{"id":1347,"date":"2026-03-26T11:41:19","date_gmt":"2026-03-26T10:41:19","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/gaillet-blanc\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"gaillet-blanc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/gaillet-blanc\/","title":{"rendered":"GAILLET BLANC"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Gaillet%20commun.jpg\" alt=\"Planche botanique Gaillet commun\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>Gaillet blanc<\/strong> (<em>Galium mollugo<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Rubiac\u00e9es<\/strong>, vaste famille tropicale et temp\u00e9r\u00e9e qui comprend \u00e9galement le caf\u00e9ier et le quinquina. Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Galium<\/em> d\u00e9rive du grec <em>gala<\/em> (lait), plusieurs esp\u00e8ces du genre ayant la propri\u00e9t\u00e9 de faire cailler le lait. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>mollugo<\/em> vient du latin <em>mollis<\/em> (mou), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la souplesse des tiges. Synonymes : <em>Galium album<\/em> Mill., <em>Galium erectum<\/em> Huds. Noms vernaculaires : gaillet blanc, gaillet mollugine, caille-lait blanc.<\/p>\n<p>Plante vivace herbac\u00e9e de 30 \u00e0 120 cm, \u00e0 souche gr\u00eale et tra\u00e7ante. Les tiges sont quadrangulaires, lisses ou l\u00e9g\u00e8rement pubescentes, ascendantes \u00e0 dress\u00e9es, souvent ramifi\u00e9es. Les feuilles, dispos\u00e9es en verticilles de 6 \u00e0 8 au niveau des n\u0153uds, sont oblanc\u00e9ol\u00e9es, de 10 \u00e0 30 mm de long, mucron\u00e9es au sommet, \u00e0 marge lisse ou finement scabre. L&rsquo;inflorescence est une panicule terminale l\u00e2che, tr\u00e8s ramifi\u00e9e, portant de nombreuses fleurs blanches de 3 \u00e0 5 mm de diam\u00e8tre. Le fruit est constitu\u00e9 de deux m\u00e9ricarpes globuleux, lisses, de 1 \u00e0 1,5 mm.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Galium mollugo<\/em> est une esp\u00e8ce pal\u00e9arctique \u00e0 large distribution. Son aire native couvre l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Europe, de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;Oural, et du bassin m\u00e9diterran\u00e9en \u00e0 la Scandinavie. L&rsquo;esp\u00e8ce est \u00e9galement pr\u00e9sente en Asie occidentale (Turquie, Caucase, Iran) et en Afrique du Nord. Elle a \u00e9t\u00e9 introduite et naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande.<\/p>\n<p>Le gaillet blanc est une esp\u00e8ce prairiale ubiquiste, pr\u00e9sente dans les prairies de fauche, les bords de chemins, les talus, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les haies et les friches. Il tol\u00e8re une large gamme de sols, des argilo-calcaires aux sablo-limoneux, mais pr\u00e9f\u00e8re les substrats moyennement fertiles, neutres \u00e0 basiques. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des prairies m\u00e9sophiles de l&rsquo;ordre des <em>Arrhenatheretalia<\/em>. On le rencontre du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 1 800 m d&rsquo;altitude environ.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Galium mollugo<\/em> est une esp\u00e8ce tr\u00e8s commune, class\u00e9e en \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC) dans toute son aire de r\u00e9partition. Elle n&rsquo;est menac\u00e9e ni au niveau europ\u00e9en ni au niveau national en France. Sa grande plasticit\u00e9 \u00e9cologique et sa capacit\u00e9 de colonisation rapide (multiplication v\u00e9g\u00e9tative par stolons et fragmentation de la souche) en font une esp\u00e8ce robuste face aux perturbations.<\/p>\n<p>Sur le plan \u00e9cologique, le gaillet blanc est une esp\u00e8ce structurante des prairies m\u00e9sophiles europ\u00e9ennes. Sa floraison abondante fournit une ressource nectarif\u00e8re importante pour de nombreux insectes, notamment les syrphes, les petits col\u00e9opt\u00e8res et les micro-l\u00e9pidopt\u00e8res. Il constitue \u00e9galement la plante-h\u00f4te de plusieurs esp\u00e8ces de papillons, dont le sphinx du gaillet (<em>Hyles galii<\/em>).<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est un indicateur de prairies de fauche en bon \u00e9tat de conservation. Son abondance dans un pr\u00e9 traduit une gestion extensive favorable \u00e0 la biodiversit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le profil phytochimique de <em>Galium mollugo<\/em> refl\u00e8te celui de la famille des Rubiac\u00e9es, avec plusieurs classes de compos\u00e9s caract\u00e9ristiques :<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes<\/a><\/strong> : l&rsquo;<strong>asp\u00e9ruloside<\/strong> est le compos\u00e9 majeur, accompagn\u00e9 de <strong>monotrop\u00e9ine<\/strong>, de <strong>scandoside<\/strong> et de <strong>d\u00e9sac\u00e9tylasp\u00e9ruloside<\/strong>. Ces irido\u00efdes glycosyl\u00e9s constituent la signature chimique du genre <em>Galium<\/em>.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthraquinones\/\">Anthraquinones<\/a><\/strong> : pr\u00e9sentes principalement dans les racines, on retrouve l&rsquo;<strong>alizarine<\/strong>, la <strong>purpurine<\/strong>, le <strong>lucidin<\/strong> et leurs glycosides. Ces compos\u00e9s sont responsables de la coloration rouge des racines.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques<\/strong> : l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, l&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, l&rsquo;<strong>acide p-coumarique<\/strong> et l&rsquo;<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong> sont pr\u00e9sents dans les parties a\u00e9riennes.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : des d\u00e9riv\u00e9s de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, du <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et de la <strong>lut\u00e9oline<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s, souvent sous forme de glycosides.<\/p>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s<\/strong> : des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> (scopol\u00e9tine), des <strong>tanins<\/strong>, des <strong>saponines<\/strong> et de l&rsquo;<strong>acide ascorbique<\/strong> compl\u00e8tent le profil. Les parties a\u00e9riennes sont riches en <strong>silicium<\/strong> organique.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 diur\u00e9tique<\/strong> : les extraits aqueux de <em>Galium mollugo<\/em> augmentent significativement la diur\u00e8se chez le rat, avec une augmentation de l&rsquo;excr\u00e9tion de sodium et de potassium. L&rsquo;<strong>asp\u00e9ruloside<\/strong> et les flavono\u00efdes semblent \u00eatre les principaux responsables de cet effet.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : les irido\u00efdes et les flavono\u00efdes exercent une activit\u00e9 anti-inflammatoire d\u00e9montr\u00e9e sur des mod\u00e8les d&rsquo;\u0153d\u00e8me de la patte chez le rat. L&rsquo;asp\u00e9ruloside inhibe la production de <strong>TNF-\u03b1<\/strong> et d&rsquo;<strong>IL-6<\/strong> par les macrophages activ\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les extraits m\u00e9thanoliques montrent une capacit\u00e9 de pi\u00e9geage radicalaire (DPPH) significative, corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la teneur en compos\u00e9s ph\u00e9noliques totaux. L&rsquo;activit\u00e9 est particuli\u00e8rement marqu\u00e9e pour les fractions riches en flavono\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/strong> : les extraits \u00e9thanoliques exercent une inhibition mod\u00e9r\u00e9e contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Bacillus subtilis<\/em> et <em>Candida albicans<\/em>. Les anthraquinones racinaires montrent une activit\u00e9 plus marqu\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 cytotoxique<\/strong> : des \u00e9tudes in vitro ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une cytotoxicit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e de certains extraits sur des lign\u00e9es cellulaires tumorales (HeLa, MCF-7), attribu\u00e9e aux anthraquinones et aux irido\u00efdes.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les indications traditionnelles et pharmacologiques du gaillet blanc convergent vers les domaines suivants :<\/p>\n<p><strong>Troubles urinaires<\/strong> : r\u00e9tention hydrique, cystites, pr\u00e9vention des lithiases urinaires. L&rsquo;action diur\u00e9tique douce en fait un draineur r\u00e9nal de choix en phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<p><strong>Troubles lymphatiques et cutan\u00e9s<\/strong> : lymph\u0153d\u00e8mes, engorgement ganglionnaire, ecz\u00e9ma suintant, psoriasis. Le gaillet blanc est traditionnellement consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00ab d\u00e9puratif \u00bb lymphatique.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tats inflammatoires<\/strong> : rhumatismes chroniques, goutte (favorisant l&rsquo;\u00e9limination de l&rsquo;acide urique), inflammations ost\u00e9o-articulaires.<\/p>\n<p><strong>Usage externe<\/strong> : plaies atones, ulc\u00e8res cutan\u00e9s, br\u00fblures superficielles, irritations dermiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Galium mollugo<\/em> sont extr\u00eamement limit\u00e9es. Aucun essai clinique contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 ce jour pour cette esp\u00e8ce. Les donn\u00e9es disponibles proviennent essentiellement de la tradition d&#8217;emploi et de s\u00e9ries de cas en phytoth\u00e9rapie empirique.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes cliniques existent pour des compos\u00e9s isol\u00e9s pr\u00e9sents dans le gaillet, notamment l&rsquo;<strong>asp\u00e9ruloside<\/strong>, \u00e9tudi\u00e9 pour ses propri\u00e9t\u00e9s anti-ob\u00e9sit\u00e9 dans un essai clinique japonais portant sur <em>Eucommia ulmoides<\/em>, qui montra une r\u00e9duction significative de la graisse visc\u00e9rale.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel prolong\u00e9 et l&rsquo;absence d&rsquo;effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s constituent, selon les crit\u00e8res r\u00e9glementaires, un argument en faveur d&rsquo;un \u00ab usage traditionnel bien \u00e9tabli \u00bb, bien qu&rsquo;aucune monographie communautaire n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9e pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p>La recherche contemporaine sur <em>Galium mollugo<\/em> explore plusieurs pistes :<\/p>\n<p><strong>Potentiel anticanc\u00e9reux<\/strong> : des extraits m\u00e9thanoliques de parties a\u00e9riennes ont montr\u00e9 une cytotoxicit\u00e9 s\u00e9lective sur des lign\u00e9es de carcinome h\u00e9patocellulaire (HepG2) et de cancer du sein (MCF-7), avec des CI50 de l&rsquo;ordre de 50-100 \u00b5g\/mL. Les m\u00e9canismes impliquent l&rsquo;induction de l&rsquo;apoptose via la voie mitochondriale.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 neuroprotectrice<\/strong> : les irido\u00efdes du genre <em>Galium<\/em> sont \u00e9tudi\u00e9s pour leurs effets neuroprotecteurs dans des mod\u00e8les de neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence. L&rsquo;asp\u00e9ruloside prot\u00e8ge les neurones dopaminergiques dans un mod\u00e8le de maladie de Parkinson chez le rat.<\/p>\n<p><strong>Phytochimie analytique<\/strong> : les techniques de m\u00e9tabolomique (LC-MS\/MS, RMN) permettent une caract\u00e9risation de plus en plus fine du phytocomplexe, r\u00e9v\u00e9lant de nouveaux irido\u00efdes et glycosides ph\u00e9noliques.<\/p>\n<p><strong>\u00c9cologie chimique<\/strong> : le r\u00f4le des irido\u00efdes dans les interactions plante-insecte fait l&rsquo;objet de recherches, ces compos\u00e9s servant de d\u00e9fense chimique contre les herbivores tout en attirant certains pollinisateurs sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Asp\u00e9ruloside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Monotrop\u00e9ine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Scandoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>D\u00e9sac\u00e9tylasp\u00e9ruloside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Alizarine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de parties a\u00e9riennes<\/strong> : 3 \u00e0 5 g de plante s\u00e9ch\u00e9e par tasse (250 ml), infuser 10 minutes. Boire 3 tasses par jour, de pr\u00e9f\u00e9rence entre les repas.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction<\/strong> : 30 \u00e0 50 g par litre d&rsquo;eau, bouillir 5 minutes puis infuser 10 minutes. Utiliser en usage interne (3 tasses\/jour) ou externe (compresses, bains).<\/p>\n<p><strong>Suc frais<\/strong> : 1 \u00e0 2 cuiller\u00e9es \u00e0 soupe de jus de plante fra\u00eeche par jour, en cure printani\u00e8re d\u00e9purative.<\/p>\n<p><strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> : 40 \u00e0 60 gouttes, 3 fois par jour dans un verre d&rsquo;eau.<\/p>\n<p><strong>Usage externe<\/strong> : cataplasme de plante fra\u00eeche broy\u00e9e directement sur les l\u00e9sions, ou compresses imbib\u00e9es de d\u00e9coction concentr\u00e9e (50 g\/L).<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> : aucune contre-indication formelle n&rsquo;est rapport\u00e9e dans la litt\u00e9rature pour les parties a\u00e9riennes aux doses recommand\u00e9es. Par prudence, l&rsquo;utilisation est d\u00e9conseill\u00e9e pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement en raison de l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions d&#8217;emploi<\/strong> : l&rsquo;action diur\u00e9tique impose une hydratation suffisante et une surveillance en cas de traitement concomitant par des diur\u00e9tiques de synth\u00e8se ou des hypotenseurs. Les patients souffrant d&rsquo;insuffisance r\u00e9nale s\u00e9v\u00e8re doivent consulter avant utilisation.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/strong> : potentialisation th\u00e9orique des diur\u00e9tiques et des antihypertenseurs. Les anthraquinones racinaires pourraient interagir avec les anticoagulants oraux (donn\u00e9es th\u00e9oriques, non confirm\u00e9es cliniquement).<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence de <strong>lucidin<\/strong> dans les racines soul\u00e8ve des questions de g\u00e9notoxicit\u00e9. Toutefois, ce compos\u00e9 est principalement concentr\u00e9 dans les racines et absent ou en traces dans les parties a\u00e9riennes utilis\u00e9es en phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 des parties a\u00e9riennes de <em>Galium mollugo<\/em> est consid\u00e9r\u00e9e comme tr\u00e8s faible. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 aigu\u00eb chez le rongeur montrent des DL50 sup\u00e9rieures \u00e0 5 g\/kg par voie orale pour les extraits aqueux, ce qui place la plante dans la cat\u00e9gorie des substances pratiquement non toxiques.<\/p>\n<p>La principale pr\u00e9occupation toxicologique concerne les <strong>anthraquinones<\/strong> racinaires, en particulier le <strong>lucidin<\/strong> et le <strong>lucidin-3-O-prim\u00e9versoside<\/strong>, qui ont montr\u00e9 un potentiel g\u00e9notoxique et mutag\u00e8ne dans les tests d&rsquo;Ames et les essais sur cellules de mammif\u00e8res. Ces compos\u00e9s sont cependant tr\u00e8s peu pr\u00e9sents dans les parties a\u00e9riennes.<\/p>\n<p>Les irido\u00efdes, bien que m\u00e9tabolis\u00e9s en aglycones potentiellement r\u00e9actifs, ne pr\u00e9sentent pas de toxicit\u00e9 significative aux doses th\u00e9rapeutiques. Aucun effet ind\u00e9sirable grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature clinique ou de pharmacovigilance.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les gaillets ont une longue histoire d&rsquo;utilisation en m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne. Le gaillet blanc, comme son parent plus c\u00e9l\u00e8bre le gaillet jaune (<em>Galium verum<\/em>), \u00e9tait employ\u00e9 pour ses vertus m\u00e9dicinales et artisanales. La propri\u00e9t\u00e9 coagulante du lait, commune \u00e0 plusieurs esp\u00e8ces de <em>Galium<\/em>, \u00e9tait exploit\u00e9e en fromagerie artisanale.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle, le gaillet blanc \u00e9tait r\u00e9put\u00e9 diur\u00e9tique, sudorifique, antispasmodique et vuln\u00e9raire. Matthiole le recommandait contre les \u0153d\u00e8mes et les r\u00e9tentions d&rsquo;eau. En phytoth\u00e9rapie populaire, l&rsquo;infusion \u00e9tait prescrite contre l&rsquo;\u00e9pilepsie, l&rsquo;hyst\u00e9rie et les troubles nerveux. En usage externe, la plante fra\u00eeche \u00e9cras\u00e9e \u00e9tait appliqu\u00e9e sur les plaies et les br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res. Dans certaines r\u00e9gions de France, les racines \u00e9taient utilis\u00e9es comme teinture rouge, propri\u00e9t\u00e9 partag\u00e9e avec d&rsquo;autres Rubiac\u00e9es.<\/p>\n<p>En alimentation, les jeunes pousses \u00e9taient consomm\u00e9es en salade printani\u00e8re. Les graines torr\u00e9fi\u00e9es servaient de succ\u00e9dan\u00e9 du caf\u00e9, usage partag\u00e9 avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p><em>Galium mollugo<\/em> ne figure pas \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne ni \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. Il n&rsquo;est pas inscrit sur la liste A ou B des plantes m\u00e9dicinales de la pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. Aucune monographie europ\u00e9enne n&rsquo;existe pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>En France, la plante s\u00e9ch\u00e9e (parties a\u00e9riennes) peut \u00eatre vendue librement en tant que plante pour tisane, n&rsquo;\u00e9tant pas soumise au monopole pharmaceutique. Elle est utilis\u00e9e dans des m\u00e9langes de plantes pour tisanes \u00ab drainage \u00bb et \u00ab d\u00e9puration \u00bb par plusieurs laboratoires de phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<p>Au niveau europ\u00e9en, le gaillet blanc b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un usage traditionnel reconnu dans plusieurs \u00c9tats membres, ce qui pourrait permettre \u00e0 terme l&rsquo;enregistrement de m\u00e9dicaments traditionnels \u00e0 base de plantes au titre de la directive 2004\/24\/CE.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>GAILLET BLANC pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<br \/>\nMitova M.I. et al. \u2014 \u00ab Iridoids and flavonoids from <em>Galium mollugo<\/em> \u00bb, <em>Z. Naturforsch.<\/em>, 2002, 57c, 226-234.<br \/>\nBokhari J. et al. \u2014 \u00ab Evaluation of diverse antioxidant activities of <em>Galium<\/em> species \u00bb, <em>Spectrochim. Acta A<\/em>, 2013, 102, 24-29.<br \/>\nDemirezer L.\u00d6. et al. \u2014 \u00ab Iridoids, flavonoids and monoterpene glycosides from <em>Galium verum<\/em> subsp. <em>verum<\/em> \u00bb, <em>Turk. J. Chem.<\/em>, 2006, 30, 525-534.<br \/>\nWichtl M. (\u00e9d.) \u2014 <em>Herbal Drugs and Phytopharmaceuticals<\/em>, 3e \u00e9d., Medpharm-CRC Press, 2004.<br \/>\nFournier P. \u2014 <em>Le livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, Paris, 1947.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Gaillet blanc (Galium mollugo L.) appartient \u00e0 la famille des Rubiac\u00e9es, vaste famille tropicale et temp\u00e9r\u00e9e qui comprend \u00e9galement le [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[93],"tags":[],"class_list":["post-1347","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-rubiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1347","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1347"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1347\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13920,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1347\/revisions\/13920"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1347"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1347"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1347"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}