{"id":1376,"date":"2026-03-26T11:41:59","date_gmt":"2026-03-26T10:41:59","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/molene-royale\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:36","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:36","slug":"molene-royale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/molene-royale\/","title":{"rendered":"MOL\u00c8NE ROYALE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Mol%C3%A8ne%20royale.jpg\" alt=\"Planche botanique Mol\u00e8ne royale\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La mol\u00e8ne royale, <em>Verbascum speciosum<\/em> Schrad. (synonyme : <em>V. lanatum<\/em> auct. non Gilib.), appartient \u00e0 la famille des <em>Scrophulariaceae<\/em>. C&rsquo;est une plante herbac\u00e9e bisannuelle robuste, pouvant atteindre 100 \u00e0 200 cm de hauteur. La premi\u00e8re ann\u00e9e, elle d\u00e9veloppe une large rosette basale de feuilles oblongues-elliptiques, dens\u00e9ment recouvertes d&rsquo;un tomentum blanc-jaun\u00e2tre \u00e9pais et laineux, longues de 20 \u00e0 40 cm. La seconde ann\u00e9e, une tige florale dress\u00e9e, cylindrique, robuste, abondamment ramifi\u00e9e dans sa partie sup\u00e9rieure, porte des feuilles caulinaires progressivement d\u00e9currentes. L&rsquo;inflorescence est un grand thyrse pyramidal compos\u00e9 de fascicules de 3 \u00e0 7 fleurs \u00e0 chaque n\u0153ud. Les fleurs sont grandes (30 \u00e0 50 mm de diam\u00e8tre), \u00e0 corolle rotac\u00e9e jaune vif, \u00e0 5 lobes in\u00e9gaux. Les 5 \u00e9tamines portent des filets dens\u00e9ment couverts de poils laineux blanc-violac\u00e9 (caract\u00e8re diagnostique des <em>Verbascum<\/em>). Les anth\u00e8res sont r\u00e9niformes. Le fruit est une capsule ovo\u00efde de 6 \u00e0 9 mm, contenant de tr\u00e8s nombreuses graines brunes, rid\u00e9es, minuscules (0,5-0,8 mm). Le syst\u00e8me racinaire est un pivot puissant. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 32) et se distingue des autres mol\u00e8nes par sa grande taille, ses feuilles fortement d\u00e9currentes et son inflorescence abondamment ramifi\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Verbascum speciosum<\/em> est originaire du sud-est de l&rsquo;Europe (Balkans, Europe orientale, Caucase, Anatolie) et s&rsquo;est naturalis\u00e9 dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;Europe occidentale et centrale. L&rsquo;esp\u00e8ce affectionne les milieux ouverts, secs et ensoleill\u00e9s : friches, talus routiers et ferroviaires, terrains vagues, lisi\u00e8res foresti\u00e8res thermophiles, clairi\u00e8res, pentes rocailleuses et pelouses s\u00e8ches. Elle colonise pr\u00e9f\u00e9rentiellement les sols calcaires \u00e0 neutres, bien drain\u00e9s, pauvres \u00e0 moyennement riches, souvent caillouteux ou sablo-limoneux. La plante est x\u00e9rophile et thermophile, supportant bien la s\u00e9cheresse estivale gr\u00e2ce \u00e0 son pivot profond et \u00e0 la protection de son \u00e9pais tomentum contre la transpiration. Elle se rencontre de la plaine \u00e0 1 500 m d&rsquo;altitude. L&rsquo;esp\u00e8ce est pionni\u00e8re sur les sols perturb\u00e9s et appartient aux communaut\u00e9s rud\u00e9rales et aux ourlets thermophiles. Elle est pollinis\u00e9e par les abeilles, les bourdons et les syrphes, attir\u00e9s par le pollen abondant et le nectar. La banque de graines est persistante, les graines conservant leur viabilit\u00e9 dans le sol pendant 50 \u00e0 100 ans.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Verbascum speciosum<\/em> est proche de celle des autres mol\u00e8nes m\u00e9dicinales. Les fleurs contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a> glycosidiques<\/strong> : <strong>aucubine<\/strong>, <strong>catalpol<\/strong>, <strong>harpagide<\/strong> et <strong>ajugol<\/strong>, responsables d&rsquo;une part significative de l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire. Les <strong>saponines<\/strong> sont repr\u00e9sent\u00e9es par des <strong>saponines st\u00e9ro\u00efdiennes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9es de la <strong>digitog\u00e9nine<\/strong> et de la <strong>gitog\u00e9nine<\/strong>) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> (verbascosaponine), plus concentr\u00e9es dans les graines et les racines. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> sont abondants dans les fleurs : <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, <strong>hesp\u00e9ridine<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong> et <strong>verbascosides<\/strong> (= act\u00e9oside, un ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efde glycoside aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes puissantes). Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> (polysaccharides \u00e0 base de galactose, d&rsquo;arabinose et de rhamnose) repr\u00e9sentent 3 \u00e0 4 % du poids sec des fleurs et sont responsables de l&rsquo;action \u00e9molliente. Des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>, <strong>stigmast\u00e9rol<\/strong>), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>) et des <strong>huiles essentielles<\/strong> traces (\u03b1-terpin\u00e9ol, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/linalol\/\">linalol<\/a>) compl\u00e8tent le profil. Les feuilles contiennent un pigment jaune, l&rsquo;<strong>acide croc\u00e9tinique<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les <strong>mucilages<\/strong> exercent une action \u00e9molliente et adoucissante en formant un film protecteur sur les muqueuses respiratoires irrit\u00e9es, r\u00e9duisant la stimulation des r\u00e9cepteurs de la toux et la douleur pharyng\u00e9e. Les <strong>irido\u00efdes<\/strong> (<strong>aucubine<\/strong>, <strong>catalpol<\/strong>) exercent des effets anti-inflammatoires : l&rsquo;aucubine inhibe la production de TNF-\u03b1 et d&rsquo;IL-6 par les macrophages activ\u00e9s et r\u00e9duit l&rsquo;activation du NF-\u03baB. Le <strong>catalpol<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s neuroprotectrices (mod\u00e8les de neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence) et h\u00e9patoprotectrices. Les <strong>saponines st\u00e9ro\u00efdiennes<\/strong> fluidifient le mucus bronchique en r\u00e9duisant sa tension superficielle, facilitant l&rsquo;expectoration. Le <strong>verbascoside<\/strong> (act\u00e9oside) est un puissant antioxydant (ORAC &gt; 20 000 \u00b5mol TE\/g), qui inhibe la peroxydation lipidique, pi\u00e8ge les radicaux libres et ch\u00e9late les ions m\u00e9talliques. Il exerce aussi des effets anti-inflammatoires (inhibition de la 5-LOX et de la COX-2), antimicrobiens (contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Streptococcus pneumoniae<\/em>) et antiviraux (inhibition de la prot\u00e9ine kinase C et de la r\u00e9plication du RSV \u2013 virus respiratoire syncytial). Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (lut\u00e9oline, apig\u00e9nine) compl\u00e8tent l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire et antispasmodique (relaxation des muscles lisses bronchiques).<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques des mol\u00e8nes sont principalement document\u00e9es pour <em>V. thapsus<\/em> et <em>V. densiflorum<\/em>, mais sont extrapolables \u00e0 <em>V. speciosum<\/em> en raison de la similitude de composition chimique. (1) <strong>Effet b\u00e9chique et expectorant<\/strong> : les mucilages adoucissent la muqueuse bronchique irrit\u00e9e tandis que les saponines fluidifient les s\u00e9cr\u00e9tions. L&rsquo;effet est reconnu par la Commission E et l&rsquo;ESCOP pour les fleurs de <em>Verbascum<\/em> spp. (2) <strong>Effet anti-inflammatoire<\/strong> : les irido\u00efdes et le verbascoside r\u00e9duisent l&rsquo;inflammation des voies respiratoires sup\u00e9rieures (pharyngite, laryngite, trach\u00e9ite). (3) <strong>Effet antimicrobien<\/strong> : des extraits de <em>Verbascum<\/em> spp. inhibent la croissance de bact\u00e9ries responsables d&rsquo;infections respiratoires et d&rsquo;otites. (4) <strong>Effet analg\u00e9sique auriculaire<\/strong> : l&rsquo;huile de mol\u00e8ne en instillation auriculaire soulage l&rsquo;otalgie dans l&rsquo;otite externe, confirm\u00e9 par un essai clinique comparatif. (5) <strong>Effet antioxydant<\/strong> : le verbascoside conf\u00e8re une capacit\u00e9 antioxydante majeure aux extraits. (6) <strong>Effet \u00e9mollient cutan\u00e9<\/strong> : les mucilages adoucissent la peau irrit\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h3>\n<p>Les fleurs de mol\u00e8ne (de <em>V. thapsus<\/em>, <em>V. densiflorum<\/em>, <em>V. phlomoides<\/em> et esp\u00e8ces apparent\u00e9es dont <em>V. speciosum<\/em>) sont inscrites dans les pharmacop\u00e9es europ\u00e9enne et fran\u00e7aise comme drogue v\u00e9g\u00e9tale \u00e0 vis\u00e9e b\u00e9chique et expectorante. Les indications reconnues incluent : toux s\u00e8che irritative et toux productive des infections respiratoires aigu\u00ebs b\u00e9nignes (rhume, bronchite, trach\u00e9ite), en infusion ou en sirop ; inflammation des voies respiratoires sup\u00e9rieures (pharyngite, laryngite) ; otalgie de l&rsquo;otite externe (huile de mol\u00e8ne en instillation). Un statut d&rsquo;usage traditionnel est accord\u00e9 pour le soulagement symptomatique de la toux associ\u00e9e au rhume. En phytoth\u00e9rapie clinique, la mol\u00e8ne est souvent associ\u00e9e \u00e0 d&rsquo;autres plantes pectorales : mauve, guimauve, thym, plantain, tussilage (tisane \u00ab\u00a0pectorale\u00a0\u00bb). Les feuilles sont utilis\u00e9es en cataplasme \u00e9mollient sur les affections cutan\u00e9es b\u00e9nignes (ger\u00e7ures, br\u00fblures superficielles). Les bourgeons entrent dans certaines pr\u00e9parations de gemmoth\u00e9rapie.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche r\u00e9cente sur le genre <em>Verbascum<\/em> est active, avec plusieurs axes prometteurs. Le <strong>verbascoside<\/strong> fait l&rsquo;objet de nombreuses \u00e9tudes pharmacologiques : des travaux montrent des effets neuroprotecteurs dans des mod\u00e8les de maladie de Parkinson (protection contre la toxicit\u00e9 du MPTP chez la souris), des effets anticanc\u00e9reux (inhibition de la prolif\u00e9ration de lign\u00e9es tumorales de c\u00f4lon, de sein et de prostate par apoptose et arr\u00eat du cycle cellulaire) et des effets photoprotecteurs cutan\u00e9s (absorption des UV-B, r\u00e9duction de la production de ROS induite par les UV). Des \u00e9tudes sur l&rsquo;huile de mol\u00e8ne en instillation auriculaire ont confirm\u00e9 son efficacit\u00e9 dans l&rsquo;otalgie de l&rsquo;otite externe dans un essai comparatif (huile de mol\u00e8ne versus anesth\u00e9sique topique). Les <strong>irido\u00efdes<\/strong> des mol\u00e8nes sont \u00e9tudi\u00e9s pour leurs effets h\u00e9patoprotecteurs dans des mod\u00e8les de st\u00e9atose h\u00e9patique. Des travaux de taxonomie int\u00e9grative (morphologie, chimiotaxonomie, g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire) clarifient les limites entre esp\u00e8ces dans ce genre notoirement complexe. Des \u00e9tudes de chimiotaxonomie montrent que le profil en irido\u00efdes et en verbascoside varie significativement entre les esp\u00e8ces de <em>Verbascum<\/em>, ce qui a des implications pour le contr\u00f4le qualit\u00e9 des drogues v\u00e9g\u00e9tales.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollients, antitussifs<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saponosides<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines<\/a><\/td>\n<td>Expectorants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Verbascoside, aucubine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes \/ ph\u00e9nylpropano\u00efdes<\/a><\/td>\n<td>Anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de fleurs s\u00e9ch\u00e9es<\/strong> : 1,5 \u00e0 2 g de fleurs pour 250 mL d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 \u00e0 15 min, filtrer soigneusement \u00e0 travers un linge fin pour \u00e9liminer les poils staminaux irritants ; 3 \u00e0 4 tasses par jour. <strong>D\u00e9coction de feuilles<\/strong> (usage externe) : 30 \u00e0 50 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es pour 1 L d&rsquo;eau, bouillir 10 min ; en compresses ou ajout\u00e9e \u00e0 l&rsquo;eau du bain. <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (fleurs fra\u00eeches, 1:5, \u00e9thanol 40 %) : 30 \u00e0 50 gouttes, 3 fois par jour. <strong>Sirop de mol\u00e8ne<\/strong> : pr\u00e9parer une infusion concentr\u00e9e (100 g de fleurs pour 500 mL d&rsquo;eau), filtrer, ajouter 500 g de miel ; 1 \u00e0 2 cuill\u00e8res \u00e0 soupe 3 fois\/jour. <strong>Huile de mol\u00e8ne<\/strong> (usage auriculaire) : fleurs fra\u00eeches mac\u00e9r\u00e9es dans l&rsquo;huile d&rsquo;olive pendant 3 \u00e0 4 semaines au soleil ; 2 \u00e0 3 gouttes ti\u00e8des dans l&rsquo;oreille, 2 \u00e0 3 fois\/jour (uniquement si le tympan est intact). <strong>Cataplasme de feuilles<\/strong> : feuilles fra\u00eeches ramollies \u00e0 la vapeur, appliqu\u00e9es sur la zone affect\u00e9e. La filtration soigneuse des infusions est essentielle pour \u00e9viter l&rsquo;irritation de la gorge par les poils des \u00e9tamines.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les pr\u00e9parations de mol\u00e8ne sont g\u00e9n\u00e9ralement bien tol\u00e9r\u00e9es. La contre-indication principale est l&rsquo;allergie connue aux Scrophulariac\u00e9es. Les fleurs non filtr\u00e9es peuvent provoquer une irritation m\u00e9canique de la gorge et de l&rsquo;\u0153sophage due aux poils staminaux ; il est imp\u00e9ratif de filtrer l&rsquo;infusion \u00e0 travers un tissu fin ou un filtre papier. L&rsquo;instillation auriculaire d&rsquo;huile de mol\u00e8ne est formellement contre-indiqu\u00e9e en cas de perforation tympanique (risque d&rsquo;infection de l&rsquo;oreille moyenne). L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement par principe de pr\u00e9caution (absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9). Les graines ne doivent pas \u00eatre utilis\u00e9es en raison de leur teneur \u00e9lev\u00e9e en saponines ichtyotoxiques et de la pr\u00e9sence de rot\u00e9none dans certaines esp\u00e8ces. Les patients sous anticoagulants devraient \u00eatre inform\u00e9s de la teneur en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a> (scopol\u00e9tine) de certaines mol\u00e8nes, bien que le risque d&rsquo;interaction soit cliniquement n\u00e9gligeable. Les enfants de moins de 12 ans ne doivent utiliser que les pr\u00e9parations de fleurs en infusion, aux doses adapt\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les interactions m\u00e9dicamenteuses document\u00e9es pour les mol\u00e8nes sont tr\u00e8s limit\u00e9es. Les <strong>mucilages<\/strong> peuvent th\u00e9oriquement retarder l&rsquo;absorption de m\u00e9dicaments pris simultan\u00e9ment par voie orale, en formant un gel visqueux dans l&rsquo;estomac ; un intervalle de 30 \u00e0 60 minutes est recommand\u00e9 par prudence. Les <strong>saponines<\/strong> pourraient modifier la perm\u00e9abilit\u00e9 intestinale et alt\u00e9rer l&rsquo;absorption de certains m\u00e9dicaments, mais cet effet n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 cliniquement. Le <strong>verbascoside<\/strong> est un inhibiteur modeste du CYP1A2 in vitro, mais les concentrations plasmatiques atteintes apr\u00e8s ingestion de tisane sont probablement insuffisantes pour induire des interactions significatives. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong> n&rsquo;est pas connue pour interagir avec des m\u00e9dicaments. En pratique clinique, les pr\u00e9parations de mol\u00e8ne sont consid\u00e9r\u00e9es comme d\u00e9pourvues d&rsquo;interactions m\u00e9dicamenteuses significatives aux doses th\u00e9rapeutiques habituelles. Aucun cas clinique d&rsquo;interaction n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 des fleurs et des feuilles de mol\u00e8ne est tr\u00e8s faible. Aucune donn\u00e9e de DL50 sp\u00e9cifique \u00e0 <em>V. speciosum<\/em> n&rsquo;est disponible, mais les extraits aqueux de fleurs de <em>Verbascum<\/em> spp. sont consid\u00e9r\u00e9s comme atoxiques aux doses th\u00e9rapeutiques. Les effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s se limitent \u00e0 des cas rares de dermatite de contact (irritation par les poils des feuilles et des \u00e9tamines) et de troubles gastro-intestinaux l\u00e9gers (naus\u00e9es) en cas de surdosage. Les graines sont plus probl\u00e9matiques : elles contiennent des <strong>saponines st\u00e9ro\u00efdiennes<\/strong> \u00e0 concentration \u00e9lev\u00e9e, qui sont ichtyotoxiques (toxiques pour les poissons \u00e0 partir de 10 mg\/L dans l&rsquo;eau) et h\u00e9molytiques in vitro. L&rsquo;ingestion d&rsquo;une grande quantit\u00e9 de graines pourrait provoquer des troubles gastro-intestinaux s\u00e9v\u00e8res (vomissements, diarrh\u00e9e, crampes). Certaines esp\u00e8ces de <em>Verbascum<\/em> ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es comme contenant des traces de <strong>rot\u00e9none<\/strong> (insecticide naturel) dans les graines, mais cela n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9 pour <em>V. speciosum<\/em>. Les \u00e9tudes de g\u00e9notoxicit\u00e9 des extraits aqueux de fleurs sont n\u00e9gatives. L&rsquo;usage des fleurs en tisane est consid\u00e9r\u00e9 comme s\u00fbr.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les mol\u00e8nes sont utilis\u00e9es en m\u00e9decine populaire depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride d\u00e9crit le <em>phlomos<\/em> (mol\u00e8ne) comme \u00e9mollient et anti-inflammatoire pour les affections respiratoires. Les usages traditionnels de <em>V. speciosum<\/em> sont largement partag\u00e9s avec ceux de <em>V. thapsus<\/em> L. (bouillon-blanc) et des autres grandes mol\u00e8nes. En m\u00e9decine populaire balkanique et orientale, les fleurs et les feuilles de la mol\u00e8ne royale \u00e9taient utilis\u00e9es en infusion pectorale contre la toux, les bronchites et les catarrhes des voies respiratoires. Les fleurs mac\u00e9r\u00e9es dans l&rsquo;huile d&rsquo;olive (huile de mol\u00e8ne) servaient en instillation auriculaire contre les otalgies et les otites externes. Les feuilles, appliqu\u00e9es en cataplasme, soignaient les affections cutan\u00e9es (br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res, engelures, h\u00e9morro\u00efdes). Les tiges s\u00e8ches, tremp\u00e9es dans le suif ou la cire, servaient de torches et de m\u00e8ches de chandelles (d&rsquo;o\u00f9 le nom populaire anglais de \u00ab\u00a0candlewick plant\u00a0\u00bb). Les graines, contenant des saponines ichtyotoxiques, \u00e9taient jet\u00e9es dans l&rsquo;eau pour \u00e9tourdir les poissons (p\u00eache \u00e0 la mol\u00e8ne), une pratique attest\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 mais aujourd&rsquo;hui interdite.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Verbascum speciosum<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale et n&rsquo;est pas inscrit sur les listes rouges de l&rsquo;UICN. L&rsquo;esp\u00e8ce peut toutefois \u00eatre localement rare aux marges de son aire de r\u00e9partition. La culture est ais\u00e9e : le semis se fait en place ou en godets au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne, les graines \u00e9tant tr\u00e8s fines et n\u00e9cessitant la lumi\u00e8re pour germer (ne pas couvrir). La lev\u00e9e a lieu en 2 \u00e0 4 semaines \u00e0 15-20 \u00b0C. La plante fleurit la deuxi\u00e8me ann\u00e9e et meurt apr\u00e8s la fructification (bisannuelle monocarpique), mais elle se ress\u00e8me abondamment. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols calcaires, bien drain\u00e9s, pauvres, en plein soleil. Elle tol\u00e8re la s\u00e9cheresse et les sols caillouteux. La r\u00e9colte des fleurs se fait manuellement, fleur par fleur, au fur et \u00e0 mesure de leur ouverture (les fleurs s&rsquo;ouvrent successivement de bas en haut sur la hampe). Le s\u00e9chage doit \u00eatre rapide, \u00e0 l&rsquo;ombre, \u00e0 40 \u00b0C maximum, pour conserver la couleur jaune et la teneur en mucilages. Les fleurs s\u00e9ch\u00e9es sont hygroscopiques et doivent \u00eatre conserv\u00e9es en r\u00e9cipient herm\u00e9tique, \u00e0 l&rsquo;abri de la lumi\u00e8re. La plante est mellif\u00e8re et constitue un excellent choix pour les jardins naturalistes et les am\u00e9nagements de biodiversit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>MOL\u00c8NE ROYALE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nSarker S.D., Nahar L. Chemistry for Pharmacy Students. Chichester : Wiley ; 2007.<br \/>\nAlipieva K. et al. Verbascoside \u2013 a review of its occurrence, (bio)synthesis and pharmacological significance. <em>Biotechnology Advances<\/em>. 2014;32(6):1065-1076.<br \/>\nTurker A.U., Gurel E. Common mullein (<em>Verbascum thapsus<\/em> L.): recent advances in research. <em>Phytotherapy Research<\/em>. 2005;19(9):733-739.<br \/>\nSarrell E.M. et al. Naturopathic treatment for ear pain in children. <em>Pediatrics<\/em>. 2003;111(5):e574-e579.<br \/>\nTison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient \/ pectoral (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antitussif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La mol\u00e8ne royale, Verbascum speciosum Schrad. (synonyme : V. lanatum auct. non Gilib.), appartient \u00e0 la famille des Scrophulariaceae. C&rsquo;est une [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[96],"tags":[],"class_list":["post-1376","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-scrofulariacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1376","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1376"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1376\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14226,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1376\/revisions\/14226"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1376"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1376"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1376"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}