{"id":1372,"date":"2026-03-26T11:41:54","date_gmt":"2026-03-26T10:41:54","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/molene-blattaire\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:36","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:36","slug":"molene-blattaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/molene-blattaire\/","title":{"rendered":"MOL\u00c8NE BLATTAIRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Mol%C3%A8ne%20blattaire.jpg\" alt=\"Planche botanique Mol\u00e8ne blattaire\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Mol\u00e8ne blattaire<\/strong> (<em>Verbascum blattaria<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Scrofulariac\u00e9es<\/strong> (ou Verbascac\u00e9es dans les classifications phylog\u00e9n\u00e9tiques). Le nom <em>Verbascum<\/em> provient probablement du latin <em>barbascum<\/em> (barbu), en allusion \u00e0 la pilosit\u00e9 de nombreuses mol\u00e8nes. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>blattaria<\/em> vient du latin <em>blatta<\/em> (cafard, blatte), la plante ayant la r\u00e9putation de repousser les blattes. Synonymes : <em>Verbascum blattaria<\/em> var. <em>albiflorum<\/em> (\u00e0 fleurs blanches). Noms vernaculaires : mol\u00e8ne blattaire, herbe aux mites, bouillon-mite.<\/p>\n<p>Plante bisannuelle de 40 \u00e0 120 cm de hauteur. La premi\u00e8re ann\u00e9e, elle forme une rosette basale de feuilles oblongues, cr\u00e9nel\u00e9es, glabres et luisantes (contrairement aux autres mol\u00e8nes laineuses). La tige florale de la seconde ann\u00e9e est dress\u00e9e, simple ou peu ramifi\u00e9e, glanduleuse-pubescente dans sa partie sup\u00e9rieure. Les feuilles caulinaires sont alternes, sessiles, semi-embrassantes, oblongues \u00e0 ovales, irr\u00e9guli\u00e8rement dent\u00e9es. L&rsquo;inflorescence est une grappe terminale allong\u00e9e et l\u00e2che. Les fleurs, solitaires \u00e0 l&rsquo;aisselle de bract\u00e9es, poss\u00e8dent un calice glanduleux \u00e0 5 lobes et une corolle jaune vif (ou blanche dans la vari\u00e9t\u00e9 <em>albiflorum<\/em>), de 20 \u00e0 30 mm de diam\u00e8tre, \u00e0 5 p\u00e9tales. Les 5 \u00e9tamines portent des filets couverts de poils violets glanduleux. Le fruit est une capsule globuleuse de 6-8 mm.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Verbascum blattaria<\/em> est une esp\u00e8ce d&rsquo;origine eurasiatique. Son aire native couvre l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et centrale, l&rsquo;Asie Mineure, le Caucase et l&rsquo;Iran. En Europe, elle est pr\u00e9sente de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 la Roumanie, et du bassin m\u00e9diterran\u00e9en \u00e0 l&rsquo;Europe centrale. Elle a \u00e9t\u00e9 introduite et naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Am\u00e9rique du Sud.<\/p>\n<p>En France, la mol\u00e8ne blattaire est pr\u00e9sente sur presque tout le territoire, mais elle est plus fr\u00e9quente dans la moiti\u00e9 sud. Elle affectionne les milieux ouverts et perturb\u00e9s : bords de routes, friches, terrains vagues, d\u00e9combres, cultures, berges de rivi\u00e8res, gravi\u00e8res. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols calcaires \u00e0 neutres, secs \u00e0 frais, bien drain\u00e9s. C&rsquo;est une esp\u00e8ce rud\u00e9rale et adventice, caract\u00e9ristique des communaut\u00e9s nitrophiles des <em>Sisymbrietalia<\/em>. On la rencontre du niveau de la mer \u00e0 environ 1 000 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Verbascum blattaria<\/em> est une esp\u00e8ce commune \u00e0 assez commune, non menac\u00e9e, class\u00e9e en \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC). En Am\u00e9rique du Nord, o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 introduite, elle est parfois consid\u00e9r\u00e9e comme une esp\u00e8ce envahissante des milieux perturb\u00e9s.<\/p>\n<p>La mol\u00e8ne blattaire joue un r\u00f4le \u00e9cologique int\u00e9ressant en tant que plante pionni\u00e8re des milieux d\u00e9grad\u00e9s. Ses grandes fleurs jaunes \u00e0 \u00e9tamines violettes attirent une faune pollinisatrice diversifi\u00e9e, notamment les abeilles solitaires, les syrphes et les col\u00e9opt\u00e8res floricoles. La floraison prolong\u00e9e (juin \u00e0 septembre) fournit des ressources tardives aux pollinisateurs.<\/p>\n<p>Contrairement aux mol\u00e8nes laineuses, la surface glabre de <em>V. blattaria<\/em> offre moins de niches pour les invert\u00e9br\u00e9s, mais la plante reste un support d&rsquo;oviposition pour la cucullie du bouillon-blanc (<em>Cucullia verbasci<\/em>) et d&rsquo;autres l\u00e9pidopt\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le profil chimique de <em>Verbascum blattaria<\/em> s&rsquo;inscrit dans celui du genre <em>Verbascum<\/em>, avec quelques particularit\u00e9s :<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes<\/a><\/strong> : l&rsquo;<strong>aucubine<\/strong>, le <strong>catalpol<\/strong>, le <strong>6-O-catalpol<\/strong> et l&rsquo;<strong>harpagide<\/strong> constituent les irido\u00efdes majeurs.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosyl\u00e9s<\/strong> : le <strong>verbascoside<\/strong> (act\u00e9oside) est le compos\u00e9 majeur, accompagn\u00e9 d&rsquo;<strong>isoverbascoside<\/strong>, de <strong>forsythoside B<\/strong> et de <strong>leucosceptoside A<\/strong>.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> : des saponines \u00e0 g\u00e9nine ol\u00e9anane, dont le <strong>verbascosaponine<\/strong>, sont pr\u00e9sentes, principalement dans les racines et les graines.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong>chryso\u00e9riol<\/strong> et leurs glycosides.<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s sp\u00e9cifiques<\/strong> : des <strong>n\u00e9olignanes<\/strong> (blattarialignanes) ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s des parties a\u00e9riennes, constituant un trait chimique distinctif de cette esp\u00e8ce au sein du genre.<\/p>\n<p><strong>Autres<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> (en moindre quantit\u00e9 que chez les mol\u00e8nes laineuses), <strong>st\u00e9rols<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>, <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : le <strong>verbascoside<\/strong>, compos\u00e9 majeur, est un puissant inhibiteur de la <strong>5-LOX<\/strong>, de la <strong>COX-2<\/strong> et du <strong>NF-\u03baB<\/strong>. Les n\u00e9olignanes sp\u00e9cifiques de <em>V. blattaria<\/em> montrent \u00e9galement une activit\u00e9 anti-inflammatoire in vitro, avec des CI50 de l&rsquo;ordre de 10-30 \u00b5M.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les extraits de parties a\u00e9riennes pr\u00e9sentent une activit\u00e9 antioxydante \u00e9lev\u00e9e dans les tests DPPH, ABTS et ORAC, corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la teneur en verbascoside et en flavono\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/strong> : les extraits m\u00e9thanoliques montrent une activit\u00e9 contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Bacillus cereus<\/em> et <em>Candida albicans<\/em>. Les n\u00e9olignanes contribuent significativement \u00e0 cette activit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 cytotoxique<\/strong> : des \u00e9tudes in vitro ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 une cytotoxicit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e des extraits sur des lign\u00e9es de carcinome h\u00e9patocellulaire (HepG2) et de cancer du sein (MCF-7), attribu\u00e9e aux saponines et au verbascoside.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 analg\u00e9sique<\/strong> : le verbascoside et l&rsquo;aucubine exercent un effet analg\u00e9sique dans les mod\u00e8les murins de douleur, comparable \u00e0 celui de l&rsquo;ibuprof\u00e8ne \u00e0 doses \u00e9quivalentes.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les indications de la mol\u00e8ne blattaire sont similaires \u00e0 celles des autres esp\u00e8ces de <em>Verbascum<\/em> :<\/p>\n<p><strong>Affections respiratoires<\/strong> : toux s\u00e8che, bronchite, laryngite, trach\u00e9ite. L&rsquo;action b\u00e9chique et \u00e9molliente est toutefois moindre que celle du bouillon-blanc en raison d&rsquo;une teneur plus faible en mucilages.<\/p>\n<p><strong>Affections ORL<\/strong> : otalgies (huile de mol\u00e8ne), pharyngite.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tats inflammatoires<\/strong> : rhumatismes, inflammations articulaires et tendineuses.<\/p>\n<p><strong>Usage externe<\/strong> : plaies superficielles, irritations cutan\u00e9es, h\u00e9morro\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Insectifuge<\/strong> : bien que non confirm\u00e9 scientifiquement, l&rsquo;usage traditionnel comme r\u00e9pulsif d&rsquo;insectes persiste dans certaines r\u00e9gions.<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Aucune \u00e9tude clinique sp\u00e9cifique \u00e0 <em>Verbascum blattaria<\/em> n&rsquo;est disponible. Les donn\u00e9es cliniques du genre <em>Verbascum<\/em> sont principalement issues d&rsquo;\u00e9tudes sur <em>V. thapsus<\/em> et <em>V. densiflorum<\/em>, dont les r\u00e9sultats peuvent \u00eatre raisonnablement extrapol\u00e9s \u00e0 <em>V. blattaria<\/em> compte tenu du profil chimique similaire.<\/p>\n<p>Le <strong>verbascoside<\/strong>, compos\u00e9 partag\u00e9 par toutes les esp\u00e8ces du genre, dispose d&rsquo;un corpus clinique croissant dans l&rsquo;inflammation articulaire, la protection cutan\u00e9e et la cicatrisation. Les r\u00e9sultats des essais cliniques sont encourageants, avec un bon profil de tol\u00e9rance.<\/p>\n<p>L&rsquo;inscription de <em>V. blattaria<\/em> dans la monographie europ\u00e9enne sur les fleurs de mol\u00e8ne n&rsquo;est pas explicite, les esp\u00e8ces couvertes \u00e9tant <em>V. thapsus<\/em>, <em>V. densiflorum<\/em> et <em>V. phlomoides<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p><strong>N\u00e9olignanes bioactifs<\/strong> : les <strong>blattarialignanes<\/strong>, compos\u00e9s sp\u00e9cifiques de <em>V. blattaria<\/em>, font l&rsquo;objet de recherches pour leurs activit\u00e9s anti-inflammatoire, antimicrobienne et cytotoxique. Leur structure originale en fait des candidats pour la pharmacochimie.<\/p>\n<p><strong>Verbascoside et neuroprotection<\/strong> : le verbascoside, commun \u00e0 toutes les mol\u00e8nes, est \u00e9tudi\u00e9 pour ses propri\u00e9t\u00e9s neuroprotectrices dans des mod\u00e8les de maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives (Alzheimer, Parkinson). Il prot\u00e8ge les neurones contre le stress oxydatif et l&rsquo;inflammation microgliale.<\/p>\n<p><strong>\u00c9cologie chimique<\/strong> : les compos\u00e9s glandulaires de <em>V. blattaria<\/em> (s\u00e9cr\u00e9tions des trichomes glanduleux de la tige et du calice) sont \u00e9tudi\u00e9s pour leur r\u00f4le dans la d\u00e9fense contre les herbivores et les pathog\u00e8nes.<\/p>\n<p><strong>Phytochimie comparative<\/strong> : les analyses m\u00e9tabolomiques comparatives entre esp\u00e8ces de <em>Verbascum<\/em> permettent de mieux comprendre la chimiotaxonomie du genre et d&rsquo;identifier de nouveaux compos\u00e9s bioactifs.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollients, antitussifs<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saponosides<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines<\/a><\/td>\n<td>Expectorants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Verbascoside, aucubine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes \/ ph\u00e9nylpropano\u00efdes<\/a><\/td>\n<td>Anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de fleurs<\/strong> : 1,5 \u00e0 2 g de fleurs s\u00e9ch\u00e9es par tasse (250 ml), infuser 10-15 minutes, filtrer soigneusement. Boire 3 tasses par jour.<\/p>\n<p><strong>Infusion de feuilles<\/strong> : 3 \u00e0 5 g par tasse, infuser 15 minutes. Boire 2 \u00e0 3 tasses par jour.<\/p>\n<p><strong>Huile de mol\u00e8ne<\/strong> : mac\u00e9ration de fleurs fra\u00eeches dans l&rsquo;huile d&rsquo;olive (3-4 semaines au soleil). Instillation auriculaire : 2-3 gouttes ti\u00e8des.<\/p>\n<p><strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> : 30 \u00e0 50 gouttes, 3 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Usage externe<\/strong> : d\u00e9coction concentr\u00e9e (50 g\/L) en compresses ou bains locaux.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> : aucune contre-indication formelle rapport\u00e9e aux doses th\u00e9rapeutiques. L&rsquo;instillation auriculaire est contre-indiqu\u00e9e en cas de perforation tympanique.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions<\/strong> : contrairement aux mol\u00e8nes laineuses, la mol\u00e8ne blattaire est glabre, ce qui r\u00e9duit le risque d&rsquo;irritation par les poils staminaux. Il est n\u00e9anmoins recommand\u00e9 de filtrer les pr\u00e9parations. Les graines, riches en saponines, ne doivent pas \u00eatre consomm\u00e9es (potentiel ichtyotoxique).<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/strong> : aucune interaction connue. Les mucilages, moins abondants que chez les autres mol\u00e8nes, pr\u00e9sentent un risque r\u00e9duit de retard d&rsquo;absorption m\u00e9dicamenteuse.<\/p>\n<p>Grossesse et allaitement : par pr\u00e9caution, l&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La mol\u00e8ne blattaire pr\u00e9sente un profil de s\u00e9curit\u00e9 similaire \u00e0 celui des autres esp\u00e8ces du genre <em>Verbascum<\/em>. La toxicit\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e comme tr\u00e8s faible pour les parties a\u00e9riennes aux doses th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p>Les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> des graines, \u00e0 forte dose, pr\u00e9sentent une toxicit\u00e9 pour les organismes aquatiques (ichtyotoxicit\u00e9) et un potentiel h\u00e9molytique in vitro. Cet usage traditionnel comme \u00ab poison de p\u00eache \u00bb est bien document\u00e9 pour plusieurs esp\u00e8ces de <em>Verbascum<\/em>.<\/p>\n<p>Les <strong>n\u00e9olignanes<\/strong> sp\u00e9cifiques de <em>V. blattaria<\/em> n&rsquo;ont pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes de toxicit\u00e9 d\u00e9di\u00e9es, mais les n\u00e9olignanes en g\u00e9n\u00e9ral pr\u00e9sentent un profil de s\u00e9curit\u00e9 favorable aux doses pharmacologiques.<\/p>\n<p>Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine par <em>Verbascum blattaria<\/em> n&rsquo;est rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La mol\u00e8ne blattaire se distingue des autres mol\u00e8nes par sa glabrescence et par sa r\u00e9putation d&rsquo;insectifuge. Pline l&rsquo;Ancien rapportait que la plante chassait les insectes nuisibles, d&rsquo;o\u00f9 son nom latin et ses noms vernaculaires (herbe aux mites, herbe aux cafards). Cette propri\u00e9t\u00e9 insectifuge n&rsquo;a toutefois pas \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par la science moderne.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire, la mol\u00e8ne blattaire partageait les usages des autres mol\u00e8nes, bien qu&rsquo;elle f\u00fbt moins fr\u00e9quemment utilis\u00e9e en raison de son moindre d\u00e9veloppement et de l&rsquo;absence de pilosit\u00e9 laineuse. Les fleurs \u00e9taient employ\u00e9es comme b\u00e9chiques et \u00e9mollientes contre la toux et les affections respiratoires. L&rsquo;huile de mac\u00e9ration des fleurs servait, comme pour les autres esp\u00e8ces du genre, \u00e0 traiter les otalgies.<\/p>\n<p>En jardinage ornemental, la mol\u00e8ne blattaire est cultiv\u00e9e comme plante d\u00e9corative de parterres et de jardins sauvages, appr\u00e9ci\u00e9e pour sa floraison prolong\u00e9e et la beaut\u00e9 de ses fleurs \u00e0 \u00e9tamines violettes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p><em>Verbascum blattaria<\/em> n&rsquo;est pas explicitement inclus dans la monographie \u00ab Verbasci flos \u00bb de la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, qui couvre <em>V. thapsus<\/em>, <em>V. densiflorum<\/em> et <em>V. phlomoides<\/em>. Il n&rsquo;est pas non plus mentionn\u00e9 dans la monographie communautaire europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>En France, la mol\u00e8ne blattaire n&rsquo;est pas sp\u00e9cifiquement inscrite sur la liste des plantes m\u00e9dicinales de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. Elle peut n\u00e9anmoins \u00eatre utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie sous la responsabilit\u00e9 du praticien.<\/p>\n<p>Aucune restriction r\u00e9glementaire particuli\u00e8re ne s&rsquo;applique \u00e0 la vente ou \u00e0 l&rsquo;utilisation de cette esp\u00e8ce en tant que plante pour tisane ou compl\u00e9ment alimentaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>MOL\u00c8NE BLATTAIRE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<br \/>\nTatli I.I., Akdemir Z.S. \u2014 \u00ab Chemical constituents of <em>Verbascum<\/em> L. species \u00bb, <em>FABAD J. Pharm. Sci.<\/em>, 2004, 29, 93-107.<br \/>\nAlipieva K. et al. \u2014 \u00ab Verbascoside \u2014 A review of its occurrence, (bio)synthesis and pharmacological significance \u00bb, <em>Biotechnol. Adv.<\/em>, 2014, 32(6), 1065-1076.<br \/>\n\u00c7alis I. et al. \u2014 \u00ab Neolignan glycosides from <em>Verbascum blattaria<\/em> \u00bb, <em>J. Nat. Prod.<\/em>, 2001, 64, 961-964.<br \/>\nFournier P. \u2014 <em>Le livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, Paris, 1947.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient \/ pectoral (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antitussif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Mol\u00e8ne blattaire (Verbascum blattaria L.) appartient \u00e0 la famille des Scrofulariac\u00e9es (ou Verbascac\u00e9es dans les classifications phylog\u00e9n\u00e9tiques). Le nom Verbascum [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[96],"tags":[],"class_list":["post-1372","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-scrofulariacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1372","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1372"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1372\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14222,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1372\/revisions\/14222"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1372"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1372"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1372"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}