{"id":1408,"date":"2026-03-26T11:42:47","date_gmt":"2026-03-26T10:42:47","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/centranthe-rouge\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"centranthe-rouge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/centranthe-rouge\/","title":{"rendered":"CENTRANTHE ROUGE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/centranthe-rouge.png\" alt=\"Planche botanique Centranthe rouge\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le centranthe rouge (<em>Centranthus ruber<\/em>), commun\u00e9ment appel\u00e9 val\u00e9riane rouge ou lilas d&rsquo;Espagne, est une plante vivace de la famille des Caprifoliac\u00e9es (anciennement Val\u00e9rianac\u00e9es), famili\u00e8re des vieux murs, des falaises calcaires et des jardins m\u00e9diterran\u00e9ens. Ses corymbes denses de fleurs rouge carmin, roses ou parfois blanches, \u00e9panouies de mai \u00e0 octobre, en font l&rsquo;un des ornements les plus spectaculaires de la flore rupicole du sud de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>Souvent confondu dans l&rsquo;imaginaire populaire avec la val\u00e9riane officinale (<em>Valeriana officinalis<\/em>), \u00e0 laquelle il est apparent\u00e9 mais dont il diff\u00e8re profond\u00e9ment par sa chimie et ses propri\u00e9t\u00e9s, le centranthe rouge n&rsquo;a qu&rsquo;un int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal tr\u00e8s secondaire. Son attrait principal r\u00e9side dans sa robustesse ornementale, sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser les milieux les plus arides et son r\u00f4le \u00e9cologique majeur comme plante nectarif\u00e8re pour les papillons et les pollinisateurs en milieu urbain et p\u00e9ri-urbain.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<br \/>\n<strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<br \/>\n<strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<br \/>\n<strong>Ordre :<\/strong> Dipsacales<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Caprifoliaceae (sous-famille Valerianoideae)<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Centranthus<\/em> Neck. ex Lam. &amp; DC., 1805<br \/>\n<strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Centranthus ruber<\/em> (L.) DC., 1805<\/p>\n<p>Le genre <em>Centranthus<\/em> comprend une dizaine d&rsquo;esp\u00e8ces, toutes m\u00e9diterran\u00e9ennes. Le reclassement des Val\u00e9rianac\u00e9es au sein des Caprifoliac\u00e9es sensu lato, conform\u00e9ment \u00e0 la classification APG, est aujourd&rsquo;hui accept\u00e9. Le nom g\u00e9n\u00e9rique d\u00e9rive du grec <em>kentron<\/em> (\u00e9peron) et <em>anthos<\/em> (fleur), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;\u00e9peron allong\u00e9 de la corolle. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>ruber<\/em> (rouge) d\u00e9signe la couleur dominante des fleurs, bien que des formes roses (<em>f. roseus<\/em>) et blanches (<em>f. albus<\/em>) soient fr\u00e9quentes.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>Le centranthe rouge est une plante vivace de 40 \u00e0 80 cm de hauteur, glabre et glauque dans toutes ses parties. La souche est ligneuse, puissante, capable de s&rsquo;insinuer dans les moindres fissures de rochers et de ma\u00e7onneries. Les tiges sont dress\u00e9es, cylindriques, creuses, souvent rouge\u00e2tres \u00e0 la base, ramifi\u00e9es dans leur partie sup\u00e9rieure. Les feuilles sont oppos\u00e9es, sessiles, ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, de 5 \u00e0 10 cm de longueur, enti\u00e8res ou faiblement dent\u00e9es, charnues, d&rsquo;un vert glauque bleut\u00e9. Les feuilles sup\u00e9rieures sont souvent amplexicaules (embrassant la tige par leur base).<\/p>\n<h3>B. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p>Les fleurs sont group\u00e9es en corymbes terminaux denses, tr\u00e8s ramifi\u00e9s, formant des inflorescences spectaculaires de 5 \u00e0 15 cm de diam\u00e8tre. Chaque fleur est petite (8 \u00e0 10 mm), tubulaire, \u00e0 corolle \u00e0 5 lobes in\u00e9gaux, munie d&rsquo;un \u00e9peron gr\u00eale de 5 \u00e0 10 mm \u00e0 la base du tube. La couleur varie du rouge carmin intense au rose vif, ou au blanc pur selon les individus. L&rsquo;\u00e9tamine est unique (caract\u00e8re distinctif des Centranthus), \u00e0 filet soud\u00e9 au tube de la corolle. L&rsquo;ovaire est inf\u00e8re, \u00e0 une seule loge fertile. La floraison est remarquablement longue, de mai \u00e0 octobre, avec des vagues successives de floraison. La pollinisation est assur\u00e9e par les l\u00e9pidopt\u00e8res (papillons) \u00e0 longue trompe, capables d&rsquo;atteindre le nectar au fond de l&rsquo;\u00e9peron, et secondairement par les bourdons.<\/p>\n<h3>C. Fruit et graine<\/h3>\n<p>Le fruit est un ak\u00e8ne surmont\u00e9 d&rsquo;un pappus plumeux (aigrette) form\u00e9 par le calice accrescent, qui se d\u00e9ploie en parachute \u00e0 maturit\u00e9. Cette aigrette assure une diss\u00e9mination an\u00e9mochore tr\u00e8s efficace, expliquant la capacit\u00e9 de la plante \u00e0 coloniser des milieux verticaux (murs, falaises). Les graines germent facilement dans les moindres interstices de ma\u00e7onnerie.<\/p>\n<h3>D. Variabilit\u00e9<\/h3>\n<p>La variabilit\u00e9 porte principalement sur la couleur des fleurs. Les formes rouges, roses et blanches coexistent souvent dans les m\u00eames populations. La forme blanche (<em>f. albus<\/em>) est particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9e en horticulture. La sous-esp\u00e8ce <em>C. ruber<\/em> subsp. <em>sibthorpii<\/em>, d\u00e9crite des Balkans et de Turquie, se distingue par ses feuilles plus larges et ses fleurs plus grandes. Des hybrides naturels avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre sont exceptionnels.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Centranthus ruber<\/em> est originaire du bassin m\u00e9diterran\u00e9en, o\u00f9 il cro\u00eet spontan\u00e9ment sur les rochers, les falaises, les \u00e9boulis et les vieux murs calcaires, de l&rsquo;Espagne \u00e0 la Turquie en passant par l&rsquo;Italie, la Gr\u00e8ce et l&rsquo;Afrique du Nord. En France, il est indig\u00e8ne ou arch\u00e9ophyte dans le Midi (Provence, Languedoc, Corse, littoral atlantique m\u00e9ridional) et largement naturalis\u00e9 ailleurs gr\u00e2ce \u00e0 sa culture ornementale ancienne et sa diss\u00e9mination spontan\u00e9e.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une esp\u00e8ce thermophile, h\u00e9liophile et calcicole, parfaitement adapt\u00e9e \u00e0 la s\u00e9cheresse estivale. Ses habitats de pr\u00e9dilection sont les fissures de rochers calcaires, les murs de pierres s\u00e8ches, les talus, les ruines, les quais de gare et les interstices de trottoirs. Il tol\u00e8re les sols tr\u00e8s pauvres et caillouteux, pourvu qu&rsquo;ils soient bien drain\u00e9s. Sa r\u00e9sistance \u00e0 la s\u00e9cheresse est li\u00e9e \u00e0 sa souche profonde et \u00e0 ses feuilles l\u00e9g\u00e8rement charnues et glauques, adapt\u00e9es \u00e0 limiter l&rsquo;\u00e9vapotranspiration.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les parties a\u00e9riennes fleuries et, plus rarement, les racines, ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es en m\u00e9decine populaire. La r\u00e9colte des parties a\u00e9riennes se faisait en pleine floraison, de juin \u00e0 ao\u00fbt. La racine \u00e9tait extraite en automne. Le s\u00e9chage s&rsquo;effectuait \u00e0 l&rsquo;ombre.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage m\u00e9dicinal de cette plante est tomb\u00e9 en d\u00e9su\u00e9tude et aucun circuit de r\u00e9colte organis\u00e9 n&rsquo;existe. Seules les racines pr\u00e9sentent un certain int\u00e9r\u00eat phytochimique par analogie (lointaine) avec celles de la val\u00e9riane officinale.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Centranthus ruber<\/em> est distincte de celle de <em>Valeriana officinalis<\/em>, malgr\u00e9 leur parent\u00e9 taxonomique :<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes<\/a><\/strong> : les racines contiennent des irido\u00efdes de type <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/valepotriates\/\">val\u00e9potriates<\/a><\/strong>, mais en concentrations nettement inf\u00e9rieures \u00e0 celles de la val\u00e9riane officinale. Les compos\u00e9s identifi\u00e9s incluent le <strong>valtrate<\/strong> et l&rsquo;<strong>isovaltrate<\/strong>, mais leur teneur est insuffisante pour justifier un usage s\u00e9datif comparable.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> : pr\u00e9sence d&rsquo;<strong>actinidine<\/strong>, un alcalo\u00efde monoterp\u00e9nique volatile, dans les racines. Ce compos\u00e9, qui attire les chats (comme la n\u00e9p\u00e9talactone du cataire), est responsable de l&rsquo;attrait que les f\u00e9lins manifestent parfois pour les racines fra\u00eeches de centranthe.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : les parties a\u00e9riennes contiennent des d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong> et de la <strong>lut\u00e9oline<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">acide rosmarinique<\/a><\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle<\/strong> : en quantit\u00e9 tr\u00e8s faible dans les parties a\u00e9riennes, \u00e0 composition monoterp\u00e9nique sans originalit\u00e9 notable.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a> et tanins<\/strong> : en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 s\u00e9dative<\/strong> : les val\u00e9potriates pr\u00e9sents dans les racines poss\u00e8dent th\u00e9oriquement une activit\u00e9 s\u00e9dative, par analogie avec ceux de la val\u00e9riane officinale, mais leur faible concentration chez <em>C. ruber<\/em> rend cet effet cliniquement n\u00e9gligeable.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les extraits de parties a\u00e9riennes montrent une activit\u00e9 antioxydante mod\u00e9r\u00e9e dans les tests in vitro, li\u00e9e aux compos\u00e9s ph\u00e9noliques et aux flavono\u00efdes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : l&rsquo;acide rosmarinique, pr\u00e9sent en quantit\u00e9 appr\u00e9ciable, est un anti-inflammatoire et antioxydant reconnu, mais sa concentration dans le centranthe rouge n&rsquo;est pas suffisante pour en faire une source d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antispasmodique<\/strong> : un l\u00e9ger effet relaxant sur le muscle lisse intestinal a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 pour les extraits de racines, coh\u00e9rent avec la pr\u00e9sence d&rsquo;irido\u00efdes, mais non valid\u00e9 par des \u00e9tudes syst\u00e9matiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucun essai clinique n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 avec <em>Centranthus ruber<\/em>. L&rsquo;usage th\u00e9rapeutique est exclusivement traditionnel et limit\u00e9. En m\u00e9decine populaire proven\u00e7ale et italienne, la plante \u00e9tait parfois utilis\u00e9e comme s\u00e9datif l\u00e9ger et antispasmodique, par extension des usages de la val\u00e9riane officinale. Les feuilles fra\u00eeches \u00e9taient appliqu\u00e9es en cataplasmes sur les furoncles et les panaris.<\/p>\n<p>La plante n&rsquo;est inscrite dans aucune pharmacop\u00e9e et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune monographie r\u00e9glementaire. Son usage m\u00e9dicinal ne peut \u00eatre recommand\u00e9 en l&rsquo;\u00e9tat actuel des connaissances, d&rsquo;autant que la val\u00e9riane officinale, chimiquement bien plus riche, est ais\u00e9ment disponible pour les m\u00eames indications.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Valtrate<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isovaltrate<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Actinidine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline<\/td>\n<td>Flavone<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion<\/strong> (usage historique) : 2 \u00e0 3 g de parties a\u00e9riennes s\u00e9ch\u00e9es par tasse d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 minutes. Deux tasses par jour.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction de racines<\/strong> (usage historique) : 10 \u00e0 20 g par litre, bouillir 10 minutes, comme s\u00e9datif l\u00e9ger.<\/p>\n<p><strong>Cataplasme<\/strong> (usage historique) : feuilles fra\u00eeches broy\u00e9es appliqu\u00e9es directement sur les inflammations cutan\u00e9es localis\u00e9es.<\/p>\n<p>Ces formes ne sont mentionn\u00e9es qu&rsquo;\u00e0 titre documentaire. L&rsquo;autom\u00e9dication avec cette plante n&rsquo;est pas recommand\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le centranthe rouge est consid\u00e9r\u00e9 comme une plante non toxique aux doses traditionnelles. Les val\u00e9potriates, lorsqu&rsquo;ils sont pr\u00e9sents en concentration significative (ce qui n&rsquo;est pas le cas ici), ont \u00e9t\u00e9 suspect\u00e9s de propri\u00e9t\u00e9s cytotoxiques et mutag\u00e8nes in vitro, mais ce risque th\u00e9orique est consid\u00e9r\u00e9 comme non pertinent pour <em>C. ruber<\/em> en raison de leur tr\u00e8s faible concentration.<\/p>\n<p>La plante est parfois consomm\u00e9e en salade (jeunes feuilles) en Italie m\u00e9ridionale et en Sicile sans effet ind\u00e9sirable rapport\u00e9. N\u00e9anmoins, l&rsquo;usage alimentaire reste marginal et non \u00e9valu\u00e9 sur le plan de la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/p>\n<p>Par pr\u00e9caution, l&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 chez la femme enceinte et allaitante.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le centranthe rouge est avant tout une plante ornementale dont la culture remonte au moins au XVIe si\u00e8cle dans les jardins europ\u00e9ens. Introduit en Angleterre d\u00e8s le XVIe si\u00e8cle, il s&rsquo;y est naturalis\u00e9 au point de devenir un \u00e9l\u00e9ment caract\u00e9ristique des vieux murs des villes c\u00f4ti\u00e8res du sud de l&rsquo;Angleterre et du Pays de Galles.<\/p>\n<p>En Italie, les jeunes feuilles sont parfois consomm\u00e9es en salade ou cuites comme l\u00e9gume vert, sous le nom vernaculaire de <em>valeriana rossa<\/em>. En Sicile et en Sardaigne, la plante est appel\u00e9e <em>lattarinu<\/em> ou <em>centranto<\/em> et utilis\u00e9e dans des salades printani\u00e8res.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne, le centranthe rouge n&rsquo;a jamais occup\u00e9 une place importante. On lui attribuait localement des propri\u00e9t\u00e9s calmantes (par confusion avec la val\u00e9riane), vuln\u00e9raires (en application externe) et purificatrices. Les bergers proven\u00e7aux le consid\u00e9raient comme une plante \u00ab qui attire les papillons et \u00e9loigne les soucis \u00bb, r\u00e9sum\u00e9 po\u00e9tique mais assez fid\u00e8le de ses vertus r\u00e9elles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>Le centranthe rouge est une plante d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique majeur en milieu urbain et p\u00e9ri-urbain. Sa floraison longue (mai \u00e0 octobre) et la production abondante de nectar au fond de l&rsquo;\u00e9peron en font l&rsquo;une des plantes les plus attractives pour les l\u00e9pidopt\u00e8res diurnes. En milieu m\u00e9diterran\u00e9en, les massifs de centranthe rouge attirent r\u00e9guli\u00e8rement le vulcain (<em>Vanessa atalanta<\/em>), la belle-dame (<em>Vanessa cardui<\/em>), le moro-sphinx (<em>Macroglossum stellatarum<\/em>), le flamb\u00e9 (<em>Iphiclides podalirius<\/em>) et de nombreuses autres esp\u00e8ces.<\/p>\n<p>Sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser les milieux verticaux (murs, falaises) en fait un acteur de la v\u00e9g\u00e9talisation spontan\u00e9e du b\u00e2ti ancien. Il contribue \u00e0 l&rsquo;esth\u00e9tique paysag\u00e8re des villages m\u00e9diterran\u00e9ens et \u00e0 la biodiversit\u00e9 des milieux rupicoles anthropis\u00e9s.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est consid\u00e9r\u00e9e comme potentiellement envahissante dans certaines r\u00e9gions hors de son aire d&rsquo;origine (Australie, Californie, \u00eeles atlantiques), o\u00f9 sa diss\u00e9mination an\u00e9mochore efficace et sa tol\u00e9rance \u00e0 la s\u00e9cheresse lui permettent de coloniser des falaises c\u00f4ti\u00e8res au d\u00e9triment de la flore indig\u00e8ne. En France m\u00e9tropolitaine, ce caract\u00e8re invasif n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9 comme probl\u00e9matique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p><em>Valeriana officinalis<\/em> (val\u00e9riane officinale) : plante de milieux humides, \u00e0 fleurs blanc ros\u00e9 en corymbes, \u00e0 feuilles pennatis\u00e9qu\u00e9es (tr\u00e8s diff\u00e9rentes des feuilles enti\u00e8res du centranthe), sans \u00e9peron. La confusion est fr\u00e9quente dans le langage courant mais impossible sur le terrain pour un observateur averti.<\/p>\n<p><em>Centranthus calcitrapae<\/em> (centranthe chausse-trape) : esp\u00e8ce annuelle m\u00e9diterran\u00e9enne, beaucoup plus petite (10 \u00e0 30 cm), \u00e0 fleurs rose p\u00e2le, \u00e0 feuilles basales lyr\u00e9es-pennatilob\u00e9es. Milieux secs et pierreux.<\/p>\n<p><em>Centranthus angustifolius<\/em> (centranthe \u00e0 feuilles \u00e9troites) : esp\u00e8ce vivace des \u00e9boulis et rochers montagnards, \u00e0 feuilles \u00e9troitement lin\u00e9aires et \u00e0 fleurs roses. Plus montagnard que le centranthe rouge.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9peron de la corolle et l&rsquo;\u00e9tamine unique sont des caract\u00e8res diagnostiques imm\u00e9diats du genre <em>Centranthus<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le centranthe rouge est avant tout une plante ornementale et \u00e9cologique, dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal est tr\u00e8s secondaire. Sa phytochimie, appauvrie en val\u00e9potriates par rapport \u00e0 la val\u00e9riane officinale, ne justifie pas un usage th\u00e9rapeutique qui n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs jamais \u00e9t\u00e9 formalis\u00e9. Sa valeur r\u00e9side dans sa beaut\u00e9 spectaculaire, sa rusticit\u00e9 exceptionnelle et son r\u00f4le nectarif\u00e8re de premier plan pour les papillons et les pollinisateurs en milieu m\u00e9diterran\u00e9en et urbain.<\/p>\n<p>Plante des vieux murs et des falaises ensoleill\u00e9es, le centranthe rouge illustre la capacit\u00e9 du vivant \u00e0 sublimer les milieux les plus ingrats. Sa pr\u00e9sence g\u00e9n\u00e9reuse sur les ruines, les remparts et les pierres calcaires des villages du Midi constitue un patrimoine paysager et \u00e9cologique digne d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9serv\u00e9 et valoris\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. de. <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>. Belin, Paris, 1894.<\/p>\n<p>Coste H. <em>Flore descriptive et illustr\u00e9e de la France, de la Corse et des contr\u00e9es limitrophes<\/em>. Librairie Albert Blanchard, Paris, 1901-1906.<\/p>\n<p>Fournier P. <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>. Lechevalier, Paris, 1947-1948.<\/p>\n<p>Guillen M.D., Ibargoitia M.L. Chemical composition of the essential oil of <em>Centranthus ruber<\/em>. <em>Journal of Essential Oil Research<\/em>, 1996 ; 8(3) : 329-331.<\/p>\n<p>Tison J.-M., de Foucault B. (dir.). <em>Flora Gallica \u2013 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, M\u00e8ze, 2014.<\/p>\n<p>Tutin T.G. et al. (eds). <em>Flora Europaea<\/em>, vol. 4. Cambridge University Press, 1976.<\/p>\n<p>Wichtl M. (ed.). <em>Herbal Drugs and Phytopharmaceuticals<\/em>. 3rd ed. Medpharm Scientific Publishers, Stuttgart, 2004.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le centranthe rouge (Centranthus ruber), commun\u00e9ment appel\u00e9 val\u00e9riane rouge ou lilas d&rsquo;Espagne, est une plante vivace de la famille des Caprifoliac\u00e9es (anciennement Val\u00e9rianac\u00e9es), famili\u00e8re des [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[99],"tags":[],"class_list":["post-1408","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-valerianacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1408","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1408"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1408\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13551,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1408\/revisions\/13551"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1408"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1408"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1408"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}