{"id":1406,"date":"2026-03-26T11:42:42","date_gmt":"2026-03-26T10:42:42","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/parietaire-de-judee\/"},"modified":"2026-04-26T08:30:55","modified_gmt":"2026-04-26T06:30:55","slug":"parietaire-de-judee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/parietaire-de-judee\/","title":{"rendered":"PARI\u00c9TAIRE DE JUD\u00c9E"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Pari%C3%A9taire%20de%20Jud%C3%A9e.jpg\" alt=\"Planche botanique Pari\u00e9taire de Jud\u00e9e\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<h2>I. Identit\u00e9 botanique<\/h2>\n<p>La <strong>pari\u00e9taire de Jud\u00e9e<\/strong> (<em>Parietaria judaica<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Urticaceae<\/strong> (tribu des Parietarieae). Le genre <em>Parietaria<\/em> comprend une vingtaine d&rsquo;esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et subtropicales. Les synonymes incluent <em>Parietaria diffusa<\/em> Mert. &amp; W.D.J.Koch et <em>Parietaria ramiflora<\/em> Moench. Le nombre chromosomique est 2n = 26. Le nom <em>Parietaria<\/em> vient du latin <em>paries<\/em> (mur), car la plante affectionne les vieux murs ; <em>judaica<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la Jud\u00e9e. En anglais : <em>pellitory-of-the-wall<\/em>, <em>spreading pellitory<\/em>. La plante est mono\u00efque, \u00e0 fleurs unisexu\u00e9es et hermaphrodites m\u00eal\u00e9es dans les m\u00eames glom\u00e9rules.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. Morphologie compl\u00e8te<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace (parfois annuelle sous climats froids), de 20 \u00e0 80 cm, \u00e0 port \u00e9tal\u00e9 ou retombant. Les <strong>tiges<\/strong> sont rameuses d\u00e8s la base, cylindriques, rouge\u00e2tres, pubescentes (poils non urticants, contrairement \u00e0 l&rsquo;ortie). Les <strong>feuilles<\/strong> sont alternes, ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, de 2 \u00e0 7 cm de long, \u00e0 sommet aigu, \u00e0 base cun\u00e9iforme, enti\u00e8res, trinerv\u00e9es \u00e0 la base, pubescentes sur les deux faces, d&rsquo;un vert brillant ; le p\u00e9tiole est court (5-15 mm). L&rsquo;<strong>inflorescence<\/strong> est constitu\u00e9e de glom\u00e9rules axillaires sessiles de petites fleurs verd\u00e2tres (1-2 mm), entour\u00e9es de bract\u00e9es soud\u00e9es \u00e0 la base. Les <strong>fleurs<\/strong> m\u00e2les ont 4 t\u00e9pales et 4 \u00e9tamines \u00e0 filets \u00e9lastiques qui, en se d\u00e9pliant brusquement, projettent le pollen (m\u00e9canisme de catapulte). Les fleurs femelles ont un t\u00e9pale tubuleux et un ovaire sup\u00e8re avec un style plumeux. Le <strong>fruit<\/strong> (ak\u00e8ne) est petit (1 mm), ovo\u00efde, noir, luisant, envelopp\u00e9 par le p\u00e9rianthe persistant. Le <strong>syst\u00e8me racinaire<\/strong> est fascicul\u00e9, s&rsquo;insinuant dans les fissures des murs.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. Origine g\u00e9ographique &amp; r\u00e9partition<\/h2>\n<p>Originaire de la r\u00e9gion <strong>m\u00e9diterran\u00e9enne<\/strong> et de l&rsquo;<strong>Europe m\u00e9ridionale<\/strong>. <em>Parietaria judaica<\/em> est indig\u00e8ne autour de tout le bassin m\u00e9diterran\u00e9en, des A\u00e7ores au Caucase et \u00e0 l&rsquo;Afrique du Nord. En Europe, elle remonte le long des c\u00f4tes atlantiques jusqu&rsquo;en Grande-Bretagne et en Irlande, profitant du climat oc\u00e9anique doux. En France, elle est commune dans tout le Midi m\u00e9diterran\u00e9en et remonte dans l&rsquo;Ouest atlantique (Bretagne, Aquitaine) et la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne. Elle est plus rare dans le Nord et l&rsquo;Est. Elle a \u00e9t\u00e9 introduite et naturalis\u00e9e en Australie (o\u00f9 elle est consid\u00e9r\u00e9e comme invasive), en Am\u00e9rique du Nord (Californie), en Am\u00e9rique du Sud et en Afrique du Sud. Elle est strictement li\u00e9e aux habitats anthropiques dans toute son aire, rarement trouv\u00e9e loin des constructions humaines.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. \u00c9cologie &amp; habitat<\/h2>\n<p>Esp\u00e8ce rupicole et muricole par excellence, la pari\u00e9taire colonise les <strong>vieux murs<\/strong>, les <strong>ruines<\/strong>, les <strong>fissures de rochers<\/strong>, les <strong>pieds de murs<\/strong>, les <strong>d\u00e9combres<\/strong> et les <strong>talus<\/strong> pierreux. Elle est nitrophile et thermophile, li\u00e9e aux microhabitats abrit\u00e9s et enrichis en azote par les d\u00e9jections d&rsquo;oiseaux et la d\u00e9composition organique. Elle tol\u00e8re l&rsquo;ombre partielle et se d\u00e9veloppe fr\u00e9quemment sur les faces nord des murs. Ses racines s&rsquo;insinuent dans les moindres fissures, contribuant parfois \u00e0 la d\u00e9gradation des ma\u00e7onneries. Elle pr\u00e9f\u00e8re les substrats calcaires mais tol\u00e8re aussi les roches siliceuses. Elle est caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance phytosociologique du Parietarion judaicae (v\u00e9g\u00e9tation nitrophile des vieux murs m\u00e9diterran\u00e9ens). La floraison est tr\u00e8s longue (mars-novembre en climat m\u00e9diterran\u00e9en), produisant de grandes quantit\u00e9s de pollen. Cette production pollinique massive en fait l&rsquo;un des allerg\u00e8nes majeurs du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. Phytochimie d\u00e9taill\u00e9e<\/h2>\n<p>La phytochimie de <em>P. judaica<\/em> est int\u00e9ressante et diversifi\u00e9e. Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong>querc\u00e9tine<\/strong>, <strong>isoquercitrine<\/strong>, <strong>rutine<\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol-3-O-glucoside<\/strong> (astragaline). Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s : <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide chlorog\u00e9nique<\/strong>, <strong>acide rosmarinique<\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>. La plante contient des quantit\u00e9s significatives de <strong>nitrate de potassium<\/strong> (salp\u00eatre, jusqu&rsquo;\u00e0 1-2 % du poids sec), responsable de ses propri\u00e9t\u00e9s diur\u00e9tiques. Des <strong>mucilages<\/strong> et des <strong>tanins<\/strong> sont pr\u00e9sents. Des <strong>triterp\u00e8nes<\/strong> (<strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong>, <strong>acide ursolique<\/strong>) et des <strong>st\u00e9rols<\/strong> (<strong>b\u00eata-sitost\u00e9rol<\/strong>) ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s. Les <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> ne sont pas pr\u00e9sents (contrairement \u00e0 certaines Boraginaceae avec lesquelles on la confond parfois). Le pollen contient les <strong>allerg\u00e8nes<\/strong> majeurs Par j 1 (lipid transfer protein), Par j 2 (profiline) et Par j 3, responsables de la pollinose s\u00e9v\u00e8re. Les feuilles contiennent aussi de la <strong>vitamine C<\/strong>, du <strong>soufre<\/strong> et des <strong>sels min\u00e9raux<\/strong> (potassium, calcium, fer).<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. Propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de <em>P. judaica<\/em> sont bien \u00e9tay\u00e9es par la recherche moderne. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>diur\u00e9tique<\/strong> est significative et confirm\u00e9e in vivo chez le rat, attribu\u00e9e au nitrate de potassium et aux flavono\u00efdes ; l&rsquo;augmentation du d\u00e9bit urinaire atteint 40-60 % par rapport au t\u00e9moin. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>anti-inflammatoire<\/strong> est d\u00e9montr\u00e9e par inhibition de la COX-1 et COX-2 (IC50 : 45-80 \u00b5g\/mL) et r\u00e9duction de l&rsquo;oed\u00e8me de la patte du rat (mod\u00e8le \u00e0 la carrag\u00e9nine) de 35-50 %. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>antioxydante<\/strong> est marqu\u00e9e (IC50 DPPH : 18-30 \u00b5g\/mL), attribu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;acide rosmarinique et aux flavono\u00efdes. Des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antimicrobiennes<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es contre <em>S. aureus<\/em>, <em>E. coli<\/em> et <em>C. albicans<\/em>. L&rsquo;effet <strong>antihypertenseur<\/strong> a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 chez le rat (r\u00e9duction de 15-20 mmHg de la pression art\u00e9rielle systolique). Des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antilithiasiques<\/strong> (dissolution des calculs r\u00e9naux) sont d\u00e9crites in vitro. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>h\u00e9patoprotectrice<\/strong> a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e dans un mod\u00e8le d&rsquo;intoxication au parac\u00e9tamol. Des effets <strong>hypoglyc\u00e9miants<\/strong> l\u00e9gers ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h2>\n<p>La pari\u00e9taire est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus anciennes de la pharmacop\u00e9e m\u00e9diterran\u00e9enne. <strong>Dioscoride<\/strong> la recommande d\u00e9j\u00e0 comme diur\u00e9tique et pour les calculs urinaires. <strong>Pline l&rsquo;Ancien<\/strong> la prescrit contre la toux et les maux de gorge. En <strong>herboristerie fran\u00e7aise<\/strong> traditionnelle, elle fait partie des \u00ab esp\u00e8ces diur\u00e9tiques \u00bb classiques et entre dans la composition de tisanes pour les affections urinaires (calculs, cystites, r\u00e9tention d&rsquo;eau). En <strong>m\u00e9decine populaire italienne<\/strong>, la d\u00e9coction est utilis\u00e9e contre les calculs r\u00e9naux, les infections urinaires et comme \u00ab rafra\u00eechissant du sang \u00bb. En <strong>m\u00e9decine traditionnelle maghr\u00e9bine<\/strong>, les cataplasmes de feuilles fra\u00eeches sont appliqu\u00e9s sur les plaies, les br\u00fblures et les furoncles. Au <strong>Portugal<\/strong>, la plante est employ\u00e9e contre les douleurs rhumatismales. En <strong>Provence<\/strong>, la d\u00e9coction servait \u00e0 nettoyer les bouteilles et la verrerie (propri\u00e9t\u00e9s abrasives dues \u00e0 la silice et aux poils). La plante fra\u00eeche \u00e9tait utilis\u00e9e en cuisine comme l\u00e9gume printanier (soupes, omelettes) dans le sud de la France et en Italie.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. Posologie &amp; formes d&#8217;emploi<\/h2>\n<p><strong>Infusion de plante enti\u00e8re :<\/strong> 30 \u00e0 50 g de plante fra\u00eeche (ou 15-20 g s\u00e8che) par litre d&rsquo;eau bouillante, infuser 15 minutes. 3 \u00e0 4 tasses par jour comme diur\u00e9tique et pour les affections urinaires.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction :<\/strong> 30 g de plante s\u00e8che par litre d&rsquo;eau, bouillir 10 minutes. 2 \u00e0 3 tasses par jour en cure de 3 semaines pour les calculs r\u00e9naux.<\/p>\n<p><strong>Suc frais :<\/strong> plante fra\u00eeche pass\u00e9e au presse-jus, 30 \u00e0 50 mL par jour dilu\u00e9s dans de l&rsquo;eau, comme diur\u00e9tique et d\u00e9puratif (usage traditionnel proven\u00e7al).<\/p>\n<p><strong>Cataplasme :<\/strong> feuilles fra\u00eeches broy\u00e9es appliqu\u00e9es sur les plaies, br\u00fblures superficielles et furoncles.<\/p>\n<p><strong>Teinture m\u00e8re :<\/strong> mac\u00e9ration 1:5 dans \u00e9thanol \u00e0 45\u00b0, 30 \u00e0 50 gouttes 3 fois par jour.<\/p>\n<p>La plante figure dans la pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise (liste A des plantes m\u00e9dicinales) et est utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie officinale.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. Toxicologie &amp; effets ind\u00e9sirables<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 de <em>P. judaica<\/em> est faible. Le principal risque n&rsquo;est pas li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ingestion mais au <strong>pollen<\/strong>, responsable d&rsquo;une <strong>pollinose s\u00e9v\u00e8re<\/strong> dans les r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes. Les allerg\u00e8nes Par j 1 et Par j 2 provoquent rhinite allergique, conjonctivite et asthme chez 15-20 % de la population du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en, avec des pics en mars-juin et septembre-octobre. Le contact cutan\u00e9 avec la plante peut provoquer une <strong>dermatite de contact<\/strong> chez les personnes sensibilis\u00e9es (plus rarement que l&rsquo;ortie, car les poils ne sont pas urticants). \u00c0 doses excessives, l&rsquo;effet diur\u00e9tique peut provoquer une <strong>d\u00e9shydratation<\/strong> et une perte de potassium paradoxale (malgr\u00e9 l&rsquo;apport de KNO3). L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 chez les personnes allergiques \u00e0 la pari\u00e9taire (risque de r\u00e9action crois\u00e9e par voie orale). <strong>Contre-indications :<\/strong> insuffisance r\u00e9nale s\u00e9v\u00e8re, grossesse (effet ut\u00e9rotonique rapport\u00e9 dans certaines traditions), hypotension. Pas d&rsquo;interaction m\u00e9dicamenteuse document\u00e9e, mais prudence avec les diur\u00e9tiques (effet additif) et les antihypertenseurs.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. Pharmacognosie<\/h2>\n<p>La <strong>drogue<\/strong> est constitu\u00e9e des parties a\u00e9riennes fleuries r\u00e9colt\u00e9es de mai \u00e0 septembre. La plante enti\u00e8re est arrach\u00e9e ou coup\u00e9e \u00e0 la base, s\u00e9ch\u00e9e rapidement \u00e0 l&rsquo;ombre ou en \u00e9tuve ventil\u00e9e \u00e0 35-40 \u00b0C (le s\u00e9chage lent provoque un noircissement). La plante s\u00e8che est vert gris\u00e2tre, fragile, \u00e0 saveur fade l\u00e9g\u00e8rement sal\u00e9e (nitrate de potassium). Au <strong>microscope<\/strong>, la feuille montre un \u00e9piderme \u00e0 cystolithes (concr\u00e9tions de carbonate de calcium caract\u00e9ristiques des Urticaceae), des poils tecteurs unicellulaires \u00e0 paroi verruqueuse, des stomates anomocytiques principalement sur la face abaxiale. Les cystolithes apparaissent comme des masses arrondies, p\u00e9dicul\u00e9es, dans des cellules \u00e9pidermiques \u00e9largies (lithocystes). La tige en section transversale montre un \u00e9piderme \u00e0 poils, un collenchyme angulaire sous-\u00e9pidermique, et des faisceaux vasculaires en anneau. Le dosage du <strong>nitrate de potassium<\/strong> (m\u00e9thode de Devarda) et des <strong>flavono\u00efdes totaux<\/strong> (spectrophotom\u00e9trie AlCl3, exprim\u00e9s en querc\u00e9tine, norme sup\u00e9rieure \u00e0 0,5 %) constituent les crit\u00e8res de qualit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. Aspects culturels &amp; historiques<\/h2>\n<p>La pari\u00e9taire est intimement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;architecture et \u00e0 l&rsquo;histoire des villes m\u00e9diterran\u00e9ennes. Son nom latin <em>Parietaria<\/em> (du mur) traduit cette association mill\u00e9naire avec les constructions humaines. <strong>Dioscoride<\/strong> l&rsquo;appelle <em>helxine<\/em> et la recommande d\u00e9j\u00e0 au Ier si\u00e8cle. Au <strong>Moyen \u00c2ge<\/strong>, elle est inscrite dans tous les antidotaires et herbiers : le <em>Capitulaire de Villis<\/em> de Charlemagne (812) la mentionne parmi les plantes \u00e0 cultiver dans les jardins royaux. En <strong>Provence<\/strong>, elle \u00e9tait appel\u00e9e \u00ab herbe de verre \u00bb car les verriers l&rsquo;utilisaient pour nettoyer les bouteilles gr\u00e2ce \u00e0 ses feuilles rugueuses. En <strong>Italie m\u00e9ridionale<\/strong>, elle reste un ingr\u00e9dient culinaire populaire : les jeunes pousses entrent dans la composition de la <em>frittata di parietaria<\/em> en Campanie et en Sicile. Son r\u00f4le en tant qu&rsquo;<strong>allerg\u00e8ne majeur<\/strong> dans les villes m\u00e9diterran\u00e9ennes a conduit des municipalit\u00e9s (Barcelone, Naples, Palerme) \u00e0 mener des campagnes d&rsquo;arrachage sur les b\u00e2timents publics. La plante symbolise la r\u00e9silience v\u00e9g\u00e9tale urbaine, capable de coloniser la moindre fissure de b\u00e9ton.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. Recherche scientifique actuelle<\/h2>\n<p>Les recherches actuelles sur <em>P. judaica<\/em> suivent deux axes principaux. En <strong>allergologie<\/strong>, la caract\u00e9risation mol\u00e9culaire des allerg\u00e8nes (Par j 1, Par j 2, Par j 3, Par j 4) est approfondie pour d\u00e9velopper des traitements d&rsquo;immunoth\u00e9rapie sp\u00e9cifique (d\u00e9sensibilisation) plus efficaces. Les r\u00e9actions crois\u00e9es avec d&rsquo;autres allerg\u00e8nes de type LTP (lipid transfer proteins) pr\u00e9sents dans les fruits (p\u00eache, pomme) sont \u00e9tudi\u00e9es dans le cadre du syndrome \u00ab pollen-aliment \u00bb. En <strong>pharmacologie<\/strong>, les propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires de l&rsquo;acide rosmarinique et des flavono\u00efdes sont explor\u00e9es pour le d\u00e9veloppement de phytom\u00e9dicaments urinaires standardis\u00e9s. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>antilithiasique<\/strong> fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes in vitro et in vivo prometteuses (dissolution des cristaux d&rsquo;oxalate de calcium). En <strong>\u00e9cologie urbaine<\/strong>, la plante est \u00e9tudi\u00e9e comme bioindicateur de pollution atmosph\u00e9rique (accumulation de m\u00e9taux lourds) et comme mod\u00e8le de v\u00e9g\u00e9talisation spontan\u00e9e des milieux urbains. Le changement climatique pourrait \u00e9tendre son aire vers le nord de l&rsquo;Europe, avec des implications allergologiques significatives.<\/p>\n<hr>\n<h2>XIII. Statut r\u00e9glementaire &amp; conservation<\/h2>\n<p><em>Parietaria judaica<\/em> ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection ; c&rsquo;est une esp\u00e8ce commune et abondante dans son aire naturelle. En France, elle est inscrite sur la <strong>liste A de la pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise<\/strong> (plantes m\u00e9dicinales utilis\u00e9es traditionnellement). Elle entre dans la composition de sp\u00e9cialit\u00e9s de phytoth\u00e9rapie (tisanes diur\u00e9tiques). En Italie, elle fait partie des plantes officinales reconnues. En <strong>Australie<\/strong>, elle est class\u00e9e comme <strong>esp\u00e8ce invasive<\/strong> dans certains \u00c9tats (Nouvelle-Galles du Sud, Australie-Occidentale). Du fait de son pouvoir allergisant \u00e9lev\u00e9, certaines r\u00e9glementations locales imposent son <strong>arrachage<\/strong> sur les b\u00e2timents publics et dans les espaces verts urbains en r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne. Le pollen de pari\u00e9taire fait l&rsquo;objet d&rsquo;un <strong>suivi a\u00e9robiologique<\/strong> dans les r\u00e9seaux de surveillance pollinique (RNSA en France, REA en Espagne, POLLnet en Italie).<\/p>\n<hr>\n<h2>XIV. Conclusion &amp; perspectives<\/h2>\n<p><em>Parietaria judaica<\/em> incarne le paradoxe de nombreuses plantes m\u00e9diterran\u00e9ennes : m\u00e9dicinale et allerg\u00e8ne, utile et nuisible. Ses propri\u00e9t\u00e9s diur\u00e9tiques et anti-inflammatoires, valid\u00e9es par la tradition et confirm\u00e9es par la pharmacologie moderne, en font une plante de premier plan en phytoth\u00e9rapie urinaire. Parall\u00e8lement, son pollen constitue un probl\u00e8me de sant\u00e9 publique croissant dans les villes m\u00e9diterran\u00e9ennes, aggrav\u00e9 par le r\u00e9chauffement climatique qui allonge la saison pollinique. Les recherches en immunoth\u00e9rapie ciblant ses allerg\u00e8nes pourraient b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 des millions de patients allergiques. La caract\u00e9risation de ses compos\u00e9s bioactifs, notamment l&rsquo;acide rosmarinique et les flavono\u00efdes, ouvre la voie \u00e0 des applications pharmacologiques innovantes. Cette humble plante des vieux murs illustre combien la flore urbaine la plus banale peut receler des tr\u00e9sors pharmacologiques et poser des d\u00e9fis sanitaires majeurs.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. Identit\u00e9 botanique La pari\u00e9taire de Jud\u00e9e (Parietaria judaica L.) appartient \u00e0 la famille des Urticaceae (tribu des Parietarieae). Le genre Parietaria comprend une vingtaine [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[98],"tags":[],"class_list":["post-1406","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-urticacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1406","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1406"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1406\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9722,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1406\/revisions\/9722"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1406"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1406"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1406"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}