{"id":1343,"date":"2026-03-26T11:41:11","date_gmt":"2026-03-26T10:41:11","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/eglantier\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"eglantier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/eglantier\/","title":{"rendered":"\u00c9GLANTIER"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/%C3%89glantier.jpg\" alt=\"Planche botanique \u00c9GLANTIER\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Rosa canina<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille : Rosaceae<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9glantier est le rosier sauvage le plus commun d&rsquo;Europe, pr\u00e9sent dans les haies, les lisi\u00e8res, les friches et les talus de presque toutes les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es du continent. Ses longues tiges arqu\u00e9es, arm\u00e9es d&rsquo;aiguillons crochus, ses fleurs d&rsquo;un rose d\u00e9licat et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re et ses cynorrhodons rouge vif constituent l&rsquo;un des paysages les plus familiers de la campagne europ\u00e9enne. L&rsquo;\u00e9glantier est aussi, historiquement, le porte-greffe universel des rosiers cultiv\u00e9s \u2014 c&rsquo;est la souche sauvage qui porte, au sens propre, l&rsquo;essentiel de la roseraie mondiale.<\/p>\n<p>En phytoth\u00e9rapie, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de <em>Rosa canina<\/em> repose principalement sur ses cynorrhodons, faux-fruits d&rsquo;une richesse exceptionnelle en <strong>acide ascorbique<\/strong> (vitamine C), en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>, en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a><\/strong> et en <strong>acides gras insatur\u00e9s<\/strong> (contenus dans les ak\u00e8nes). Ce dossier nutritionnel et pharmacologique est solide et a valu au cynorrhodon des monographies officielles et une longue tradition d&rsquo;usage en Europe du Nord.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Rosaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Rosa<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Rosa canina<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> \u00c9glantier commun, Rosier des chiens, Rose sauvage, Gratte-cul (cynorrhodon).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Rosa<\/em>, avec environ 150 esp\u00e8ces et d&rsquo;innombrables hybrides, est l&rsquo;un des plus complexes de la flore temp\u00e9r\u00e9e. <em>R. canina<\/em> appartient \u00e0 la section <em>Caninae<\/em> (roses canines), caract\u00e9ris\u00e9e par un mode de reproduction particulier dit \u00ab m\u00e9iose canine \u00bb ou h\u00e9mizygotie pentaplo\u00efde : les esp\u00e8ces sont pentaplo\u00efdes (2n = 5x = 35) avec une r\u00e9partition asym\u00e9trique des chromosomes \u00e0 la m\u00e9iose, ce qui explique l&rsquo;extraordinaire variabilit\u00e9 morphologique du groupe et les difficult\u00e9s taxonomiques persistantes. De nombreuses microesp\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites, dont la validit\u00e9 est discut\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Arbrisseau sarmenteux de 1 \u00e0 3 m (parfois 5 m en s&rsquo;appuyant sur un support), \u00e0 tiges arqu\u00e9es, vertes puis brun\u00e2tres, arm\u00e9es de forts aiguillons courb\u00e9s en crochet, comprim\u00e9s lat\u00e9ralement.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> alternes, imparipenn\u00e9es, compos\u00e9es de 5 \u00e0 7 folioles ovales-elliptiques, dent\u00e9es, glabres (ou pubescentes dessous chez certaines vari\u00e9t\u00e9s), stipul\u00e9es. Les stipules sont adn\u00e9es au p\u00e9tiole avec des oreillettes divergentes \u2014 crit\u00e8re taxonomique important dans le genre <em>Rosa<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Aiguillons :<\/strong> dispos\u00e9s par paires \u00e0 la base des feuilles et dispers\u00e9s le long des tiges, fortement arqu\u00e9s, \u00e0 base large et comprim\u00e9e. Ce sont des \u00e9mergences \u00e9pidermiques, non des \u00e9pines au sens morphologique.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Fleurs :<\/strong> de 4 \u00e0 6 cm de diam\u00e8tre, solitaires ou en corymbes pauciflores. Cinq p\u00e9tales rose p\u00e2le \u00e0 blancs, \u00e9chancr\u00e9s, fugaces (quelques jours). Nombreuses \u00e9tamines. Carpelles nombreux, enferm\u00e9s dans un r\u00e9ceptacle creux (hypanthium) qui deviendra le cynorrhodon.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> le cynorrhodon est un faux-fruit constitu\u00e9 par l&rsquo;hypanthium charnu, ovo\u00efde, de 15 \u00e0 25 mm, rouge vif \u00e0 rouge orang\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9, contenant de nombreux ak\u00e8nes (les vrais fruits) entour\u00e9s de poils irritants. La pulpe, entre la paroi externe et les ak\u00e8nes, est la partie comestible et m\u00e9dicinale.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 juillet. <strong>Maturation des cynorrhodons :<\/strong> septembre \u00e0 novembre (les gel\u00e9es am\u00e9liorent la teneur en sucres).<\/p>\n<p><strong>Pollinisation :<\/strong> entomophile. <strong>Diss\u00e9mination :<\/strong> endozoochore (oiseaux, mammif\u00e8res).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> haies, lisi\u00e8res foresti\u00e8res, friches, talus, bords de chemins, clairi\u00e8res, landes. L&rsquo;\u00e9glantier est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re de la reconqu\u00eate foresti\u00e8re, colonisant les prairies abandonn\u00e9es et formant des buissons \u00e9pineux protecteurs sous lesquels les jeunes arbres s&rsquo;installent (facilitation par \u00ab nurse effect \u00bb).<\/p>\n<p><strong>Sol :<\/strong> tr\u00e8s tol\u00e9rant \u2014 sols calcaires, neutres ou l\u00e9g\u00e8rement acides, secs \u00e0 frais, lourds ou l\u00e9gers. L&rsquo;esp\u00e8ce est l&rsquo;un des rosiers sauvages les plus eurytopes.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9partition :<\/strong> toute l&rsquo;Europe, l&rsquo;Afrique du Nord, l&rsquo;Asie occidentale jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Iran. Naturalis\u00e9 en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande. En France, commun dans toutes les r\u00e9gions, de la plaine \u00e0 la montagne (jusqu&rsquo;\u00e0 1500 m environ).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Cynorrhodons<\/strong> (faux-fruits) \u2014 drogue principale, r\u00e9colt\u00e9e \u00e0 maturit\u00e9 (octobre-novembre).<\/li>\n<li><strong>Ak\u00e8nes<\/strong> (graines) \u2014 riches en huile contenant de l&rsquo;acide trans-r\u00e9tinolique (cosm\u00e9tique).<\/li>\n<li><strong>P\u00e9tales<\/strong> \u2014 usage mineur (infusion adoucissante).<\/li>\n<li><strong>Galles<\/strong> (b\u00e9d\u00e9gars) \u2014 historiquement utilis\u00e9es, provoqu\u00e9es par le cynips <em>Diplolepis rosae<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le cynorrhodon est la drogue officinale. Il est s\u00e9ch\u00e9 entier ou coup\u00e9, puis d\u00e9barrass\u00e9 des ak\u00e8nes et de leurs poils irritants. La Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne d\u00e9crit \u00ab Rosae pseudo-fructus \u00bb (cynorrhodon sans graines).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Acide ascorbique (vitamine C)<\/h3>\n<p>Le cynorrhodon est l&rsquo;une des sources les plus concentr\u00e9es de <strong>vitamine C<\/strong> parmi les fruits temp\u00e9r\u00e9s europ\u00e9ens : 500 \u00e0 1700 mg\/100 g de pulpe fra\u00eeche selon les populations et les conditions de croissance (soit 10 \u00e0 40 fois la teneur d&rsquo;une orange). Cette richesse exceptionnelle est bien document\u00e9e et constitue le fondement principal de l&rsquo;usage nutritionnel du cynorrhodon. Le s\u00e9chage r\u00e9duit significativement la teneur (jusqu&rsquo;\u00e0 50 % de perte), d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;importance des m\u00e9thodes de s\u00e9chage doux.<\/p>\n<h3>B. Carot\u00e9no\u00efdes<\/h3>\n<p>Le cynorrhodon contient des <strong>carot\u00e9no\u00efdes<\/strong> abondants : <strong>lycop\u00e8ne<\/strong> (responsable de la couleur rouge), <strong>\u03b2-carot\u00e8ne<\/strong> (provitamine A), <strong>lut\u00e9ine<\/strong>, <strong>z\u00e9axanthine<\/strong> et <strong>rubixanthine<\/strong>. La teneur totale en carot\u00e9no\u00efdes peut atteindre 40-50 mg\/100 g de pulpe s\u00e8che, ce qui place le cynorrhodon parmi les sources les plus riches du monde v\u00e9g\u00e9tal temp\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<h3>C. Polyph\u00e9nols<\/h3>\n<p>Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a>), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol, tiliroside), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide ellagique, acide gallique) et des <strong>anthocyanes<\/strong> (cyanidine-3-O-glucoside) forment un profil polyph\u00e9nolique riche et diversifi\u00e9, contribuant fortement \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante globale.<\/p>\n<h3>D. Acides gras (huile de graines)<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile des ak\u00e8nes est riche en <strong>acide linol\u00e9ique<\/strong> (om\u00e9ga-6), <strong>acide \u03b1-linol\u00e9nique<\/strong> (om\u00e9ga-3) et contient de l&rsquo;<strong>acide trans-r\u00e9tinolique<\/strong> (tr\u00e9tino\u00efne naturelle), ce qui lui conf\u00e8re un int\u00e9r\u00eat cosm\u00e9tique dans la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration cutan\u00e9e.<\/p>\n<h3>E. Galactolipide GOPO<\/h3>\n<p>Un <strong>galactolipide<\/strong> sp\u00e9cifique, le GOPO (acide galactolipidique), a \u00e9t\u00e9 isol\u00e9 de poudre de cynorrhodon et fait l&rsquo;objet de recherches pour ses propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires dans l&rsquo;arthrose.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante majeure<\/strong> : synergie vitamine C + carot\u00e9no\u00efdes + polyph\u00e9nols. L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante totale du cynorrhodon est l&rsquo;une des plus \u00e9lev\u00e9es parmi les fruits europ\u00e9ens (tests ORAC, DPPH, FRAP).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : le galactolipide GOPO inhibe la chimiotaxie des leucocytes et la production de m\u00e9talloprot\u00e9ases matricielles. Les polyph\u00e9nols (querc\u00e9tine, tiliroside) inhibent la voie NF-\u03baB et les cyclooxyg\u00e9nases.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 immunostimulante<\/strong> : la vitamine C soutient la fonction des neutrophiles, des lymphocytes et la production d&rsquo;interf\u00e9rons.<\/li>\n<li><strong>Protection articulaire<\/strong> : le GOPO a montr\u00e9 in vitro une capacit\u00e9 \u00e0 prot\u00e9ger le cartilage et \u00e0 r\u00e9duire les marqueurs de d\u00e9gradation articulaire.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2605<\/strong> Antioxydant (vitamine C + carot\u00e9no\u00efdes + polyph\u00e9nols \u2014 donn\u00e9es solides)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Immunostimulant (vitamine C \u2014 effet nutritionnel bien \u00e9tabli)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire articulaire (GOPO \u2014 essais cliniques positifs)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Astringent (tanins \u2014 usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (tradition ancienne \u2014 donn\u00e9es modernes insuffisantes)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Plusieurs essais cliniques randomis\u00e9s ont \u00e9valu\u00e9 la poudre de cynorrhodon dans l&rsquo;arthrose :<\/p>\n<ul>\n<li>R\u00e9duction significative de la douleur et de la raideur articulaire (score WOMAC) par rapport au placebo (Winther et al., 2005 ; Warholm et al., 2003).<\/li>\n<li>R\u00e9duction de la consommation d&rsquo;anti-inflammatoires de secours.<\/li>\n<li>Bonne tol\u00e9rance au long cours.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Un usage traditionnel du cynorrhodon est reconnu comme source de vitamine C et pour le soulagement des douleurs articulaires mineures. L&rsquo;usage comme \u00ab aliment fonctionnel \u00bb riche en antioxydants est largement \u00e9tabli en Scandinavie (nyponsoppa su\u00e9dois).<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Vitamine c<\/td>\n<td>Vitamine<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Carot\u00e9no\u00efdes<\/td>\n<td>Carot\u00e9no\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, provitamine A<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lycop\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u0392-carot\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9ine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion\/D\u00e9coction :<\/strong> cynorrhodons s\u00e9ch\u00e9s concass\u00e9s (2-5 g pour 250 ml), infusion prolong\u00e9e (15-20 min) pour optimiser l&rsquo;extraction de la vitamine C.<\/li>\n<li><strong>Poudre de cynorrhodon :<\/strong> g\u00e9lules ou sachets (5 g\/jour), forme utilis\u00e9e dans les essais cliniques sur l&rsquo;arthrose.<\/li>\n<li><strong>Confiture et sirop :<\/strong> pr\u00e9parations alimentaires traditionnelles, tr\u00e8s populaires en Europe centrale et du Nord.<\/li>\n<li><strong>Huile de graines (rosehip oil) :<\/strong> usage cosm\u00e9tique (cicatrices, rides, vergetures).<\/li>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re :<\/strong> usage en phytoth\u00e9rapie.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le cynorrhodon est un aliment traditionnel sans toxicit\u00e9 connue aux doses alimentaires et th\u00e9rapeutiques. Les seuls effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s sont digestifs (diarrh\u00e9e \u00e0 forte dose, li\u00e9e \u00e0 la vitamine C) et le risque m\u00e9canique d&rsquo;irritation digestive par les poils des ak\u00e8nes si ceux-ci ne sont pas correctement \u00e9limin\u00e9s (d&rsquo;o\u00f9 le surnom populaire de \u00ab gratte-cul \u00bb et de \u00ab poil \u00e0 gratter \u00bb).<\/p>\n<p>Les personnes sous anticoagulants doivent \u00eatre inform\u00e9es de la teneur \u00e9lev\u00e9e en vitamine C (interaction th\u00e9orique avec la warfarine, bien que cliniquement peu significative aux doses habituelles).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;\u00e9glantier est cit\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Pline l&rsquo;Ancien rapporte que la racine gu\u00e9rissait la rage (d&rsquo;o\u00f9 <em>Rosa canina<\/em>, \u00ab rose de chien \u00bb). Th\u00e9ophraste et Dioscoride le mentionnent comme astringent et cicatrisant. Au Moyen \u00c2ge, le b\u00e9d\u00e9gar (galle chevelue provoqu\u00e9e par le cynips) \u00e9tait un rem\u00e8de populaire contre les calculs, les coliques et les insomnies.<\/p>\n<p>Dans toute l&rsquo;Europe du Nord et centrale, le cynorrhodon est un aliment de subsistance hivernal connu depuis la Pr\u00e9histoire. Les soupes, confitures et sirops de cynorrhodon font partie du patrimoine culinaire scandinave, germanique et slave. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement britannique organisa des campagnes nationales de cueillette de cynorrhodons pour pallier la carence en vitamine C li\u00e9e au blocus naval.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9glantier est aussi le porte-greffe de pr\u00e9dilection de la rosiculture. Sa vigueur, sa r\u00e9sistance aux maladies et sa compatibilit\u00e9 avec la plupart des cultivars en font le support universel des roses ornementales.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9glantier joue un r\u00f4le \u00e9cologique consid\u00e9rable dans les paysages bocagers et les lisi\u00e8res foresti\u00e8res. Ses buissons denses et \u00e9pineux offrent des sites de nidification prot\u00e9g\u00e9s pour de nombreux oiseaux (fauvettes, merles, rouges-gorges, troglodytes). Les cynorrhodons constituent une ressource alimentaire hivernale majeure pour les oiseaux frugivores et les petits mammif\u00e8res. Les fleurs sont visit\u00e9es par de nombreux pollinisateurs.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est pionni\u00e8re dans la dynamique de reconqu\u00eate foresti\u00e8re : les buissons d&rsquo;\u00e9glantier prot\u00e8gent les jeunes plants d&rsquo;arbres contre le broutage des herbivores (effet \u00ab nurse \u00bb), facilitant la succession v\u00e9g\u00e9tale vers la for\u00eat.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Rosa rubiginosa<\/em><\/strong> (\u00e9glantier odorant) \u2014 feuilles \u00e0 glandes odorantes (pomme) sur la face inf\u00e9rieure, aiguillons droits et aiguillons crochus m\u00eal\u00e9s.<\/li>\n<li><strong><em>Rosa arvensis<\/em><\/strong> (rosier des champs) \u2014 fleurs blanches, styles soud\u00e9s en colonne, tiges rampantes.<\/li>\n<li><strong><em>Rosa pimpinellifolia<\/em><\/strong> (rosier pimprenelle) \u2014 aiguillons droits tr\u00e8s denses, folioles petites et arrondies, fleurs blanches \u00e0 cr\u00e8me, cynorrhodons noirs.<\/li>\n<li><strong>Autres <em>Rosa<\/em> de la section <em>Caninae<\/em><\/strong> \u2014 la distinction repose sur des caract\u00e8res fins (pilosit\u00e9, glandes, forme des stipules, aiguillons), souvent difficiles sur le terrain.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Rosa canina<\/em> est \u00e0 la fois le rosier sauvage le plus commun d&rsquo;Europe et l&rsquo;une des plantes les mieux document\u00e9es pour son int\u00e9r\u00eat nutritionnel et th\u00e9rapeutique. Le cynorrhodon, exceptionnellement riche en vitamine C, en carot\u00e9no\u00efdes et en polyph\u00e9nols, poss\u00e8de un profil antioxydant de premier plan et un dossier anti-inflammatoire prometteur (galactolipide GOPO dans l&rsquo;arthrose). L&rsquo;huile de graines int\u00e9resse la cosm\u00e9tique. L&rsquo;esp\u00e8ce est aussi un pilier de l&rsquo;\u00e9cologie des haies et des lisi\u00e8res, et le porte-greffe universel de la rosiculture. C&rsquo;est une plante compl\u00e8te, dont chaque partie trouve un usage.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens Kew \u2014 <em>Rosa canina<\/em><\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, monographie \u00ab Rosae pseudo-fructus \u00bb<\/li>\n<li>Winther K. et al., \u00ab A powder made from seeds and shells of a rose-hip subspecies reduces symptoms of knee and hip osteoarthritis \u00bb, <em>Scandinavian Journal of Rheumatology<\/em>, 2005<\/li>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier, 2016<\/li>\n<li>Chrubasik C. et al., \u00ab A systematic review on the <em>Rosa canina<\/em> effect and efficacy profiles \u00bb, <em>Phytotherapy Research<\/em>, 2008<\/li>\n<li>Demir F. &amp; \u00d6zcan M., \u00ab Chemical and technological properties of rose hip fruits \u00bb, <em>Journal of Food Engineering<\/em>, 2001<\/li>\n<li>Warholm O. et al., \u00ab The effects of a standardized herbal remedy made from a subtype of <em>Rosa canina<\/em> in patients with osteoarthritis \u00bb, <em>Current Therapeutic Research<\/em>, 2003<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rosa canina L. 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