{"id":1379,"date":"2026-03-26T11:42:03","date_gmt":"2026-03-26T10:42:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/scrofulaire-aquatique\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"scrofulaire-aquatique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/scrofulaire-aquatique\/","title":{"rendered":"SCROFULAIRE AQUATIQUE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Scrofulaire%20aquatique.jpg\" alt=\"Planche botanique SCROFULAIRE AQUATIQUE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>scrofulaire aquatique<\/strong> (<em>Scrophularia auriculata<\/em> L., synonyme : <em>S. aquatica<\/em> auct. non L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Scrophulariaceae<\/strong>. Le genre <em>Scrophularia<\/em> comprend environ 200 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord. Le nombre chromosomique est 2n = 84 (hexaplo\u00efde). Le nom <em>Scrophularia<\/em> d\u00e9rive du latin <em>scrophula<\/em> (\u00e9crouelles, ad\u00e9nopathie cervicale tuberculeuse), la plante \u00e9tant traditionnellement employ\u00e9e contre cette affection selon la th\u00e9orie des signatures : les rhizomes noueux \u00e9voquaient les ganglions lymphatiques hypertrophi\u00e9s. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>auriculata<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence aux petites oreillettes (auricules) pr\u00e9sentes \u00e0 la base des feuilles. En anglais : <em>water figwort<\/em>. Noms vernaculaires : scrofulaire ail\u00e9e, herbe aux \u00e9crouelles d&rsquo;eau.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace robuste de 50 \u00e0 150 cm. <strong>Rhizome<\/strong> \u00e9pais, noueux, brun\u00e2tre, ramifi\u00e9, \u00e0 racines adventives nombreuses. <strong>Tige<\/strong> dress\u00e9e, quadrangulaire, caract\u00e9ristiquement <strong>ail\u00e9e sur les quatre angles<\/strong> (ailes membraneuses de 1-3 mm de large, crit\u00e8re distinctif majeur par rapport \u00e0 <em>S. nodosa<\/em>), glabre, parfois l\u00e9g\u00e8rement pubescente au sommet, creuse. <strong>Feuilles<\/strong> oppos\u00e9es, ovales-oblongues, de 5 \u00e0 15 cm, cr\u00e9nel\u00e9es-dent\u00e9es, \u00e0 base souvent munie de petites oreillettes ou de 1-2 paires de folioles accessoires \u00e0 la base du p\u00e9tiole ; limbe glabre, vert sombre dessus, plus p\u00e2le dessous. <strong>Inflorescence<\/strong> : panicule terminale pyramidale l\u00e2che, longue de 15 \u00e0 40 cm, \u00e0 rameaux glanduleux-pubescents. <strong>Fleurs<\/strong> petites (7-10 mm), bilabi\u00e9es, \u00e0 corolle brun-rouge\u00e2tre verd\u00e2tre sur le dos, brun-pourpre sur la l\u00e8vre sup\u00e9rieure ; calice \u00e0 5 lobes arrondis, \u00e0 marge scarieuse ; staminode (5e \u00e9tamine st\u00e9rile) orbiculaire, \u00e9largi, souvent violet fonc\u00e9 ; 4 \u00e9tamines fertiles didynames. <strong>Fruit<\/strong> : capsule ovo\u00efde, glabre, de 5-8 mm. <strong>Graines<\/strong> nombreuses, ovo\u00efdes, brun fonc\u00e9, finement rid\u00e9es. <strong>Floraison<\/strong> : juin \u00e0 septembre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>atlantique \u00e0 m\u00e9diterran\u00e9o-atlantique<\/strong>. R\u00e9partie de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique aux \u00eeles Britanniques, \u00e0 la Belgique et au sud-ouest de l&rsquo;Allemagne. Absente de Scandinavie, d&rsquo;Europe orientale et de la r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne orientale. En France, commune dans l&rsquo;<strong>ouest<\/strong> et le <strong>centre<\/strong> (bassin de la Loire, fa\u00e7ade atlantique, sud-ouest), plus rare dans l&rsquo;est et le nord-est, absente des Alpes internes et de la haute montagne. Pr\u00e9sente du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 800 m d&rsquo;altitude. L&rsquo;esp\u00e8ce est \u00e9galement signal\u00e9e aux A\u00e7ores et \u00e0 Mad\u00e8re. Elle a \u00e9t\u00e9 introduite localement en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>Berges de cours d&rsquo;eau<\/strong>, <strong>foss\u00e9s<\/strong>, <strong>marais<\/strong>, <strong>prairies humides inondables<\/strong>, <strong>ripisylves<\/strong>, <strong>sources<\/strong>, <strong>bords de mares et d&rsquo;\u00e9tangs<\/strong>. La scrofulaire aquatique est strictement hygrophile, li\u00e9e aux milieux humides permanents ou semi-permanents. Les sols sont argileux \u00e0 limono-argileux, frais \u00e0 d\u00e9tremp\u00e9s, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides, riches en mati\u00e8re organique. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile \u00e0 semi-sciaphile. Elle appartient aux communaut\u00e9s des m\u00e9gaphorbiaies rivulaires (Filipendulion, Calthion) et aux groupements de berges (Phragmition). La pollinisation est assur\u00e9e principalement par les <strong>gu\u00eapes<\/strong> (<em>Vespula<\/em> spp.) et les <strong>bourdons<\/strong>, attir\u00e9s par les fleurs brun-rouge\u00e2tre \u00e0 odeur d\u00e9sagr\u00e9able pour l&rsquo;homme mais attractive pour ces insectes. La dispersion des graines est hydrochore (par l&rsquo;eau) et barochore (par gravit\u00e9).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le profil chimique de <em>Scrophularia auriculata<\/em> est riche et partag\u00e9 avec les autres esp\u00e8ces du genre. Les parties a\u00e9riennes et le rhizome contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a> glycosidiques<\/strong> : <strong>aucubine<\/strong> (2-4 % dans les feuilles), <strong>catalpol<\/strong>, <strong>harpagide<\/strong> et <strong>harpagoside<\/strong>, ce dernier \u00e9tant le compos\u00e9 anti-inflammatoire majeur de l&rsquo;harpagophytum, remarquablement pr\u00e9sent aussi chez les scrofulaires. Des <strong>ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosides<\/strong> : <strong>verbascoside<\/strong> (act\u00e9oside, jusqu&rsquo;\u00e0 3 % dans les feuilles), <strong>martynoside<\/strong>, <strong>forsythoside B<\/strong>. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, <strong>diosmine<\/strong>, <strong>lut\u00e9oline-7-O-glucoside<\/strong>, <strong>chryso\u00e9riol<\/strong>. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8nes<\/a><\/strong>. Des <strong>tanins<\/strong> cat\u00e9chiques (3-5 %). La pr\u00e9sence simultan\u00e9e d&rsquo;<strong>harpagoside<\/strong> et de <strong>verbascoside<\/strong> conf\u00e8re aux scrofulaires un profil pharmacologique comparable \u00e0 celui de l&rsquo;harpagophytum.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>harpagoside<\/strong> est un irido\u00efde glycoside exer\u00e7ant des effets <strong>anti-inflammatoires<\/strong> puissants par inhibition de la COX-2, de la 5-lipoxyg\u00e9nase, de la production de TNF-\u03b1, d&rsquo;IL-1\u03b2 et d&rsquo;IL-6, et par suppression de l&rsquo;activation du facteur de transcription NF-\u03baB. Il poss\u00e8de \u00e9galement des propri\u00e9t\u00e9s <strong>analg\u00e9siques<\/strong> comparables \u00e0 celles de la dexam\u00e9thasone dans des mod\u00e8les murins. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong> et le <strong>catalpol<\/strong> ajoutent des effets <strong>anti-inflammatoires<\/strong>, <strong>h\u00e9patoprotecteurs<\/strong> et <strong>neuroprotecteurs<\/strong>. Le <strong>verbascoside<\/strong> est un antioxydant puissant (ORAC sup\u00e9rieur \u00e0 celui de la vitamine C et du Trolox), anti-inflammatoire (inhibition de la NOS inductible) et antimicrobien. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (diosmine) exercent des effets <strong>veinotoniques<\/strong> et anti-oed\u00e9mateux. Les <strong>saponines<\/strong> poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes et h\u00e9molytiques \u00e0 haute dose. L&rsquo;ensemble du profil justifie les usages anti-inflammatoires et vuln\u00e9raires traditionnels.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>Le genre <em>Scrophularia<\/em> est utilis\u00e9 en m\u00e9decine traditionnelle europ\u00e9enne depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. La <strong>th\u00e9orie des signatures<\/strong> attribuait aux rhizomes noueux une action sur les ganglions lymphatiques hypertrophi\u00e9s (scrofules, \u00e9crouelles). En <strong>m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne<\/strong>, les feuilles \u00e9cras\u00e9es en cataplasme servaient \u00e0 traiter les plaies, les ulc\u00e8res variqueux, les br\u00fblures, les h\u00e9morro\u00efdes et les dermatoses chroniques (ecz\u00e9ma, psoriasis). L&rsquo;infusion des parties a\u00e9riennes \u00e9tait employ\u00e9e comme <strong>d\u00e9puratif<\/strong>, <strong>diur\u00e9tique<\/strong> et <strong>sudorifique<\/strong>. En <strong>Angleterre<\/strong>, la plante \u00e9tait nomm\u00e9e <em>pilewort<\/em> (herbe aux h\u00e9morro\u00efdes) dans certaines r\u00e9gions. En <strong>m\u00e9decine traditionnelle chinoise<\/strong>, l&rsquo;esp\u00e8ce apparent\u00e9e <em>Scrophularia ningpoensis<\/em> (<em>xuan shen<\/em>) est une drogue majeure prescrite pour purifier la chaleur, nourrir le yin et traiter les inflammations de la gorge. En <strong>Irlande<\/strong>, les feuilles de scrofulaire \u00e9taient appliqu\u00e9es sur les tumeurs et abc\u00e8s. L&rsquo;usage europ\u00e9en a d\u00e9clin\u00e9 au XXe si\u00e8cle avec l&rsquo;av\u00e8nement de la pharmacologie moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche sur les scrofulaires s&rsquo;intensifie depuis les ann\u00e9es 2000, port\u00e9e par l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;<strong>harpagoside<\/strong> comme alternative durable \u00e0 l&rsquo;harpagophytum (<em>Harpagophytum procumbens<\/em>), dont la r\u00e9colte sauvage en Namibie et en Afrique du Sud est menac\u00e9e par la surexploitation. Les teneurs en harpagoside chez <em>Scrophularia<\/em> spp. atteignent 0,5 \u00e0 2 % dans les parties a\u00e9riennes, rendant la culture en Europe \u00e9conomiquement viable. Des essais anti-inflammatoires in vivo montrent que les extraits de <em>Scrophularia<\/em> r\u00e9duisent l&rsquo;oed\u00e8me de la patte du rat de 40 \u00e0 60 %, comparables \u00e0 l&rsquo;indom\u00e9thacine. Le <strong>verbascoside<\/strong> fait l&rsquo;objet de recherches en canc\u00e9rologie (effets antiprolif\u00e9ratifs sur lign\u00e9es cellulaires de cancer du c\u00f4lon et du sein). La <strong>chimiotaxonomie<\/strong> du genre utilise les profils en irido\u00efdes pour affiner la classification. Des travaux de <strong>biotechnologie v\u00e9g\u00e9tale<\/strong> explorent la production d&rsquo;harpagoside par cultures de tissus et hairy roots.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Aucubine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Catalpol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Harpagide<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Harpagoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de parties a\u00e9riennes :<\/strong> 2 \u00e0 4 g pour 250 mL d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 minutes, 2 \u00e0 3 tasses par jour. <strong>D\u00e9coction de rhizome (usage externe) :<\/strong> 30 \u00e0 50 g pour 1 L d&rsquo;eau, bouillir 15 minutes ; en compresses, lavages ou bains de si\u00e8ge pour les affections cutan\u00e9es, les h\u00e9morro\u00efdes et les ulc\u00e8res variqueux. <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (1:5, \u00e9thanol 45 %) : 30 \u00e0 50 gouttes, 3 fois par jour. <strong>Cataplasme :<\/strong> feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es appliqu\u00e9es directement sur les plaies et ulc\u00e8res, renouvel\u00e9 2 fois par jour. <strong>Pommade :<\/strong> extrait de feuilles dans une base grasse pour application cutan\u00e9e. Dur\u00e9e de traitement : 2 \u00e0 4 semaines. La plante ne poss\u00e8de aucune monographie officielle (ESCOP, Commission E).<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 des scrofulaires est faible. Les effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s sont rares : irritation gastro-intestinale l\u00e9g\u00e8re, diarrh\u00e9e \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es. La plante n&rsquo;est pas r\u00e9pertori\u00e9e comme toxique dans les bases de donn\u00e9es des centres antipoison. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong>, activ\u00e9e en aucubig\u00e9nine par hydrolyse enzymatique, poss\u00e8de une certaine cytotoxicit\u00e9 in vitro \u00e0 haute concentration, mais les concentrations atteintes par voie orale sont faibles. Des <strong>effets cardiotoniques<\/strong> l\u00e9gers ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s pour certaines esp\u00e8ces du genre (<em>S. nodosa<\/em>). <strong>Contre-indications :<\/strong> tachycardie, insuffisance cardiaque, grossesse et allaitement (donn\u00e9es insuffisantes). Les patients sous anticoagulants doivent faire preuve de prudence (potentialisation th\u00e9orique de l&rsquo;effet anticoagulant par les irido\u00efdes). Le contact prolong\u00e9 avec la plante fra\u00eeche peut provoquer une irritation cutan\u00e9e chez les personnes sensibles. L&rsquo;harpagoside est un substrat du CYP2C9 et un faible inhibiteur du CYP3A4 in vitro.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La scrofulaire est indissociable de l&rsquo;histoire des <strong>\u00e9crouelles<\/strong>, cette ad\u00e9nopathie cervicale tuberculeuse que les rois de France et d&rsquo;Angleterre pr\u00e9tendaient gu\u00e9rir par le toucher royal. La <strong>th\u00e9orie des signatures<\/strong> de Paracelse identifiait les rhizomes noueux \u00e0 des ganglions lymphatiques hypertrophi\u00e9s, justifiant l&rsquo;usage de la plante. <strong>Dioscoride<\/strong> mentionne d\u00e9j\u00e0 les scrofulaires pour les affections cutan\u00e9es. <strong>Culpeper<\/strong> (1653) la recommande pour les h\u00e9morro\u00efdes, les ulc\u00e8res et les tumeurs scrofuleuses. En <strong>Irlande rurale<\/strong>, la scrofulaire \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une plante de f\u00e9e (<em>fairy plant<\/em>), protectrice du b\u00e9tail. En <strong>botanique<\/strong>, la famille des Scrophulariaceae a donn\u00e9 son nom \u00e0 l&rsquo;un des plus grands remaniements de la classification phylog\u00e9n\u00e9tique : les analyses mol\u00e9culaires APG ont \u00e9clat\u00e9 l&rsquo;ancienne famille en plusieurs familles distinctes (Plantaginaceae, Orobanchaceae, Scrophulariaceae sensu stricto), illustration embl\u00e9matique de la r\u00e9volution mol\u00e9culaire en syst\u00e9matique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Scrophularia auriculata<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9e au niveau mondial. Commune dans l&rsquo;ouest de la France et les \u00eeles Britanniques. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est prot\u00e9g\u00e9e dans aucune r\u00e9gion fran\u00e7aise. Elle ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle, ni dans les listes de plantes m\u00e9dicinales autoris\u00e9es en France (article D. 4211-11 du CSP). La plante est r\u00e9pertori\u00e9e comme l\u00e9g\u00e8rement cardioactive dans certaines bases de donn\u00e9es toxicologiques. La culture est possible en sol humide \u00e0 d\u00e9tremp\u00e9, en plein soleil ou mi-ombre. Multiplication par semis au printemps ou par division du rhizome \u00e0 l&rsquo;automne. Plante mellif\u00e8re visit\u00e9e principalement par les gu\u00eapes et les bourdons. Int\u00e9r\u00eat en phyto\u00e9puration et en am\u00e9nagement des berges.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Aucune monographie officielle. L&rsquo;identification repose sur les caract\u00e8res morphologiques : tige quadrangulaire ail\u00e9e, feuilles auricul\u00e9es, fleurs brun-rouge\u00e2tre en panicule l\u00e2che, rhizome noueux. En microscopie, la tige montre 4 faisceaux conducteurs et des ailes parenchymateuses caract\u00e9ristiques. L&rsquo;\u00e9piderme foliaire pr\u00e9sente des stomates anomocytiques et de rares poils glanduleux. Le rhizome montre un parenchyme cortical riche en cellules \u00e0 irido\u00efdes et en grains d&rsquo;amidon. Le dosage des irido\u00efdes totaux (harpagoside, aucubine, catalpol) se fait par HPLC-UV\/MS. Le verbascoside est dos\u00e9 par HPLC avec d\u00e9tection \u00e0 330 nm. Les tanins sont dos\u00e9s par colorim\u00e9trie (r\u00e9actif de Folin-Ciocalteu). La distinction avec <em>S. nodosa<\/em> repose sur la tige ail\u00e9e (non ail\u00e9e chez <em>S. nodosa<\/em>), les feuilles auricul\u00e9es et l&rsquo;habitat strictement aquatique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Scrophularia auriculata<\/em>, l&rsquo;herbe aux \u00e9crouelles des bords de rivi\u00e8re, conjugue un h\u00e9ritage ethnobotanique riche et un profil phytochimique remarquable, domin\u00e9 par l&rsquo;harpagoside, le verbascoside et les irido\u00efdes. Si l&rsquo;usage m\u00e9dicinal a d\u00e9clin\u00e9 en Europe, la pr\u00e9sence d&rsquo;harpagoside en concentrations significatives fait des scrofulaires une alternative potentielle \u00e0 l&rsquo;harpagophytum menac\u00e9, ouvrant la voie \u00e0 une valorisation durable de ces plantes indig\u00e8nes. Les recherches sur le verbascoside, antioxydant majeur aux propri\u00e9t\u00e9s anticanc\u00e9reuses prometteuses, et sur la biotechnologie de production des irido\u00efdes, confirment l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique du genre. La scrofulaire aquatique rappelle que des plantes communes de nos foss\u00e9s et rivi\u00e8res rec\u00e8lent des tr\u00e9sors mol\u00e9culaires encore largement sous-exploit\u00e9s par la phytoth\u00e9rapie moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Scrophularia%20auriculata\">Plants of the World Online, Kew : <em>Scrophularia auriculata<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Scrophularia+auriculata\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Scrophularia auriculata<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La scrofulaire aquatique (Scrophularia auriculata L., synonyme : S. aquatica auct. non L.) appartient \u00e0 la famille des Scrophulariaceae. 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