{"id":1388,"date":"2026-03-26T11:42:17","date_gmt":"2026-03-26T10:42:17","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/coqueret-alkekenge\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"coqueret-alkekenge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/coqueret-alkekenge\/","title":{"rendered":"COQUERET ALK\u00c9KENGE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Coqueret%20alk%C3%A9kenge.jpg\" alt=\"Planche botanique Coqueret alk\u00e9kenge\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le coqueret alk\u00e9kenge (<em>Alkekengi officinarum<\/em> Moench, syn. <em>Physalis alkekengi<\/em> L.) est une plante vivace de la famille des Solanac\u00e9es, c\u00e9l\u00e8bre pour son fruit orang\u00e9 ench\u00e2ss\u00e9 dans un calice renfl\u00e9 en lanterne translucide, l&rsquo;une des structures v\u00e9g\u00e9tales les plus singuli\u00e8res de la flore europ\u00e9enne. Cette \u00ab lanterne chinoise \u00bb, d&rsquo;un rouge-orang\u00e9 vif en automne, est reconnaissable entre toutes et fait du coqueret une plante ornementale populaire depuis des si\u00e8cles. La plante est discr\u00e8te en \u00e9t\u00e9, cach\u00e9e dans les haies et les taillis, mais se r\u00e9v\u00e8le spectaculairement \u00e0 l&rsquo;automne lorsque les calices prennent leur couleur flamboyante.<\/p>\n<p>Le coqueret alk\u00e9kenge poss\u00e8de une tradition m\u00e9dicinale ancienne en Europe. Ses baies, riches en <strong>vitamine C<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> et <strong>physalines<\/strong> (st\u00e9ro\u00efdes lactones), ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es comme <strong>diur\u00e9tique<\/strong>, <strong>f\u00e9brifuge<\/strong> et <strong>anti-inflammatoire<\/strong>. La plante fait l&rsquo;objet d&rsquo;un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat scientifique en raison des propri\u00e9t\u00e9s biologiques remarquables des <strong>withanolides<\/strong> et des <strong>physalines<\/strong>, compos\u00e9s st\u00e9ro\u00efdiens aux propri\u00e9t\u00e9s anticanc\u00e9reuses, immunomodulatrices et anti-inflammatoires puissantes document\u00e9es in vitro.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le coqueret alk\u00e9kenge porte le nom scientifique <em>Physalis alkekengi<\/em> L. Il appartient \u00e0 la famille des <strong>Solanaceae<\/strong>, genre <em>Physalis<\/em>, qui comprend environ 120 esp\u00e8ces, principalement am\u00e9ricaines. <em>P. alkekengi<\/em> est l&rsquo;une des rares esp\u00e8ces eurasiatiques du genre. Le nom <em>Physalis<\/em> vient du grec <em>physalis<\/em> (vessie, ampoule), en r\u00e9f\u00e9rence au calice renfl\u00e9. <em>Alkekengi<\/em> d\u00e9rive de l&rsquo;arabe <em>al-kakanj<\/em>, nom donn\u00e9 \u00e0 la plante dans la m\u00e9decine arabo-persane.<\/p>\n<p>Les synonymes incluent <em>Physalis franchetii<\/em> Mast. (parfois consid\u00e9r\u00e9 comme une vari\u00e9t\u00e9 ou sous-esp\u00e8ce distincte, d&rsquo;origine asiatique). Les noms vernaculaires sont riches : \u00ab coqueret alk\u00e9kenge \u00bb, \u00ab amour-en-cage \u00bb, \u00ab cerise d&rsquo;hiver \u00bb, \u00ab lanterne chinoise \u00bb, \u00ab physalis \u00bb en fran\u00e7ais ; \u00ab Chinese lantern \u00bb ou \u00ab bladder cherry \u00bb en anglais ; \u00ab Lampionblume \u00bb ou \u00ab Blasenkirsche \u00bb en allemand.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le coqueret alk\u00e9kenge est une plante vivace herbac\u00e9e de 30 \u00e0 60 cm de hauteur, \u00e0 rhizome rampant et envahissant. Les tiges sont dress\u00e9es, ramifi\u00e9es, anguleuses, pubescentes. Les feuilles sont alternes (ou suboppos\u00e9es), ovales-acumin\u00e9es, de 5 \u00e0 10 cm, enti\u00e8res ou sinu\u00e9es, \u00e0 p\u00e9tiole distinct, pubescentes.<\/p>\n<p>Les fleurs sont petites (15-20 mm), solitaires \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles, \u00e0 corolle rotac\u00e9e blanch\u00e2tre, \u00e0 5 lobes peu profonds. Le calice, d&rsquo;abord petit et verd\u00e2tre, s&rsquo;accro\u00eet consid\u00e9rablement apr\u00e8s la f\u00e9condation pour former la \u00ab lanterne \u00bb v\u00e9siculeuse (3 \u00e0 5 cm) qui enveloppe le fruit. Le fruit est une baie globuleuse de 10 \u00e0 15 mm, d&rsquo;abord verte puis rouge-orang\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9, contenant de nombreuses graines. Le calice vire au rouge-orang\u00e9 vif puis se squelettise en une structure r\u00e9ticul\u00e9e translucide. La floraison a lieu de mai \u00e0 juillet, la fructification d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 octobre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>Le coqueret alk\u00e9kenge est originaire d&rsquo;Eurasie, distribu\u00e9 depuis l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et centrale jusqu&rsquo;au Japon. En France, il est pr\u00e9sent dans le sud-est, l&rsquo;est, le centre et le sud-ouest, plus rare ou naturalis\u00e9 dans le nord. Il a \u00e9t\u00e9 largement introduit et naturalis\u00e9 dans le monde entier comme plante ornementale.<\/p>\n<p>Il affectionne les haies, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les taillis, les vignes, les friches et les jardins abandonn\u00e9s. Il se d\u00e9veloppe sur des sols calcaires \u00e0 neutres, plut\u00f4t secs, bien drain\u00e9s, en situation chaude et abrit\u00e9e. C&rsquo;est une esp\u00e8ce thermophile, de l&rsquo;\u00e9tage collin\u00e9en. Dans les jardins, il peut devenir envahissant par ses rhizomes tra\u00e7ants.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et culture<\/h3>\n<p>Le coqueret alk\u00e9kenge est une plante de culture tr\u00e8s facile, presque trop facile car elle peut devenir envahissante par ses rhizomes tra\u00e7ants. Le semis se fait au printemps en int\u00e9rieur (germination en 2-3 semaines \u00e0 20\u00b0C) ou la multiplication se fait par division des rhizomes au printemps.<\/p>\n<p>Il pr\u00e9f\u00e8re un sol drainant, calcaire, en situation chaude et ensoleill\u00e9e. Il tol\u00e8re la mi-ombre et divers types de sols. Rustique jusqu&rsquo;\u00e0 \u221220\u00b0C. En jardin, il est pr\u00e9f\u00e9rable de le contenir dans un espace d\u00e9limit\u00e9 (bordure enterr\u00e9e, bac) pour \u00e9viter l&rsquo;envahissement par les rhizomes. Les \u00ab lanternes \u00bb sont r\u00e9colt\u00e9es en automne pour les bouquets secs (couper les tiges quand les calices sont orang\u00e9s et faire s\u00e9cher la t\u00eate en bas). La plante est parfois attaqu\u00e9e par les doryphores et les altises.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique du coqueret est riche et originale. Les compos\u00e9s les plus remarquables sont les <strong>physalines<\/strong> (A, B, D, F, G, etc.) et les <strong>withanolides<\/strong>, st\u00e9ro\u00efdes lactones caract\u00e9ristiques des Solanac\u00e9es. Ces compos\u00e9s sont pr\u00e9sents dans toutes les parties de la plante, avec des concentrations maximales dans les calices et les racines.<\/p>\n<p>Les baies contiennent de la <strong>vitamine C<\/strong> (en quantit\u00e9 notable, 30-50 mg\/100g), des <strong>carot\u00e9no\u00efdes<\/strong> (<strong>b\u00eata-carot\u00e8ne<\/strong>, <strong>lut\u00e9ine<\/strong>, <strong>z\u00e9axanthine<\/strong>, <strong>cryptoxanthine<\/strong>, et la <strong>physalien<\/strong>, un diester de z\u00e9axanthine unique), des <strong>acides organiques<\/strong> (acide citrique, acide malique), des <strong>sucres<\/strong>, des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et des <strong>polysaccharides<\/strong>. Les parties vertes (feuilles, tiges, calice non m\u00fbr) contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> st\u00e9ro\u00efdiens (<strong>solanine<\/strong>) en quantit\u00e9 variable, ce qui justifie la prudence avec les parties autres que les baies m\u00fbres.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les physalines et les withanolides concentrent les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques les plus remarquables. La <strong>physaline F<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> puissantes (inhibition du NF-\u03baB), <strong>immunosuppressives<\/strong> et <strong>anticanc\u00e9reuses<\/strong> (induction de l&rsquo;apoptose dans des lign\u00e9es leuc\u00e9miques). La <strong>physaline B<\/strong> montre une activit\u00e9 <strong>antileishmanienne<\/strong> et <strong>antitrypanosomiale<\/strong>.<\/p>\n<p>Les carot\u00e9no\u00efdes des baies poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong> et <strong>photoprotectrices<\/strong> (protection de la r\u00e9tine par la lut\u00e9ine et la z\u00e9axanthine). La vitamine C contribue au potentiel antioxydant. Des \u00e9tudes in vitro ont montr\u00e9 une activit\u00e9 <strong>h\u00e9patoprotectrice<\/strong> des extraits de baies. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>diur\u00e9tique<\/strong> traditionnelle serait li\u00e9e \u00e0 la teneur en potassium et en acides organiques. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>f\u00e9brifuge<\/strong> attribu\u00e9e historiquement pourrait \u00eatre li\u00e9e aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires des physalines.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h3>\n<p>Le coqueret alk\u00e9kenge est mentionn\u00e9 par Dioscoride sous le nom de <em>struchnos halikakabos<\/em>. Les m\u00e9decins arabes m\u00e9di\u00e9vaux (Avicenne, Rhaz\u00e8s) le prescrivaient comme diur\u00e9tique et f\u00e9brifuge. Au Moyen \u00c2ge, les baies \u00e9taient un rem\u00e8de populaire contre la goutte, les calculs urinaires, les r\u00e9tentions d&rsquo;eau et les fi\u00e8vres intermittentes.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, l&rsquo;infusion de baies s\u00e8ches servait de <strong>diur\u00e9tique<\/strong> et de <strong>d\u00e9puratif<\/strong>. Les baies fra\u00eeches \u00e9taient consomm\u00e9es contre le scorbut (vitamine C). En usage externe, les feuilles en cataplasme \u00e9taient appliqu\u00e9es sur les inflammations et les douleurs articulaires. La Pharmacop\u00e9e de Paris (1758) le mentionne comme diur\u00e9tique. En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, la plante est utilis\u00e9e comme antipyr\u00e9tique et dans les affections respiratoires.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Physalines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Withanolides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitamine c<\/td>\n<td>Vitamine<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Carot\u00e9no\u00efdes<\/td>\n<td>Carot\u00e9no\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, provitamine A<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>B\u00eata-carot\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;infusion de baies s\u00e8ches se pr\u00e9pare \u00e0 3 \u00e0 5 g pour 250 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infus\u00e9e 15 minutes, \u00e0 boire 2 \u00e0 3 fois par jour. La d\u00e9coction de baies (10-15 baies par tasse, bouillies 5 minutes) est une pr\u00e9paration plus traditionnelle. Les baies fra\u00eeches et m\u00fbres sont comestibles et se consomment crues ou en confiture (saveur acidul\u00e9e agr\u00e9able).<\/p>\n<p>La teinture-m\u00e8re (baies fra\u00eeches 1:5 dans l&rsquo;alcool \u00e0 45\u00b0) se prend \u00e0 20 \u00e0 40 gouttes, 2 \u00e0 3 fois par jour. Seules les baies parfaitement m\u00fbres (rouge-orang\u00e9) doivent \u00eatre consomm\u00e9es ; les baies vertes et les calices verts contiennent de la solanine et sont toxiques. Les pr\u00e9parations pharmaceutiques sont rares en Occident mais des compl\u00e9ments alimentaires \u00e0 base de <em>Physalis<\/em> existent. En phytoth\u00e9rapie, le coqueret est surtout utilis\u00e9 comme diur\u00e9tique doux dans les infections urinaires b\u00e9nignes.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les baies m\u00fbres sont comestibles et ne pr\u00e9sentent pas de toxicit\u00e9. En revanche, les parties vertes de la plante (feuilles, tiges, calice vert, baies immatures) contiennent de la <strong>solanine<\/strong>, alcalo\u00efde glycosidique toxique commun aux Solanac\u00e9es. La solanine provoque des troubles digestifs (naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9e, douleurs abdominales) et, \u00e0 forte dose, des sympt\u00f4mes neurologiques (confusion, c\u00e9phal\u00e9es).<\/p>\n<p>Les cas d&rsquo;intoxication sont rares et g\u00e9n\u00e9ralement b\u00e9nins, li\u00e9s \u00e0 la consommation de baies non m\u00fbres ou de calices. Les enfants sont les plus expos\u00e9s en raison de l&rsquo;attrait des \u00ab lanternes \u00bb. Les physalines sont cytotoxiques in vitro mais ne posent pas de probl\u00e8me aux doses alimentaires de baies m\u00fbres. L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse par pr\u00e9caution. Les personnes allergiques aux Solanac\u00e9es (tomate, poivron) pourraient pr\u00e9senter une sensibilit\u00e9 crois\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>L&rsquo;effet <strong>diur\u00e9tique<\/strong> des baies pourrait th\u00e9oriquement potentialiser les m\u00e9dicaments diur\u00e9tiques et antihypertenseurs. Les physalines, \u00e0 forte dose, poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s immunosuppressives qui pourraient th\u00e9oriquement interagir avec des traitements immunomodulateurs (cortico\u00efdes, m\u00e9thotrexate, anti-TNF), mais cet effet n&rsquo;est pas pertinent aux doses alimentaires ou phytoth\u00e9rapiques.<\/p>\n<p>La solanine des parties vertes peut \u00eatre potentialis\u00e9e par d&rsquo;autres inhibiteurs de la cholinest\u00e9rase. L&rsquo;association avec des m\u00e9dicaments n\u00e9phrotoxiques devrait \u00eatre surveill\u00e9e en raison de l&rsquo;effet diur\u00e9tique. Aucune interaction cliniquement document\u00e9e n&rsquo;est connue pour les baies m\u00fbres aux doses normales. Les pr\u00e9cautions sont th\u00e9oriques et rel\u00e8vent de la prudence habituelle.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h3>\n<p>Les \u00e9tudes scientifiques sur <em>Physalis alkekengi<\/em> sont en plein essor, port\u00e9es par l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour les physalines et les withanolides. Des \u00e9tudes in vitro ont d\u00e9montr\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse de la physaline F sur des lign\u00e9es de leuc\u00e9mie, de cancer du sein, du poumon et du c\u00f4lon. Les m\u00e9canismes incluent l&rsquo;induction de l&rsquo;apoptose par la voie mitochondriale et l&rsquo;inhibition du NF-\u03baB.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes sur mod\u00e8les animaux ont confirm\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 h\u00e9patoprotectrice et anti-inflammatoire des extraits de baies. L&rsquo;activit\u00e9 antiparasitaire des physalines est \u00e9tudi\u00e9e dans le contexte des maladies tropicales (leishmaniose, maladie de Chagas). Les carot\u00e9no\u00efdes des baies font l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes nutritionnelles pour la sant\u00e9 oculaire. Aucune \u00e9tude clinique randomis\u00e9e n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e chez l&rsquo;homme. Les perspectives de recherche sont consid\u00e9rables, les physalines constituant une classe de compos\u00e9s originaux aux activit\u00e9s biologiques puissantes.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le coqueret alk\u00e9kenge est inscrit \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise (liste A) comme plante m\u00e9dicinale. Les baies sont autoris\u00e9es dans les compl\u00e9ments alimentaires en France. Aucune monographie europ\u00e9enne n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e. La plante est librement disponible en herboristerie et en jardinage.<\/p>\n<p>Les baies de <em>Physalis<\/em> sont commercialis\u00e9es comme fruit exotique (principalement <em>P. peruviana<\/em>, le physalis du P\u00e9rou, distinct de l&rsquo;alk\u00e9kenge). L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e et ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune restriction. La commercialisation de compl\u00e9ments alimentaires contenant des physalines devrait respecter la r\u00e9glementation Novel Food si les concentrations d\u00e9passent les niveaux naturellement pr\u00e9sents dans les baies.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects culturels et historiques<\/h3>\n<p>Le coqueret alk\u00e9kenge est connu depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride et Pline le d\u00e9crivent. Les m\u00e9decins arabes m\u00e9di\u00e9vaux le prescrivaient abondamment. Son nom \u00ab alk\u00e9kenge \u00bb t\u00e9moigne de cette transmission du savoir m\u00e9dical arabo-persan vers l&rsquo;Europe latine. Au Moyen \u00c2ge, il figurait dans les jardins monastiques et dans les pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>L&rsquo;appellation \u00ab amour-en-cage \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la baie rouge enferm\u00e9e dans le calice, comme un c\u0153ur amoureux dans sa cage. \u00ab Lanterne chinoise \u00bb \u00e9voque la forme du calice rappelant les lanternes de papier asiatiques. En Extr\u00eame-Orient, o\u00f9 le genre <em>Physalis<\/em> est culturellement important, des cultivars ornementaux sont d\u00e9velopp\u00e9s. Les \u00ab lanternes \u00bb s\u00e9ch\u00e9es sont utilis\u00e9es en d\u00e9coration int\u00e9rieure, en art floral et dans les compositions d&rsquo;automne depuis des si\u00e8cles.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le coqueret alk\u00e9kenge est une plante \u00e0 la crois\u00e9e de l&rsquo;ornemental, de l&rsquo;alimentaire et du m\u00e9dicinal. Ses baies comestibles, riches en vitamine C et en carot\u00e9no\u00efdes, m\u00e9riteraient une valorisation nutritionnelle accrue. Les physalines, compos\u00e9s st\u00e9ro\u00efdiens originaux aux propri\u00e9t\u00e9s anticanc\u00e9reuses, anti-inflammatoires et antiparasitaires remarquables, constituent l&rsquo;un des axes de recherche les plus prometteurs de la pharmacognosie des Solanac\u00e9es.<\/p>\n<p>Les perspectives portent sur la caract\u00e9risation des physalines de l&rsquo;esp\u00e8ce europ\u00e9enne, le d\u00e9veloppement de formulations pharmacologiques et l&rsquo;\u00e9valuation clinique des propri\u00e9t\u00e9s diur\u00e9tiques et anti-inflammatoires. La lanterne chinoise, par sa beaut\u00e9 automale flamboyante et ses tr\u00e9sors chimiques cach\u00e9s, incarne parfaitement la richesse insoup\u00e7onn\u00e9e de la flore m\u00e9dicinale europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Alkekengi%20officinarum\">Plants of the World Online, Kew : <em>Alkekengi officinarum<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Alkekengi+officinarum\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Alkekengi officinarum<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le coqueret alk\u00e9kenge (Alkekengi officinarum Moench, syn. Physalis alkekengi L.) est une plante vivace de la famille des Solanac\u00e9es, c\u00e9l\u00e8bre pour son fruit orang\u00e9 ench\u00e2ss\u00e9 [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[97],"tags":[],"class_list":["post-1388","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-solanacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1388","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1388"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1388\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13568,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1388\/revisions\/13568"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1388"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1388"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1388"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}