{"id":1386,"date":"2026-03-26T11:42:14","date_gmt":"2026-03-26T10:42:14","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/aubergine\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"aubergine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/aubergine\/","title":{"rendered":"AUBERGINE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/aubergine.png\" alt=\"Planche botanique Aubergine\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>Aubergine<\/strong> (<em>Solanum melongena<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Solanac\u00e9es<\/strong>. Le nom <em>Solanum<\/em> d\u00e9rive du latin <em>solamen<\/em> (soulagement, consolation), peut-\u00eatre en r\u00e9f\u00e9rence aux propri\u00e9t\u00e9s s\u00e9datives de certaines esp\u00e8ces du genre. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>melongena<\/em> provient de l&rsquo;arabe <em>al-b\u0101\u1e0finj\u0101n<\/em> (via le persan <em>b\u0101ding\u0101n<\/em>), lui-m\u00eame d&rsquo;origine sanskrite. Synonymes : <em>Solanum esculentum<\/em> Dunal, <em>Solanum melongena<\/em> var. <em>esculentum<\/em>. Noms vernaculaires : aubergine, m\u00e9long\u00e8ne, bringelle (Antilles), eggplant (anglais).<\/p>\n<p>Plante herbac\u00e9e annuelle (sous climat temp\u00e9r\u00e9) \u00e0 vivace (sous les tropiques), de 40 \u00e0 150 cm. La tige est dress\u00e9e, robuste, ramifi\u00e9e, souvent \u00e9pineuse (cultivars anciens), pubescente-\u00e9toil\u00e9e. Les feuilles sont alternes, grandes (10-20 cm), ovales, lob\u00e9es, couvertes de poils \u00e9toil\u00e9s gris-verd\u00e2tre. Les fleurs, solitaires ou en cymes de 2-5, sont grandes (3-5 cm), \u00e0 calice \u00e9pineux et corolle violette (parfois blanche) \u00e0 5-7 lobes. Le fruit est une baie charnue de forme, taille et couleur tr\u00e8s variables (ovo\u00efde, allong\u00e9e, ronde ; violet fonc\u00e9, blanc, vert, stri\u00e9), de 5 \u00e0 30 cm. La chair est spongieuse, blanche, contenant de nombreuses petites graines aplaties.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Solanum melongena<\/em> est originaire de l&rsquo;Inde et du sud-est asiatique, o\u00f9 l&rsquo;anc\u00eatre sauvage (<em>S. melongena<\/em> var. <em>insanum<\/em>) cro\u00eet encore. La domestication remonte \u00e0 plus de 4 000 ans en Inde. L&rsquo;aubergine fut introduite en Chine d\u00e8s le Ve si\u00e8cle, dans le monde arabe au VIIIe si\u00e8cle, en Espagne au XIe si\u00e8cle (via les Maures) et dans le reste de l&rsquo;Europe \u00e0 partir de la Renaissance.<\/p>\n<p>La production mondiale d\u00e9passe 55 millions de tonnes, domin\u00e9e par la Chine (65 %), l&rsquo;Inde (25 %), puis l&rsquo;\u00c9gypte, la Turquie et l&rsquo;Iran. En France, la culture se concentre dans le sud-est (Provence, Languedoc). L&rsquo;aubergine n\u00e9cessite chaleur (minimum 15\u00b0C nocturne), lumi\u00e8re intense et un sol riche, profond et bien drain\u00e9. Sous climat temp\u00e9r\u00e9, elle est cultiv\u00e9e en annuelle, en plein champ ou sous serre.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p>L&rsquo;aubergine cultiv\u00e9e n&rsquo;est pas menac\u00e9e. Toutefois, les esp\u00e8ces sauvages apparent\u00e9es (<em>Solanum insanum<\/em>, <em>S. incanum<\/em>, <em>S. linnaeanum<\/em>) sont menac\u00e9es par la d\u00e9forestation et l&rsquo;\u00e9rosion g\u00e9n\u00e9tique dans leurs centres d&rsquo;origine (Inde, Afrique de l&rsquo;Est). La conservation de ces parents sauvages est cruciale pour l&rsquo;am\u00e9lioration vari\u00e9tale (r\u00e9sistance aux maladies, tol\u00e9rance au stress).<\/p>\n<p>L&rsquo;aubergine est pollinis\u00e9e par vibration (\u00ab buzz pollination \u00bb) par les bourdons et certaines abeilles solitaires. Cette pollinisation sp\u00e9cifique explique la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;introduire des bourdons dans les serres de culture.<\/p>\n<p>La diversit\u00e9 vari\u00e9tale est consid\u00e9rable, avec des milliers de cultivars locaux maintenus par les agriculteurs d&rsquo;Asie du Sud et du bassin m\u00e9diterran\u00e9en. Les banques de g\u00e8nes conservent plus de 10 000 accessions de <em>Solanum melongena<\/em> et esp\u00e8ces apparent\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>L&rsquo;aubergine poss\u00e8de un profil nutritionnel modeste mais un profil phytochimique int\u00e9ressant :<\/p>\n<p><strong>Anthocyanes<\/strong> : la peau de l&rsquo;aubergine violette est riche en <strong>nasunine<\/strong> (delphinidine-3-p-coumaroylrutinoside-5-glucoside), anthocyane sp\u00e9cifique du genre. La <strong>delphinidine-3-rutinoside<\/strong> et d&rsquo;autres d\u00e9riv\u00e9s de delphinidine compl\u00e8tent le profil. La nasunine est un antioxydant puissant et un ch\u00e9lateur du fer.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> (compos\u00e9 ph\u00e9nolique majeur de la chair, 0,3-1 % de la MS), <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide n\u00e9ochlorog\u00e9nique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efdes<\/a> st\u00e9ro\u00efdiens<\/strong> : la <strong>solanine<\/strong> et la <strong>solasonine<\/strong> sont pr\u00e9sentes en faible concentration dans le fruit (&lt; 10 mg\/kg de fruit frais), principalement dans la peau et les structures vertes. La <strong>solasodine<\/strong> (aglycone) est le pr\u00e9curseur de la synth\u00e8se industrielle d&rsquo;hormones st\u00e9ro\u00efdiennes.<\/p>\n<p><strong>Saponines st\u00e9ro\u00efdiennes<\/strong> : des <strong>melongoside<\/strong> et des glycoalcalo\u00efdes d\u00e9riv\u00e9s de la solasodine.<\/p>\n<p><strong>Vitamines et min\u00e9raux<\/strong> : <strong>potassium<\/strong> (230 mg\/100 g), <strong>fibres<\/strong> (3 g\/100 g), <strong>vitamines B1, B6, K<\/strong>, <strong>mangan\u00e8se<\/strong>. Faible valeur calorique (25 kcal\/100 g).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : la <strong>nasunine<\/strong> est l&rsquo;un des antioxydants les plus puissants parmi les anthocyanes. Elle prot\u00e8ge les lipides membranaires contre la peroxydation, ch\u00e9late le fer (r\u00e9duisant la g\u00e9n\u00e9ration de radicaux hydroxyles via la r\u00e9action de Fenton) et prot\u00e8ge l&rsquo;ADN contre les dommages oxydatifs.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 hypocholest\u00e9rol\u00e9miante<\/strong> : l&rsquo;<strong>acide chlorog\u00e9nique<\/strong> inhibe l&rsquo;<strong>HMG-CoA r\u00e9ductase<\/strong> (enzyme cl\u00e9 de la biosynth\u00e8se du cholest\u00e9rol, cible des statines) et r\u00e9duit l&rsquo;oxydation des LDL. Des \u00e9tudes chez le rat hyperlipid\u00e9mique montrent une r\u00e9duction de 20-30 % du cholest\u00e9rol total avec des extraits d&rsquo;aubergine.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : les anthocyanes et l&rsquo;acide chlorog\u00e9nique inhibent la <strong>COX-2<\/strong>, la <strong>5-LOX<\/strong> et la voie <strong>NF-\u03baB<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antidiab\u00e9tique<\/strong> : l&rsquo;acide chlorog\u00e9nique inhibe la <strong>glucose-6-phosphatase<\/strong> h\u00e9patique et r\u00e9duit l&rsquo;hyperglyc\u00e9mie postprandiale. Les extraits d&rsquo;aubergine am\u00e9liorent la sensibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insuline dans des mod\u00e8les murins de diab\u00e8te de type 2.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse<\/strong> : la <strong>solasonine<\/strong> et la <strong>solasodine<\/strong> induisent l&rsquo;apoptose de cellules canc\u00e9reuses in vitro (lign\u00e9es de cancer du foie, du sein, de la prostate). La cr\u00e8me BEC (m\u00e9lange de glycoalcalo\u00efdes de <em>Solanum<\/em>) est utilis\u00e9e en Australie contre les carcinomes basocellulaires cutan\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Hypercholest\u00e9rol\u00e9mie<\/strong> : consommation r\u00e9guli\u00e8re d&rsquo;aubergine ou d&rsquo;extraits comme adjuvant dans la gestion du cholest\u00e9rol. Indication la mieux document\u00e9e par les \u00e9tudes pr\u00e9cliniques.<\/p>\n<p><strong>Diab\u00e8te de type 2<\/strong> : l&rsquo;acide chlorog\u00e9nique de l&rsquo;aubergine peut contribuer au contr\u00f4le glyc\u00e9mique, en compl\u00e9ment du traitement conventionnel.<\/p>\n<p><strong>Protection cardiovasculaire<\/strong> : la nasunine et l&rsquo;acide chlorog\u00e9nique prot\u00e8gent l&rsquo;endoth\u00e9lium vasculaire et r\u00e9duisent le stress oxydatif.<\/p>\n<p><strong>Usage externe<\/strong> : en m\u00e9decine populaire, la peau d&rsquo;aubergine grill\u00e9e est appliqu\u00e9e sur les br\u00fblures superficielles et les h\u00e9morro\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Dermatologie<\/strong> : les glycoalcalo\u00efdes de <em>Solanum<\/em> (dont la solasodine) sont utilis\u00e9s dans des cr\u00e8mes pour le traitement des k\u00e9ratoses actiniques et des carcinomes basocellulaires non m\u00e9lanomiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p><strong>Hypercholest\u00e9rol\u00e9mie<\/strong> : un essai clinique contr\u00f4l\u00e9 br\u00e9silien (Jorge et al., 1998) sur 44 patients hypercholest\u00e9rol\u00e9miques a montr\u00e9 que la consommation d&rsquo;infusion d&rsquo;aubergine pendant 5 semaines r\u00e9duisait le cholest\u00e9rol LDL de 10 % et augmentait le HDL de 9 %. Toutefois, des \u00e9tudes ult\u00e9rieures ont donn\u00e9 des r\u00e9sultats contradictoires, et l&rsquo;EFSA n&rsquo;a pas approuv\u00e9 d&rsquo;all\u00e9gation de sant\u00e9 pour l&rsquo;aubergine et le cholest\u00e9rol.<\/p>\n<p><strong>Glycoalcalo\u00efdes et cancer cutan\u00e9<\/strong> : la cr\u00e8me BEC5 (m\u00e9lange de solasodine glycosides) a fait l&rsquo;objet de plusieurs \u00e9tudes cliniques en Australie. Un essai sur 56 patients atteints de carcinomes basocellulaires a montr\u00e9 un taux de gu\u00e9rison de 78 % \u00e0 5 ans, comparable \u00e0 la chirurgie pour les l\u00e9sions superficielles.<\/p>\n<p><strong>Acide chlorog\u00e9nique et glyc\u00e9mie<\/strong> : des essais cliniques sur l&rsquo;acide chlorog\u00e9nique (extrait de caf\u00e9 vert et d&rsquo;aubergine) montrent une r\u00e9duction significative de la glyc\u00e9mie postprandiale chez les sujets en surpoids.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p><strong>Nasunine et neuroprotection<\/strong> : la nasunine traverse la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique et prot\u00e8ge les neurones contre le stress oxydatif et la peroxydation lipidique. Des \u00e9tudes pr\u00e9cliniques sugg\u00e8rent un r\u00f4le protecteur contre les maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives.<\/p>\n<p><strong>Oncologie<\/strong> : les glycoalcalo\u00efdes de <em>Solanum<\/em> (solasodine rhamnosides) sont \u00e9tudi\u00e9s comme agents anticanc\u00e9reux topiques et syst\u00e9miques, avec des essais cliniques de phase II en cours pour les k\u00e9ratoses actiniques.<\/p>\n<p><strong>G\u00e9nomique<\/strong> : le s\u00e9quen\u00e7age du g\u00e9nome de l&rsquo;aubergine (2014) a identifi\u00e9 les g\u00e8nes de biosynth\u00e8se des glycoalcalo\u00efdes et des anthocyanes, permettant la s\u00e9lection de vari\u00e9t\u00e9s \u00e0 teneur optimis\u00e9e en compos\u00e9s bioactifs.<\/p>\n<p><strong>Valorisation des sous-produits<\/strong> : les peaux d&rsquo;aubergine, sous-produit de l&rsquo;industrie alimentaire, sont valoris\u00e9es pour l&rsquo;extraction de nasunine \u00e0 usage nutraceutique et cosm\u00e9tique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Anthocyanes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Nasunine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Delphinidine-3-rutinoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Usage alimentaire<\/strong> : 150 \u00e0 300 g d&rsquo;aubergine cuite par jour, de pr\u00e9f\u00e9rence avec la peau (riche en nasunine). La cuisson au four ou grill\u00e9e pr\u00e9serve mieux les compos\u00e9s ph\u00e9noliques que la friture.<\/p>\n<p><strong>Jus d&rsquo;aubergine<\/strong> : 50 \u00e0 100 ml de jus de fruit cru ou infus\u00e9 dans l&rsquo;eau, en tradition br\u00e9silienne pour l&rsquo;hypercholest\u00e9rol\u00e9mie.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec<\/strong> : 300 \u00e0 600 mg par jour d&rsquo;extrait standardis\u00e9 en acide chlorog\u00e9nique et nasunine (compl\u00e9ments alimentaires).<\/p>\n<p><strong>Cataplasme de peau<\/strong> : peau d&rsquo;aubergine grill\u00e9e appliqu\u00e9e sur les zones inflamm\u00e9es (usage populaire).<\/p>\n<p><strong>Cr\u00e8me BEC<\/strong> (glycoalcalo\u00efdes) : application topique sur les carcinomes basocellulaires sous surveillance dermatologique (protocole australien).<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Glycoalcalo\u00efdes<\/strong> : la teneur en solanine et solasonine est faible dans le fruit m\u00fbr et cuisin\u00e9, ne pr\u00e9sentant pas de risque aux doses alimentaires normales. Les fruits verts, immatures ou meurtris contiennent davantage de glycoalcalo\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Allergie<\/strong> : des cas d&rsquo;allergie alimentaire \u00e0 l&rsquo;aubergine sont document\u00e9s (urticaire, anaphylaxie), li\u00e9s \u00e0 une prot\u00e9ine de transfert lipidique (LTP). R\u00e9activit\u00e9 crois\u00e9e possible avec le latex et d&rsquo;autres Solanac\u00e9es (tomate).<\/p>\n<p><strong>Histamine<\/strong> : l&rsquo;aubergine contient de l&rsquo;<strong>histamine<\/strong> et des amines biog\u00e8nes, pouvant aggraver les sympt\u00f4mes chez les patients atteints d&rsquo;intol\u00e9rance \u00e0 l&rsquo;histamine ou de mastocytose.<\/p>\n<p><strong>Oxalates<\/strong> : la teneur en <strong>oxalates<\/strong> est mod\u00e9r\u00e9e, justifiant la prudence chez les sujets pr\u00e9dispos\u00e9s aux lithiases oxalo-calciques.<\/p>\n<p><strong>Interactions<\/strong> : aucune interaction cliniquement significative rapport\u00e9e avec les m\u00e9dicaments courants.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>L&rsquo;aubergine cuite est un aliment s\u00fbr de consommation universelle. La teneur en glycoalcalo\u00efdes du fruit m\u00fbr (&lt; 10 mg\/kg) est tr\u00e8s inf\u00e9rieure au seuil de toxicit\u00e9 (20-25 mg\/kg de poids corporel). La cuisson r\u00e9duit encore la teneur.<\/p>\n<p>Les <strong>parties vertes<\/strong> (feuilles, tiges, calice) contiennent des concentrations plus \u00e9lev\u00e9es de <strong>solasonine<\/strong> et de <strong>solanine<\/strong> et ne doivent pas \u00eatre consomm\u00e9es. Les fruits immatures et verts sont plus riches en glycoalcalo\u00efdes que les fruits m\u00fbrs.<\/p>\n<p>Des intoxications par ingestion de grandes quantit\u00e9s de fruits immatures sont rapport\u00e9es dans la litt\u00e9rature v\u00e9t\u00e9rinaire, avec des sympt\u00f4mes de type anticholinergique (naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9e, confusion). Les intoxications humaines graves sont exceptionnelles.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;aubergine occupe une place centrale dans la cuisine et la m\u00e9decine traditionnelle des civilisations indo-asiatiques et m\u00e9diterran\u00e9ennes. En Ayurveda, elle est class\u00e9e parmi les l\u00e9gumes de saveur am\u00e8re, consid\u00e9r\u00e9e comme stimulante digestive (pitta), mais d\u00e9conseill\u00e9e en exc\u00e8s pour les temp\u00e9raments vata.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle arabe (<em>al-b\u0101\u1e0finj\u0101n<\/em>), l&rsquo;aubergine \u00e9tait employ\u00e9e contre les h\u00e9morro\u00efdes, les abc\u00e8s et les maux de dents. Avicenne la recommandait comme anti-inflammatoire et s\u00e9datif. En m\u00e9decine populaire br\u00e9silienne, l&rsquo;infusion de feuilles d&rsquo;aubergine est utilis\u00e9e comme hypocholest\u00e9rol\u00e9miant et le jus de fruit comme antidiab\u00e9tique.<\/p>\n<p>En Europe, l&rsquo;aubergine fut longtemps regard\u00e9e avec m\u00e9fiance en raison de son appartenance aux Solanac\u00e9es (famille de la belladone et de la mandragore). Le nom italien <em>melanzana<\/em> (d\u00e9riv\u00e9 de <em>mela insana<\/em>, pomme de la folie) t\u00e9moigne de cette d\u00e9fiance initiale.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p><em>Solanum melongena<\/em> ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne comme plante m\u00e9dicinale. Les fruits sont un aliment courant sans restriction. Les glycoalcalo\u00efdes sont r\u00e9glement\u00e9s dans l&rsquo;alimentation (limites maximales pour la solanine dans les pommes de terre, par analogie).<\/p>\n<p>En Australie, la cr\u00e8me BEC5 (Curaderm) est enregistr\u00e9e comme m\u00e9dicament topique pour les carcinomes basocellulaires et les k\u00e9ratoses actiniques. En Europe, ce statut n&rsquo;est pas reconnu.<\/p>\n<p>Les extraits d&rsquo;aubergine sont commercialis\u00e9s comme compl\u00e9ments alimentaires (hypocholest\u00e9rol\u00e9miant, antioxydant) dans plusieurs pays. En France, aucune all\u00e9gation de sant\u00e9 sp\u00e9cifique n&rsquo;est autoris\u00e9e par l&rsquo;EFSA.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>AUBERGINE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<br \/>\nNoda Y. et al. \u2014 \u00ab Antioxidant activity of nasunin, an anthocyanin in eggplant peels \u00bb, <em>Toxicology<\/em>, 2000, 148, 119-123.<br \/>\nCham B.E. \u2014 \u00ab Solasodine rhamnosyl glycosides cause apoptosis in cancer cells. Do they also cause apoptosis in normal cells? \u00bb, <em>Res. J. Biol. Sci.<\/em>, 2008, 3(2), 131-137.<br \/>\nJorge P.A.R. et al. \u2014 \u00ab Effect of eggplant on plasma lipid levels, lipidic peroxidation and reversion of endothelial dysfunction \u00bb, <em>Arq. Bras. Cardiol.<\/em>, 1998, 70, 87-91.<br \/>\nBarchi L. et al. \u2014 \u00ab A chromosome-anchored eggplant genome sequence reveals key events in Solanaceae evolution \u00bb, <em>Sci. Rep.<\/em>, 2019, 9, 11769.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Aubergine (Solanum melongena L.) appartient \u00e0 la famille des Solanac\u00e9es. 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