{"id":1370,"date":"2026-03-26T11:41:51","date_gmt":"2026-03-26T10:41:51","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/bouillon-blanc\/"},"modified":"2026-06-24T17:51:22","modified_gmt":"2026-06-24T15:51:22","slug":"bouillon-blanc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/bouillon-blanc\/","title":{"rendered":"BOUILLON BLANC"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/bouillon-blanc.png\" alt=\"Planche botanique Bouillon blanc\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Verbascum thapsus<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Scrophulariaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> bouillon blanc, mol\u00e8ne bouillon-blanc, herbe de saint Fiacre, cierge de Notre-Dame, oreille de loup, bonhomme, Kleinbl\u00fctige K\u00f6nigskerze (allemand), great mullein (anglais), gordolobo (espagnol).<\/p>\n<p>Le bouillon blanc est l&rsquo;une des grandes silhouettes des friches ensoleill\u00e9es d&rsquo;Europe \u2014 sa hampe florale dor\u00e9e, haute de 1 \u00e0 2 m\u00e8tres, dress\u00e9e comme un cierge au-dessus d&rsquo;une rosette de feuilles gigantesques, cotonneuses, d&rsquo;un gris argent\u00e9 presque lunaire, en fait l&rsquo;une des plantes les plus reconnaissables des chemins, des talus et des terrains vagues. \u00ab Cierge de Notre-Dame \u00bb, \u00ab herbe de saint Fiacre \u00bb, \u00ab oreille de loup \u00bb : les noms populaires disent tout de cette plante \u00e0 la fois hi\u00e9ratique et domestique, de ces mol\u00e8nes que les campagnes europ\u00e9ennes ont utilis\u00e9es pendant des mill\u00e9naires comme plante respiratoire de premier secours. Le bouillon blanc est en effet l&rsquo;un des grands b\u00e9chiques de la pharmacop\u00e9e traditionnelle occidentale : ses fleurs mucilagineuses et expectorantes, son feuillage \u00e9mollient et adoucissant, en ont fait le rem\u00e8de classique des toux, des bronchites, des enrouements et des irritations respiratoires de toute nature. Son efficacit\u00e9, modeste mais constante, repose sur une combinaison de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>, de <strong>saponines<\/strong>, de <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et d&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong> dont le mode d&rsquo;action est bien compris. Le bouillon blanc fait partie de ces plantes que l&rsquo;on peut prescrire en toute confiance, sans craindre d&rsquo;effets ind\u00e9sirables, et dont la douceur m\u00eame est la vertu.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left;margin:5px 25px 15px 0;max-width:280px;border:1px solid #c9b99a;padding:6px;background:#faf6ee;border-radius:4px;cursor:pointer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/verbascum_phlomoides.jpg\" alt=\"Verbascum phlomoides \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%;height:auto\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.78em;color:#5a4e3c;margin-top:5px;font-style:italic\">Verbascum phlomoides<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Scrophulariaceae (anciennement, sensu lato ; certaines classifications placent <em>Verbascum<\/em> dans les Scrophulariaceae s.s.)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Verbascum<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Verbascum thapsus<\/em> L., 1753<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Verbascum<\/em> est un ancien nom latin (Pline), probablement d\u00e9riv\u00e9 de <em>barbascum<\/em> (barbu), allusion au duvet laineux de la plante. <em>Thapsus<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Thapsus, ville antique de Tunisie, pr\u00e8s de laquelle la plante \u00e9tait abondante. Le nom fran\u00e7ais \u00ab bouillon blanc \u00bb viendrait de la d\u00e9coction blanch\u00e2tre (\u00ab bouillon \u00bb) obtenue par \u00e9bullition des fleurs.<\/p>\n<p><strong>Diversit\u00e9 du genre :<\/strong> <em>Verbascum<\/em> compte plus de 350 esp\u00e8ces, principalement m\u00e9diterran\u00e9ennes et asiatiques. Plusieurs esp\u00e8ces sont utilis\u00e9es indiff\u00e9remment en herboristerie (<em>V. thapsus<\/em>, <em>V. densiflorum<\/em>, <em>V. phlomoides<\/em>). La Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne accepte les fleurs de ces trois esp\u00e8ces sous le nom de <em>Verbasci flos<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante bisannuelle robuste. La premi\u00e8re ann\u00e9e, elle forme une large rosette basale de feuilles \u00e9paisses, grandes (20-50 cm), ovales-elliptiques, enti\u00e8res, dens\u00e9ment tomenteuses (duvet laineux gris-blanc compos\u00e9 de poils \u00e9toil\u00e9s ramifi\u00e9s), molles au toucher, d&rsquo;un vert gris\u00e2tre. La deuxi\u00e8me ann\u00e9e, une hampe florale unique s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve, dress\u00e9e, robuste, non ramifi\u00e9e ou peu ramifi\u00e9e, haute de 50 \u00e0 200 cm, dens\u00e9ment recouverte de poils \u00e9toil\u00e9s, portant des feuilles d\u00e9currentes (le limbe se prolonge le long de la tige en \u00ab ailes \u00bb laineuses \u2014 caract\u00e8re distinctif de <em>V. thapsus<\/em>). Les fleurs, group\u00e9es en un \u00e9pi terminal dense, sont jaune p\u00e2le \u00e0 jaune d&rsquo;or, \u00e0 5 p\u00e9tales soud\u00e9s en corolle rotac\u00e9e (1,5-3 cm de diam\u00e8tre), \u00e0 5 \u00e9tamines dont 3 ont les filets couverts de poils laineux blancs ou jaunes. Les fleurs sont faiblement odorantes, \u00e0 parfum de miel. Le fruit est une capsule globuleuse contenant de tr\u00e8s nombreuses graines minuscules, brun fonc\u00e9, \u00e0 surface r\u00e9ticul\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce eurasiatique, devenue subcosmopolite par naturalisation. Pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe, l&rsquo;Asie temp\u00e9r\u00e9e, l&rsquo;Afrique du Nord. Largement naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Z\u00e9lande et en Am\u00e9rique du Sud, o\u00f9 elle est parfois envahissante.<\/p>\n<p><strong>Habitats :<\/strong> terrains vagues, friches, talus, bords de route, remblais, terrains secs et caillouteux, murs, bermes, jach\u00e8res, lisi\u00e8res s\u00e8ches, coupes foresti\u00e8res. Le bouillon blanc est une plante pionni\u00e8re des sols perturb\u00e9s, secs, pauvres, bien drain\u00e9s, fortement h\u00e9liophile. Il tol\u00e8re les sols calcaires et siliceux, supporte la s\u00e9cheresse et colonise les substrats les plus ingrats.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nologie :<\/strong> rosette basale la premi\u00e8re ann\u00e9e (automne et hiver). Hampe florale la deuxi\u00e8me ann\u00e9e, de juin \u00e0 septembre. Chaque fleur ne dure qu&rsquo;un jour mais l&rsquo;\u00e9pi fleurit de bas en haut sur plusieurs semaines. La plante meurt apr\u00e8s la fructification (monocarpique).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Fleurs :<\/strong> partie officinale principale (<em>Verbasci flos<\/em>, Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne). R\u00e9colt\u00e9es quotidiennement, fleur par fleur (cueillette manuelle), par temps sec, le matin apr\u00e8s \u00e9vaporation de la ros\u00e9e. S\u00e9chage rapide \u00e0 l&rsquo;ombre, en couche mince, \u00e0 temp\u00e9rature mod\u00e9r\u00e9e (&lt; 40 \u00b0C). Les fleurs doivent rester jaune vif apr\u00e8s s\u00e9chage (une coloration brune indique une oxydation et une perte de qualit\u00e9).<\/li>\n<li><strong>Feuilles :<\/strong> usage traditionnel en cataplasme \u00e9mollient et en infusion pectorale.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Pr\u00e9caution :<\/strong> l&rsquo;infusion de fleurs ou de feuilles doit \u00eatre soigneusement filtr\u00e9e \u00e0 travers un linge fin pour retenir les poils \u00e9toil\u00e9s, qui peuvent irriter la gorge et les muqueuses.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Mucilages (3-4 % des fleurs s\u00e8ches) :<\/strong> polysaccharides hydrophiles formant un gel protecteur sur les muqueuses. Les mucilages sont le principal composant \u00e9mollient et adoucissant des fleurs de bouillon blanc.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines triterp\u00e9niques<\/a> (2-3 %) :<\/strong> <strong>verbascosaponine<\/strong> et d\u00e9riv\u00e9s \u2014 glycosides de l&rsquo;<strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong>. Les saponines sont expectorantes (fluidifient le mucus bronchique en r\u00e9duisant sa tension de surface) et l\u00e9g\u00e8rement anti-inflammatoires.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes :<\/strong> <strong>hesp\u00e9ridine<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, <strong>lut\u00e9oline<\/strong> et leurs glycosides. Contribuent aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes, anti-inflammatoires et diur\u00e9tiques.<\/p>\n<p><strong>Irido\u00efdes :<\/strong> <strong>aucubine<\/strong>, <strong>catalpol<\/strong>, <strong>harpagide<\/strong>, <strong>6\u03b2-xylosylaucubine<\/strong>. L&rsquo;aucubine et le catalpol sont des irido\u00efdes anti-inflammatoires et h\u00e9patoprotecteurs, communs \u00e0 de nombreuses Scrophulariaceae et Plantaginaceae.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosidiques :<\/strong> <strong>verbascoside<\/strong> (= ac\u00e9toside) \u2014 compos\u00e9 anti-inflammatoire, antioxydant et antimicrobien puissant, consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des marqueurs chimiques du genre <em>Verbascum<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Pigments :<\/strong> <strong>croc\u00e9tine<\/strong> et <strong>crocine<\/strong> (pigments <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a> du safran), responsables de la couleur jaune des fleurs \u2014 fait remarquable, car ces pigments sont rares hors des Iridaceae (<em>Crocus<\/em>).<\/p>\n<p><strong>Huile grasse des graines :<\/strong> contient des acides gras insatur\u00e9s et des <strong>rot\u00e9no\u00efdes<\/strong> \u2014 compos\u00e9s ichtyotoxiques (toxiques pour les poissons) utilis\u00e9s traditionnellement pour la p\u00eache par empoisonnement.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>B\u00e9chique et pectoral :<\/strong> propri\u00e9t\u00e9 majeure. L&rsquo;infusion de fleurs de bouillon blanc est le rem\u00e8de classique de la toux, de l&rsquo;enrouement, des bronchites aigu\u00ebs et chroniques, de la trach\u00e9ite et des irritations de la gorge. L&rsquo;action combine l&rsquo;\u00e9mollience des mucilages (adoucissement des muqueuses) et l&rsquo;expectorance des saponines (fluidification du mucus).<\/li>\n<li><strong>\u00c9mollient :<\/strong> en cataplasme, les feuilles chaudes servaient de cataplasme \u00e9mollient sur les furoncles, les abc\u00e8s, les engelures et les h\u00e9morro\u00efdes.<\/li>\n<li><strong>Anti-inflammatoire :<\/strong> l&rsquo;infusion de fleurs \u00e9tait utilis\u00e9e contre les inflammations urinaires (cystites l\u00e9g\u00e8res) et les coliques.<\/li>\n<li><strong>Otalgique :<\/strong> l&rsquo;huile de mol\u00e8ne (mac\u00e9ration de fleurs de bouillon blanc dans l&rsquo;huile d&rsquo;olive, 3 semaines au soleil) est un rem\u00e8de populaire classique des douleurs d&rsquo;oreille (otites externes, otalgies) \u2014 usage attest\u00e9 depuis le XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/li>\n<li><strong>Antih\u00e9morro\u00efdaire :<\/strong> en bain de si\u00e8ge, la d\u00e9coction de feuilles \u00e9tait employ\u00e9e contre les h\u00e9morro\u00efdes.<\/li>\n<li><strong>Torches et m\u00e8ches :<\/strong> avant son usage m\u00e9dicinal, la hampe florale s\u00e9ch\u00e9e et tremp\u00e9e dans le suif servait de torche (d&rsquo;o\u00f9 le nom de \u00ab cierge de Notre-Dame \u00bb). Les feuilles duveteuses servaient de m\u00e8che \u00e0 lampe \u00e0 huile.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES PHARMACOLOGIQUES MODERNES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 expectorante et mucolytique :<\/strong> les saponines du bouillon blanc r\u00e9duisent la tension de surface du mucus bronchique, facilitant son expectoration. L&rsquo;effet est confirm\u00e9 <em>in vivo<\/em> chez le lapin et le rat (augmentation du volume de s\u00e9cr\u00e9tions bronchiques).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> le <strong>verbascoside<\/strong> inhibe puissamment la production de PGE2, de leucotri\u00e8nes et de cytokines pro-inflammatoires (TNF-\u03b1, IL-6) <em>in vitro<\/em>. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong> et le <strong>catalpol<\/strong> exercent des effets anti-inflammatoires additifs (Speranza <em>et al.<\/em>, 2010).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> les extraits m\u00e9thanoliques de fleurs sont actifs contre <em>S. aureus<\/em>, <em>S. pneumoniae<\/em>, <em>K. pneumoniae<\/em>, <em>E. coli<\/em> et <em>M. tuberculosis<\/em> <em>in vitro<\/em>. Le verbascoside est le compos\u00e9 le plus actif (Turker &amp; Camper, 2002).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antivirale :<\/strong> le verbascoside et les saponines montrent une activit\u00e9 antivirale <em>in vitro<\/em> contre les virus Influenza A et B et le virus HSV-1 (herp\u00e8s simplex).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antitumorale :<\/strong> les saponines de <em>Verbascum<\/em> induisent l&rsquo;apoptose de cellules tumorales <em>in vitro<\/em> (lign\u00e9es HeLa, MCF-7), un r\u00e9sultat pr\u00e9liminaire mais coh\u00e9rent avec l&rsquo;activit\u00e9 cytotoxique connue des saponines triterp\u00e9niques.<\/li>\n<li><strong>Huile de mol\u00e8ne (otalgie) :<\/strong> un essai clinique ouvert (Sarrell <em>et al.<\/em>, 2003) a montr\u00e9 que l&rsquo;instillation de gouttes d&rsquo;huile de mol\u00e8ne dans le conduit auditif r\u00e9duit significativement la douleur d&rsquo;oreille chez l&rsquo;enfant souffrant d&rsquo;otite moyenne aigu\u00eb, avec une efficacit\u00e9 comparable aux gouttes anesth\u00e9siques standard.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollients, antitussifs<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saponines<\/td>\n<td>Saponines<\/td>\n<td>Expectorantes<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Verbascoside, aucubine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes \/ ph\u00e9nylpropano\u00efdes<\/a><\/td>\n<td>Anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion de fleurs (PhEur) :<\/strong> 3-5 g de fleurs s\u00e8ches par tasse (250 mL), infusion couverte 10-15 min, filtrer soigneusement \u00e0 travers un linge fin. 3-4 tasses par jour (b\u00e9chique, pectoral, adoucissant).<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction de feuilles (usage externe) :<\/strong> 50 g par litre, \u00e9bullition 10 min. En cataplasme sur les furoncles, en bain de si\u00e8ge (h\u00e9morro\u00efdes), en lavage (peaux irrit\u00e9es).<\/li>\n<li><strong>Huile de mol\u00e8ne (otalgie) :<\/strong> remplir un bocal de fleurs fra\u00eeches, couvrir d&rsquo;huile d&rsquo;olive, mac\u00e9rer 3 semaines au soleil en remuant quotidiennement, filtrer. 2-3 gouttes ti\u00e8des dans l&rsquo;oreille, 2-3 fois par jour (uniquement si le tympan est intact).<\/li>\n<li><strong>Sirop :<\/strong> d\u00e9coction concentr\u00e9e de fleurs (100 g\/L), filtrer, ajouter le poids de sucre, r\u00e9duire \u00e0 feu doux. 2-3 cuill\u00e8res \u00e0 soupe par jour.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le bouillon blanc est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus s\u00fbres de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Aucune toxicit\u00e9 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e aux doses th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Poils irritants :<\/strong> les poils \u00e9toil\u00e9s des feuilles et de la tige peuvent irriter la gorge et les muqueuses digestives s&rsquo;ils ne sont pas \u00e9limin\u00e9s par filtration. Toujours filtrer l&rsquo;infusion \u00e0 travers un tissu fin.<\/li>\n<li><strong>Graines :<\/strong> les graines sont ichtyotoxiques et l\u00e9g\u00e8rement toxiques par voie orale (saponines, rot\u00e9no\u00efdes). Ne pas consommer les graines.<\/li>\n<li><strong>Grossesse et allaitement :<\/strong> pas de contre-indication connue aux doses habituelles. L&rsquo;usage traditionnel pendant la grossesse est bien document\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Enfants :<\/strong> l&rsquo;infusion de fleurs filtr\u00e9e est utilisable d\u00e8s 2-3 ans (dose r\u00e9duite).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Dioscoride (I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle) :<\/strong> d\u00e9crit le <em>phlomon<\/em> (bouillon blanc) comme pectoral, \u00e9mollient et utile contre les affections de la rate.<\/li>\n<li><strong>Hildegarde de Bingen (XII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle) :<\/strong> recommande le bouillon blanc contre \u00ab la tristesse du c\u0153ur \u00bb et les douleurs de poitrine.<\/li>\n<li><strong>P\u00eache par empoisonnement :<\/strong> les graines de bouillon blanc, riches en rot\u00e9no\u00efdes et en saponines, \u00e9taient jet\u00e9es dans les cours d&rsquo;eau pour paralyser les poissons et faciliter leur capture \u2014 usage attest\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 et interdit par les l\u00e9gislations modernes.<\/li>\n<li><strong>Torches :<\/strong> dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 romaine, les hampes florales s\u00e9ch\u00e9es et enduites de cire ou de suif servaient de torches pour les processions fun\u00e9raires et religieuses.<\/li>\n<li><strong>M\u00e9decine populaire nord-am\u00e9ricaine :<\/strong> le bouillon blanc, introduit par les colons europ\u00e9ens, a \u00e9t\u00e9 rapidement adopt\u00e9 par les peuples am\u00e9rindiens (Cherokee, Mohegan, Navajo) comme rem\u00e8de respiratoire et fumigation contre l&rsquo;asthme.<\/li>\n<li><strong>Fumigation :<\/strong> dans certaines traditions populaires, les feuilles s\u00e8ches de bouillon blanc \u00e9taient fum\u00e9es (en cigarettes ou en pipe) pour soulager l&rsquo;asthme et les toux chroniques \u2014 un usage \u00e9videmment paradoxal du point de vue m\u00e9dical moderne.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CULTURE ET MULTIPLICATION<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Sol :<\/strong> sec, pauvre, caillouteux, bien drain\u00e9. Le bouillon blanc prosp\u00e8re sur les sols les plus ingrats (gravier, sable, remblais). Il d\u00e9teste les sols humides et lourds.<\/li>\n<li><strong>Exposition :<\/strong> plein soleil imp\u00e9ratif.<\/li>\n<li><strong>Semis :<\/strong> en surface, au printemps ou en automne. Graines photosensibles (ne pas couvrir). Germination en 2-3 semaines \u00e0 15-20 \u00b0C. La plante se ress\u00e8me abondamment (une seule hampe produit jusqu&rsquo;\u00e0 100 000-200 000 graines).<\/li>\n<li><strong>Entretien :<\/strong> aucun. Plante enti\u00e8rement autonome.<\/li>\n<li><strong>Cycle :<\/strong> bisannuel. Pr\u00e9voir des semis \u00e9chelonn\u00e9s pour avoir des plantes en floraison chaque ann\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Rusticit\u00e9 :<\/strong> excellente (zone USDA 3-9). Supporte -30 \u00b0C.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION<\/h3>\n<p><em>Verbascum thapsus<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9. L&rsquo;esp\u00e8ce est commune \u00e0 tr\u00e8s commune dans toute l&rsquo;Europe et la plupart des r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es du globe. Hors de son aire d&rsquo;origine, elle est parfois envahissante (Am\u00e9rique du Nord, Australie, Nouvelle-Z\u00e9lande) et peut coloniser les milieux perturb\u00e9s de mani\u00e8re agressive.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT EN JARDIN NATUREL ET PERMACULTURE<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Plante pionni\u00e8re :<\/strong> le bouillon blanc colonise les sols nus, les gravats, les terrains remani\u00e9s. Il est id\u00e9al pour amorcer la rev\u00e9g\u00e9talisation d&rsquo;un terrain pauvre.<\/li>\n<li><strong>Architecture verticale :<\/strong> la hampe florale de 1-2 m apporte une verticalit\u00e9 spectaculaire aux massifs de prairie s\u00e8che.<\/li>\n<li><strong>Plante mellif\u00e8re :<\/strong> les fleurs, riches en nectar et en pollen, sont visit\u00e9es par les abeilles, les bourdons et les syrphes.<\/li>\n<li><strong>Plante h\u00f4te :<\/strong> les feuilles laineuses abritent des larves de col\u00e9opt\u00e8res (<em>Cionus<\/em>) et servent de refuge hivernal \u00e0 de nombreux invert\u00e9br\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>Pharmacie de jardin :<\/strong> quelques pieds de bouillon blanc au jardin fournissent une r\u00e9serve de fleurs pectorales pour l&rsquo;hiver, r\u00e9colt\u00e9es et s\u00e9ch\u00e9es en \u00e9t\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Purin :<\/strong> la d\u00e9coction de feuilles est utilis\u00e9e par certains jardiniers comme fongicide pr\u00e9ventif (mildiou) \u2014 un usage peu document\u00e9 mais attest\u00e9 dans la tradition.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>BOUILLON BLANC pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Fournier P., <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Turker A.U. &amp; Camper N.D., \u00ab Biological activity of common mullein, a medicinal plant \u00bb, <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 82, 2002, p. 117-125.<\/li>\n<li>Speranza L. <em>et al.<\/em>, \u00ab Anti-inflammatory effects of verbascoside in activated human THP-1 cells \u00bb, <em>Immunopharmacology and Immunotoxicology<\/em>, 32(2), 2010, p. 233-237.<\/li>\n<li>Sarrell E.M. <em>et al.<\/em>, \u00ab Naturopathic treatment for ear pain in children \u00bb, <em>Pediatrics<\/em>, 111(5), 2003, p. e574-e579.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, 10<sup>e<\/sup> \u00e9d., monographie <em>Verbasci flos<\/em>.<\/li>\n<li>Cazin F.-J., <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em>, 3<sup>e<\/sup> \u00e9d., 1868.<\/li>\n<li>Dioscoride, <em>De Materia Medica<\/em>, I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle (trad. et commentaires Matthiole, 1554).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> \u00c9mollient \/ pectoral<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antitussif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Verbascum thapsus L. Famille : Scrophulariaceae. Noms vernaculaires : bouillon blanc, mol\u00e8ne bouillon-blanc, herbe de saint Fiacre, cierge de Notre-Dame, oreille de loup, bonhomme, Kleinbl\u00fctige [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[96],"tags":[],"class_list":["post-1370","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-scrofulariacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1370","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1370"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1370\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14167,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1370\/revisions\/14167"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1370"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1370"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1370"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}