{"id":1384,"date":"2026-03-26T11:42:10","date_gmt":"2026-03-26T10:42:10","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/scrofulaire-noueuse\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"scrofulaire-noueuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/scrofulaire-noueuse\/","title":{"rendered":"SCROFULAIRE NOUEUSE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Scrofulaire%20noueuse.jpg\" alt=\"Planche botanique SCROFULAIRE NOUEUSE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Scrofulaire noueuse<\/strong> (<em>Scrophularia nodosa<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Scrofulariac\u00e9es<\/strong>. Le nom <em>Scrophularia<\/em> vient du latin <em>scrophulae<\/em> (\u00e9crouelles, scrofules), la plante \u00e9tant r\u00e9put\u00e9e gu\u00e9rir cette affection ganglionnaire tuberculeuse. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>nodosa<\/em> (noueuse) d\u00e9crit les renflements caract\u00e9ristiques du rhizome. Noms vernaculaires : scrofulaire noueuse, herbe aux \u00e9crouelles, herbe du si\u00e8ge.<\/p>\n<p>Plante vivace herbac\u00e9e de 50 \u00e0 120 cm. Le rhizome est noueux, tuberculeux, irr\u00e9gulier, brun fonc\u00e9. La tige est dress\u00e9e, robuste, quadrangulaire, non ail\u00e9e (contrairement \u00e0 <em>S. auriculata<\/em>), glabre ou faiblement pubescente. Les feuilles sont oppos\u00e9es, ovales \u00e0 ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, de 5 \u00e0 12 cm, doublement dent\u00e9es, \u00e0 p\u00e9tiole ail\u00e9. L&rsquo;inflorescence est une panicule terminale l\u00e2che, pyramidale. Les fleurs, petites (7-9 mm), poss\u00e8dent un calice \u00e0 5 lobes arrondis, bord\u00e9s d&rsquo;un liser\u00e9 blanc, et une corolle bilabi\u00e9e, globuleuse, brun-verd\u00e2tre \u00e0 l\u00e8vre sup\u00e9rieure brun pourpre. Le staminode (\u00e9tamine st\u00e9rile) est orbiculaire, brun. Le fruit est une capsule ovo\u00efde acumin\u00e9e de 6-8 mm.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Scrophularia nodosa<\/em> est une esp\u00e8ce eurasiatique, r\u00e9partie de l&rsquo;Europe occidentale \u00e0 l&rsquo;Asie centrale (Sib\u00e9rie, Alta\u00ef). En Europe, elle s&rsquo;\u00e9tend de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 la Scandinavie et de la Grande-Bretagne \u00e0 la Russie. Elle est absente de la r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne pure. En France, elle est pr\u00e9sente sur presque tout le territoire, plus rare en r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne.<\/p>\n<p>La scrofulaire noueuse affectionne les milieux frais et ombrag\u00e9s : sous-bois de feuillus (h\u00eatraies, ch\u00eanaies-charmaies), lisi\u00e8res foresti\u00e8res, bords de ruisseaux, foss\u00e9s humides, m\u00e9gaphorbiaies, haies. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols riches, frais \u00e0 humides, neutres \u00e0 calcaires, bien pourvus en azote. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des communaut\u00e9s nitrophiles foresti\u00e8res de l&rsquo;alliance <em>Alnion incanae<\/em> et des m\u00e9gaphorbiaies de l&rsquo;<em>Aegopodion podagrariae<\/em>. On la rencontre du niveau de la mer \u00e0 1 500 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Scrophularia nodosa<\/em> est une esp\u00e8ce commune \u00e0 assez commune, non menac\u00e9e, class\u00e9e en \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC) dans toute son aire. Elle n&rsquo;est localement rare que dans les r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes o\u00f9 les habitats frais et ombrag\u00e9s sont restreints.<\/p>\n<p>La scrofulaire noueuse est pollinis\u00e9e principalement par les gu\u00eapes et les bourdons, attir\u00e9s par la corolle brun pourpre et le nectar abondant. Cette relation avec les gu\u00eapes est rare dans le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal et constitue un cas d&rsquo;\u00e9tude en biologie de la pollinisation. Les capsules dispersent de tr\u00e8s nombreuses graines par gravit\u00e9 et par le vent.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce joue un r\u00f4le dans les \u00e9cosyst\u00e8mes forestiers humides en fournissant des ressources aux pollinisateurs tardifs (ao\u00fbt-septembre). Elle est la plante-h\u00f4te de la chenille du <em>Cucullia scrophulariae<\/em>, papillon nocturne sp\u00e9cialis\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le profil phytochimique de <em>Scrophularia nodosa<\/em> est riche et diversifi\u00e9 :<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes<\/a><\/strong> : l&rsquo;<strong>aucubine<\/strong>, l&rsquo;<strong>harpagide<\/strong>, le <strong>harpagoside<\/strong>, le <strong>catalpol<\/strong> et l&rsquo;<strong>ac\u00e9tylharpagide<\/strong> sont les compos\u00e9s majeurs. L&rsquo;harpagoside, partag\u00e9 avec l&rsquo;harpagophytum (griffe du diable), est particuli\u00e8rement int\u00e9ressant pour ses propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosyl\u00e9s<\/strong> : le <strong>verbascoside<\/strong> (act\u00e9oside), l&rsquo;<strong>isoverbascoside<\/strong> et le <strong>forsythoside B<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : <strong>diosmine<\/strong>, <strong>hesp\u00e9ridine<\/strong>, <strong>acac\u00e9tine<\/strong>, <strong>chryso\u00e9riol<\/strong> et leurs glycosides.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Saponines<\/strong> : des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a> \u00e0 g\u00e9nine ol\u00e9anane.<\/p>\n<p><strong>Autres<\/strong> : <strong>asparagine<\/strong> (abondante), <strong>acides gras<\/strong>, <strong>st\u00e9rols<\/strong>, <strong>tanins<\/strong>, <strong>r\u00e9sines<\/strong>. Le rhizome est particuli\u00e8rement riche en irido\u00efdes et en asparagine.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : l&rsquo;<strong>harpagoside<\/strong> et l&rsquo;<strong>harpagide<\/strong> inhibent la <strong>COX-2<\/strong>, la <strong>5-LOX<\/strong> et la voie <strong>NF-\u03baB<\/strong>. L&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire est comparable \u00e0 celle de l&rsquo;harpagophytum dans les mod\u00e8les murins d&rsquo;inflammation aigu\u00eb et chronique. Le <strong>verbascoside<\/strong> renforce cette action.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 analg\u00e9sique<\/strong> : les irido\u00efdes exercent un effet analg\u00e9sique dans les tests de writhing et de plaque chaude chez la souris, avec une puissance comparable \u00e0 l&rsquo;indom\u00e9tacine \u00e0 doses \u00e9quivalentes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 immunomodulatrice<\/strong> : les extraits de scrofulaire modulent l&rsquo;activit\u00e9 des lymphocytes T et des macrophages, r\u00e9duisant la production de cytokines pro-inflammatoires (TNF-\u03b1, IL-1\u03b2, IL-6) tout en stimulant la phagocytose.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antitumorale<\/strong> : des \u00e9tudes in vitro montrent une cytotoxicit\u00e9 des extraits sur des lign\u00e9es de lymphome et de leuc\u00e9mie, coh\u00e9rente avec l&rsquo;usage traditionnel contre les tumeurs ganglionnaires.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 cicatrisante<\/strong> : l&rsquo;aucubine et le verbascoside acc\u00e9l\u00e8rent la cicatrisation cutan\u00e9e dans des mod\u00e8les de plaies chez le rat, par stimulation de la prolif\u00e9ration des fibroblastes et de la synth\u00e8se de collag\u00e8ne.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 cardioprotectrice<\/strong> : la <strong>diosmine<\/strong> et l&rsquo;<strong>hesp\u00e9ridine<\/strong> am\u00e9liorent le tonus veineux et r\u00e9duisent la fragilit\u00e9 capillaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Troubles lymphatiques<\/strong> : ad\u00e9nopathies, engorgement ganglionnaire, lymph\u0153d\u00e8mes. C&rsquo;est l&rsquo;indication historique et la plus sp\u00e9cifique de la scrofulaire.<\/p>\n<p><strong>Troubles inflammatoires et rhumatismaux<\/strong> : arthrite, arthrose, rhumatismes chroniques, par l&rsquo;action anti-inflammatoire de l&rsquo;harpagoside.<\/p>\n<p><strong>Affections cutan\u00e9es<\/strong> : ecz\u00e9ma, psoriasis, dermatoses chroniques, ulc\u00e8res cutan\u00e9s, h\u00e9morro\u00efdes. Usage interne et externe.<\/p>\n<p><strong>Troubles circulatoires<\/strong> : insuffisance veineuse, jambes lourdes, varices, h\u00e9morro\u00efdes. Action de la diosmine et de l&rsquo;hesp\u00e9ridine.<\/p>\n<p><strong>Usage externe<\/strong> : plaies atones, br\u00fblures superficielles, abc\u00e8s, furoncles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Scrophularia nodosa<\/em> sont limit\u00e9es. La plupart des donn\u00e9es cliniques sur les irido\u00efdes (harpagoside, harpagide) proviennent d&rsquo;\u00e9tudes sur l&rsquo;harpagophytum (<em>Harpagophytum procumbens<\/em>), qui contient les m\u00eames compos\u00e9s actifs.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;harpagophytum, des essais cliniques contr\u00f4l\u00e9s ont d\u00e9montr\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 des extraits standardis\u00e9s en harpagoside dans les douleurs lombaires chroniques et l&rsquo;arthrose, avec une r\u00e9duction significative de la douleur et une am\u00e9lioration fonctionnelle. Ces r\u00e9sultats sont raisonnablement extrapolables \u00e0 la scrofulaire, qui contient les m\u00eames principes actifs.<\/p>\n<p>Un essai pilote ouvert sur 15 patients atteints d&rsquo;ad\u00e9nopathies chroniques non sp\u00e9cifiques trait\u00e9s par un extrait de scrofulaire (3 mois) a montr\u00e9 une r\u00e9duction du volume ganglionnaire chez 11 patients, mais l&rsquo;absence de groupe contr\u00f4le limite la port\u00e9e de cette observation.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p><strong>Anti-inflammatoire naturel<\/strong> : la scrofulaire est \u00e9tudi\u00e9e comme alternative \u00e0 l&rsquo;harpagophytum, esp\u00e8ce africaine menac\u00e9e de surexploitation. <em>S. nodosa<\/em>, cultivable en Europe, pourrait constituer une source durable d&rsquo;harpagoside et d&rsquo;harpagide pour l&rsquo;industrie phytopharmaceutique.<\/p>\n<p><strong>Immunologie<\/strong> : les effets immunomodulateurs des extraits de scrofulaire sont \u00e9tudi\u00e9s dans des mod\u00e8les d&rsquo;auto-immunit\u00e9 (arthrite rhumato\u00efde, scl\u00e9rose en plaques), avec des r\u00e9sultats pr\u00e9cliniques prometteurs.<\/p>\n<p><strong>Oncologie<\/strong> : les irido\u00efdes et le verbascoside montrent des effets antiprolif\u00e9ratifs sur des lign\u00e9es de lymphome, coh\u00e9rents avec l&rsquo;usage traditionnel contre les tumeurs ganglionnaires. Les m\u00e9canismes d&rsquo;apoptose impliquent la voie mitochondriale et la caspase-3.<\/p>\n<p><strong>Biotechnologie<\/strong> : la production d&rsquo;irido\u00efdes par culture de cellules v\u00e9g\u00e9tales et d&rsquo;organes (racines chevelues transform\u00e9es par <em>Agrobacterium rhizogenes<\/em>) est d\u00e9velopp\u00e9e pour <em>S. nodosa<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Aucubine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Harpagide<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Harpagoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Catalpol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ac\u00e9tylharpagide<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de parties a\u00e9riennes<\/strong> : 2 \u00e0 4 g de plante s\u00e9ch\u00e9e par tasse (250 ml), infuser 10 \u00e0 15 minutes. Boire 2 \u00e0 3 tasses par jour.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction de rhizome<\/strong> : 5 \u00e0 10 g de rhizome s\u00e9ch\u00e9 dans 500 ml d&rsquo;eau, bouillir 10 minutes. Boire dans la journ\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> : 30 \u00e0 60 gouttes, 3 fois par jour dans un verre d&rsquo;eau.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec<\/strong> : 200 \u00e0 500 mg par jour, standardis\u00e9 en irido\u00efdes (harpagoside \u2265 1 %).<\/p>\n<p><strong>Usage externe<\/strong> : d\u00e9coction concentr\u00e9e (50-80 g\/L) en compresses sur les l\u00e9sions cutan\u00e9es, les h\u00e9morro\u00efdes et les ad\u00e9nopathies superficielles.<\/p>\n<p>La dur\u00e9e des cures est de 3 \u00e0 6 semaines, renouvelable apr\u00e8s une pause d&rsquo;une semaine.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Contre-indications<\/strong> : tachycardie, trouble du rythme cardiaque (la plante peut avoir un effet chronotrope positif \u00e0 fortes doses). Grossesse et allaitement (par pr\u00e9caution). Enfants de moins de 12 ans.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions d&#8217;emploi<\/strong> : la scrofulaire partage la composition en irido\u00efdes de l&rsquo;harpagophytum et peut, th\u00e9oriquement, stimuler la s\u00e9cr\u00e9tion gastrique. Les patients souffrant d&rsquo;ulc\u00e8re gastroduod\u00e9nal doivent \u00eatre prudents.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/strong> : potentialisation th\u00e9orique des anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens. Interaction possible avec les antiarythmiques et les glycosides cardiotoniques. L&rsquo;association avec l&rsquo;harpagophytum doit \u00eatre surveill\u00e9e pour \u00e9viter un surdosage en irido\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Confusion botanique<\/strong> : ne pas confondre avec <em>Scrophularia auriculata<\/em> (scrofulaire aquatique), qui poss\u00e8de une tige ail\u00e9e et des usages similaires.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 de <em>Scrophularia nodosa<\/em> est faible aux doses th\u00e9rapeutiques. Les DL50 des extraits aqueux et \u00e9thanoliques chez le rongeur sont sup\u00e9rieures \u00e0 3 g\/kg par voie orale. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique (90 jours) chez le rat n&rsquo;ont pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de l\u00e9sions organiques significatives aux doses th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p>\u00c0 fortes doses, la plante peut provoquer des troubles digestifs (naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9es) et des palpitations cardiaques. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong>, apr\u00e8s hydrolyse, lib\u00e8re un aglycone r\u00e9actif (aucubig\u00e9nine) potentiellement h\u00e9patotoxique \u00e0 tr\u00e8s fortes doses, mais les concentrations atteintes aux posologies recommand\u00e9es sont tr\u00e8s en de\u00e7\u00e0 des seuils toxiques.<\/p>\n<p>Aucun cas d&rsquo;intoxication grave n&rsquo;est rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature de pharmacovigilance pour <em>Scrophularia nodosa<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La scrofulaire noueuse est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus anciennes d&rsquo;Europe. Son nom m\u00eame t\u00e9moigne de son usage contre les scrofules (ad\u00e9nopathies cervicales tuberculeuses), conform\u00e9ment \u00e0 la th\u00e9orie des signatures qui associait les rhizomes noueux aux ganglions lymphatiques enfl\u00e9s. Dioscoride et Galien la mentionnaient d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p>Au Moyen \u00c2ge, la scrofulaire jouissait d&rsquo;une grande r\u00e9putation. On l&#8217;employait contre les \u00e9crouelles, les tumeurs, les abc\u00e8s, les h\u00e9morro\u00efdes et les affections cutan\u00e9es chroniques. Le \u00ab toucher royal \u00bb (gu\u00e9rison des \u00e9crouelles par le roi de France) \u00e9tait souvent compl\u00e9t\u00e9 par des cataplasmes de scrofulaire. Nicholas Culpeper (1652) la recommandait pour \u00ab dissoudre les nodosit\u00e9s et duret\u00e9s \u00bb.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, <em>Scrophularia ningpoensis<\/em>, esp\u00e8ce apparent\u00e9e, est l&rsquo;un des m\u00e9dicaments les plus importants (\u00ab xuan shen \u00bb), utilis\u00e9 comme anti-inflammatoire, f\u00e9brifuge et pour \u00ab nourrir le yin \u00bb. Les usages se recoupent largement entre les deux esp\u00e8ces.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p><em>Scrophularia nodosa<\/em> ne figure pas \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne mais est inscrite dans certaines pharmacop\u00e9es nationales et dans la tradition d&#8217;emploi de plusieurs pays europ\u00e9ens. En France, elle n&rsquo;est pas inscrite sur la liste A des plantes m\u00e9dicinales de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Aucune monographie europ\u00e9enne n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce. La Commission E allemande a toutefois \u00e9mis un avis positif pour l&rsquo;usage traditionnel de <em>Scrophularia nodosa<\/em> comme anti-inflammatoire et dans les troubles cutan\u00e9s chroniques.<\/p>\n<p>La plante peut \u00eatre dispens\u00e9e en pharmacie sous forme de pr\u00e9parations magistrales. Elle est commercialis\u00e9e par certains laboratoires de phytoth\u00e9rapie sous forme de teinture-m\u00e8re et d&rsquo;extraits.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>SCROFULAIRE NOUEUSE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<br \/>\nGiner R.M. et al. \u2014 \u00ab Anti-inflammatory activity of some species of <em>Scrophularia<\/em> and the iridoid glycosides aucubin and catalpol \u00bb, <em>J. Ethnopharmacol.<\/em>, 2000, 70, 243-249.<br \/>\nFern\u00e1ndez M.A. et al. \u2014 \u00ab Analgesic and anti-inflammatory activity of <em>Scrophularia<\/em> extracts \u00bb, <em>J. Pharm. Pharmacol.<\/em>, 1996, 48, 1086-1090.<br \/>\nCommission E (BfArM) \u2014 Monographie sur <em>Scrophularia nodosa<\/em>, 1990.<br \/>\nWichtl M. (\u00e9d.) \u2014 <em>Herbal Drugs and Phytopharmaceuticals<\/em>, 3e \u00e9d., Medpharm-CRC Press, 2004.<br \/>\nFournier P. \u2014 <em>Le livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, Paris, 1947.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Scrofulaire noueuse (Scrophularia nodosa L.) appartient \u00e0 la famille des Scrofulariac\u00e9es. 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