{"id":1396,"date":"2026-03-26T11:42:28","date_gmt":"2026-03-26T10:42:28","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/morelle-noire\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"morelle-noire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/morelle-noire\/","title":{"rendered":"MORELLE NOIRE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Morelle%20noire.jpg\" alt=\"Planche botanique Morelle noire\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La morelle noire est l&rsquo;une des plantes sauvages les plus controvers\u00e9es de la flore europ\u00e9enne \u2014 \u00e0 la fois mauvaise herbe banale des jardins et source de d\u00e9bat pharmacognosique et toxicologique depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Ses petites baies noires, luisantes et tentantes, ont provoqu\u00e9 d&rsquo;innombrables alertes de centres antipoison tout en \u00e9tant consomm\u00e9es comme l\u00e9gume quotidien dans de nombreuses cultures tropicales et subtropicales. Cette contradiction apparente s&rsquo;explique par la variabilit\u00e9 consid\u00e9rable de la teneur en <strong>glycoalcalo\u00efdes st\u00e9ro\u00efdiques<\/strong> (solanine et d\u00e9riv\u00e9s) selon les populations, le stade de maturit\u00e9 et les conditions de culture.<\/p>\n<p>Membre de la famille des Solanac\u00e9es \u2014 qui comprend \u00e0 la fois les plantes alimentaires les plus importantes (tomate, pomme de terre, aubergine, poivron) et les poisons les plus redoutables (belladone, datura, jusquiame) \u2014, la morelle noire incarne parfaitement l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 du <em>pharmakon<\/em> solanac\u00e9en.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Solanaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Solanum<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Solanum nigrum<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Morelle noire, Morelle commune, Herbe aux magiciens, Cr\u00e8ve-chien, Raisin de loup, Tue-chien.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Solanum<\/em> du latin <em>solari<\/em> (\u00ab consoler, calmer \u00bb), en r\u00e9f\u00e9rence aux propri\u00e9t\u00e9s s\u00e9datives et analg\u00e9siques attribu\u00e9es aux morelles. <em>nigrum<\/em> (\u00ab noir \u00bb) d\u00e9crit la couleur des baies m\u00fbres. Le genre <em>Solanum<\/em> est le plus vaste de la famille (&gt;1400 esp\u00e8ces) et l&rsquo;un des plus grands du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal.<\/p>\n<p><em>S. nigrum<\/em> est en r\u00e9alit\u00e9 un complexe d&rsquo;esp\u00e8ces et de sous-esp\u00e8ces (complexe <em>Solanum nigrum<\/em> s.l.) comprenant des diplo\u00efdes, t\u00e9traplo\u00efdes et hexaplo\u00efdes dont la d\u00e9limitation taxonomique reste controvers\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Plante annuelle de 15 \u00e0 80 cm, \u00e0 port dress\u00e9 ou \u00e9tal\u00e9, tr\u00e8s ramifi\u00e9e, formant des touffes buissonnantes dans les cultures et les friches. L&rsquo;ensemble de la plante est glabre ou faiblement pubescent, d&rsquo;un vert sombre.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> dress\u00e9es ou ascendantes, cylindriques \u00e0 anguleuses, ramifi\u00e9es, vertes \u00e0 noir\u00e2tres, glabres ou \u00e0 pubescence rase.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> alternes, p\u00e9tiol\u00e9es, ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 rhombiques, de 3 \u00e0 8 cm, enti\u00e8res ou sinu\u00e9es-dent\u00e9es, vert fonc\u00e9. La forme est variable \u2014 crit\u00e8re de la plasticit\u00e9 ph\u00e9notypique du complexe.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> cymes extra-axillaires de 3 \u00e0 8 fleurs, pendantes.<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> de 8 \u00e0 12 mm de diam\u00e8tre, blanche, \u00e9toil\u00e9e, \u00e0 5 p\u00e9tales r\u00e9fl\u00e9chis et un c\u00f4ne central d&rsquo;anth\u00e8res jaunes soud\u00e9es (m\u00eame structure que la fleur de tomate ou de pomme de terre \u2014 morphotype typique du genre <em>Solanum<\/em>). Cinq \u00e9tamines \u00e0 anth\u00e8res poricides (lib\u00e9rant le pollen par des pores apicaux \u2014 pollinisation par vibration, \u00ab buzz pollination \u00bb).<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> baie globuleuse de 6-10 mm, d&rsquo;abord verte puis <strong>noir mat<\/strong> \u00e0 maturit\u00e9 (parfois jaune-verd\u00e2tre dans certaines vari\u00e9t\u00e9s), contenant de nombreuses graines aplaties. Les baies sont pendantes en petites grappes. <strong>Les baies vertes non m\u00fbres sont toujours toxiques ; les baies m\u00fbres noires ont une toxicit\u00e9 tr\u00e8s variable selon les populations.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 octobre. Autogamie fr\u00e9quente.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce messicole et rud\u00e9rale nitrophile. La morelle noire cro\u00eet dans les cultures mara\u00eech\u00e8res, les jardins, les vignobles, les friches, les d\u00e9combres et les bords de chemins. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols meubles, riches en azote, frais et bien \u00e9clair\u00e9s. C&rsquo;est une adventice classique des cultures sarcl\u00e9es (ma\u00efs, tournesol, betterave).<\/p>\n<h3>B. Distribution<\/h3>\n<p>Cosmopolite dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et tropicales. Commune dans toute la France en plaine.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>parties a\u00e9riennes<\/strong> (feuilles et sommit\u00e9s) et les <strong>baies m\u00fbres<\/strong> \u2014 dans les traditions o\u00f9 la plante est utilis\u00e9e. <strong>L&rsquo;usage m\u00e9dicinal est abandonn\u00e9 en Europe en raison du risque toxique.<\/strong> En Afrique, en Inde et en Asie du Sud-Est, les feuilles et les baies m\u00fbres sont cependant couramment consomm\u00e9es comme l\u00e9gume-feuille et comme fruit apr\u00e8s pr\u00e9paration.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Glycoalcalo\u00efdes st\u00e9ro\u00efdiques \u2014 compos\u00e9s critiques<\/h3>\n<p>La morelle noire contient des <strong>glycoalcalo\u00efdes st\u00e9ro\u00efdiques<\/strong> de type solanidane et spirosolane :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>\u03b1-Solanine<\/strong> et <strong>\u03b1-chaconine<\/strong> \u2014 les m\u00eames compos\u00e9s que dans les parties vertes de la pomme de terre.<\/li>\n<li><strong>Solanigrine<\/strong>, <strong>solamargine<\/strong>, <strong>solasonine<\/strong> \u2014 glycoalcalo\u00efdes sp\u00e9cifiques de <em>S. nigrum<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La teneur varie consid\u00e9rablement selon :<\/p>\n<ul>\n<li>Le stade de maturit\u00e9 : <strong>les fruits verts<\/strong> contiennent 10 \u00e0 50 fois plus de glycoalcalo\u00efdes que les <strong>fruits m\u00fbrs noirs<\/strong>.<\/li>\n<li>La population\/sous-esp\u00e8ce : certaines populations africaines et asiatiques cultiv\u00e9es comme l\u00e9gumes ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9es pour une teneur tr\u00e8s faible.<\/li>\n<li>Les conditions environnementales : stress, s\u00e9cheresse et blessures augmentent la synth\u00e8se.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>B. Polyph\u00e9nols<\/h3>\n<p>Acide caf\u00e9ique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide gallique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a>. Les feuilles sont riches en compos\u00e9s ph\u00e9noliques antioxydants.<\/p>\n<h3>C. Prot\u00e9ines et min\u00e9raux (feuilles)<\/h3>\n<p>Les feuilles sont riches en prot\u00e9ines (4-5 % du poids frais), en fer, en calcium et en vitamine A \u2014 ce qui explique leur importance comme l\u00e9gume dans les r\u00e9gions tropicales.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Toxicit\u00e9 des glycoalcalo\u00efdes<\/h3>\n<p>Les glycoalcalo\u00efdes st\u00e9ro\u00efdiques sont toxiques par deux m\u00e9canismes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Inhibition de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase<\/strong> \u2014 provoquant une accumulation d&rsquo;ac\u00e9tylcholine et des sympt\u00f4mes cholinergiques (salivation, vomissements, diarrh\u00e9es, crampes).<\/li>\n<li><strong>Disruption membranaire<\/strong> \u2014 les glycoalcalo\u00efdes se lient au cholest\u00e9rol des membranes cellulaires, formant des complexes qui lysent les cellules. Cet effet est particuli\u00e8rement marqu\u00e9 sur les cellules \u00e9pith\u00e9liales du tube digestif.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>B. Activit\u00e9s pharmacologiques (recherche)<\/h3>\n<p>La <strong>solamargine<\/strong> et la <strong>solasonine<\/strong> font l&rsquo;objet de recherches en oncologie \u2014 elles induisent l&rsquo;apoptose de cellules canc\u00e9reuses <em>in vitro<\/em> (cancer du sein, de l&rsquo;ovaire, du foie) par des m\u00e9canismes impliquant les r\u00e9cepteurs TNF et la voie mitochondriale. Un gel \u00e0 base de solasodine glycosides (BEC, Curaderm\u00ae) est commercialis\u00e9 en Australie pour le traitement topique de certains carcinomes cutan\u00e9s.<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 anti-inflammatoire et analg\u00e9sique<\/h3>\n<p>Les extraits aqueux de <em>S. nigrum<\/em> montrent une activit\u00e9 anti-inflammatoire et analg\u00e9sique sur mod\u00e8les animaux, attribuable aux <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> et \u00e0 certains glycoalcalo\u00efdes \u00e0 faible dose.<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucun essai clinique en m\u00e9decine interne. Les seules donn\u00e9es cliniques concernent l&rsquo;usage topique des glycosides de solasodine (BEC) dans le traitement des k\u00e9ratoses actiniques et des carcinomes basocellulaires (\u00e9tudes australiennes positives mais non valid\u00e9es par les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes).<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glycoalcalo\u00efdes st\u00e9ro\u00efdiques<\/td>\n<td>Alcalo\u00efde<\/td>\n<td>Constituant actif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u0391-solanine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u0391-chaconine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Solanigrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Solamargine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Aucune forme gal\u00e9nique recommand\u00e9e en Europe.<\/strong> L&rsquo;usage m\u00e9dicinal de la morelle noire est abandonn\u00e9 en raison du risque toxique. En Afrique et en Asie, les feuilles sont consomm\u00e9es cuites (la cuisson r\u00e9duit significativement la teneur en glycoalcalo\u00efdes) et les baies m\u00fbres sont consomm\u00e9es fra\u00eeches ou en confiture apr\u00e8s v\u00e9rification de la maturit\u00e9 compl\u00e8te.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La morelle noire est <strong>mod\u00e9r\u00e9ment toxique<\/strong> dans ses parties vertes et ses fruits non m\u00fbrs. L&rsquo;intoxication se manifeste par : naus\u00e9es, vomissements, douleurs abdominales, diarrh\u00e9es, mydriase, tachycardie, confusion. Les cas mortels sont exceptionnels chez l&rsquo;adulte mais des d\u00e9c\u00e8s d&rsquo;enfants ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s apr\u00e8s ingestion de baies vertes. La dose toxique de solanine est estim\u00e9e \u00e0 2-5 mg\/kg de poids corporel.<\/p>\n<p>Les <strong>baies parfaitement m\u00fbres<\/strong> (noir mat) de certaines populations contiennent moins de 1 mg\/100g de glycoalcalo\u00efdes \u2014 teneur consid\u00e9r\u00e9e comme non toxique. C&rsquo;est cette variabilit\u00e9 qui explique la consommation alimentaire courante dans les r\u00e9gions tropicales, o\u00f9 des vari\u00e9t\u00e9s \u00e0 faible teneur ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9es de longue date.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La morelle noire illustre parfaitement la relativit\u00e9 culturelle de la notion de \u00ab plante toxique \u00bb :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>En Europe :<\/strong> consid\u00e9r\u00e9e comme toxique, d\u00e9conseill\u00e9e \u00e0 la consommation, parfois mentionn\u00e9e dans les listes de plantes dangereuses.<\/li>\n<li><strong>En Afrique de l&rsquo;Ouest et de l&rsquo;Est :<\/strong> les feuilles sont un l\u00e9gume quotidien majeur (\u00ab dodo \u00bb au Nigeria, \u00ab mnavu \u00bb en Tanzanie), cultiv\u00e9 et vendu sur les march\u00e9s. Les baies m\u00fbres sont consomm\u00e9es fra\u00eeches.<\/li>\n<li><strong>En Inde :<\/strong> les feuilles et les baies entrent dans de nombreuses pr\u00e9parations culinaires et m\u00e9dicinales ayurv\u00e9diques.<\/li>\n<li><strong>En Chine :<\/strong> plante m\u00e9dicinale traditionnelle (Long Kui) utilis\u00e9e contre les infections et les tumeurs.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette divergence d&rsquo;usage entre Europe et tropiques est due \u00e0 la s\u00e9lection de populations \u00e0 faible teneur en glycoalcalo\u00efdes dans les r\u00e9gions de consommation traditionnelle.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>La morelle noire est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re des sols nus enrichis en azote. Ses baies sont consomm\u00e9es par les oiseaux (merles, grives, fauvettes), qui assurent la dispersion des graines (ornithochorie). Les fleurs sont visit\u00e9es par les abeilles et les syrphes. En agriculture, la morelle noire est consid\u00e9r\u00e9e comme une adventice comp\u00e9titrice dans les cultures de ma\u00efs, de tournesol et de betterave.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Atropa belladonna<\/em><\/strong> (belladone) : baies noires luisantes aussi mais solitaires (pas en grappes), plus grosses (15-20 mm), feuilles beaucoup plus grandes. <strong>Beaucoup plus toxique.<\/strong><\/li>\n<li><strong><em>Solanum dulcamara<\/em><\/strong> (douce-am\u00e8re) : grimpante, fleurs violettes, baies rouges (pas noires).<\/li>\n<li><strong><em>Phytolacca americana<\/em><\/strong> (raisin d&rsquo;Am\u00e9rique) : beaucoup plus grande, baies en grappes pendantes, pourpre fonc\u00e9, tr\u00e8s toxiques.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La morelle noire est un cas d&rsquo;\u00e9tude en pharmacognosie comparative : plante \u00ab toxique \u00bb en Europe, l\u00e9gume \u00ab comestible \u00bb en Afrique et en Asie \u2014 la diff\u00e9rence r\u00e9sidant dans la s\u00e9lection vari\u00e9tale et dans le savoir-faire culinaire (cuisson, maturit\u00e9). Ses glycoalcalo\u00efdes st\u00e9ro\u00efdiques, toxiques \u00e0 forte dose, font l&rsquo;objet de recherches prometteuses en oncologie (induction d&rsquo;apoptose des cellules canc\u00e9reuses). Son profil ph\u00e9nolique (polyph\u00e9nols, flavono\u00efdes) conf\u00e8re des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires document\u00e9es. C&rsquo;est une plante qui illustre parfaitement combien la fronti\u00e8re entre aliment, rem\u00e8de et poison est une question de dose, de vari\u00e9t\u00e9 et de culture.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B., <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>, Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Roth L., Daunderer M., Kormann K., <em>Giftpflanzen \u2014 Pflanzengifte<\/em>, 6<sup>e<\/sup> \u00e9d., Nikol, 2012.<\/li>\n<li>Friedman M., \u00ab Potato glycoalkaloids and metabolites: roles in the plant and in the diet \u00bb, <em>Journal of Agricultural and Food Chemistry<\/em>, 2006, 54(23), 8655-8681.<\/li>\n<li>Cham B.E., \u00ab Drug therapy: Solasodine rhamnosyl glycosides specifically bind cancer cell receptors and induce apoptosis and necrosis \u00bb, <em>Treatment Strategies \u2014 Haematology<\/em>, 2012.<\/li>\n<li>Edmonds J.M., Chweya J.A., <em>Black Nightshades: Solanum nigrum L. and Related Species<\/em>, IPGRI, 1997.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La morelle noire est l&rsquo;une des plantes sauvages les plus controvers\u00e9es de la flore europ\u00e9enne \u2014 \u00e0 la fois mauvaise herbe banale des jardins et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[97],"tags":[],"class_list":["post-1396","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-solanacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1396","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1396"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1396\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13565,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1396\/revisions\/13565"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1396"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1396"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1396"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}