{"id":1404,"date":"2026-03-26T11:42:39","date_gmt":"2026-03-26T10:42:39","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/ortie-dioique\/"},"modified":"2026-06-24T17:51:22","modified_gmt":"2026-06-24T15:51:22","slug":"grande-ortie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/grande-ortie\/","title":{"rendered":"GRANDE ORTIE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Grande%20ortie.jpg\" alt=\"Planche botanique Grande ortie\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La grande ortie est probablement la plante sauvage la plus utile d&rsquo;Europe \u2014 et la plus injustement m\u00e9pris\u00e9e. Redout\u00e9e pour ses poils urticants qui provoquent une br\u00fblure cuisante au moindre contact, elle est pourtant l&rsquo;une des plantes les plus riches nutritionnellement, l&rsquo;un des rem\u00e8des les plus polyvalents de la pharmacop\u00e9e traditionnelle, une fibre textile oubli\u00e9e de qualit\u00e9 sup\u00e9rieure \u00e0 celle du coton, un engrais vert de premier plan et un indicateur \u00e9cologique des sols riches. Rares sont les esp\u00e8ces qui cumulent autant de vertus dans autant de domaines.<\/p>\n<p>Pr\u00e9sente dans toutes les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es du monde, l&rsquo;ortie accompagne l&rsquo;homme depuis le N\u00e9olithique \u2014 elle pousse l\u00e0 o\u00f9 il vit, se nourrit de l&rsquo;azote qu&rsquo;il rejette, et lui rend en retour nourriture, textile, m\u00e9decine et fertilisant. Cette fiche propose une synth\u00e8se de ses aspects botaniques, phytochimiques et pharmacognosiques, dans le contexte d&rsquo;un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat contemporain pour cette plante au statut de \u00ab superaliment \u00bb et de \u00ab bioressource durable \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Urticaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Urtica<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Urtica dioica<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Grande ortie, Ortie dio\u00efque, Ortie commune, Ortie piquante, Ortie vivace.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Urtica<\/em> du latin <em>urere<\/em> (\u00ab br\u00fbler \u00bb), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la sensation de br\u00fblure provoqu\u00e9e par les poils urticants. <em>dioica<\/em> (\u00ab dio\u00efque \u00bb) indique que les fleurs m\u00e2les et femelles sont port\u00e9es par des individus diff\u00e9rents \u2014 contrairement \u00e0 la petite ortie (<em>U. urens<\/em>) qui est mono\u00efque.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace de 50 \u00e0 150 cm (parfois 200 cm dans les stations riches), \u00e0 souche rhizomateuse tra\u00e7ante, formant des colonies denses et \u00e9tendues. Le port est dress\u00e9, robuste, les tiges non ramifi\u00e9es formant des \u00ab fourr\u00e9s \u00bb imp\u00e9n\u00e9trables dans les stations favorables.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> dress\u00e9es, quadrangulaires, robustes, creuses, couvertes de <strong>poils urticants<\/strong> (trichomes siliceux \u00e0 bulbe toxique) et de poils non urticants. La tige contient des fibres lib\u00e9riennes de grande qualit\u00e9 (usage textile historique).<\/p>\n<p><strong>Poils urticants :<\/strong> structure remarquable \u2014 un tube siliceux effil\u00e9 en aiguille, termin\u00e9 par une pointe oblique qui se brise au moindre contact comme le col d&rsquo;une ampoule, injectant un m\u00e9lange d&rsquo;histamine, d&rsquo;ac\u00e9tylcholine, de s\u00e9rotonine et d&rsquo;acide formique dans l&rsquo;\u00e9piderme. C&rsquo;est l&rsquo;un des m\u00e9canismes de d\u00e9fense chimique les plus \u00e9labor\u00e9s du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> oppos\u00e9es-d\u00e9cuss\u00e9es, p\u00e9tiol\u00e9es (p\u00e9tiole de 2-5 cm), \u00e0 limbe ovale-lanc\u00e9ol\u00e9 de 5 \u00e0 15 cm, fortement dent\u00e9 en scie, cordiforme \u00e0 la base, acumin\u00e9 au sommet. La face sup\u00e9rieure est vert fonc\u00e9, la face inf\u00e9rieure plus claire. Les deux faces portent des poils urticants, surtout sur les nervures et les p\u00e9tioles.<\/p>\n<p><strong>Rhizome :<\/strong> jaune, tra\u00e7ant, ramifi\u00e9, tr\u00e8s vigoureux, permettant une propagation v\u00e9g\u00e9tative rapide et une persistance remarquable (les rhizomes peuvent persister et se r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer pendant des d\u00e9cennies).<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Dio\u00efcie :<\/strong> pieds m\u00e2les et pieds femelles s\u00e9par\u00e9s (parfois pieds sub-dio\u00efques avec quelques fleurs de l&rsquo;autre sexe).<\/p>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> grappes pendantes (femelles) ou dress\u00e9es-\u00e9tal\u00e9es (m\u00e2les), axillaires, ramifi\u00e9es en panicules gr\u00eales de 3 \u00e0 10 cm.<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> minuscule (1-2 mm), verd\u00e2tre, ap\u00e9tale. Les fleurs m\u00e2les contiennent 4 \u00e9tamines \u00e0 anth\u00e8res \u00e9lastiques qui \u00e9jectent le pollen \u00e0 distance lors de l&rsquo;ouverture (pollinisation an\u00e9mophile explosive \u2014 visible par temps sec comme un petit nuage de pollen). Les fleurs femelles ont un p\u00e9rianthe \u00e0 4 s\u00e9pales devenant charnus autour du fruit.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> ak\u00e8ne ovo\u00efde, comprim\u00e9, de 1-1,5 mm, brun, enferm\u00e9 dans les s\u00e9pales accrescents.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 octobre. Pollinisation an\u00e9mophile.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>L&rsquo;ortie est le <strong>nitrophile par excellence<\/strong>. Sa pr\u00e9sence massive est un indicateur infaillible de sols riches en azote (nitrates, ammonium). On la trouve dans les haies, lisi\u00e8res, foss\u00e9s, bords de cours d&rsquo;eau, friches, d\u00e9combres, pieds de murs, p\u00e2turages (au pied des cl\u00f4tures et des arbres fr\u00e9quent\u00e9s par le b\u00e9tail), jardins et abords des habitations. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance du <em>Aegopodion podagrariae<\/em> (m\u00e9gaphorbiaies nitrophiles).<\/p>\n<h3>B. Distribution<\/h3>\n<p>Cosmopolite dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es. Pr\u00e9sente dans toute la France, de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (jusqu&rsquo;\u00e0 2400 m). Absente uniquement des milieux tr\u00e8s secs, tr\u00e8s acides et tr\u00e8s pauvres en azote.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Feuilles :<\/strong> r\u00e9colt\u00e9es avant la floraison (mai-juin) pour l&rsquo;usage alimentaire et m\u00e9dicinal (anti-inflammatoire, diur\u00e9tique).<\/li>\n<li><strong>Racines :<\/strong> r\u00e9colt\u00e9es en automne \u2014 indication sp\u00e9cifique dans l&rsquo;hypertrophie b\u00e9nigne de la prostate (HBP).<\/li>\n<li><strong>Graines :<\/strong> usage nutritionnel (tonique) et en m\u00e9decine populaire.<\/li>\n<li><strong>Plante enti\u00e8re :<\/strong> pour le purin d&rsquo;ortie (fertilisant et insectifuge en jardinage).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La drogue \u00ab feuille d&rsquo;ortie \u00bb est inscrite \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong> (<em>Urticae folium<\/em>) et la \u00ab racine d&rsquo;ortie \u00bb (<em>Urticae radix<\/em>) dispose d&rsquo;une monographie distincte.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Feuilles \u2014 profil nutritionnel et m\u00e9dicinal<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Prot\u00e9ines :<\/strong> 25-30 % de la mati\u00e8re s\u00e8che \u2014 teneur exceptionnelle pour une plante sauvage, avec un profil d&rsquo;acides amin\u00e9s complet.<\/li>\n<li><strong>Min\u00e9raux :<\/strong> fer (4-5 mg\/100g frais), calcium (500-600 mg\/100g sec), magn\u00e9sium, silice, potassium. L&rsquo;ortie est l&rsquo;une des plantes les plus riches en fer assimilable.<\/li>\n<li><strong>Vitamines :<\/strong> C \u2014 teneur tr\u00e8s variable selon le mois de r\u00e9colte, de 0,6 mg\/100 g de feuilles fra\u00eeches en septembre \u00e0 25,7 mg\/100 g en ao\u00fbt, en passant par 6 \u00e0 9 mg\/100 g au printemps (Paulauskien\u0117 <em>et al.<\/em>, <em>Plants<\/em> 2021, 10:686, DOI 10.3390\/plants10040686). Provitamine A (\u03b2-carot\u00e8ne), K, B2, B9 (folates).<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">Chlorophylle<\/a> :<\/strong> teneur tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e (utilisation comme colorant vert alimentaire E140).<\/li>\n<li><strong>Flavono\u00efdes :<\/strong> <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol, isorhamn\u00e9tine et glycosides \u2014 activit\u00e9 antioxydante et anti-inflammatoire.<\/li>\n<li><strong>Acides ph\u00e9noliques :<\/strong> acide caf\u00e9oylmalique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>.<\/li>\n<li><strong>Acides organiques :<\/strong> acide formique, acide ac\u00e9tique, acide oxalique.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>B. Racines \u2014 profil pharmacologique sp\u00e9cifique<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Lectines :<\/strong> agglutinine d&rsquo;<em>Urtica dioica<\/em> (UDA) \u2014 prot\u00e9ine se liant aux glucides, impliqu\u00e9e dans l&rsquo;activit\u00e9 sur la prostate.<\/li>\n<li><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">Lignanes<\/a> :<\/strong> (\u2013)-s\u00e9coisolaricir\u00e9sinol et d\u00e9riv\u00e9s \u2014 se lient \u00e0 la SHBG (sex hormone-binding globulin), modulant la biodisponibilit\u00e9 des hormones sexuelles.<\/li>\n<li><strong>St\u00e9rols :<\/strong> <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a>, stigmast\u00e9rol \u2014 inhibiteurs de la 5\u03b1-r\u00e9ductase (conversion testost\u00e9rone \u2192 dihydrotestost\u00e9rone).<\/li>\n<li><strong>Polysaccharides :<\/strong> glucanes immunomodulateurs.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>C. Poils urticants \u2014 cocktail inflammatoire<\/h3>\n<p><strong>Histamine<\/strong> (1 %), <strong>ac\u00e9tylcholine<\/strong> (0,2 %), <strong>s\u00e9rotonine<\/strong> (5-HT), <strong>acide formique<\/strong>, <strong>leucotri\u00e8nes<\/strong>. Ce m\u00e9lange provoque la r\u00e9action inflammatoire locale caract\u00e9ristique (douleur, \u00e9ryth\u00e8me, papules).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Activit\u00e9 anti-inflammatoire (feuilles)<\/h3>\n<p>Les flavono\u00efdes et les acides ph\u00e9noliques inhibent la cascade inflammatoire : r\u00e9duction de la production de cytokines pro-inflammatoires (TNF-\u03b1, IL-1\u03b2), inhibition de la COX-2 et de la 5-lipoxyg\u00e9nase, r\u00e9duction de la production de NF-\u03baB. Cet effet fonde l&rsquo;usage de l&rsquo;ortie dans les douleurs articulaires et les rhumatismes.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 sur l&rsquo;hypertrophie b\u00e9nigne de la prostate (racines)<\/h3>\n<p>La racine d&rsquo;ortie agit par plusieurs m\u00e9canismes convergents sur la prostate :<\/p>\n<ul>\n<li>Les lignanes se lient \u00e0 la SHBG, r\u00e9duisant la fraction libre de dihydrotestost\u00e9rone (DHT) disponible pour la prostate.<\/li>\n<li>Le \u03b2-sitost\u00e9rol inhibe partiellement la 5\u03b1-r\u00e9ductase.<\/li>\n<li>Les lectines (UDA) inhibent la prolif\u00e9ration des cellules prostatiques <em>in vitro<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces m\u00e9canismes contribuent \u00e0 r\u00e9duire les sympt\u00f4mes urinaires de l&rsquo;HBP (pollakiurie, dysurie, nycturie).<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 diur\u00e9tique (feuilles)<\/h3>\n<p>La richesse en potassium et en acides organiques conf\u00e8re un effet diur\u00e9tique aquar\u00e9tique (augmentation du volume urinaire sans perte excessive d&rsquo;\u00e9lectrolytes). Usage dans les infections urinaires basses et la pr\u00e9vention des calculs (drainage).<\/p>\n<h3>D. Activit\u00e9 antiallergique<\/h3>\n<p>Des \u00e9tudes pr\u00e9liminaires sugg\u00e8rent que les extraits d&rsquo;ortie inhibent la d\u00e9granulation des mastocytes et la lib\u00e9ration d&rsquo;histamine \u2014 effet paradoxal pour une plante dont les poils contiennent de l&rsquo;histamine. Cet effet pourrait expliquer l&rsquo;usage populaire de l&rsquo;ortie contre la rhinite allergique (rhume des foins).<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Deux usages traditionnels sont reconnus :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Feuilles :<\/strong> \u00ab comme adjuvant dans les douleurs articulaires mineures \u00bb et \u00ab comme diur\u00e9tique pour augmenter la quantit\u00e9 d&rsquo;urine afin de r\u00e9aliser un drainage des voies urinaires \u00bb.<\/li>\n<li><strong>Racines :<\/strong> \u00ab soulagement des sympt\u00f4mes urinaires bas associ\u00e9s \u00e0 l&rsquo;hypertrophie b\u00e9nigne de la prostate, apr\u00e8s exclusion de conditions s\u00e9rieuses par un m\u00e9decin \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Plusieurs essais cliniques randomis\u00e9s ont montr\u00e9 une efficacit\u00e9 de la racine d&rsquo;ortie sup\u00e9rieure au placebo dans l&rsquo;HBP (am\u00e9lioration du score IPSS, du d\u00e9bit urinaire). L&rsquo;association racine d&rsquo;ortie + fruit de palmier nain (<em>Serenoa repens<\/em>) est une combinaison classique en phytoth\u00e9rapie de la prostate.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a>)<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Diur\u00e9tiques, antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Scopol\u00e9tine, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/td>\n<td>Coumarine \/ phytost\u00e9rol<\/td>\n<td>Anti-inflammatoires (racine, HBP)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Silice, potassium, fer<\/td>\n<td>Min\u00e9raux<\/td>\n<td>Remin\u00e9ralisants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques (caf\u00e9oylmalique)<\/td>\n<td>Polyph\u00e9nols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Feuilles fra\u00eeches :<\/strong> soupe d&rsquo;ortie (le blanchiment d\u00e9truit les poils urticants), smoothie vert, pesto, flan \u2014 usage alimentaire de premier plan.<\/li>\n<li><strong>Infusion de feuilles :<\/strong> 2-4 g pour 150 ml, 10 min. 3 tasses\/jour (diur\u00e9tique, remin\u00e9ralisant).<\/li>\n<li><strong>Poudre de feuilles :<\/strong> g\u00e9lules de 300-500 mg, 3-6\/jour (remin\u00e9ralisant, anti-inflammatoire).<\/li>\n<li><strong>Extrait de racines :<\/strong> extrait sec standardis\u00e9, 300-600 mg\/jour en 2 prises (HBP).<\/li>\n<li><strong>Jus frais :<\/strong> plante fra\u00eeche press\u00e9e, 10-15 ml dilu\u00e9 dans de l&rsquo;eau, cure de printemps (d\u00e9puratif).<\/li>\n<li><strong>Purin d&rsquo;ortie :<\/strong> mac\u00e9ration 10-15 jours dans l&rsquo;eau (dilution 1:10 pour arrosage fertilisant, 1:20 en pulv\u00e9risation foliaire insectifuge).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;ortie est une plante de <strong>toxicit\u00e9 nulle<\/strong> par voie orale (une fois les poils urticants neutralis\u00e9s par la cuisson, le s\u00e9chage ou le broyage). C&rsquo;est un aliment consomm\u00e9 depuis des mill\u00e9naires sans probl\u00e8me. Seuls les poils urticants provoquent une r\u00e9action cutan\u00e9e locale (dermatite de contact) \u2014 douloureuse mais b\u00e9nigne et transitoire (15-60 minutes). Contre-indication de l&rsquo;extrait de racine : cancer de la prostate, obstruction urinaire. Les feuilles sont d\u00e9conseill\u00e9es en cas d&rsquo;\u0153d\u00e8me li\u00e9 \u00e0 une insuffisance cardiaque ou r\u00e9nale (effet diur\u00e9tique).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<h3>A. Usage alimentaire<\/h3>\n<p>L&rsquo;ortie est un l\u00e9gume sauvage d&rsquo;excellence, au go\u00fbt d\u00e9licat rappelant l&rsquo;\u00e9pinard et la noisette verte. Ses jeunes pousses printani\u00e8res (mars-mai) sont les plus tendres. La <strong>soupe d&rsquo;ortie<\/strong> est un classique pan-europ\u00e9en, du <em>n\u00e4sselsoppa<\/em> su\u00e9dois au <em>potage aux orties<\/em> fran\u00e7ais. Les feuilles sont aussi consomm\u00e9es en quiche, gratin, risotto, pesto, pain, bi\u00e8re (<em>nettle beer<\/em> anglaise), fromage (gouda n\u00e9erlandais aux orties) et m\u00eame en glace.<\/p>\n<h3>B. Usage textile<\/h3>\n<p>Les fibres lib\u00e9riennes de la tige d&rsquo;ortie produisent un textile comparable au lin, utilis\u00e9 en Europe depuis l&rsquo;\u00c2ge du Bronze. Pendant les guerres mondiales, l&rsquo;Allemagne a relanc\u00e9 la culture textile de l&rsquo;ortie. Un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat contemporain existe pour le \u00ab nettle cloth \u00bb comme alternative \u00e9cologique au coton.<\/p>\n<h3>C. Usage tinctorial et cosm\u00e9tique<\/h3>\n<p>La chlorophylle de l&rsquo;ortie est utilis\u00e9e comme colorant vert alimentaire (E140). En cosm\u00e9tique, les extraits d&rsquo;ortie entrent dans les shampoings (fortifiant capillaire, antipelliculaire) et les lotions pour peaux grasses.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Plante nourrici\u00e8re majeure :<\/strong> les feuilles d&rsquo;ortie nourrissent les chenilles de plusieurs papillons embl\u00e9matiques \u2014 Paon du jour (<em>Aglais io<\/em>), Petite tortue (<em>Aglais urticae<\/em>), Vulcain (<em>Vanessa atalanta<\/em>), Robert-le-diable (<em>Polygonia c-album<\/em>). La destruction syst\u00e9matique des orties menace directement ces esp\u00e8ces.<\/li>\n<li><strong>Indicatrice de richesse azot\u00e9e :<\/strong> sa pr\u00e9sence massive signale un exc\u00e8s d&rsquo;azote dans le sol (nitrates d&rsquo;origine organique ou agricole).<\/li>\n<li><strong>Purin fertilisant et insectifuge :<\/strong> le purin d&rsquo;ortie est l&rsquo;outil de base du jardinage biologique (stimulant de croissance, r\u00e9pulsif des pucerons).<\/li>\n<li><strong>Biodiversit\u00e9 :<\/strong> les massifs d&rsquo;orties abritent une faune diversifi\u00e9e (insectes, araign\u00e9es, oiseaux nicheurs).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Urtica urens<\/em><\/strong> (petite ortie) : annuelle, plus petite (20-50 cm), mono\u00efque, feuilles plus arrondies. M\u00eames propri\u00e9t\u00e9s.<\/li>\n<li><strong><em>Lamium album<\/em><\/strong> (lamier blanc) : feuilles tr\u00e8s similaires mais pas de poils urticants, fleurs blanches bilabi\u00e9es. S&rsquo;identifier au toucher.<\/li>\n<li><strong><em>Lamium purpureum<\/em><\/strong> (lamier pourpre) : m\u00eame aspect \u00ab orti\u00e9 \u00bb mais sans piq\u00fbre.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La grande ortie est l&rsquo;une des plantes les plus compl\u00e8tes de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne : nutritive (prot\u00e9ines, fer, vitamines, min\u00e9raux), anti-inflammatoire (flavono\u00efdes, acides ph\u00e9noliques), active sur la prostate (lignanes, lectines, st\u00e9rols des racines) et diur\u00e9tique. Son inscription \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne avec deux monographies distinctes (feuilles et racines) refl\u00e8te cette polyvalence pharmacologique. Au-del\u00e0 de la m\u00e9decine, l&rsquo;ortie est un aliment exceptionnel, une fibre textile \u00e9cologique, un fertilisant biologique et une plante h\u00f4te indispensable aux papillons \u2014 un mod\u00e8le de \u00ab plante \u00e0 tout faire \u00bb qui m\u00e9rite une reconnaissance bien sup\u00e9rieure \u00e0 sa r\u00e9putation de \u00ab mauvaise herbe piquante \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, monographies <em>Urticae folium<\/em> et <em>Urticae radix<\/em>, 10<sup>e<\/sup> \u00e9d.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B., <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>, Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Schneider T., R\u00fcbben H., \u00ab Stinging nettle root extract (<em>Bazoton\u00ae-Uno<\/em>) in long-term treatment of benign prostatic syndrome (BPS) \u00bb, <em>Der Urologe A<\/em>, 2004.<\/li>\n<li>Couplan F., <em>Le r\u00e9gal v\u00e9g\u00e9tal \u2014 Plantes sauvages comestibles<\/em>, Sang de la Terre, 2009.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Remin\u00e9ralisant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique \/ d\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antirhumatismal<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antiprostatique (racine, HBP)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La grande ortie est probablement la plante sauvage la plus utile d&rsquo;Europe \u2014 et la plus injustement m\u00e9pris\u00e9e. 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