{"id":1403,"date":"2026-03-26T11:42:37","date_gmt":"2026-03-26T10:42:37","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/ortie-brulante\/"},"modified":"2026-04-26T08:15:17","modified_gmt":"2026-04-26T06:15:17","slug":"ortie-brulante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/ortie-brulante\/","title":{"rendered":"ORTIE BR\u00dbLANTE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Ortie%20br%C3%BBlante.jpg\" alt=\"Planche botanique Ortie br\u00fblante\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h2>I. Identit\u00e9 botanique<\/h2>\n<p>L&rsquo;ortie br\u00fblante, <em>Urtica urens<\/em> L., appartient \u00e0 la famille des <em>Urticaceae<\/em>. C&rsquo;est une plante herbac\u00e9e annuelle de 10 \u00e0 60 cm de hauteur, dress\u00e9e, \u00e0 tige quadrangulaire, simple ou ramifi\u00e9e, couverte de poils urticants (trichomes silicifi\u00e9s) et de poils simples. Les feuilles sont oppos\u00e9es, ovales \u00e0 elliptiques, longues de 2 \u00e0 5 cm, \u00e0 marge profond\u00e9ment et r\u00e9guli\u00e8rement dent\u00e9e-incis\u00e9e (dents aigu\u00ebs), \u00e0 limbe vert clair, portant des poils urticants sur les deux faces et les p\u00e9tioles. Contrairement \u00e0 l&rsquo;ortie dio\u00efque (<em>Urtica dioica<\/em> L.), <em>U. urens<\/em> est mono\u00efque (fleurs m\u00e2les et femelles sur le m\u00eame individu), de taille plus petite, annuelle et \u00e0 feuilles plus profond\u00e9ment incis\u00e9es. Les inflorescences sont des glom\u00e9rules axillaires courtement p\u00e9doncul\u00e9s, plus courts que le p\u00e9tiole (alors qu&rsquo;ils sont plus longs chez <em>U. dioica<\/em>). Les fleurs sont petites, verd\u00e2tres, an\u00e9mophiles. Le fruit est un ak\u00e8ne ovo\u00efde, comprim\u00e9, brun, de 1 \u00e0 1,5 mm. Le syst\u00e8me racinaire est fascicul\u00e9, peu profond, sans stolons (contrairement \u00e0 <em>U. dioica<\/em>). L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 24) et constitue un th\u00e9rophyte \u00e0 cycle rapide, bouclant son cycle de vie en 2 \u00e0 3 mois.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. \u00c9cologie et habitat<\/h2>\n<p><em>Urtica urens<\/em> est une esp\u00e8ce cosmopolite d&rsquo;origine probablement m\u00e9diterran\u00e9enne, aujourd&rsquo;hui pr\u00e9sente sur tous les continents. Elle est \u00e9troitement associ\u00e9e aux activit\u00e9s humaines et colonise les milieux rud\u00e9raux riches en azote : jardins potagers, pieds de murs, fumiers, composts, cultures sarcl\u00e9es, bordures de chemins et terrains vagues. L&rsquo;esp\u00e8ce est fortement nitrophile, indicatrice de sols enrichis en compos\u00e9s azot\u00e9s (ammonium, nitrates), phosphore et potassium. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols l\u00e9gers, meubles, bien a\u00e9r\u00e9s, sableux \u00e0 sablo-limoneux, plut\u00f4t neutres \u00e0 basiques. Elle tol\u00e8re la s\u00e9cheresse mod\u00e9r\u00e9e et se rencontre du niveau de la mer \u00e0 environ 1 500 m d&rsquo;altitude. La germination est possible toute l&rsquo;ann\u00e9e en climat doux, avec un pic printanier et un pic automnal, permettant plusieurs g\u00e9n\u00e9rations annuelles. L&rsquo;esp\u00e8ce appartient \u00e0 l&rsquo;alliance phytosociologique du <em>Chenopodion muralis<\/em> (communaut\u00e9s rud\u00e9rales thermophiles) et du <em>Fumario-Euphorbion<\/em> (adventices des cultures sarcl\u00e9es). Sa distribution est plus m\u00e9ridionale que celle de <em>U. dioica<\/em>, l&rsquo;ortie br\u00fblante \u00e9tant moins tol\u00e9rante au froid.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. Histoire et usages traditionnels<\/h2>\n<p>L&rsquo;ortie br\u00fblante partage une grande partie de son histoire m\u00e9dicinale avec l&rsquo;ortie dio\u00efque, les deux esp\u00e8ces \u00e9tant souvent confondues ou utilis\u00e9es indiff\u00e9remment dans la tradition. Dioscoride et Pline l&rsquo;Ancien mentionnent l&rsquo;<em>urtica<\/em> comme stimulante, diur\u00e9tique et emm\u00e9nagogue. L&rsquo;urtication (flagellation th\u00e9rapeutique de la peau avec des orties fra\u00eeches) \u00e9tait pratiqu\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 romaine contre les rhumatismes, les douleurs articulaires et la paralysie. Au Moyen \u00c2ge, les orties \u00e9taient consomm\u00e9es comme l\u00e9gume de disette (soupe d&rsquo;ortie), r\u00e9put\u00e9es tonifiantes et remin\u00e9ralisantes. L&rsquo;ortie br\u00fblante, plus petite et plus facile \u00e0 manipuler, \u00e9tait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e pour certaines pr\u00e9parations culinaires. La m\u00e9decine populaire utilisait le jus d&rsquo;ortie en h\u00e9mostatique local et l&rsquo;infusion comme diur\u00e9tique, d\u00e9puratif et galactog\u00e8ne. En hom\u00e9opathie, <em>Urtica urens<\/em> est un rem\u00e8de majeur pour les br\u00fblures au premier degr\u00e9, les r\u00e9actions urticariennes et les affections cutan\u00e9es prurigineuses. L&rsquo;esp\u00e8ce \u00e9tait \u00e9galement utilis\u00e9e en teinturerie (vert obtenu par mordan\u00e7age des feuilles) et la fibre de tige servait \u00e0 fabriquer des cordages et des textiles grossiers.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. Composition chimique d\u00e9taill\u00e9e<\/h2>\n<p>Le poil urticant de <em>Urtica urens<\/em> contient un cocktail d&rsquo;agents irritants : l&rsquo;<strong>histamine<\/strong> (1 \u00e0 5 \u00b5g par poil), l&rsquo;<strong>ac\u00e9tylcholine<\/strong>, la <strong>s\u00e9rotonine<\/strong> (5-hydroxytryptamine), de l&rsquo;<strong>acide formique<\/strong> (en faible quantit\u00e9, contrairement \u00e0 la croyance populaire), des <strong>leucotri\u00e8nes<\/strong> (LTB\u2084, LTC\u2084) et probablement des <strong>oxylipines<\/strong> et de l&rsquo;<strong>acide tartrique<\/strong>. Les feuilles contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong>rutine<\/strong>, <strong>querc\u00e9tine-3-O-glucoside<\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol-3-O-rutinoside<\/strong>, <strong>isorrhamn\u00e9tine<\/strong>. Les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> incluent l&rsquo;<strong>acide chlorog\u00e9nique<\/strong>, l&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ylmalique<\/strong> et l&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>. Les <strong>min\u00e9raux<\/strong> sont abondants : fer (jusqu&rsquo;\u00e0 40 mg\/100 g de mati\u00e8re s\u00e8che), calcium (2 000-3 000 mg\/100 g MS), magn\u00e9sium, potassium, silicium (silice : 1-4 % MS), mangan\u00e8se, zinc. Les <strong>vitamines<\/strong> sont repr\u00e9sent\u00e9es par les vitamines A (\u03b2-carot\u00e8ne), C (100-300 mg\/100 g MS), K\u2081 et du groupe B. Les prot\u00e9ines sont abondantes (20-30 % MS), avec un bon profil en acides amin\u00e9s essentiels. Des <strong>lectines<\/strong> (<em>Urtica dioica<\/em> agglutinin, UDA, pr\u00e9sente aussi chez <em>U. urens<\/em>) sont identifi\u00e9es dans les racines. Les <strong>lignanes<\/strong> et les <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> (\u03b2-sitost\u00e9rol, \u03b2-sitost\u00e9rol-3-O-glucoside) sont concentr\u00e9s dans les racines.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. Pharmacologie et m\u00e9canismes d&rsquo;action<\/h2>\n<p>Le m\u00e9canisme urticant est bien compris : le poil silicifi\u00e9 fonctionne comme une micro-aiguille hypodermique dont l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 se brise au contact de la peau, injectant le contenu vacuolaire irritant dans le derme. L&rsquo;<strong>histamine<\/strong> provoque une vasodilatation locale et un \u00e9ryth\u00e8me ; la <strong>s\u00e9rotonine<\/strong> amplifie la douleur ; l&rsquo;<strong>ac\u00e9tylcholine<\/strong> prolonge l&rsquo;effet douloureux. Ce m\u00e9canisme explique paradoxalement l&rsquo;effet anti-rhumatismal de l&rsquo;urtication : l&rsquo;injection locale d&rsquo;histamine et de leucotri\u00e8nes induit une contre-irritation, une hyperh\u00e9mie locale intense et une lib\u00e9ration locale de neuropeptides anti-inflammatoires (substance P, CGRP). Les extraits aqueux de feuilles exercent des effets anti-inflammatoires par inhibition des cytokines pro-inflammatoires (TNF-\u03b1, IL-1\u03b2), inhibition partielle de la COX-2 et inhibition de l&rsquo;activation du NF-\u03baB. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> contribuent \u00e0 l&rsquo;effet antioxydant et anti-inflammatoire. L&rsquo;effet diur\u00e9tique est attribu\u00e9 \u00e0 la richesse en potassium et aux flavono\u00efdes (aquar\u00e8se). L&rsquo;effet h\u00e9mostatique est li\u00e9 \u00e0 la <strong>vitamine K\u2081<\/strong>, cofacteur de la synth\u00e8se h\u00e9patique des facteurs de coagulation II, VII, IX et X. La richesse min\u00e9rale (fer, calcium, silicium) fonde l&rsquo;usage remin\u00e9ralisant.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h2>\n<p>(1) <strong>Effet anti-inflammatoire<\/strong> : l&rsquo;application topique de feuilles d&rsquo;ortie fra\u00eeches (urtication) a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e dans un essai clinique randomis\u00e9 en double aveugle contre placebo, montrant une r\u00e9duction significative de la douleur arthrosique de la base du pouce apr\u00e8s 1 semaine d&rsquo;application quotidienne. (2) <strong>Effet diur\u00e9tique<\/strong> : l&rsquo;infusion de feuilles d&rsquo;ortie augmente la diur\u00e8se chez le volontaire sain, l&rsquo;EMA et la Commission E reconnaissent cet usage pour le drainage des voies urinaires. (3) <strong>Effet antiallergique<\/strong> : des \u00e9tudes pr\u00e9liminaires montrent que l&rsquo;extrait d&rsquo;ortie inhibe la d\u00e9granulation des mastocytes, la synth\u00e8se de prostaglandines et l&rsquo;activit\u00e9 de la tryptase, sugg\u00e9rant un int\u00e9r\u00eat dans la rhinite allergique. (4) <strong>Effet remin\u00e9ralisant et tonique<\/strong> : la richesse en fer, calcium, silicium et vitamines fonde l&rsquo;usage traditionnel comme \u00ab\u00a0tonique printanier\u00a0\u00bb. (5) <strong>Effet hypoglyc\u00e9miant<\/strong> : des \u00e9tudes animales montrent une r\u00e9duction de la glyc\u00e9mie par les extraits aqueux d&rsquo;ortie, avec des donn\u00e9es pr\u00e9liminaires encourageantes chez l&rsquo;homme. (6) <strong>Effet h\u00e9mostatique local<\/strong> : le jus frais appliqu\u00e9 sur de petites plaies favorise l&rsquo;h\u00e9mostase gr\u00e2ce \u00e0 la vitamine K\u2081.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h2>\n<p>Les indications de <em>Urtica urens<\/em> recoupent largement celles de <em>U. dioica<\/em> (feuilles). L&rsquo;EMA reconna\u00eet l&rsquo;usage traditionnel des feuilles d&rsquo;ortie pour augmenter la diur\u00e8se dans les infections urinaires basses en compl\u00e9ment des mesures hygi\u00e9niques, et comme adjuvant dans les douleurs articulaires mineures. La Commission E approuve les feuilles d&rsquo;ortie comme diur\u00e9tique d&rsquo;irrigation dans les cystites et les troubles mictionnels, et en soutien dans les rhumatismes. En phytoth\u00e9rapie clinique, <em>U. urens<\/em> est utilis\u00e9e : en tisane remin\u00e9ralisante et d\u00e9purative (cure printani\u00e8re de 3 \u00e0 4 semaines) ; en diur\u00e9tique d&rsquo;accompagnement dans les infections urinaires basses ; en application locale (urtication contr\u00f4l\u00e9e) dans les douleurs arthrosiques et rhumatismales. En hom\u00e9opathie, <em>Urtica urens<\/em> est prescrite en basses dilutions (4CH \u00e0 9CH) pour les br\u00fblures cutan\u00e9es, l&rsquo;urticaire, le prurit, les piq\u00fbres d&rsquo;insectes, les pouss\u00e9es d&rsquo;ecz\u00e9ma et la diminution de la lactation. Les feuilles entrent dans la composition de compl\u00e9ments alimentaires remin\u00e9ralisants et de shampoings anti-chute (usage cosm\u00e9tique).<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. Posologie et modes d&#8217;emploi<\/h2>\n<p><strong>Infusion de feuilles s\u00e9ch\u00e9es<\/strong> : 2 \u00e0 4 g pour 250 mL d&rsquo;eau bouillante, infuser 10 min ; 3 \u00e0 4 tasses\/jour (effet diur\u00e9tique, remin\u00e9ralisant). <strong>Jus de plante fra\u00eeche<\/strong> (press\u00e9 au presse-agrumes) : 10 \u00e0 15 mL, 3 fois\/jour, dilu\u00e9 dans de l&rsquo;eau (cure d\u00e9purative). <strong>Poudre de feuilles<\/strong> (g\u00e9lules) : 300 \u00e0 600 mg, 3 fois\/jour. <strong>Extrait sec<\/strong> (titr\u00e9 en polyph\u00e9nols) : 150 \u00e0 300 mg, 2 \u00e0 3 fois\/jour. <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (plante fra\u00eeche, 1:5, \u00e9thanol 40 %) : 30 \u00e0 50 gouttes, 3 fois\/jour. <strong>Urtication th\u00e9rapeutique<\/strong> : appliquer des feuilles fra\u00eeches (face inf\u00e9rieure) sur la zone douloureuse pendant 30 secondes \u00e0 1 minute, 1 fois par jour pendant 1 \u00e0 2 semaines. <strong>Soupe d&rsquo;ortie<\/strong> (usage alimentaire) : jeunes pousses cuites, consomm\u00e9es comme l\u00e9gume (la cuisson inactive les poils urticants). <strong>Hom\u00e9opathie<\/strong> : <em>Urtica urens<\/em> 4CH \u00e0 9CH, 5 granules 3 \u00e0 4 fois\/jour. Les cures d&rsquo;infusion durent habituellement 3 \u00e0 6 semaines. L&rsquo;abondance d&rsquo;eau de boisson (1,5 \u00e0 2 L\/jour) est recommand\u00e9e en cas d&rsquo;usage diur\u00e9tique.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. Contre-indications et pr\u00e9cautions<\/h2>\n<p>Les feuilles d&rsquo;ortie sont contre-indiqu\u00e9es en cas d&rsquo;\u0153d\u00e8me li\u00e9 \u00e0 une insuffisance cardiaque ou r\u00e9nale (le drainage pourrait aggraver les troubles hydro\u00e9lectrolytiques). L&rsquo;usage diur\u00e9tique est d\u00e9conseill\u00e9 chez les patients sous diur\u00e9tiques de l&rsquo;anse ou thiazidiques (risque d&rsquo;hypokali\u00e9mie additive). La richesse en vitamine K\u2081 peut interf\u00e9rer avec les traitements par antivitamines K (warfarine, ac\u00e9nocoumarol) ; les patients sous AVK doivent maintenir une consommation constante d&rsquo;ortie ou l&rsquo;\u00e9viter. L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse (effets ut\u00e9rotoniques rapport\u00e9s dans la tradition, non confirm\u00e9s cliniquement, mais principe de pr\u00e9caution). L&rsquo;urtication volontaire est d\u00e9conseill\u00e9e chez les personnes allergiques s\u00e9v\u00e8res (risque d&rsquo;anaphylaxie th\u00e9orique, non document\u00e9). La manipulation de la plante fra\u00eeche sans gants provoque une dermatite urticarienne aigu\u00eb douloureuse mais b\u00e9nigne (r\u00e9solution en 30 \u00e0 60 minutes). Les personnes souffrant de lithiase r\u00e9nale oxalique doivent \u00eatre prudentes en raison de la teneur mod\u00e9r\u00e9e en oxalates.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h2>\n<p>La principale interaction cliniquement pertinente concerne les <strong>antivitamines K<\/strong> (warfarine, ac\u00e9nocoumarol, fluindione) : la richesse des feuilles d&rsquo;ortie en vitamine K\u2081 (200-500 \u00b5g\/100 g MS) peut antagoniser l&rsquo;effet anticoagulant et r\u00e9duire l&rsquo;INR. Les patients sous AVK doivent \u00eatre inform\u00e9s et leur INR surveill\u00e9 en cas d&rsquo;introduction ou d&rsquo;arr\u00eat de la consommation d&rsquo;ortie. L&rsquo;effet diur\u00e9tique peut s&rsquo;additionner \u00e0 celui des diur\u00e9tiques de synth\u00e8se, avec un risque th\u00e9orique de d\u00e9shydratation et d&rsquo;hypokali\u00e9mie. L&rsquo;effet hypoglyc\u00e9miant observ\u00e9 dans les \u00e9tudes animales pourrait potentialiser l&rsquo;action des antidiab\u00e9tiques oraux et de l&rsquo;insuline, bien que cela n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 document\u00e9 cliniquement. Les <strong>lectines<\/strong> de l&rsquo;ortie pourraient th\u00e9oriquement interagir avec des immunosuppresseurs, mais cet effet n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 in vivo. Les <strong>tanins<\/strong> peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption du fer m\u00e9dicamenteux et de certains antibiotiques ; un intervalle de 2 heures est conseill\u00e9. Aucune interaction significative via les cytochromes P450 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. Toxicologie<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 de <em>Urtica urens<\/em> est tr\u00e8s faible. La DL50 des extraits aqueux de feuilles d&rsquo;ortie chez le rat d\u00e9passe 2 000 mg\/kg par voie orale. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique (28 jours) \u00e0 1 000 mg\/kg\/j n&rsquo;ont pas montr\u00e9 de modifications biochimiques, h\u00e9matologiques ou histopathologiques significatives. Les tests de g\u00e9notoxicit\u00e9 (Ames, micronoyaux) sont n\u00e9gatifs. Le principal effet toxique est l&rsquo;irritation cutan\u00e9e par les poils urticants, qui est locale, douloureuse mais b\u00e9nigne, avec r\u00e9solution spontan\u00e9e. Dans de rares cas, une r\u00e9action allergique plus s\u00e9v\u00e8re (urticaire g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, \u0153d\u00e8me) peut survenir chez des individus hypersensibles. L&rsquo;ingestion de grandes quantit\u00e9s de plante fra\u00eeche non cuite peut provoquer une irritation buccale et gastro-intestinale (br\u00fblure de la muqueuse par les poils urticants intacts). La cuisson, le s\u00e9chage et la cong\u00e9lation inactivent les poils urticants. Chez le b\u00e9tail, aucune intoxication par l&rsquo;ortie br\u00fblante n&rsquo;est rapport\u00e9e, la plante \u00e9tant consomm\u00e9e sans dommage apr\u00e8s fanaison. La plante ne contient pas d&rsquo;alcalo\u00efdes, de glycosides cardiotoxiques ni de compos\u00e9s cyanog\u00e9n\u00e9tiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. Recherche scientifique r\u00e9cente<\/h2>\n<p>La recherche r\u00e9cente sur les orties est particuli\u00e8rement active. Des \u00e9tudes anti-inflammatoires montrent que les extraits de feuilles d&rsquo;ortie inhibent la voie JAK\/STAT et r\u00e9duisent la production de m\u00e9diateurs pro-inflammatoires dans des mod\u00e8les de polyarthrite rhumato\u00efde. Des essais cliniques sur la rhinite allergique saisonni\u00e8re montrent des r\u00e9sultats encourageants avec des extraits lyophilis\u00e9s de feuilles d&rsquo;ortie (300 mg, 3 fois\/jour). Des travaux de m\u00e9tabolomique ont permis d&rsquo;identifier de nouveaux compos\u00e9s ph\u00e9noliques sp\u00e9cifiques du genre <em>Urtica<\/em>. L&rsquo;\u00e9tude du m\u00e9canisme urticant \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle nanoscopique (microscopie \u00e9lectronique \u00e0 balayage, microanalyse chimique) a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que la pointe du poil est compos\u00e9e de silice hydrat\u00e9e et que la rupture se produit selon un plan de fragilit\u00e9 pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9. Des \u00e9tudes en agro\u00e9cologie explorent l&rsquo;utilisation du purin d&rsquo;ortie comme biostimulant et biopesticide. La fibre d&rsquo;ortie fait l&rsquo;objet d&rsquo;un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat comme textile durable et comme mat\u00e9riau composite biosourc\u00e9. Des recherches en oncologie montrent que la lectine d&rsquo;ortie (UDA) poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s immunomodulatrices et antitumorales in vitro. L&rsquo;esp\u00e8ce <em>U. urens<\/em> est utilis\u00e9e comme mod\u00e8le en hom\u00e9opathie exp\u00e9rimentale pour \u00e9tudier les effets de doses ultra-dilu\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XIII. Conservation et culture<\/h2>\n<p><em>Urtica urens<\/em> ne pr\u00e9sente aucun enjeu de conservation. C&rsquo;est une adventice commune, class\u00e9e \u00ab\u00a0Pr\u00e9occupation mineure\u00a0\u00bb (LC), non menac\u00e9e. Sa culture sp\u00e9cifique est rarement pratiqu\u00e9e, l&rsquo;ortie dio\u00efque (<em>U. dioica<\/em>) \u00e9tant pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e pour la production de drogue v\u00e9g\u00e9tale, de textile et de purin en raison de sa p\u00e9rennit\u00e9 et de sa biomasse sup\u00e9rieure. <em>U. urens<\/em> se cultive n\u00e9anmoins ais\u00e9ment par semis au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne, en sol riche en azote, frais et ensoleill\u00e9. La germination est rapide (5 \u00e0 10 jours). La plante boucle son cycle en 8 \u00e0 12 semaines et se ress\u00e8me spontan\u00e9ment. La r\u00e9colte des parties a\u00e9riennes s&rsquo;effectue avant la floraison (stade optimal de teneur en principes actifs et en min\u00e9raux). Le s\u00e9chage doit \u00eatre rapide \u00e0 basse temp\u00e9rature (40 \u00b0C) pour pr\u00e9server les polyph\u00e9nols et la couleur verte. Le port de gants \u00e9pais est indispensable pour la manipulation de la plante fra\u00eeche. En hom\u00e9opathie, la teinture-m\u00e8re est pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 partir de la plante fra\u00eeche enti\u00e8re r\u00e9colt\u00e9e au stade de floraison. L&rsquo;ortie br\u00fblante est une plante h\u00f4te pour plusieurs esp\u00e8ces de papillons (Nymphalidae : petite tortue, carte g\u00e9ographique, paon du jour).<\/p>\n<hr>\n<h2>XIV. R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\n<p>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nEuropean Medicines Agency (EMA). <em>Community herbal monograph on Urtica dioica L. and Urtica urens L., folium<\/em>. EMA\/HMPC\/508015\/2007.<br \/>\nRandall C. et al. Randomized controlled trial of nettle sting for treatment of base-of-thumb pain. <em>Journal of the Royal Society of Medicine<\/em>. 2000;93(6):305-309.<br \/>\nMittman P. Randomized, double-blind study of freeze-dried <em>Urtica dioica<\/em> in the treatment of allergic rhinitis. <em>Planta Medica<\/em>. 1990;56(1):44-47.<br \/>\nBeerling D.J. et al. The urticating apparatus of stinging nettles: a biomechanical perspective. <em>Journal of Experimental Botany<\/em>. 2019;70(19):5079-5087.<br \/>\nG\u00fcl\u00e7in I. et al. Antioxidant, antimicrobial, antiulcer and analgesic activities of nettle (<em>Urtica dioica<\/em> L.). <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>. 2004;90(2-3):205-215.<br \/>\nTison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. Identit\u00e9 botanique L&rsquo;ortie br\u00fblante, Urtica urens L., appartient \u00e0 la famille des Urticaceae. 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