{"id":1374,"date":"2026-03-26T11:41:56","date_gmt":"2026-03-26T10:41:56","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/molene-lychnite\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:36","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:36","slug":"molene-lychnite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/molene-lychnite\/","title":{"rendered":"MOL\u00c8NE LYCHNITE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Mol%C3%A8ne%20lychnite.jpg\" alt=\"Planche botanique Mol\u00e8ne lychnite\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Mol\u00e8ne lychnite<\/strong> (<em>Verbascum lychnitis<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Scrofulariac\u00e9es<\/strong> (ou Scrophulariac\u00e9es, d\u00e9sormais souvent rattach\u00e9e aux Verbascac\u00e9es dans les classifications phylog\u00e9n\u00e9tiques). Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Verbascum<\/em> d\u00e9rive probablement du latin <em>barbascum<\/em>, en allusion \u00e0 la pilosit\u00e9 dense de nombreuses esp\u00e8ces. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>lychnitis<\/em> vient du grec <em>lychnos<\/em> (lampe), les feuilles laineuses de certaines mol\u00e8nes ayant servi de m\u00e8ches pour les lampes \u00e0 huile. Noms vernaculaires : mol\u00e8ne lychnite, bouillon-blanc lychnite, bonhomme jaune.<\/p>\n<p>Plante bisannuelle \u00e0 vivace de 50 \u00e0 150 cm de hauteur. La premi\u00e8re ann\u00e9e, elle forme une rosette basale de feuilles oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, verd\u00e2tres sur la face sup\u00e9rieure, blanch\u00e2tres-tomenteuses sur la face inf\u00e9rieure, \u00e0 marge cr\u00e9nel\u00e9e. La seconde ann\u00e9e, une tige dress\u00e9e, anguleuse, ramifi\u00e9e dans sa partie sup\u00e9rieure, se d\u00e9veloppe. Les feuilles caulinaires sont progressivement plus petites, sessiles, non d\u00e9currentes (ce qui distingue l&rsquo;esp\u00e8ce du bouillon-blanc commun <em>V. thapsus<\/em>). L&rsquo;inflorescence est une panicule pyramidale \u00e0 rameaux \u00e9tal\u00e9s. Les fleurs, de 15 \u00e0 20 mm de diam\u00e8tre, poss\u00e8dent 5 p\u00e9tales jaune p\u00e2le (parfois blancs), avec des \u00e9tamines \u00e0 filets couverts de poils blancs ou jaun\u00e2tres. Le fruit est une capsule ovo\u00efde de 3-4 mm.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Verbascum lychnitis<\/em> est une esp\u00e8ce europ\u00e9enne \u00e0 aire subatlantique-subm\u00e9diterran\u00e9enne. Elle est r\u00e9partie de l&rsquo;Europe occidentale (p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique, France, \u00celes Britanniques) \u00e0 l&rsquo;Europe orientale (Russie europ\u00e9enne), et du bassin m\u00e9diterran\u00e9en \u00e0 la Scandinavie m\u00e9ridionale. Elle est \u00e9galement pr\u00e9sente en Asie Mineure et au Caucase. L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 introduite en Am\u00e9rique du Nord o\u00f9 elle s&rsquo;est naturalis\u00e9e.<\/p>\n<p>La mol\u00e8ne lychnite affectionne les milieux ouverts, secs et ensoleill\u00e9s : friches, talus, bords de routes, anciennes carri\u00e8res, pelouses calcaires, \u00e9boulis stabilis\u00e9s. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols calcaires \u00e0 neutres, bien drain\u00e9s, pauvres \u00e0 mod\u00e9r\u00e9ment fertiles. C&rsquo;est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re caract\u00e9ristique des communaut\u00e9s rud\u00e9rales et des pelouses x\u00e9rophiles de l&rsquo;ordre des <em>Onopordetalia<\/em>. On la rencontre du niveau de la mer \u00e0 1 500 m d&rsquo;altitude environ.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Verbascum lychnitis<\/em> est une esp\u00e8ce commune \u00e0 assez commune, non menac\u00e9e, class\u00e9e en \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC) dans la plupart des pays europ\u00e9ens. En France, elle est pr\u00e9sente sur tout le territoire mais localement plus rare dans le Nord-Ouest et en r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne, o\u00f9 d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre la remplacent.<\/p>\n<p>Sur le plan \u00e9cologique, la mol\u00e8ne lychnite est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re des milieux perturb\u00e9s, jouant un r\u00f4le important dans la recolonisation des terrains d\u00e9grad\u00e9s (carri\u00e8res, remblais, friches industrielles). Ses grandes fleurs jaunes attirent de nombreux pollinisateurs, notamment les abeilles, les bourdons et les syrphes. Le nectar est particuli\u00e8rement abondant.<\/p>\n<p>La plante constitue le support de ponte et la plante-h\u00f4te de plusieurs esp\u00e8ces de l\u00e9pidopt\u00e8res, dont la cucullie du bouillon-blanc (<em>Cucullia verbasci<\/em>), dont les chenilles, spectaculairement color\u00e9es de jaune et de noir, se nourrissent des feuilles et des fleurs. Les capsules fructif\u00e8res alimentent des oiseaux granivores en hiver.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le profil phytochimique de <em>Verbascum lychnitis<\/em> est repr\u00e9sentatif du genre <em>Verbascum<\/em> :<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes<\/a><\/strong> : l&rsquo;<strong>aucubine<\/strong> (aucuboside) est le compos\u00e9 irido\u00efdique majeur, accompagn\u00e9 de <strong>catalpol<\/strong>, d&rsquo;<strong>harpagide<\/strong> et d&rsquo;<strong>harpagoside<\/strong>. Ces compos\u00e9s sont responsables d&rsquo;une partie importante de l&rsquo;activit\u00e9 biologique.<\/p>\n<p><strong>Saponines<\/strong> : des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> \u00e0 g\u00e9nine ol\u00e9anane et ursane sont pr\u00e9sentes, notamment le <strong>verbascosaponine<\/strong> et ses d\u00e9riv\u00e9s. Elles contribuent aux propri\u00e9t\u00e9s expectorantes.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a><\/strong> : les polysaccharides mucilagineux (galactomannanes, arabinogalactanes) repr\u00e9sentent 3 \u00e0 5 % de la masse s\u00e8che des fleurs, conf\u00e9rant les propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mollientes et adoucissantes.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong>hesp\u00e9ridine<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et leurs glycosides.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes<\/strong> : le <strong>verbascoside<\/strong> (act\u00e9oside) est un compos\u00e9 majeur et bioactif, commun \u00e0 tout le genre <em>Verbascum<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s<\/strong> : des <strong>st\u00e9rols<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a>, stigmast\u00e9rol), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (caf\u00e9ique, f\u00e9rulique), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (responsables de la couleur jaune des fleurs) et des traces d&rsquo;<strong>huile essentielle<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 expectorante et antitussive<\/strong> : les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> stimulent la s\u00e9cr\u00e9tion de mucus par les cellules caliciformes bronchiques, facilitant l&rsquo;expulsion des s\u00e9cr\u00e9tions. Les <strong>mucilages<\/strong> forment un film protecteur sur la muqueuse pharyng\u00e9e, r\u00e9duisant l&rsquo;irritation et le r\u00e9flexe de toux.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : le <strong>verbascoside<\/strong> est un puissant inhibiteur de la <strong>5-lipoxyg\u00e9nase<\/strong> et de la <strong>cyclooxyg\u00e9nase-2<\/strong>, r\u00e9duisant la production de <strong>leucotri\u00e8nes<\/strong> et de <strong>prostaglandines<\/strong>. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong>, apr\u00e8s hydrolyse, lib\u00e8re un aglycone qui inhibe la voie <strong>NF-\u03baB<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/strong> : les extraits montrent une activit\u00e9 contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Streptococcus pneumoniae<\/em>, <em>Klebsiella pneumoniae<\/em> et le virus de l&rsquo;influenza A, justifiant l&#8217;emploi traditionnel contre les infections respiratoires.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 analg\u00e9sique<\/strong> : le verbascoside et les irido\u00efdes poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s analg\u00e9siques d\u00e9montr\u00e9es dans les tests de la plaque chaude et du writhing test chez la souris.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : le verbascoside est l&rsquo;un des antioxydants naturels les plus puissants, avec une capacit\u00e9 de pi\u00e9geage radicalaire sup\u00e9rieure \u00e0 celle de l&rsquo;acide ascorbique et du trolox dans les tests in vitro.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les indications de la mol\u00e8ne lychnite rejoignent celles du genre <em>Verbascum<\/em> :<\/p>\n<p><strong>Affections respiratoires<\/strong> : toux s\u00e8che irritative, trach\u00e9ite, bronchite aigu\u00eb et chronique, laryngite, enrouement. C&rsquo;est l&rsquo;indication historique majeure, bien document\u00e9e par l&rsquo;usage traditionnel et les donn\u00e9es pharmacologiques.<\/p>\n<p><strong>Affections ORL<\/strong> : otalgies (huile de mol\u00e8ne en instillation auriculaire), pharyngite, sinusite.<\/p>\n<p><strong>Troubles digestifs<\/strong> : gastrite, colite, en raison de l&rsquo;action \u00e9molliente des mucilages et anti-inflammatoire du verbascoside.<\/p>\n<p><strong>Usage externe<\/strong> : h\u00e9morro\u00efdes, engelures, ger\u00e7ures, inflammations cutan\u00e9es, br\u00fblures superficielles.<\/p>\n<p><strong>Troubles du sommeil<\/strong> : l&rsquo;infusion de fleurs poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s l\u00e9g\u00e8rement s\u00e9datives, traditionnellement utilis\u00e9es contre l&rsquo;insomnie l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Verbascum lychnitis<\/em> sont tr\u00e8s limit\u00e9es. La plupart des \u00e9tudes cliniques portent sur le genre <em>Verbascum<\/em> globalement ou sur <em>V. thapsus<\/em>.<\/p>\n<p>Un essai clinique contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 portant sur l&rsquo;huile de mol\u00e8ne (<em>Verbascum thapsus<\/em>) en instillation auriculaire a montr\u00e9 une efficacit\u00e9 comparable \u00e0 celle de gouttes auriculaires anesth\u00e9siantes (anaurine) dans le traitement de la douleur de l&rsquo;otite moyenne aigu\u00eb chez l&rsquo;enfant (Sarrell et al., 2001).<\/p>\n<p>Le <strong>verbascoside<\/strong>, compos\u00e9 commun \u00e0 toutes les mol\u00e8nes, a fait l&rsquo;objet de plusieurs \u00e9tudes cliniques dans l&rsquo;inflammation articulaire, la cicatrisation et la protection cutan\u00e9e, avec des r\u00e9sultats encourageants.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage traditionnel est reconnu pour <em>Verbascum thapsus<\/em>, <em>V. densiflorum<\/em> et <em>V. phlomoides<\/em>, et les donn\u00e9es peuvent \u00eatre raisonnablement extrapol\u00e9es \u00e0 <em>V. lychnitis<\/em> compte tenu du profil phytochimique similaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p>La recherche contemporaine sur le genre <em>Verbascum<\/em> est active et concerne plusieurs domaines :<\/p>\n<p><strong>Verbascoside et cancer<\/strong> : le <strong>verbascoside<\/strong> (act\u00e9oside) est intens\u00e9ment \u00e9tudi\u00e9 en oncologie pour ses propri\u00e9t\u00e9s antiprolif\u00e9ratives sur de multiples lign\u00e9es tumorales (glioblastome, m\u00e9lanome, cancer du c\u00f4lon). Il agit par induction de l&rsquo;apoptose, inhibition de l&rsquo;angiogen\u00e8se et modulation du cycle cellulaire.<\/p>\n<p><strong>Neuroprotection<\/strong> : le verbascoside prot\u00e8ge les neurones contre le stress oxydatif et l&rsquo;excitotoxicit\u00e9 glutamatergique dans des mod\u00e8les de maladie d&rsquo;Alzheimer et de Parkinson. Des \u00e9tudes pr\u00e9cliniques sugg\u00e8rent un effet m\u00e9moire-enhancer chez le rongeur \u00e2g\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Dermocosm\u00e9tique<\/strong> : les propri\u00e9t\u00e9s anti-oxydantes et anti-UV du verbascoside sont exploit\u00e9es dans des formulations cosm\u00e9tiques anti-\u00e2ge et photoprotectrices.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antivirale<\/strong> : des extraits de <em>Verbascum<\/em> spp. montrent une activit\u00e9 contre les virus HSV-1, HSV-2 et l&rsquo;influenza A, attribu\u00e9e aux saponines et au verbascoside.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollients, antitussifs<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saponosides<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines<\/a><\/td>\n<td>Expectorants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Verbascoside, aucubine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes \/ ph\u00e9nylpropano\u00efdes<\/a><\/td>\n<td>Anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de fleurs<\/strong> : 1,5 \u00e0 2 g de fleurs s\u00e9ch\u00e9es par tasse (250 ml), infuser 10 \u00e0 15 minutes. Filtrer soigneusement \u00e0 travers un linge fin pour \u00e9liminer les poils staminaux irritants. Boire 3 \u00e0 4 tasses par jour.<\/p>\n<p><strong>Infusion de feuilles<\/strong> : 3 \u00e0 5 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es par tasse, infuser 15 minutes. Boire 2 \u00e0 3 tasses par jour.<\/p>\n<p><strong>Huile de mol\u00e8ne<\/strong> : remplir un flacon de fleurs fra\u00eeches, couvrir d&rsquo;huile d&rsquo;olive vierge, laisser mac\u00e9rer 3 \u00e0 4 semaines au soleil en agitant quotidiennement, filtrer. Instiller 2 \u00e0 3 gouttes ti\u00e8des dans l&rsquo;oreille douloureuse, 2 \u00e0 3 fois par jour (en l&rsquo;absence de perforation tympanique).<\/p>\n<p><strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> : 30 \u00e0 50 gouttes, 3 fois par jour dans un verre d&rsquo;eau.<\/p>\n<p><strong>Cataplasme<\/strong> : feuilles fra\u00eeches l\u00e9g\u00e8rement chauff\u00e9es, appliqu\u00e9es sur les zones douloureuses ou inflamm\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> : aucune contre-indication formelle n&rsquo;est rapport\u00e9e pour les fleurs et les feuilles aux doses recommand\u00e9es. Par prudence, l&rsquo;usage en instillation auriculaire est contre-indiqu\u00e9 en cas de perforation du tympan ou d&rsquo;otite suppur\u00e9e (risque de surinfection).<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions d&#8217;emploi<\/strong> : les poils des \u00e9tamines et des feuilles peuvent provoquer une irritation m\u00e9canique de la gorge et du tube digestif. Il est imp\u00e9ratif de filtrer soigneusement toutes les pr\u00e9parations \u00e0 travers un filtre fin (papier filtre ou linge serr\u00e9). L&rsquo;usage prolong\u00e9 de saponines \u00e0 fortes doses peut provoquer une irritation gastro-intestinale.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/strong> : les mucilages peuvent retarder l&rsquo;absorption de m\u00e9dicaments pris simultan\u00e9ment. Il est recommand\u00e9 d&rsquo;espacer la prise de 1 \u00e0 2 heures. Aucune interaction cliniquement significative n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 de <em>Verbascum lychnitis<\/em> est tr\u00e8s faible. Les mol\u00e8nes en g\u00e9n\u00e9ral sont consid\u00e9r\u00e9es comme des plantes s\u00fbres, utilis\u00e9es depuis des mill\u00e9naires sans signalement de toxicit\u00e9 significative. La DL50 des extraits aqueux chez le rongeur est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e (&gt; 10 g\/kg par voie orale).<\/p>\n<p>Les <strong>saponines<\/strong>, \u00e0 tr\u00e8s fortes doses (tr\u00e8s sup\u00e9rieures aux doses th\u00e9rapeutiques), peuvent provoquer une h\u00e9molyse in vitro et une irritation de la muqueuse digestive. Cet effet est neutralis\u00e9 par les mucilages abondants qui prot\u00e8gent les muqueuses.<\/p>\n<p>Les <strong>graines<\/strong> de mol\u00e8nes contiennent des <strong>saponines<\/strong> en concentration plus \u00e9lev\u00e9e et ont \u00e9t\u00e9 traditionnellement utilis\u00e9es comme ichtyotoxique (poison pour les poissons) dans certaines r\u00e9gions. Elles ne doivent pas \u00eatre consomm\u00e9es. Aucun cas d&rsquo;intoxication humaine grave n&rsquo;est r\u00e9pertori\u00e9 dans la litt\u00e9rature toxicologique moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les mol\u00e8nes sont parmi les plantes m\u00e9dicinales les plus anciennement document\u00e9es. Dioscoride utilisait d\u00e9j\u00e0 les mol\u00e8nes contre les affections respiratoires. La mol\u00e8ne lychnite partage la plupart des usages traditionnels du bouillon-blanc (<em>V. thapsus<\/em>), bien qu&rsquo;elle soit moins fr\u00e9quemment cit\u00e9e dans les herbiers classiques.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire, les fleurs et les feuilles \u00e9taient employ\u00e9es comme b\u00e9chiques, expectorantes, \u00e9mollientes et adoucissantes dans les toux s\u00e8ches, les bronchites et les enrouements. L&rsquo;huile de mol\u00e8ne, pr\u00e9par\u00e9e par mac\u00e9ration des fleurs fra\u00eeches dans l&rsquo;huile d&rsquo;olive au soleil pendant plusieurs semaines, \u00e9tait un rem\u00e8de r\u00e9put\u00e9 contre les otalgies (douleurs d&rsquo;oreille), les engelures et les h\u00e9morro\u00efdes.<\/p>\n<p>Les feuilles s\u00e9ch\u00e9es servaient de m\u00e8che pour les lampes (d&rsquo;o\u00f9 le nom <em>lychnitis<\/em>) et \u00e9taient parfois fum\u00e9es comme succ\u00e9dan\u00e9 du tabac pour soulager l&rsquo;asthme. La tige florale, tremp\u00e9e dans du suif, constituait une torche artisanale, ce qui valut aux mol\u00e8nes le nom de \u00ab cierge de Notre-Dame \u00bb ou \u00ab herbe de Saint-Fiacre \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p><em>Verbascum lychnitis<\/em> ne dispose pas de monographie individuelle dans la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne ni dans la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. Toutefois, les fleurs de mol\u00e8ne (<em>Verbasci flos<\/em>) font l&rsquo;objet d&rsquo;une monographie de la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne (Ph. Eur.) qui couvre <em>V. thapsus<\/em>, <em>V. densiflorum<\/em> et <em>V. phlomoides<\/em>.<\/p>\n<p>Une monographie europ\u00e9enne couvre les fleurs de mol\u00e8ne, reconnaissant un \u00ab usage traditionnel bien \u00e9tabli \u00bb dans le traitement symptomatique du rhume et de la toux. <em>V. lychnitis<\/em> n&rsquo;est pas explicitement inclus dans cette monographie.<\/p>\n<p>En France, les fleurs de mol\u00e8ne (esp\u00e8ces officinales) sont inscrites \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise et \u00e0 la liste A des plantes m\u00e9dicinales. Elles entrent dans la composition des \u00ab esp\u00e8ces pectorales \u00bb (tisane des quatre fleurs). La vente libre est autoris\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>MOL\u00c8NE LYCHNITE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<br \/>\nSarrell E.M. et al. \u2014 \u00ab Naturopathic treatment for ear pain in children \u00bb, <em>Pediatrics<\/em>, 2001, 111(5), e574-e579.<br \/>\nAlipieva K. et al. \u2014 \u00ab Verbascoside \u2014 A review of its occurrence, (bio)synthesis and pharmacological significance \u00bb, <em>Biotechnol. Adv.<\/em>, 2014, 32(6), 1065-1076.<br \/>\nTatli I.I., Akdemir Z.S. \u2014 \u00ab Chemical constituents of <em>Verbascum<\/em> L. species \u00bb, <em>FABAD J. Pharm. Sci.<\/em>, 2004, 29, 93-107.<br \/>\nPharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, 11e \u00e9d. \u2014 Monographie \u00ab Verbasci flos \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient \/ pectoral (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antitussif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Mol\u00e8ne lychnite (Verbascum lychnitis L.) appartient \u00e0 la famille des Scrofulariac\u00e9es (ou Scrophulariac\u00e9es, d\u00e9sormais souvent rattach\u00e9e aux Verbascac\u00e9es dans les [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[96],"tags":[],"class_list":["post-1374","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-scrofulariacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1374","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1374"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1374\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14224,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1374\/revisions\/14224"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1374"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1374"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1374"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}