9tions muqueuses et forment un film protecteur.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les extraits de cormes montrent une activit\u00e9 antioxydante \u00e9lev\u00e9e (DPPH, ORAC), corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la teneur en proanthocyanidines et en acide chlorog\u00e9nique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : les proanthocyanidines inhibent la <strong>COX-2<\/strong> et r\u00e9duisent la production de <strong>TNF-\u03b1<\/strong>. L&rsquo;acide chlorog\u00e9nique inhibe la voie <strong>NF-\u03baB<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antidiab\u00e9tique<\/strong> : le <strong>sorbitol<\/strong>, m\u00e9tabolis\u00e9 ind\u00e9pendamment de l&rsquo;insuline, et les proanthocyanidines, qui inhibent l&rsquo;<strong>\u03b1-glucosidase<\/strong>, conf\u00e8rent un potentiel hypoglyc\u00e9miant.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 cardioprotectrice<\/strong> : les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> des cormes am\u00e9liorent la fonction endoth\u00e9liale et r\u00e9duisent l&rsquo;oxydation des LDL in vitro.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Troubles digestifs<\/strong> : diarrh\u00e9es aigu\u00ebs, dysenterie, gastro-ent\u00e9rites. L&rsquo;action astringente des tanins est l&rsquo;indication la plus solidement document\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Troubles m\u00e9taboliques<\/strong> : le sorbitol des cormes en fait un fruit de choix pour les diab\u00e9tiques (indice glyc\u00e9mique bas).<\/p>\n<p><strong>Affections de la gorge<\/strong> : gargarisme au jus de cormes pour les pharyngites, les amygdalites et les stomatites.<\/p>\n<p><strong>Protection cardiovasculaire<\/strong> : la consommation r\u00e9guli\u00e8re de cormes ou de corm\u00e9 pourrait contribuer \u00e0 la pr\u00e9vention cardiovasculaire par l&rsquo;apport en polyph\u00e9nols antioxydants.<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;essai clinique sp\u00e9cifique sur <em>Sorbus domestica<\/em>. Les donn\u00e9es cliniques pertinentes concernent ses composants isol\u00e9s : les <strong>proanthocyanidines<\/strong> (OPC), qui disposent d&rsquo;un corpus clinique consid\u00e9rable (insuffisance veineuse, protection cardiovasculaire, sant\u00e9 oculaire), et le <strong>sorbitol<\/strong>, largement utilis\u00e9 comme \u00e9dulcorant dans les produits pour diab\u00e9tiques.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel prolong\u00e9 comme aliment et rem\u00e8de antidiarrh\u00e9ique constitue un argument empirique fort, mais des \u00e9tudes contr\u00f4l\u00e9es seraient n\u00e9cessaires pour une validation formelle.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p><strong>Biodiversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique<\/strong> : le cormier fait l&rsquo;objet de programmes de conservation g\u00e9n\u00e9tique \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne, sa diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique \u00e9tant menac\u00e9e par la fragmentation des populations et le vieillissement des arbres sans r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p><strong>Potentiel nutraceutique<\/strong> : les cormes sont \u00e9tudi\u00e9es comme \u00ab superfruit \u00bb europ\u00e9en oubli\u00e9, riche en antioxydants, en sorbitol et en fibres. Des analyses m\u00e9tabolomiques caract\u00e9risent le profil polyph\u00e9nolique complet.<\/p>\n<p><strong>Agroforesterie<\/strong> : le cormier est int\u00e9gr\u00e9 dans les syst\u00e8mes agroforestiers comme arbre producteur de fruits et de bois noble, son enracinement profond am\u00e9liorant la structure des sols.<\/p>\n<p><strong>Silviculture<\/strong> : des programmes de replantation du cormier sont en cours en France, en Allemagne et en Italie, visant \u00e0 reconstituer des populations viables de cette essence patrimoniale en d\u00e9clin.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides organiques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide malique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide citrique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide succinique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Consommation du fruit blet<\/strong> : les cormes se consomment blettes (apr\u00e8s maturation sur paille), lorsqu&rsquo;elles deviennent molles et brunes. Consommer 3 \u00e0 5 fruits par jour.<\/p>\n<p><strong>Jus de cormes<\/strong> : pressage des fruits blets, filtration. Boire 50 \u00e0 100 ml par jour.<\/p>\n<p><strong>Corm\u00e9 (cidre de cormes)<\/strong> : boisson ferment\u00e9e traditionnelle, titrant 4 \u00e0 6 % d&rsquo;alcool, consomm\u00e9e mod\u00e9r\u00e9ment.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce<\/strong> : 20 \u00e0 30 g d&rsquo;\u00e9corce s\u00e9ch\u00e9e par litre d&rsquo;eau, bouillir 15 minutes. Usage astringent en gargarisme ou en boisson (2-3 tasses\/jour).<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Fruits non blets<\/strong> : les cormes immatures sont extr\u00eamement astringentes et provoquent un dess\u00e8chement intense de la bouche et des naus\u00e9es. Elles ne doivent \u00eatre consomm\u00e9es qu&rsquo;apr\u00e8s blettissement complet.<\/p>\n<p><strong>Acide parasorbique<\/strong> : pr\u00e9sent dans les fruits frais, ce compos\u00e9 peut provoquer une irritation gastrique. Le blettissement et la cuisson le d\u00e9gradent.<\/p>\n<p><strong>Sorbitol<\/strong> : \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es (&gt; 20-30 g\/jour), le sorbitol peut provoquer des ballonnements, des flatulences et une diarrh\u00e9e osmotique. Les personnes atteintes d&rsquo;intol\u00e9rance au fructose h\u00e9r\u00e9ditaire doivent \u00e9viter le sorbitol.<\/p>\n<p><strong>Interactions<\/strong> : les tanins peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption de certains m\u00e9dicaments (fer, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a>). Espacer les prises de 2 heures.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>Le cormier n&rsquo;est pas toxique aux doses alimentaires habituelles. La principale pr\u00e9occupation concerne l&rsquo;<strong>acide parasorbique<\/strong> (lactone 2,4-hexadi\u00e9no\u00efque) des fruits frais, irritant pour la muqueuse gastrique \u00e0 fortes doses. Ce compos\u00e9 est d\u00e9truit par le blettissement, la cuisson et la fermentation.<\/p>\n<p>Le <strong>sorbitol<\/strong>, \u00e0 doses excessives, provoque une diarrh\u00e9e osmotique mais n&rsquo;est pas toxique au sens strict. Les tanins, \u00e0 tr\u00e8s fortes doses et sur une consommation prolong\u00e9e, sont th\u00e9oriquement associ\u00e9s \u00e0 un risque de cancer \u0153sophagien (donn\u00e9es \u00e9pid\u00e9miologiques controvers\u00e9es).<\/p>\n<p>Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine par le cormier n&rsquo;est rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature toxicologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le cormier est l&rsquo;un des arbres fruitiers les plus anciennement cultiv\u00e9s en Europe. Les Romains le cultivaient d\u00e9j\u00e0 pour ses fruits, consomm\u00e9s blets ou ferment\u00e9s. Columelle et Pline l&rsquo;Ancien en d\u00e9crivaient la culture et les usages. Le cidre de cormes (\u00ab corm\u00e9 \u00bb) \u00e9tait une boisson populaire dans de nombreuses r\u00e9gions de France (Berry, Midi) et d&rsquo;Europe du Sud.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle, les cormes \u00e9taient utilis\u00e9es comme astringent dans les diarrh\u00e9es et les dysenteries, en raison de leur richesse en tanins. Le jus de cormes non blettes, tr\u00e8s astringent, servait de gargarisme contre les inflammations de la gorge. L&rsquo;\u00e9corce, \u00e9galement astringente, \u00e9tait employ\u00e9e contre les fi\u00e8vres.<\/p>\n<p>Le bois de cormier, extr\u00eamement dur et dense (l&rsquo;un des plus durs d&rsquo;Europe), \u00e9tait tr\u00e8s recherch\u00e9 en \u00e9b\u00e9nisterie, en lutherie, pour la fabrication de vis de pressoirs, de dents d&rsquo;engrenages, de rabots et d&rsquo;instruments de mesure. Sa raret\u00e9 actuelle en fait un bois pr\u00e9cieux pour les artisans.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p><em>Sorbus domestica<\/em> ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle europ\u00e9enne. Il n&rsquo;est pas inscrit comme plante m\u00e9dicinale. Aucune monographie officielle n&rsquo;existe.<\/p>\n<p>Les fruits sont un aliment traditionnel sans restriction r\u00e9glementaire. Le corm\u00e9 (cidre de cormes) est une boisson alcoolis\u00e9e artisanale, soumise \u00e0 la r\u00e9glementation sur les boissons ferment\u00e9es.<\/p>\n<p>En France, le cormier est \u00ab arbre de l&rsquo;ann\u00e9e 2023 \u00bb et fait l&rsquo;objet d&rsquo;initiatives de conservation par l&rsquo;ONF et les associations foresti\u00e8res.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>SORBIER DOMESTIQUE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<br \/>\nDrvodeli\u0107 D. et al. \u2014 \u00ab Phytochemical diversity of <em>Sorbus domestica<\/em> L. fruits and their health potential \u00bb, <em>Molecules<\/em>, 2022, 27, 5691.<br \/>\nPaganov\u00e1 V. \u2014 \u00ab Ecology and distribution of <em>Sorbus domestica<\/em> L. in Slovakia \u00bb, <em>Dendrobiology<\/em>, 2007, 57, 3-11.<br \/>\nGrau J. \u2014 <em>Le cormier, Sorbus domestica L.<\/em>, INRA \u00c9ditions, 2002.<br \/>\nFournier P. \u2014 <em>Le livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, Paris, 1947.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. 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