{"id":1373,"date":"2026-03-26T11:41:55","date_gmt":"2026-03-26T10:41:55","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/molene-dorient\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:36","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:36","slug":"molene-dorient","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/molene-dorient\/","title":{"rendered":"MOL\u00c8NE D\u2019ORIENT"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Mol%C3%A8ne%20d%27Orient.jpg\" alt=\"Planche botanique Mol\u00e8ne d&#039;Orient\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La mol\u00e8ne d&rsquo;Orient (<em>Verbascum orientale<\/em> (L.) All., souvent synonyme de <em>Verbascum chaixii<\/em> Vill. subsp. <em>orientale<\/em> (M. Bieb.) Hayek) est une plante vivace de la famille des Scrofulariac\u00e9es, originaire d&rsquo;Europe orientale et d&rsquo;Asie occidentale. \u00c9lanc\u00e9e et robuste, elle dresse ses hautes tiges garnies de fleurs jaunes \u00e0 c\u0153ur pourpre dans les prairies s\u00e8ches, les talus et les lisi\u00e8res foresti\u00e8res. Ses \u00e9tamines orn\u00e9es de poils violets lui conf\u00e8rent un charme particulier parmi les nombreuses esp\u00e8ces de mol\u00e8nes europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>La mol\u00e8ne d&rsquo;Orient partage avec les autres esp\u00e8ces du genre <em>Verbascum<\/em>, et en particulier avec le bouillon-blanc (<em>V. thapsus<\/em>), une tradition d&rsquo;usage m\u00e9dicinal multis\u00e9culaire centr\u00e9e sur les affections respiratoires. Si elle est moins utilis\u00e9e que le bouillon-blanc en phytoth\u00e9rapie, elle poss\u00e8de un profil chimique similaire, riche en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>, <strong>saponines<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong> et <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, qui lui conf\u00e8re des propri\u00e9t\u00e9s <strong>expectorantes<\/strong>, <strong>adoucissantes<\/strong> et <strong>anti-inflammatoires<\/strong> potentiellement exploitables.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La nomenclature de cette esp\u00e8ce est complexe et discut\u00e9e. Le nom le plus couramment accept\u00e9 est <em>Verbascum chaixii<\/em> Vill. subsp. <em>chaixii<\/em> pour la forme europ\u00e9enne occidentale, ou <em>V. chaixii<\/em> subsp. <em>orientale<\/em> pour les populations orientales. Certains auteurs maintiennent <em>Verbascum orientale<\/em> (L.) All. comme esp\u00e8ce distincte. Elle appartient \u00e0 la famille des <strong>Scrophulariaceae<\/strong>, genre <em>Verbascum<\/em>, qui comprend environ 360 esp\u00e8ces, principalement euro-m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Le nom <em>Verbascum<\/em> d\u00e9riverait du latin <em>barbascum<\/em> (barbu), en r\u00e9f\u00e9rence au feuillage velu de nombreuses esp\u00e8ces. Les noms vernaculaires sont : \u00ab mol\u00e8ne d&rsquo;Orient \u00bb, \u00ab mol\u00e8ne de Chaix \u00bb en fran\u00e7ais ; \u00ab nettle-leaved mullein \u00bb en anglais ; \u00ab Chaix-K\u00f6nigskerze \u00bb en allemand. Les mol\u00e8nes sont parfois incluses dans la famille des Veronicaceae ou restent dans les Scrophulariaceae selon les syst\u00e8mes de classification.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La mol\u00e8ne d&rsquo;Orient est une plante vivace herbac\u00e9e de 50 \u00e0 120 cm de hauteur, \u00e0 racine pivotante \u00e9paisse. La tige est dress\u00e9e, simple ou peu ramifi\u00e9e, anguleuse, glabre ou faiblement pubescente (contrairement au bouillon-blanc qui est dens\u00e9ment laineux). Les feuilles basales sont ovales-oblongues, cr\u00e9nel\u00e9es-dent\u00e9es, longuement p\u00e9tiol\u00e9es, vertes et glabrescentes sur les deux faces ; les feuilles caulinaires sont sessiles, d\u00e9currentes ou non.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est un rac\u00e8me terminal allong\u00e9, l\u00e2che ou dense. Les fleurs, de 20 \u00e0 30 mm de diam\u00e8tre, poss\u00e8dent une corolle rotac\u00e9e jaune vif \u00e0 5 lobes, avec des marques pourpres \u00e0 la base des p\u00e9tales. Les 5 \u00e9tamines sont orn\u00e9es de poils violets ou pourpres caract\u00e9ristiques (toutes les 5, contrairement \u00e0 <em>V. thapsus<\/em> qui n&rsquo;a que 3 \u00e9tamines \u00e0 poils). Le fruit est une capsule globuleuse contenant de nombreuses graines minuscules. La floraison s&rsquo;\u00e9tale de juin \u00e0 septembre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La mol\u00e8ne d&rsquo;Orient (au sens large, incluant <em>V. chaixii<\/em>) est r\u00e9pandue depuis l&rsquo;Europe occidentale (France, Espagne) jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Asie occidentale (Turquie, Caucase, Iran). En France, <em>V. chaixii<\/em> subsp. <em>chaixii<\/em> est pr\u00e9sent dans le sud-est (Alpes, Provence, C\u00e9vennes, Massif central m\u00e9ridional), tandis que les formes orientales sont absentes du territoire m\u00e9tropolitain.<\/p>\n<p>Elle affectionne les prairies s\u00e8ches, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res thermophiles, les talus, les \u00e9boulis stabilis\u00e9s, les clairi\u00e8res et les bords de chemins. Elle se d\u00e9veloppe sur des sols calcaires \u00e0 neutres, drainants, plut\u00f4t secs, en exposition ensoleill\u00e9e \u00e0 mi-ombrag\u00e9e. C&rsquo;est une esp\u00e8ce m\u00e9sox\u00e9rophile, caract\u00e9ristique de l&rsquo;\u00e9tage collin\u00e9en \u00e0 montagnard inf\u00e9rieur. Moins rud\u00e9rale que le bouillon-blanc, elle est davantage associ\u00e9e aux milieux semi-naturels (prairies, lisi\u00e8res) qu&rsquo;aux friches et d\u00e9combres.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et culture<\/h3>\n<p>La mol\u00e8ne d&rsquo;Orient est une plante vivace de culture facile au jardin. Le semis se fait au printemps ou en d\u00e9but d&rsquo;\u00e9t\u00e9, en surface ou sous une fine couche de terreau, les graines \u00e9tant tr\u00e8s petites et n\u00e9cessitant la lumi\u00e8re pour germer. La lev\u00e9e a lieu en 2 \u00e0 4 semaines. La floraison intervient la deuxi\u00e8me ann\u00e9e \u00e0 partir du semis.<\/p>\n<p>Elle exige un sol bien drain\u00e9, calcaire \u00e0 neutre, mod\u00e9r\u00e9ment fertile, en plein soleil ou \u00e0 mi-ombre l\u00e9g\u00e8re. Elle tol\u00e8re la s\u00e9cheresse et les sols pauvres. Rustique jusqu&rsquo;\u00e0 \u221220 \u00b0C. Contrairement au bouillon-blanc (bisannuel), cette esp\u00e8ce est v\u00e9ritablement vivace et refleurit pendant plusieurs ann\u00e9es. Sa hauteur et ses fleurs jaunes \u00e0 c\u0153ur pourpre en font une excellente plante de fond de massif. Elle attire de nombreux pollinisateurs (abeilles, papillons) et ses graines nourrissent les oiseaux en hiver. La multiplication par division de touffe est possible au printemps.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique des mol\u00e8nes du groupe <em>chaixii-orientale<\/em> est similaire \u00e0 celle des autres esp\u00e8ces de <em>Verbascum<\/em>. Les <strong>mucilages<\/strong> sont abondants, particuli\u00e8rement dans les fleurs (3-4 % du poids sec), constitu\u00e9s de polysaccharides complexes \u00e0 base de galactose, arabinose et acide uronique. Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> sont pr\u00e9sentes, notamment les <strong>verbascosaponines<\/strong>.<\/p>\n<p>Les <strong>irido\u00efdes<\/strong> constituent un groupe de compos\u00e9s caract\u00e9ristique, avec l&rsquo;<strong>aucubine<\/strong>, le <strong>catalpol<\/strong> et l&rsquo;<strong>harpagoside<\/strong> comme repr\u00e9sentants principaux. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> incluent l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, la <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, le <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et leurs glycosides, dont le <strong>verbascoside<\/strong> (act\u00e9oside), un ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efde glycosidique aux propri\u00e9t\u00e9s biologiques remarquables. On note aussi des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong>, des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (dans les fleurs) et des traces d&rsquo;<strong>huile essentielle<\/strong>. Le <strong>verbascoside<\/strong> est le marqueur chimique le plus int\u00e9ressant pharmacologiquement.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de la mol\u00e8ne d&rsquo;Orient sont d\u00e9duites des \u00e9tudes men\u00e9es sur le genre <em>Verbascum<\/em> dans son ensemble. Les mucilages conf\u00e8rent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>adoucissantes<\/strong> et <strong>b\u00e9chiques<\/strong> (antitussives) en formant un film protecteur sur les muqueuses irrit\u00e9es des voies respiratoires. Les saponines exercent un effet <strong>expectorant<\/strong> en fluidifiant le mucus bronchique.<\/p>\n<p>Le <strong>verbascoside<\/strong> est le compos\u00e9 le plus \u00e9tudi\u00e9 : il poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong> puissantes (sup\u00e9rieures \u00e0 la vitamine C dans certains tests), <strong>anti-inflammatoires<\/strong> (inhibition du NF-\u03baB et des prostaglandines), <strong>antimicrobiennes<\/strong>, <strong>antivirales<\/strong> (activit\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e contre le virus de la grippe et le HSV) et <strong>neuroprotectrices<\/strong>. L&rsquo;aucubine poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong>. Les flavono\u00efdes renforcent l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante et anti-inflammatoire globale. Ce profil justifie l&rsquo;usage traditionnel des mol\u00e8nes dans les affections respiratoires.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage m\u00e9dicinal des mol\u00e8nes est attest\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride recommandait les feuilles et les fleurs de <em>Verbascum<\/em> contre la toux, les maladies pulmonaires et les diarrh\u00e9es. Au Moyen \u00c2ge, les fleurs de mol\u00e8ne \u00e9taient l&rsquo;un des \u00ab quatre fleurs pectorales \u00bb de la pharmacop\u00e9e monastique. L&rsquo;usage le plus constant \u00e0 travers les si\u00e8cles est celui de <strong>plante pectorale<\/strong> adoucissante.<\/p>\n<p>La mol\u00e8ne d&rsquo;Orient, lorsqu&rsquo;elle est disponible localement, est utilis\u00e9e de mani\u00e8re identique au bouillon-blanc : infusion de fleurs contre la toux, le rhume, la bronchite et les irritations de la gorge. En usage externe, l&rsquo;huile de fleurs de mol\u00e8ne (mac\u00e9ration dans l&rsquo;huile d&rsquo;olive) est un rem\u00e8de traditionnel contre les otalgies (douleurs d&rsquo;oreille), les engelures et les h\u00e9morro\u00efdes. Les feuilles en cataplasme \u00e9taient appliqu\u00e9es sur les plaies et les br\u00fblures. Dans les Balkans et en Turquie, o\u00f9 le genre est tr\u00e8s diversifi\u00e9, les mol\u00e8nes occupent une place importante en m\u00e9decine populaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollients, antitussifs<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saponosides<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines<\/a><\/td>\n<td>Expectorants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Verbascoside, aucubine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes \/ ph\u00e9nylpropano\u00efdes<\/a><\/td>\n<td>Anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;infusion de fleurs s\u00e9ch\u00e9es est la forme d&#8217;emploi classique : 2 \u00e0 4 g de fleurs pour 250 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infus\u00e9es 10 \u00e0 15 minutes, filtr\u00e9es soigneusement \u00e0 travers un linge fin (pour \u00e9liminer les poils staminaux irritants), \u00e0 boire 3 \u00e0 4 fois par jour. Le go\u00fbt est doux, l\u00e9g\u00e8rement miell\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;huile auriculaire se pr\u00e9pare par mac\u00e9ration de fleurs fra\u00eeches dans l&rsquo;huile d&rsquo;olive vierge (1:3) pendant 3 semaines au soleil, puis filtration. On instille 2-3 gouttes dans l&rsquo;oreille douloureuse (en l&rsquo;absence de perforation tympanique). La teinture-m\u00e8re se prend \u00e0 raison de 20 \u00e0 40 gouttes, 3 fois par jour. En phytoth\u00e9rapie moderne, des extraits standardis\u00e9s en verbascoside sont propos\u00e9s en g\u00e9lules. Les feuilles, rarement utilis\u00e9es seules, entrent dans la composition de m\u00e9langes pectoraux. L&rsquo;infusion peut \u00eatre adoucie au miel pour renforcer l&rsquo;effet b\u00e9chique.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les mol\u00e8nes sont g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9es comme des plantes \u00e0 excellente tol\u00e9rance. Aucun effet toxique n&rsquo;est rapport\u00e9 pour la mol\u00e8ne d&rsquo;Orient aux doses usuelles. Les mucilages et les flavono\u00efdes sont d\u00e9nu\u00e9s de toxicit\u00e9. Les saponines, \u00e0 tr\u00e8s fortes doses, pourraient provoquer des naus\u00e9es.<\/p>\n<p>Le principal risque pratique est li\u00e9 aux poils staminaux : si la tisane n&rsquo;est pas correctement filtr\u00e9e, ces minuscules poils peuvent irriter la gorge et provoquer une toux paradoxale. Une filtration soign\u00e9e \u00e0 travers un papier-filtre ou un linge fin est donc indispensable. Les irido\u00efdes (aucubine) sont th\u00e9oriquement h\u00e9patotoxiques \u00e0 tr\u00e8s fortes doses dans des mod\u00e8les animaux, mais les concentrations dans les tisanes courantes sont jug\u00e9es sans danger. Aucune contre-indication formelle n&rsquo;est \u00e9tablie. Par prudence, l&rsquo;usage pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement est d\u00e9conseill\u00e9 sans avis m\u00e9dical, faute de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse cliniquement significative n&rsquo;est document\u00e9e pour les mol\u00e8nes. Les mucilages pourraient th\u00e9oriquement retarder l&rsquo;absorption de m\u00e9dicaments pris simultan\u00e9ment, comme c&rsquo;est le cas pour toutes les plantes \u00e0 mucilages. Il est recommand\u00e9 de respecter un intervalle de 30 minutes \u00e0 1 heure entre la prise de tisane de mol\u00e8ne et celle de m\u00e9dicaments.<\/p>\n<p>Le verbascoside poss\u00e8de une activit\u00e9 inhibitrice mod\u00e9r\u00e9e sur certaines enzymes du cytochrome P450 in vitro, mais la pertinence clinique aux doses de tisane n&rsquo;est pas \u00e9tablie. L&rsquo;association avec d&rsquo;autres plantes pectorales (thym, guimauve, plantain, r\u00e9glisse) est traditionnelle et ne pr\u00e9sente pas de risque connu. L&rsquo;association avec des antitussifs opiac\u00e9s (cod\u00e9ine, dextrom\u00e9thorphane) est th\u00e9oriquement redondante mais sans danger.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h3>\n<p>Les \u00e9tudes scientifiques sur la mol\u00e8ne d&rsquo;Orient sp\u00e9cifiquement sont rares, la recherche se concentrant sur <em>V. thapsus<\/em> et <em>V. densiflorum<\/em>. Cependant, des \u00e9tudes phytochimiques ont caract\u00e9ris\u00e9 la composition de <em>V. chaixii<\/em> et confirm\u00e9 la pr\u00e9sence de verbascoside, d&rsquo;irido\u00efdes et de saponines en quantit\u00e9s comparables aux esp\u00e8ces officinales.<\/p>\n<p>Le verbascoside a fait l&rsquo;objet de nombreuses \u00e9tudes in vitro et in vivo montrant des activit\u00e9s antioxydantes, anti-inflammatoires, neuroprotectrices et anticanc\u00e9reuses. Des essais cliniques sur des pr\u00e9parations \u00e0 base de mol\u00e8ne (principalement <em>V. thapsus<\/em>) ont montr\u00e9 une efficacit\u00e9 dans le traitement de l&rsquo;otite externe (huile auriculaire) et dans le soulagement de la toux. Des \u00e9tudes ethnobotaniques en Turquie et dans les Balkans documentent l&rsquo;usage de nombreuses esp\u00e8ces de <em>Verbascum<\/em>, confirmant l&rsquo;importance du genre dans la m\u00e9decine traditionnelle de ces r\u00e9gions.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La mol\u00e8ne d&rsquo;Orient n&rsquo;est pas sp\u00e9cifiquement inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Celle-ci reconna\u00eet les fleurs de <em>Verbascum thapsus<\/em> L., <em>V. densiflorum<\/em> Bertol. et <em>V. phlomoides<\/em> L. comme drogues v\u00e9g\u00e9tales officinales (monographie \u00ab Verbasci flos \u00bb). Les autres esp\u00e8ces de <em>Verbascum<\/em> ne sont pas express\u00e9ment exclues de l&rsquo;usage en phytoth\u00e9rapie mais ne b\u00e9n\u00e9ficient pas de monographie sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>Une monographie europ\u00e9enne couvre \u00ab Verbasci flos \u00bb, reconnaissant l&rsquo;usage traditionnel comme \u00e9mollient dans les affections des voies respiratoires sup\u00e9rieures. La mol\u00e8ne d&rsquo;Orient n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e en France. Elle est disponible dans le commerce horticole comme plante ornementale de jardin. Sa commercialisation comme plante m\u00e9dicinale n\u00e9cessiterait une identification botanique rigoureuse et une mise en conformit\u00e9 avec la r\u00e9glementation sur les compl\u00e9ments alimentaires ou les m\u00e9dicaments \u00e0 base de plantes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects culturels et historiques<\/h3>\n<p>Les mol\u00e8nes occupent une place notable dans l&rsquo;histoire de la m\u00e9decine et de la culture populaire europ\u00e9enne. Le nom \u00ab bouillon-blanc \u00bb (qui s&rsquo;applique surtout \u00e0 <em>V. thapsus<\/em> mais par extension \u00e0 d&rsquo;autres mol\u00e8nes) \u00e9voque l&rsquo;usage en bouillons (d\u00e9coctions) m\u00e9dicinaux. Les Romains trempaient les tiges s\u00e8ches dans la graisse pour en faire des torches (d&rsquo;o\u00f9 le nom anglais \u00ab mullein \u00bb, du fran\u00e7ais \u00ab mol\u00e8ne \u00bb, qui pourrait d\u00e9river du latin <em>mollis<\/em>, mou, en r\u00e9f\u00e9rence aux feuilles velout\u00e9es).<\/p>\n<p>Dans le folklore europ\u00e9en, les mol\u00e8nes \u00e9taient associ\u00e9es \u00e0 la protection contre les mauvais esprits et la sorcellerie. Ulysse aurait utilis\u00e9 une mol\u00e8ne pour se prot\u00e9ger de Circ\u00e9 (certaines traditions confondent le moly hom\u00e9rique avec un <em>Verbascum<\/em>). En m\u00e9decine populaire turque et balkanique, les <em>Verbascum<\/em> sont utilis\u00e9s pour une grande vari\u00e9t\u00e9 d&rsquo;affections. La mol\u00e8ne de Chaix porte le nom du botaniste fran\u00e7ais Dominique Chaix (1730-1799), abb\u00e9 et botaniste des Hautes-Alpes.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La mol\u00e8ne d&rsquo;Orient, bien que moins connue que le bouillon-blanc, poss\u00e8de un profil chimique et pharmacologique int\u00e9ressant qui m\u00e9rite une exploration plus approfondie. La pr\u00e9sence de verbascoside, compos\u00e9 aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes, anti-inflammatoires et antivirales remarquables, en fait une esp\u00e8ce potentiellement valorisable dans le domaine des compl\u00e9ments alimentaires et de la cosm\u00e9tique.<\/p>\n<p>Les perspectives de recherche incluent la caract\u00e9risation phytochimique comparative des diff\u00e9rentes esp\u00e8ces et sous-esp\u00e8ces de <em>Verbascum<\/em>, l&rsquo;\u00e9valuation clinique des pr\u00e9parations \u00e0 base de mol\u00e8ne dans les affections respiratoires, et l&rsquo;exploration du potentiel neuroprotecteur du verbascoside. Au jardin, la mol\u00e8ne d&rsquo;Orient constitue une vivace remarquable par sa robustesse et sa floraison spectaculaire, m\u00e9ritant une place de choix dans les massifs ensoleill\u00e9s et les jardins de plantes m\u00e9dicinales.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Verbascum%20orientale\">Plants of the World Online, Kew : <em>Verbascum orientale<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Verbascum+orientale\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Verbascum orientale<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient \/ pectoral (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antitussif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La mol\u00e8ne d&rsquo;Orient (Verbascum orientale (L.) All., souvent synonyme de Verbascum chaixii Vill. subsp. orientale (M. Bieb.) Hayek) est une plante vivace de la famille [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[96],"tags":[],"class_list":["post-1373","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-scrofulariacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1373","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1373"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1373\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14223,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1373\/revisions\/14223"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1373"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1373"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1373"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}