{"id":1407,"date":"2026-03-26T11:42:44","date_gmt":"2026-03-26T10:42:44","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/parietaire-officinale\/"},"modified":"2026-05-04T09:40:33","modified_gmt":"2026-05-04T07:40:33","slug":"parietaire-officinale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/parietaire-officinale\/","title":{"rendered":"PARI\u00c9TAIRE OFFICINALE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Pari%C3%A9taire%20officinale.jpg\" alt=\"Planche botanique Pari\u00e9taire officinale\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. Identit\u00e9 botanique<\/h2>\n<p><strong>Nom scientifique :<\/strong> <em>Parietaria officinalis<\/em> L.<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Urticaceae<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Parietaria<\/em><br \/>\n<strong>Synonymes :<\/strong> <em>Parietaria erecta<\/em> Mert. &amp; W.D.J.Koch<br \/>\n<strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Pari\u00e9taire officinale, Perce-muraille, Herbe aux bouteilles, Herbe de Notre-Dame, Casse-pierre, Eastern pellitory-of-the-wall (en), Aufrechtes Glaskraut (de), Parietaria comune (it)<\/p>\n<p>Le nom <em>Parietaria<\/em> d\u00e9rive du latin <em>paries<\/em> (mur), car la plante pousse fr\u00e9quemment sur les vieux murs et dans les fissures des pierres. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>officinalis<\/em> atteste de son usage m\u00e9dicinal ancien. Souvent confondue avec <em>Parietaria judaica<\/em> (pari\u00e9taire diffuse), esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne plus petite et plus commune dans le sud, <em>P. officinalis<\/em> est la forme dress\u00e9e des r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es. Le genre <em>Parietaria<\/em> compte une vingtaine d&rsquo;esp\u00e8ces, principalement dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es chaudes. La Pari\u00e9taire est aussi connue comme l&rsquo;une des principales sources de pollen allergisant en milieu urbain m\u00e9diterran\u00e9en, provoquant des rhinites allergiques et de l&rsquo;asthme chez les personnes sensibles.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. Description morphologique<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace, dress\u00e9e, de 30 \u00e0 70 cm de hauteur (jusqu&rsquo;\u00e0 1 m dans les stations favorables), \u00e0 tige simple ou peu ramifi\u00e9e, cylindrique, rouge\u00e2tre, couverte de poils courts non urticants (contrairement aux orties du m\u00eame genre familial). La souche est rhizomateuse, rampante.<\/p>\n<p>Les feuilles sont alternes, ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, longues de 3 \u00e0 10 cm, enti\u00e8res, trinerv\u00e9es \u00e0 la base, acumin\u00e9es au sommet, p\u00e9tiol\u00e9es, d&rsquo;un vert franc, couvertes de petits poils apprim\u00e9s qui leur conf\u00e8rent un toucher l\u00e9g\u00e8rement collant. Les feuilles adh\u00e8rent aux v\u00eatements et aux poils d&rsquo;animaux, ce qui facilite la dispersion de la plante.<\/p>\n<p>Les fleurs sont tr\u00e8s petites, verd\u00e2tres, unisexu\u00e9es ou hermaphrodites, group\u00e9es en glom\u00e9rules axillaires denses \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles. Le p\u00e9rianthe est \u00e0 4 lobes. Les fleurs m\u00e2les poss\u00e8dent 4 \u00e9tamines dont les filets sont \u00e9lastiquement recourb\u00e9s et se d\u00e9tendent brusquement \u00e0 la d\u00e9hiscence, projetant un nuage de pollen \u2014 m\u00e9canisme de dispersion balistique du pollen remarquable. Les fruits sont des ak\u00e8nes ovo\u00efdes, noirs, brillants, de 1 \u00e0 1,5 mm, enferm\u00e9s dans le p\u00e9rianthe persistant. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de juin \u00e0 octobre, et la production de pollen est consid\u00e9rable et prolong\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. Habitat et \u00e9cologie<\/h2>\n<p>La Pari\u00e9taire officinale est une esp\u00e8ce nitrophile, sciaphile \u00e0 h\u00e9mi-sciaphile, typique des vieux murs, des ruines, des \u00e9boulis rocheux, des pieds de murs, des d\u00e9combres, des lisi\u00e8res foresti\u00e8res ombrag\u00e9es et des jardins n\u00e9glig\u00e9s. Elle affectionne les sols riches en azote, humif\u00e8res, frais, bien drain\u00e9s, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement alcalins, souvent calcaires.<\/p>\n<p>Du point de vue phytosociologique, elle est caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance du <em>Parietarion judaicae<\/em> (communaut\u00e9s murales nitrophiles). En zone urbaine et p\u00e9riurbaine, <em>Parietaria judaica<\/em> (esp\u00e8ce voisine) est l&rsquo;un des principaux allerg\u00e8nes polliniques, responsable de rhinites allergiques s\u00e9v\u00e8res en r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne. <em>P. officinalis<\/em> produit \u00e9galement un pollen allergisant mais son impact allergologique est moindre en raison de sa distribution plus septentrionale.<\/p>\n<p>La plante se d\u00e9veloppe de 0 \u00e0 800 m d&rsquo;altitude. La pollinisation est an\u00e9mophile, chaque plante pouvant lib\u00e9rer des millions de grains de pollen par jour. La diss\u00e9mination des graines est assur\u00e9e par \u00e9pizoochorie (adh\u00e9rence aux poils des animaux gr\u00e2ce aux bract\u00e9es accrochantes).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. R\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h2>\n<p>La Pari\u00e9taire officinale est une esp\u00e8ce europ\u00e9enne, distribu\u00e9e de la France et de l&rsquo;Italie \u00e0 l&rsquo;ouest jusqu&rsquo;\u00e0 la Russie et le Caucase \u00e0 l&rsquo;est, et du sud de la Scandinavie au nord jusqu&rsquo;\u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e au sud. En France, elle est pr\u00e9sente dans la plupart des r\u00e9gions mais diss\u00e9min\u00e9e, plus fr\u00e9quente dans l&rsquo;est, le centre et le sud. Dans le Midi m\u00e9diterran\u00e9en, elle est souvent remplac\u00e9e par <em>P. judaica<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. Ethnobotanique et usages traditionnels<\/h2>\n<p>La Pari\u00e9taire est une plante m\u00e9dicinale classique de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, utilis\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride la recommandait comme diur\u00e9tique et \u00e9mollient. Au Moyen \u00c2ge, elle figurait dans la plupart des herbiers comme l&rsquo;une des meilleures plantes pour les affections urinaires. Le nom Casse-pierre fait allusion \u00e0 sa r\u00e9putation de dissoudre les calculs urinaires, croyance soutenue par la th\u00e9orie des signatures (la plante pousse en brisant la pierre des murs).<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire, l&rsquo;infusion ou la d\u00e9coction de la plante enti\u00e8re \u00e9tait prescrite comme diur\u00e9tique puissant, d\u00e9puratif, \u00e9mollient des voies urinaires (cystites, calculs r\u00e9naux, r\u00e9tention d&rsquo;eau) et adoucissant des inflammations digestives. Le nom Herbe aux bouteilles provient de l&rsquo;usage de la plante fra\u00eeche pour nettoyer l&rsquo;int\u00e9rieur des bouteilles en verre : ses feuilles adh\u00e9sives et l\u00e9g\u00e8rement abrasives, introduites avec de l&rsquo;eau et secou\u00e9es, permettaient un nettoyage efficace.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. Composition chimique<\/h2>\n<p>La Pari\u00e9taire contient des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol, isorhamn\u00e9tine et leurs glycosides), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, acide chlorog\u00e9nique), des <strong>tanins<\/strong>, des <strong>mucilages<\/strong> abondants, des <strong>sels de potassium<\/strong> (nitrate de potassium en quantit\u00e9 significative, 1-3 %), du <strong>soufre<\/strong> organique, des <strong>glycosides de flavonol<\/strong> et des <strong>st\u00e9rols<\/strong>. Le nitrate de potassium est consid\u00e9r\u00e9 comme le principal responsable de l&rsquo;effet diur\u00e9tique traditionnel. Les mucilages expliquent l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9molliente sur les muqueuses urinaires et digestives. Des <strong>oxalates de calcium<\/strong> sont pr\u00e9sents dans les feuilles.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. Propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 diur\u00e9tique :<\/strong> L&rsquo;activit\u00e9 diur\u00e9tique est bien document\u00e9e et attribu\u00e9e aux sels de potassium (nitrate, chlorure) et aux flavono\u00efdes. Des \u00e9tudes animales ont montr\u00e9 une augmentation significative du volume urinaire et de l&rsquo;excr\u00e9tion de sodium apr\u00e8s administration d&rsquo;extraits de Pari\u00e9taire. L&rsquo;effet diur\u00e9tique est qualifi\u00e9 d&rsquo;aquar\u00e9tique (augmentation du volume urinaire sans d\u00e9pl\u00e9tion potassique excessive).<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 \u00e9molliente et anti-inflammatoire urinaire :<\/strong> Les mucilages exercent un effet protecteur et adoucissant sur les muqueuses des voies urinaires, r\u00e9duisant l&rsquo;irritation en cas de cystite ou de calculs. Les flavono\u00efdes contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antilithiasique :<\/strong> L&rsquo;usage traditionnel comme casse-pierre a \u00e9t\u00e9 partiellement confirm\u00e9 par des \u00e9tudes in vitro montrant que les extraits de Pari\u00e9taire inhibent la cristallisation de l&rsquo;oxalate de calcium et favorisent la dissolution des cristaux. L&rsquo;effet diur\u00e9tique contribue aussi \u00e0 l&rsquo;\u00e9limination des petits calculs.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> Les polyph\u00e9nols conf\u00e8rent une activit\u00e9 antioxydante mod\u00e9r\u00e9e aux extraits de Pari\u00e9taire.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. Indications th\u00e9rapeutiques<\/h2>\n<p><strong>Indications reconnues (usage traditionnel, HMPC) :<\/strong> Irritations des voies urinaires (cystites, ur\u00e9trites) comme adjuvant du traitement ; augmentation de la diur\u00e8se pour favoriser l&rsquo;\u00e9limination des calculs r\u00e9naux de petite taille ; r\u00e9tention d&rsquo;eau l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Indications traditionnelles :<\/strong> Calculs r\u00e9naux et v\u00e9sicaux (adjuvant) ; inflammations digestives b\u00e9nignes ; d\u00e9puratif g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. Posologie et modes d&#8217;emploi<\/h2>\n<p><strong>Infusion :<\/strong> 5 \u00e0 10 g de plante enti\u00e8re s\u00e9ch\u00e9e (parties a\u00e9riennes) pour 500 ml d&rsquo;eau bouillante, infuser 15 minutes. 2 \u00e0 3 tasses par jour, en cure de 2 \u00e0 4 semaines.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction :<\/strong> 30 g de plante fra\u00eeche pour 500 ml d&rsquo;eau, faire bouillir 5 minutes, infuser 10 minutes. 2 \u00e0 3 tasses par jour.<\/p>\n<p><strong>Jus frais :<\/strong> 20 \u00e0 40 ml de jus de plante fra\u00eeche par jour, dilu\u00e9 dans de l&rsquo;eau.<\/p>\n<p><strong>Extrait fluide :<\/strong> 2 \u00e0 4 ml par jour en 2 prises.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. Pr\u00e9cautions et contre-indications<\/h2>\n<p>Contre-indications : insuffisance r\u00e9nale s\u00e9v\u00e8re (l&rsquo;effet diur\u00e9tique peut aggraver la fonction r\u00e9nale), obstruction des voies urinaires, allergie au pollen de Pari\u00e9taire (r\u00e9activit\u00e9 crois\u00e9e possible avec la plante). Pr\u00e9cautions : boire abondamment pendant le traitement pour accompagner l&rsquo;effet diur\u00e9tique. D\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse (effet ut\u00e9rotonique possible) et l&rsquo;allaitement. La pr\u00e9sence d&rsquo;oxalates peut th\u00e9oriquement favoriser les calculs d&rsquo;oxalate chez les personnes pr\u00e9dispos\u00e9es, paradoxalement par rapport \u00e0 l&rsquo;usage antilithiasique traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h2>\n<p>L&rsquo;effet diur\u00e9tique peut potentialiser l&rsquo;action des diur\u00e9tiques de synth\u00e8se. La richesse en potassium impose la prudence en association avec les diur\u00e9tiques \u00e9pargneurs de potassium et les inhibiteurs de l&rsquo;enzyme de conversion (risque d&rsquo;hyperkali\u00e9mie). Interaction possible avec le lithium (diminution de la lith\u00e9mie par augmentation de la diur\u00e8se).<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. Toxicologie<\/h2>\n<p>La Pari\u00e9taire est consid\u00e9r\u00e9e comme peu toxique aux doses th\u00e9rapeutiques. Des cas de dermites de contact ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s chez des personnes sensibles manipulant la plante fra\u00eeche. Le pollen est un allerg\u00e8ne majeur en r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne, responsable de rhinites, de conjonctivites et d&rsquo;asthme allergique. La consommation excessive pourrait th\u00e9oriquement provoquer des troubles digestifs (oxalates) et des d\u00e9sordres \u00e9lectrolytiques (hyperkali\u00e9mie).<\/p>\n<hr>\n<h2>XIII. Conservation et culture<\/h2>\n<p>La Pari\u00e9taire n&rsquo;est pas cultiv\u00e9e mais pousse spontan\u00e9ment dans les jardins et sur les murs. Pour l&rsquo;herboristerie, la r\u00e9colte se fait de juin \u00e0 septembre, en coupant les parties a\u00e9riennes en pleine floraison. Le s\u00e9chage est rapide, \u00e0 l&rsquo;ombre, en bouquets suspendus. La plante s\u00e8che se conserve 12 mois en sachet herm\u00e9tique \u00e0 l&rsquo;abri de l&rsquo;humidit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>XIV. Statut r\u00e9glementaire et protection<\/h2>\n<p><em>Parietaria officinalis<\/em> est class\u00e9e LC (Pr\u00e9occupation mineure). Elle ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection. La plante figure sur les listes de plantes m\u00e9dicinales de plusieurs traditions (m\u00e9decine populaire italienne, fran\u00e7aise, espagnole). Elle est inscrite dans certaines pharmacop\u00e9es traditionnelles mais pas \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne comme drogue officinale. Les compl\u00e9ments alimentaires \u00e0 base de Pari\u00e9taire sont commercialis\u00e9s dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. Identit\u00e9 botanique Nom scientifique : Parietaria officinalis L. 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