{"id":1385,"date":"2026-03-26T11:42:12","date_gmt":"2026-03-26T10:42:12","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/scrofulaire-a-feuilles-de-germandree\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"scrofulaire-a-feuilles-de-germandree","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/scrofulaire-a-feuilles-de-germandree\/","title":{"rendered":"SCROFULAIRE \u00c0 FEUILLES DE GERMANDR\u00c9E"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Scrofulaire%20%C3%A0%20feuilles%20de%20germandr%C3%A9e.jpg\" alt=\"Planche botanique SCROFULAIRE \u00c0 FEUILLES DE GERMANDR\u00c9E\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <em>Scrophularia scorodonia<\/em> L., commun\u00e9ment appel\u00e9e scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e ou scrofulaire scorodoine, est une plante vivace de la famille des <strong>Scrophulariaceae<\/strong>. Le genre <em>Scrophularia<\/em>, comprenant environ 200 esp\u00e8ces principalement eurasiatiques, tire son nom du latin <em>scrofulae<\/em> (\u00e9crouelles), les scrofulaires \u00e9tant traditionnellement employ\u00e9es contre cette affection ganglionnaire. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>scorodonia<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la ressemblance de ses feuilles avec celles de la germandr\u00e9e scorodoine (<em>Teucrium scorodonia<\/em>), une Lamiaceae commune des sous-bois. Cette esp\u00e8ce atlantique est l&rsquo;une des scrofulaires les moins connues de la flore fran\u00e7aise, cantonn\u00e9e aux r\u00e9gions \u00e0 influence oc\u00e9anique.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e est une plante vivace herbac\u00e9e, haute de 40 \u00e0 100 cm. La tige est dress\u00e9e, quadrangulaire (caract\u00e8re partag\u00e9 avec les Lamiaceae), pubescente, rameuse dans sa partie sup\u00e9rieure. Les feuilles sont oppos\u00e9es, p\u00e9tiol\u00e9es, ovales-cordiformes \u00e0 triangulaires, longues de 5 \u00e0 10 cm, \u00e0 marge doublement cr\u00e9nel\u00e9e-dent\u00e9e, pubescentes surtout sur la face inf\u00e9rieure, vert mat, d\u00e9gageant une odeur d\u00e9sagr\u00e9able au froissement. L&rsquo;inflorescence est une panicule terminale allong\u00e9e et l\u00e2che, compos\u00e9e de cymes bipares. Les fleurs, petites (7 \u00e0 10 mm), sont zygomorphes, \u00e0 corolle bilabi\u00e9e, brun verd\u00e2tre \u00e0 brun rouge\u00e2tre, globuleuse. Le calice est \u00e0 5 lobes arrondis, \u00e0 marge scarieuse. La l\u00e8vre sup\u00e9rieure de la corolle est bilob\u00e9e, la l\u00e8vre inf\u00e9rieure trilob\u00e9e, le lobe m\u00e9dian r\u00e9fl\u00e9chi. Les \u00e9tamines fertiles sont au nombre de 4, accompagn\u00e9es d&rsquo;un staminode (\u00e9tamine st\u00e9rile) spatul\u00e9. Le fruit est une capsule ovo\u00efde, acumin\u00e9e, bivalve, contenant de nombreuses graines petites, noires, ovo\u00efdes, rugueuses. Le syst\u00e8me racinaire est compos\u00e9 d&rsquo;un rhizome court et de racines fibreuses.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e est une esp\u00e8ce atlantique dont l&rsquo;aire de r\u00e9partition couvre l&rsquo;ouest de l&rsquo;Europe, de l&rsquo;\u00c9cosse au Portugal, incluant les A\u00e7ores, Mad\u00e8re et les Canaries. En France, elle est pr\u00e9sente principalement dans la moiti\u00e9 ouest du territoire : Bretagne, Normandie, Pays de la Loire, Aquitaine, Charentes, Poitou. Elle affectionne les haies, les talus, les lisi\u00e8res de bois, les sous-bois clairs, les bords de chemins et les murs anciens, sur sols acides \u00e0 neutres, frais \u00e0 secs, bien drain\u00e9s. C&rsquo;est une esp\u00e8ce de lumi\u00e8re \u00e0 demi-ombre, caract\u00e9ristique des landes et des lisi\u00e8res du domaine atlantique. Elle se rencontre du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 500 m d&rsquo;altitude, rarement davantage. Son absence des r\u00e9gions continentales et m\u00e9diterran\u00e9ennes confirme son caract\u00e8re strictement atlantique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e est une h\u00e9micryptophyte vivace. La reprise de v\u00e9g\u00e9tation a lieu au d\u00e9but du printemps (mars-avril). La croissance est rapide, les tiges atteignant leur hauteur maximale en mai-juin. La floraison se d\u00e9roule de juin \u00e0 septembre, avec un pic en juillet-ao\u00fbt. Les fleurs, bien que peu attractives visuellement pour l&rsquo;homme, sont visit\u00e9es par les gu\u00eapes et les bourdons, qui sont les principaux pollinisateurs. L&rsquo;autopollinisation est possible mais l&rsquo;allogamie est favoris\u00e9e par la prot\u00e9randrie (maturation des \u00e9tamines avant le stigmate). La fructification se poursuit de juillet \u00e0 octobre, les capsules lib\u00e9rant les graines par d\u00e9hiscence. Les graines, tr\u00e8s petites, sont dispers\u00e9es par le vent et par l&rsquo;eau de ruissellement. La plante entre en dormance en automne, les parties a\u00e9riennes mourant tandis que le rhizome persiste dans le sol. La long\u00e9vit\u00e9 individuelle est de plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e partage le profil chimique g\u00e9n\u00e9ral du genre <em>Scrophularia<\/em>. Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a> glycosyl\u00e9s<\/strong>, principalement l&rsquo;<strong>aucubine<\/strong>, le <strong>catalpol<\/strong> et l&rsquo;<strong>harpagide<\/strong>, compos\u00e9s amers aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires. Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>diosm\u00e9tine<\/strong> et de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide verbascosidique), des <strong>ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes<\/strong> (act\u00e9oside\/verbascoside) et des <strong>saponines<\/strong> compl\u00e8tent la composition. L&rsquo;<strong>act\u00e9oside<\/strong>, un ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efde majeur du genre, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes, anti-inflammatoires et neuroprotectrices document\u00e9es. Les racines contiennent des <strong>irido\u00efdes<\/strong> en concentration plus \u00e9lev\u00e9e que les parties a\u00e9riennes. L&rsquo;odeur f\u00e9tide de la plante est due \u00e0 des <strong>compos\u00e9s soufr\u00e9s<\/strong> et <strong>terp\u00e9niques<\/strong> volatils. Aucune substance hautement toxique n&rsquo;est connue, mais la plante n&rsquo;est pas consommable en raison de son amertume et de son odeur.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e partage les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales attribu\u00e9es au genre <em>Scrophularia<\/em>. Historiquement, toutes les scrofulaires \u00e9taient r\u00e9put\u00e9es pour traiter les \u00ab \u00e9crouelles \u00bb (ad\u00e9nite tuberculeuse cervicale), d&rsquo;o\u00f9 leur nom. La doctrine des signatures, qui associait la forme des nodosit\u00e9s racinaires aux ganglions enfl\u00e9s, a renforc\u00e9 cet usage. Les irido\u00efdes (aucubine, harpagide) conf\u00e8rent \u00e0 la plante des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et analg\u00e9siques comparables \u00e0 celles de l&rsquo;harpagophytum (griffe du diable), dont l&rsquo;harpagide tire son nom. Les propri\u00e9t\u00e9s laxatives douces des irido\u00efdes sont document\u00e9es. En usage externe, les feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es \u00e9taient appliqu\u00e9es en cataplasme sur les abc\u00e8s, les furoncles, les h\u00e9morro\u00efdes et les engorgements ganglionnaires. L&rsquo;act\u00e9oside poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires valid\u00e9es par des \u00e9tudes pharmacologiques. Toutefois, la scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e n&rsquo;a pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes cliniques sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Aucubine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Catalpol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Harpagide<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Diosm\u00e9tine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>La scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune transformation commerciale. En phytoth\u00e9rapie artisanale, les feuilles et les sommit\u00e9s fleuries peuvent \u00eatre s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ombre et conserv\u00e9es pour la pr\u00e9paration d&rsquo;infusions (1-2 g de plante s\u00e8che pour 200 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid)) ou de d\u00e9coctions \u00e0 usage externe (bains, compresses). Les cataplasmes de feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es sont la forme d&rsquo;utilisation la plus traditionnelle. La teinture-m\u00e8re hom\u00e9opathique peut \u00eatre pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 partir de la plante fra\u00eeche enti\u00e8re. Aucune sp\u00e9cialit\u00e9 pharmaceutique commerciale ne contient cette esp\u00e8ce sp\u00e9cifiquement, bien que d&rsquo;autres scrofulaires (<em>S. nodosa<\/em>, <em>S. ningpoensis<\/em>) soient utilis\u00e9es en phytoth\u00e9rapie et en m\u00e9decine traditionnelle chinoise. Les plants peuvent \u00eatre commercialis\u00e9s par des p\u00e9pini\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es en plantes indig\u00e8nes pour la restauration \u00e9cologique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>La scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e joue un r\u00f4le \u00e9cologique notable comme plante nourrici\u00e8re pour les insectes pollinisateurs, en particulier les gu\u00eapes sociales et solitaires qui sont les principaux visiteurs de ses fleurs brun\u00e2tres. Cette sp\u00e9cialisation pour des pollinisateurs \u00ab atypiques \u00bb (gu\u00eapes plut\u00f4t qu&rsquo;abeilles) est une adaptation remarquable li\u00e9e \u00e0 la couleur et \u00e0 l&rsquo;odeur de la corolle. Les chenilles de certains papillons nocturnes se nourrissent de ses feuilles. La plante contribue \u00e0 la biodiversit\u00e9 des haies et des lisi\u00e8res du domaine atlantique. Sa pr\u00e9sence indique des milieux relativement peu perturb\u00e9s, bien que non exceptionnels. Elle ne pr\u00e9sente aucun caract\u00e8re envahissant. Son r\u00f4le dans le maintien des populations de gu\u00eapes auxiliaires en fait un alli\u00e9 discret mais utile de la lutte biologique contre les ravageurs des cultures et des jardins.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>En m\u00e9decine populaire de l&rsquo;ouest de la France, la scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e \u00e9tait utilis\u00e9e de mani\u00e8re interchangeable avec la scrofulaire noueuse (<em>S. nodosa<\/em>) comme rem\u00e8de contre les inflammations ganglionnaires, les abc\u00e8s et les affections cutan\u00e9es chroniques. En Bretagne, on pr\u00e9parait des cataplasmes de feuilles fra\u00eeches pour traiter les tumeurs superficielles et les engorgements. Au Portugal, l&rsquo;infusion de feuilles servait de d\u00e9puratif et de diur\u00e9tique. L&rsquo;odeur f\u00e9tide de la plante \u00e9tait mise \u00e0 profit pour \u00e9loigner les rongeurs des greniers et des r\u00e9serves alimentaires. Les bergers de l&rsquo;Ouest fran\u00e7ais observaient que le b\u00e9tail refusait de consommer cette plante, signe de sa non-comestibilit\u00e9. En horticulture, la scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 cultiv\u00e9e, mais elle est parfois tol\u00e9r\u00e9e dans les jardins naturalistes et les haies champ\u00eatres pour son r\u00f4le d&rsquo;attraction des gu\u00eapes pollinisatrices.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>La scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e n&rsquo;est pas cultiv\u00e9e commercialement. Sa multiplication est simple par semis au printemps (graines en surface sur substrat humide, germination en 2-4 semaines) ou par division des touffes au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne. Elle accepte tout sol acide \u00e0 neutre, frais, bien drain\u00e9, en situation de mi-ombre \u00e0 soleil. Son utilisation potentielle concerne les jardins naturalistes, les haies champ\u00eatres et les am\u00e9nagements \u00e9cologiques visant \u00e0 favoriser les pollinisateurs. Les gu\u00eapes, attir\u00e9es par la corolle brun\u00e2tre et l&rsquo;odeur de la plante, sont des auxiliaires utiles au jardin pour le contr\u00f4le des chenilles et autres ravageurs. L&rsquo;espacement recommand\u00e9 est de 40 \u00e0 50 cm. Aucune fertilisation ni soin particulier ne sont n\u00e9cessaires. La rusticit\u00e9 est bonne en climat oc\u00e9anique, plus al\u00e9atoire en climat continental froid.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>La scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e est une esp\u00e8ce globalement non menac\u00e9e dans son aire de r\u00e9partition atlantique. En France, elle ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection national. Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme commune dans les r\u00e9gions atlantiques mais rare ou absente dans les r\u00e9gions continentales et m\u00e9diterran\u00e9ennes. Elle ne figure sur aucune liste rouge nationale. En marge de son aire, elle peut \u00eatre localement rare et figurer sur des listes d&rsquo;attention r\u00e9gionales. Au Royaume-Uni, elle est commune dans le sud-ouest et le Pays de Galles. Aucune r\u00e9glementation ne concerne sa cueillette ou son commerce. La conservation des haies, des talus et des lisi\u00e8res du domaine atlantique b\u00e9n\u00e9ficie indirectement \u00e0 cette esp\u00e8ce et \u00e0 l&rsquo;ensemble du cort\u00e8ge floristique qu&rsquo;elle accompagne.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>Le nom \u00ab scrofulaire \u00bb t\u00e9moigne d&rsquo;une des pages les plus singuli\u00e8res de l&rsquo;histoire de la m\u00e9decine : le traitement des \u00e9crouelles (ad\u00e9nopathie tuberculeuse cervicale) par les plantes \u00e0 la racine noueuse. La doctrine des signatures, th\u00e9oris\u00e9e au XVIe si\u00e8cle par Paracelse, postulait que la forme des organes v\u00e9g\u00e9taux indiquait leur vertu th\u00e9rapeutique. Les nodosit\u00e9s du rhizome des scrofulaires \u00e9voquant les ganglions enfl\u00e9s, ces plantes furent prescrites contre les \u00e9crouelles. En France, le \u00ab toucher des \u00e9crouelles \u00bb par le roi \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un rem\u00e8de miraculeux. Quand le pouvoir royal n&rsquo;\u00e9tait pas accessible, les scrofulaires prenaient le relais. Le nom anglais \u00ab figwort \u00bb (herbe aux figues) fait r\u00e9f\u00e9rence aux verrues (figs) que la plante \u00e9tait cens\u00e9e gu\u00e9rir. La ressemblance des feuilles de <em>S. scorodonia<\/em> avec celles de la germandr\u00e9e scorodoine (<em>Teucrium scorodonia<\/em>) a souvent d\u00e9rout\u00e9 les botanistes d\u00e9butants, ces deux plantes des landes atlantiques partageant les m\u00eames habitats.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e peut \u00eatre confondue avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces de scrofulaires. La <em>Scrophularia nodosa<\/em> (scrofulaire noueuse), plus commune et plus largement r\u00e9partie, se distingue par ses feuilles \u00e0 base cun\u00e9iforme (non cord\u00e9e), glabres, et sa tige glabre. La <em>Scrophularia auriculata<\/em> (scrofulaire aquatique) poss\u00e8de des feuilles \u00e0 oreillettes basales et pousse en milieu humide. La <em>Scrophularia canina<\/em> (scrofulaire des chiens) a des feuilles pennatis\u00e9qu\u00e9es, tr\u00e8s diff\u00e9rentes. La confusion avec la <em>Teucrium scorodonia<\/em> (germandr\u00e9e scorodoine), Lamiaceae \u00e0 feuilles similaires, est fr\u00e9quente \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat v\u00e9g\u00e9tatif. Toutefois, la germandr\u00e9e poss\u00e8de une corolle unilabi\u00e9e verd\u00e2tre (la l\u00e8vre sup\u00e9rieure est absente) et un calice bilabi\u00e9. La scrofulaire a une corolle bilabi\u00e9e brun\u00e2tre et un calice \u00e0 5 lobes r\u00e9guliers. L&rsquo;odeur f\u00e9tide de la scrofulaire et l&rsquo;odeur d&rsquo;ail de la germandr\u00e9e permettent aussi de les distinguer.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e est une esp\u00e8ce discr\u00e8te mais repr\u00e9sentative de la flore atlantique europ\u00e9enne. Ses propri\u00e9t\u00e9s phytochimiques, notamment la richesse en irido\u00efdes et en act\u00e9oside, la rattachent \u00e0 un genre aux potentialit\u00e9s th\u00e9rapeutiques reconnues. Les perspectives de recherche incluent la caract\u00e9risation phytochimique pr\u00e9cise de cette esp\u00e8ce peu \u00e9tudi\u00e9e, l&rsquo;\u00e9valuation de ses propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires en comparaison avec les esp\u00e8ces officinales du genre, et la valorisation de son r\u00f4le \u00e9cologique comme plante nourrici\u00e8re des pollinisateurs atypiques. La conservation de son habitat \u2014 haies, lisi\u00e8res et landes atlantiques \u2014 constitue un enjeu dans le cadre de la pr\u00e9servation de la biodiversit\u00e9 du domaine atlantique, menac\u00e9e par l&rsquo;urbanisation et l&rsquo;intensification agricole.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Scrophularia%20scorodonia\">Plants of the World Online, Kew : <em>Scrophularia scorodonia<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Scrophularia+scorodonia\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Scrophularia scorodonia<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Scrophularia scorodonia L., commun\u00e9ment appel\u00e9e scrofulaire \u00e0 feuilles de germandr\u00e9e ou scrofulaire scorodoine, est une plante vivace de la famille [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[96],"tags":[],"class_list":["post-1385","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-scrofulariacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1385","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1385"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1385\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13894,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1385\/revisions\/13894"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1385"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1385"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1385"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}