{"id":1413,"date":"2026-03-26T11:42:53","date_gmt":"2026-03-26T10:42:53","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/mache-a-fruits-sillonnes\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"mache-a-fruits-sillonnes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/mache-a-fruits-sillonnes\/","title":{"rendered":"M\u00c2CHE \u00c0 FRUITS SILLONN\u00c9S"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/M%C3%A2che%20sillonn%C3%A9e.jpg\" alt=\"Planche botanique M\u00e2che sillonn\u00e9e\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>m\u00e2che \u00e0 fruits sillonn\u00e9s<\/strong> (<em>Valerianella rimosa<\/em> Bast., synonyme : <em>V. auricula<\/em> DC.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Caprifoliaceae<\/strong> (anciennement Valerianaceae). Le genre <em>Valerianella<\/em> comprend environ 50 \u00e0 80 esp\u00e8ces r\u00e9parties en Europe, en Asie occidentale et en Afrique du Nord. Le nombre chromosomique est 2n = 16. Le nom <em>Valerianella<\/em> est un diminutif de <em>Valeriana<\/em>, les deux genres \u00e9tant apparent\u00e9s. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>rimosa<\/em> signifie \u00ab \u00e0 fentes, sillonn\u00e9 \u00bb, d\u00e9crivant l&rsquo;aspect caract\u00e9ristique du fruit. Noms vernaculaires : m\u00e2che sillonn\u00e9e, m\u00e2che auricul\u00e9e. En anglais : <em>broad-fruited cornsalad<\/em>. L&rsquo;esp\u00e8ce est une adventice des cultures, beaucoup moins connue que la m\u00e2che cultiv\u00e9e (<em>V. locusta<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Petite plante herbac\u00e9e annuelle de 10 \u00e0 40 cm. <strong>Racine<\/strong> pivotante gr\u00eale. <strong>Tige<\/strong> dress\u00e9e, dichotome (se ramifiant en fourches successives), glabre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement pubescente aux n\u0153uds, anguleuse. <strong>Feuilles<\/strong> oppos\u00e9es, sessiles ; les basales spatul\u00e9es, enti\u00e8res, de 2 \u00e0 5 cm, en rosette ; les caulinaires oblongues \u00e0 lanc\u00e9ol\u00e9es, parfois dent\u00e9es \u00e0 la base, embrassant l\u00e9g\u00e8rement la tige. <strong>Inflorescence<\/strong> : cymes dichotomes terminales, compactes, portant de petites fleurs group\u00e9es. <strong>Fleurs<\/strong> tr\u00e8s petites (1-2 mm), blanc-bleu\u00e2tre \u00e0 lilas p\u00e2le ; corolle tubulaire \u00e0 5 lobes l\u00e9g\u00e8rement in\u00e9gaux ; 3 \u00e9tamines ; ovaire inf\u00e8re tricarpell\u00e9 dont une seule loge est fertile. <strong>Fruit<\/strong> (ak\u00e8ne) : ovo\u00efde, comprim\u00e9, de 2 \u00e0 3 mm, caract\u00e9ristique : face dorsale bomb\u00e9e \u00e0 <strong>sillon profond<\/strong>, face ventrale concave, couronn\u00e9 par le calice persistant. La morphologie du fruit est le crit\u00e8re d&rsquo;identification essentiel dans ce genre taxonomiquement difficile. <strong>Floraison<\/strong> : avril \u00e0 juin.<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce <strong>m\u00e9diterran\u00e9enne \u00e0 subatlantique<\/strong>. R\u00e9partie dans toute l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et centrale, de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est, et en Asie occidentale (Turquie, Caucase). Naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord. En France, pr\u00e9sente dans presque toutes les r\u00e9gions, plus commune dans le sud et le centre. Altitude : 0 \u00e0 1 200 m. L&rsquo;esp\u00e8ce est en r\u00e9gression dans de nombreuses r\u00e9gions en raison de l&rsquo;intensification agricole et de l&rsquo;usage des herbicides. Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme <strong>messicole<\/strong> (li\u00e9e aux cultures) et fait l&rsquo;objet de programmes de conservation de la flore adventice.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et habitat<\/h3>\n<p><strong>Cultures<\/strong> (c\u00e9r\u00e9ales, vignes), <strong>friches<\/strong>, <strong>bords de chemins<\/strong>, <strong>talus<\/strong>, <strong>pelouses annuelles<\/strong>. La m\u00e2che sillonn\u00e9e est une esp\u00e8ce annuelle vernale (germinant en automne, fleurissant au printemps), typique des cultures d&rsquo;hiver et des friches de printemps. Les sols sont calcaires \u00e0 neutres, secs \u00e0 frais, bien drain\u00e9s, argilo-limoneux. L&rsquo;esp\u00e8ce est h\u00e9liophile et thermophile. Elle appartient aux communaut\u00e9s des Stellarietea mediae (v\u00e9g\u00e9tation adventice des cultures) et des Thero-Brachypodietea (pelouses annuelles m\u00e9diterran\u00e9ennes). La pollinisation est entomophile (petits dipt\u00e8res) et l&rsquo;autopollinisation est fr\u00e9quente. La dispersion est barochore (les fruits tombent au pied de la plante) et anthropochore (transport par les machines agricoles).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es phytochimiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>V. rimosa<\/em> sont tr\u00e8s limit\u00e9es. Le genre <em>Valerianella<\/em> et la famille des Caprifoliaceae permettent d&rsquo;inf\u00e9rer le profil chimique suivant. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/valepotriates\/\">val\u00e9potriates<\/a><\/strong> (traces, moins que chez <em>Valeriana<\/em>). Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et glycosides. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>. Des <strong>acides gras<\/strong> insatur\u00e9s : <strong>acide alpha-linol\u00e9nique<\/strong> (om\u00e9ga-3), pr\u00e9sent en quantit\u00e9 notable dans les feuilles des m\u00e2ches (c&rsquo;est l&rsquo;une des sources v\u00e9g\u00e9tales les plus riches en om\u00e9ga-3 chez les salades). Des <strong>vitamines<\/strong> : <strong>vitamine C<\/strong>, <strong>b\u00eata-carot\u00e8ne<\/strong>, <strong>vitamine B9<\/strong> (folates). Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> en faible quantit\u00e9. Des <strong>min\u00e9raux<\/strong> : fer, potassium. La composition est proche de celle de <em>V. locusta<\/em> (m\u00e2che cultiv\u00e9e), mais les teneurs exactes ne sont pas document\u00e9es pour cette esp\u00e8ce sauvage.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques sont d\u00e9duites de la composition du genre. L&rsquo;<strong>acide alpha-linol\u00e9nique<\/strong> (ALA, om\u00e9ga-3) poss\u00e8de des effets <strong>cardioprotecteurs<\/strong> (r\u00e9duction du risque cardiovasculaire, effet anti-inflammatoire syst\u00e9mique, r\u00e9duction des triglyc\u00e9rides), <strong>neuroprotecteurs<\/strong> et <strong>anti-inflammatoires<\/strong>. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> sont antioxydants et anti-inflammatoires. L&rsquo;<strong>acide chlorog\u00e9nique<\/strong> est <strong>hypoglyc\u00e9miant<\/strong> (ralentissement de l&rsquo;absorption intestinale du glucose) et <strong>antioxydant<\/strong>. La <strong>vitamine C<\/strong> et le <strong>b\u00eata-carot\u00e8ne<\/strong> sont antioxydants. Les <strong>folates<\/strong> sont essentiels \u00e0 la synth\u00e8se de l&rsquo;ADN et \u00e0 la pr\u00e9vention des anomalies du tube neural. L&rsquo;ensemble du profil nutritionnel des m\u00e2ches en fait des l\u00e9gumes-feuilles d&rsquo;int\u00e9r\u00eat nutritionnel, mais aucune propri\u00e9t\u00e9 pharmacologique sp\u00e9cifique \u00e0 <em>V. rimosa<\/em> n&rsquo;est document\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>La m\u00e2che (<em>Valerianella<\/em> spp.) est utilis\u00e9e principalement comme <strong>plante alimentaire<\/strong> et non comme plante m\u00e9dicinale au sens strict. En <strong>m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne<\/strong>, la m\u00e2che en salade \u00e9tait recommand\u00e9e comme aliment \u00ab rafra\u00eechissant \u00bb, d\u00e9puratif et l\u00e9g\u00e8rement laxatif. En <strong>m\u00e9decine populaire fran\u00e7aise<\/strong>, la m\u00e2che \u00e9tait prescrite aux convalescents et aux personnes affaiblies pour ses propri\u00e9t\u00e9s \u00ab fortifiantes \u00bb. L&rsquo;usage de <em>V. rimosa<\/em> sp\u00e9cifiquement n&rsquo;est pas document\u00e9 : elle est confondue avec les autres m\u00e2ches sauvages dans les cueillettes paysannes. Les m\u00e2ches sauvages \u00e9taient r\u00e9colt\u00e9es dans les champs de bl\u00e9 au printemps et consomm\u00e9es en salade. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;a jamais figur\u00e9 dans les pharmacop\u00e9es officielles.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches sur <em>Valerianella<\/em> spp. portent sur la <strong>valeur nutritionnelle<\/strong> des m\u00e2ches (teneurs en om\u00e9ga-3, vitamines, antioxydants), la <strong>conservation des messicoles<\/strong> (plans d&rsquo;action nationaux en France, Angleterre, Allemagne), l&rsquo;<strong>agronomie<\/strong> de la m\u00e2che cultiv\u00e9e (s\u00e9lection vari\u00e9tale, r\u00e9duction des nitrates, culture en serre) et la <strong>taxonomie<\/strong> du genre (d\u00e9limitation des esp\u00e8ces bas\u00e9e sur la morphologie des fruits et les marqueurs mol\u00e9culaires). Des \u00e9tudes de <strong>nutrition humaine<\/strong> confirment que la m\u00e2che est l&rsquo;une des salades les plus riches en acide alpha-linol\u00e9nique (ALA), ce qui lui conf\u00e8re un int\u00e9r\u00eat di\u00e9t\u00e9tique dans la pr\u00e9vention cardiovasculaire. La <strong>conservation in situ<\/strong> des m\u00e2ches sauvages passe par le maintien de zones non trait\u00e9es en bordure de champs (bandes enherb\u00e9es, jach\u00e8res).<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline<\/td>\n<td>Flavone<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides gras<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune posologie m\u00e9dicinale n&rsquo;est \u00e9tablie. La m\u00e2che est un <strong>l\u00e9gume-feuille<\/strong> consomm\u00e9 cru en salade. La portion alimentaire habituelle est de 50 \u00e0 100 g de feuilles fra\u00eeches par repas. Les feuilles de <em>V. rimosa<\/em>, comme celles des autres m\u00e2ches sauvages, sont comestibles et peuvent \u00eatre consomm\u00e9es de la m\u00eame mani\u00e8re que <em>V. locusta<\/em>. Aucune forme gal\u00e9nique m\u00e9dicinale n&rsquo;existe. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la m\u00e2che r\u00e9side dans sa valeur nutritionnelle (om\u00e9ga-3, vitamines, min\u00e9raux) plut\u00f4t que dans des propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les m\u00e2ches sont consid\u00e9r\u00e9es comme <strong>parfaitement comestibles et non toxiques<\/strong>. Aucun cas d&rsquo;intoxication n&rsquo;est rapport\u00e9. Les teneurs en nitrates des m\u00e2ches cultiv\u00e9es sont surveill\u00e9es (r\u00e9glementation europ\u00e9enne), mais les esp\u00e8ces sauvages poussant dans des sols non fertilis\u00e9s sont g\u00e9n\u00e9ralement moins charg\u00e9es en nitrates. Le risque de confusion botanique est minime, les m\u00e2ches ayant peu de sosies toxiques dans leur milieu. Les <strong>val\u00e9potriates<\/strong>, s&rsquo;ils sont pr\u00e9sents, le sont en quantit\u00e9s infimes (sans commune mesure avec les concentrations de <em>Valeriana officinalis<\/em>) et ne posent pas de risque. Aucune contre-indication n&rsquo;est connue.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les m\u00e2ches sauvages \u00e9taient autrefois des composantes habituelles de l&rsquo;alimentation paysanne dans toute l&rsquo;Europe. Le mot \u00ab m\u00e2che \u00bb d\u00e9rive du vieux fran\u00e7ais \u00ab pomache \u00bb ou \u00ab boursette \u00bb. Les m\u00e2ches \u00e9taient r\u00e9colt\u00e9es dans les <strong>champs de c\u00e9r\u00e9ales<\/strong> au printemps, avant la moisson, constituant l&rsquo;un des premiers l\u00e9gumes frais de l&rsquo;ann\u00e9e. La domestication de la m\u00e2che cultiv\u00e9e (<em>V. locusta<\/em>) date du XVIIe si\u00e8cle en France. Les m\u00e2ches sauvages comme <em>V. rimosa<\/em> ont progressivement \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9es avec l&rsquo;essor de la culture mara\u00eech\u00e8re. Aujourd&rsquo;hui, <em>V. rimosa<\/em> est consid\u00e9r\u00e9e comme une <strong>messicole<\/strong> menac\u00e9e, t\u00e9moignant de pratiques agricoles traditionnelles r\u00e9volues. La conservation des messicoles est devenue un enjeu de biodiversit\u00e9 en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p><em>Valerianella rimosa<\/em> est class\u00e9e comme <strong>messicole en r\u00e9gression<\/strong> dans de nombreuses r\u00e9gions fran\u00e7aises. Elle figure sur les listes de plantes messicoles prioritaires dans les plans r\u00e9gionaux de conservation de la flore. L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national mais b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;actions de conservation dans le cadre des programmes Natura 2000 et des mesures agro-environnementales. Elle ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e. La plante est comestible et peut \u00eatre r\u00e9colt\u00e9e librement l\u00e0 o\u00f9 elle est commune, mais la cueillette est d\u00e9conseill\u00e9e dans les zones o\u00f9 elle est rare.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Aucune monographie officielle. L&rsquo;identification de <em>V. rimosa<\/em> repose sur la morphologie du fruit, crit\u00e8re essentiel dans ce genre taxonomiquement difficile : ak\u00e8ne comprim\u00e9 lat\u00e9ralement, face dorsale bomb\u00e9e portant un <strong>sillon longitudinal profond<\/strong>, face ventrale concave, couronn\u00e9 par un calice rudimentaire. La distinction avec <em>V. locusta<\/em> (fruit aplati, sans sillon profond), <em>V. carinata<\/em> (fruit \u00e0 car\u00e8ne dorsale) et <em>V. dentata<\/em> (fruit \u00e0 dent calicale pro\u00e9minente) est essentielle et n\u00e9cessite souvent une loupe ou un binoculaire. L&rsquo;examen microscopique du fruit montre les parois des loges st\u00e9riles \u00e9paissies et spongieuses. Le dosage des acides gras om\u00e9ga-3 se fait par chromatographie en phase gazeuse (GC-FID) apr\u00e8s transest\u00e9rification.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion et perspectives<\/h3>\n<p><em>Valerianella rimosa<\/em>, petite m\u00e2che sauvage des moissons, t\u00e9moigne d&rsquo;un patrimoine agrobiodiversitaire en voie de disparition. Si ses propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales sont n\u00e9gligeables, sa valeur nutritionnelle (om\u00e9ga-3, vitamines, min\u00e9raux) en fait un l\u00e9gume-feuille d&rsquo;int\u00e9r\u00eat di\u00e9t\u00e9tique. Son statut de messicole menac\u00e9e en fait un symbole de la biodiversit\u00e9 des agrosyst\u00e8mes traditionnels. La conservation de cette esp\u00e8ce et de ses compagnes de moisson passe par le maintien de pratiques agricoles extensives et par la sensibilisation des agriculteurs \u00e0 la valeur patrimoniale de la flore adventice. La m\u00e2che sillonn\u00e9e rappelle que la fronti\u00e8re entre plante cultiv\u00e9e et plante sauvage est poreuse, et que les \u00ab mauvaises herbes \u00bb d&rsquo;hier sont parfois les tr\u00e9sors nutritionnels de demain.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Valerianella%20rimosa\">Plants of the World Online, Kew : <em>Valerianella rimosa<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Valerianella+rimosa\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Valerianella rimosa<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La m\u00e2che \u00e0 fruits sillonn\u00e9s (Valerianella rimosa Bast., synonyme : V. auricula DC.) appartient \u00e0 la famille des Caprifoliaceae (anciennement Valerianaceae). 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